‹ L'antiquaire: comédie en trois actesChapitre 16 sur 36 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

CRISPIN, seul.

Il est enfin parti ; grâce à Dieu, j'en suis quitte ; Il estoit temps, parbleu 1 qu'il fintt sa visite, Car Pantazès n'est pas bien éloigné d'ici ; Mais la chose est allée à souhait, Dieu merci ! Il m'en a dit assés pour m'apprendre un langage Dont pour notre dessein nous devons faire usage, Et d'ailleurs avec moi personne ne l'a vu; Il falloit tout cela, sans quoi l'estois perdu. Formé par ses leçons, instruit à son école, D'un sçavant maintenant |e puis jouer le rôle. Car ce point entre encor dans mes arrangemens.

Allons, je suis content de cet commencemens.

Crispin, courage; il faut, par un coup de souplesse» Montrer à TuniTers jusqu'où va ton adresse»

Et, par ce dernier trait qui manque à ton tableau, Qu*il croye en te voyant voir un Scapin nouveau. Voici, pour réussir, comment je dois m'y prendre : Je flatterai le Père en lui faisant entendre Que j'ai quelque pouvoir sur l'esprit de son Fils Et qu'il m'écoute assés pour suivre mes avis; Que s'il veut s'en remettre à moi de cette affaire, En moins de quatre jours j'en fais un Antiquaire, Pourvu... Mais le voici qui porte ici ses pas.

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