SCENE V
POLEMARQ.UE, VALERE.
POLEMARQUE.
Vous voyez que je suis fide'le à ma promesse, Je viens...
VALERE
C'est un effet de votre politesse.
Monsieur, votre santé va bien?
POLEMARQUE.
Oui, grâce à Dieu.
Mais je vous trouve bien solitaire en ce lieu; Où donc est Pantaxès? Le bon-homme travaille Sans doute à déchifrer le coin d'une Médaille.
VALERE
C'est là, du moins, souvent son occupation.
POLEMARQUE.
Vous n'avez pas, je crois, la même affection Pour ce genre d'étude? Et vous êtes fort sage; Ce n'est point là le fait d'un homme de votre âge. Nous étions, votre père et moi, du même tems, Mais nous avions tous deux des goûts bien différens; Tout jeune qu'il étoit, il déclamoit sans cesse Contre les mœurs du tems et contre la jeunesse. La mode étoit sur-tout en butte à tous ses traits; Elle avoit beau changer, il ne changeoit jamais; Il étoit là-dessus d'une rigueur extrême : Les Habits, disoit-il, que portoient nos Ayeux, Sont les habillemens les plus chers à mes yeux; Pour m'en faire un semblable, au Tailleur mercenaire J'offre inutilement un quadruple salaire. Le Marchand ne vend plus ces Boutons renforcés Que deux siècles entiers ne voyoient point usés. Mon Chapelier, gagé par les plus grosses sommes, Ne peut plus retrouver l'art d'agrandir les hommes. Et je me vois contraint, helas ! pour mon ennui, D'être presque vétû comme on Test aujourd'hui. Mais adieu, cher Valere, il faut que je vous quitte; Je dois encore ailleurs faire une autre visite.
(Voyatit que Valere veut le reconduire.)
Eh bien, que faites-vous? Ne venez pas plus loin, Ce sont toutes façons dont je n'ai pas besoin
VALERE
Souffrez du moins que je...
POLEMARQUE.
Non, restez là, vous dis-je.
De grâce, permettez...
POLEMARQUE.
Ah ! voila qui m'afiBige.
VALERE
Je ne souffrirai pas...
POLEMARQUE.
Ah! vous me chagrinés, Demeurés.
VALERE
J'obéis, puisque vous l'ordonnés.