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CHAPITRE PREMIER

LA QUESTION JUIVE

La renaissance de la question juive dans TEurope occidentale et particulièrement en France, sera sans nul doute, pour l'histoire, l'un des événements les plus remarquables de ce dernier quart du dix-neuvième siècle.

En effet, s'il est une chose qui semble avoir été jugée définitivement et sans appel par le libéralisme du siècle dernier et Tesprit de la Révolution, c'est assurément celle des rapports sociaux entre les

chrétiens et les juifs et de la place de ces derniers dans la société civile. L'une des conquêtes les plus vantées et les plus chères de 89 n'est-elle pas l'égalité de tous les citoyens devant la loi? Or le titre et les droits de citoyen ne dépendent plus en aucune sorte de la qualité de chrétien ou de catholique. La différence de religion ne constitue pas une inégalité sociale . Catholiques, protestants, juifs, librespenseurs, quelle que soit leur foi religieuse ou leur incrédulité, tous les fils, légitimes ou non, de la patrie française sont citoyens au même titre et jouissent des mêmes droits. C'est une maxime fondamentale, essentielle, de notre droit public. L'Etat n'exige des citoyens ni la pratique ni la croyance d'aucune religion.

Est-il un principe qui soit entré dans les esprits et dans les mœurs plus que celuilà? La liberté de conscience est l'une des

idoles les plus choyées de notre temps.

Aux yeux de tous, elle est la première des libertés publiques et la source de toutes les autres. Ceux-là mêmes qui entreprennent quelque chose contre elle et lui portent quelque atteinte, n'osent le faire qu'en son nom et sous prétexte d'en imposer le respect à leurs adversaires. Qui de nous aurait aujourd'hui la folle audace de revendiquer pour l'État la faculté de s'immiscer dans le domaine de la conscience religieuse afin d'y maintenir ou d'y introduire une foi quelconque? La conscience religieuse est un domaine privé et réservé, où l'Etat n'essaierait de pénétrer que par une tyrannie insupportable, car il ne lui appartient pas de connaître des rapports entre l'homme et Dieu. Tel est l'esprit public.

Les mœurs s'en inspirent. Dans les relations de la vie civile on ne s'inquiète plus de la religion des gens avec qui l'on

L'ANTISÉ^imSME

a affaire. C'est là une chose indifférente et dont on ne tient aucun compte dans le commerce de la vie. Qu'importe au négociant la religion des acheteurs, au patron celle des ouvriers? Le magasin et l'atelier, comme les salons, s'ouvrent sans égard à la foi religieuse de personne. En un mot, nos habitudes de société sont faites, entre autres éléments, d'une indifférence absolue à l'égard des croyances religieuses (1).

Comment donc la question juive a-t-elle pu renaître dans un pareil milieu ?

Il est aisé de le concevoir si Ton n'ignore pas quel a été le rôle des juifs durant ce siècle, tant au point de vue politique et

(1) Certains catholiques travaillent, mais sans grand succès, à former une sorte de ligue commerciale entre les catholiques, avec ce mot d'ordre : N'acheter qu'à des catholiques. Cette tentative se heurte surtout à Tétat d'esprit que je signale.

religieux qu'au point de vue social et économique (1).

La révolution accomplie depuis cent ans dans le régime politique et dans les fonctions de la vie économique des peuples européens a donné la prépondérance, sinon Tempire, à deux nouvelles puissances:

l'opinion et l'argent. Tout dans le monde aujourd'hui dépend d'elles et se règle par elles. Mais ces deux puissances ne sont pas de force égale ; Tune domine et dirige l'autre. Bien que l'opinion soit en apparence la plus respectée , en fait c'est l'argent qui d'ordinaire crée l'opinion ou l'inspire. La presse, qui est la voix de Topinion publique, n'est-elle pas, dit-on, plus encore et avant tout l'organe du dieu Argent? Les juifs se vantent de la ré-

(1) Cf. le Jui/t le judaïsme et la judaisation des peuples chrétiens, par M. Gougenot des Mousseaux. Paris 1880.

genter à leur guise (1). «Aucun peuple n'a réussi à acquérir la domination sur les autres aussi facilement que nous autres juifs. Ce n'est ni par une vertu quelconque au moyen de laquelle on impose d'ordinaire la prépondérance, ni par une valeiir personnelle, par une supériorité intellectuelle, ou par un zèle confessionnel, que nous avons conquis le monde, mais c'est celui-ci qui, légèrement, s'est compromis vis-à-vis de nous; aussi, quand un peuple gémit sous notre joug, n'a-t-il qu'à s'en prendre à lui-même. Aujourd'hui, les peuples souffrent de deux défauts que nous allons résumer. L'un c'est de vivre au jour le jour, sans vues élevées sur les causes ou sur les effets, sur le passé ou l'avenir.

Comment, sans cela, nous auraient-ils per-

(1) Extrait d'un factum publié sous le titre éCEpître aux Hébreux da.ns un journal deMayence,parun juif nommé Saulus, cité dans la Croix du 11 janvier 1895.

mis, avec tant d'indifférence, de nous emparer de la presse y ce moyen si important de domination. Car c'est du haut de cet observatoire que nous pouvons signaler le moindre phénomène hostile et f étouffer dans son germe. En dehors de la clique de la presse, le publiciste n'est plus rien.

Nous n'avons qu'à organiser contre lui la conspiration du silence. Aussi notre domination parait-elle assurée encore pour longtemps, malgré le courant antisémitique qujf aujourd'hui, fait le tour du monde.

Le second défaut, est la difficulté avec laquelle les non-juifs se décident à faire un sacrifice pécuniaire pour soutenir leur cause dans les journaux. Nous autres juifs, avec notre esprit mercantile, nous savons que abaque mot écrit en notre faveur nous rapporte des intérêts usuraires. Aussi ne négligeons-nous aucun sacrifice pour le

répandre, pour encourager l'auteur et ré-

compenser Téditeur. Si, au contraire, il parait un livre qui nous soit hostile, nous ne Tachetons pas et Tédition ne tarde pas à passer delà maculature au pilon. » Les détenteurs souverains du capital, les princes de la finance, sont donc en réalité les rois de la presse et les maîtres du monde(l). Dans Tordre économique, rien n'est plus manifeste que leur empire, ou mieux, leur insolent despotisme. Toute la vie matérielle d'un peuple se partage entre deux fonctions : produire et répartir les richesses, c'est-à-dire les biens nécessaires à Tentre-

(1) Voici un exemple pris à l'étranger : « Dans les huit feuilles principales qui paraissent à Vienne (Autriche), il y avait, en 1894, une centaine de rédacteurs juifs ainsi répartis : Le Fremdenhlatty organe du gouvernement : 14 rédacteurs juifs. La Neue Frète Presse (Nouvelle presse libre) : 18. Le Neuer Wiener Tagehlatt : 20. La Presse; 15. Le Wiener Tagehlatt (autre officieux) : 12. . VIllustristes Extrablatt: 20. La Vorstadtzeitung {Gazette dés Faubourgs): 6. La Deutsche Zeitung ; 6. » (Libre Parole, 2 septembre 1895.)

tien du corps. Or, à notre époque, la production et la répartition des richesses sont aux mains du capital et des rois du crédit.

En effet, à la suite de remploi des machines dans l'industrie et le service des transports, sous l'action d'une concurrence de plus en plus acharnée, grâce à l'extension de plus en plus grande du marché agricole, industriel et commercial, l'initiative et la direction des entreprises de production et de répartition des richesses appartiennent à des sociétés ou compagnies. Le capital de ces sociétés est représenté par des actions et des obligations, qui constituent la richesse mobilière, et sont la matière d'un nouveau négoce et l'objet de vastes spéculations. C'est au moyen de cette monnaie fiduciaire et des sociétés anonymes que les princes de la finance, détenteurs du crédit, arrivent peu à peu à mettre la main sur les deux fonctions de la vie

économique des peuples modernes. Toute entreprise montée par actions et fondée sur le crédit finit par tomber au pouvoir, ou du moins, par entrer dans le cercle d'influence de la Haute Banque, en qui s'incarne la toute puissance du capital.

Or, la Haute Banque, ce sont les juifs, Rothschild en tête, qui la composent aujourd'hui ; et le titre du livre de Toussenel n'a rien perdu de son actualité depuis cinquante ans : les juifs sont toujours, et plus que jamais, les Rois de r époque (1).

(1) « On a pu écrire l'histoire de .la maisou Rothschild sous ce titre : Les Maîtres financiers des nations.,, (John Reeves, Londres, 1887). L'activité des Rothschild ne s'est pas cantonnée exclusivement dans rémission des emprunts publics et dans les affaires de change. Les grandes entreprises industrielles de notre époque les ont attirés aussi et ils ont fort habilement mis à profit la forme de la société anonyme pour dissimuler à la masse du public la puissance qu'ils acquéraient encore sur ce terrain... A leur ombre, de puissantes mai-

Jetons un rapide coup d'œil sur ces nouveaux maîtres du inonde :

a Par son passé, par sa religion, par sa vitalité extraordinaire, dit M. Claudio Jannet (1), la race juive reste une nation à part au milieu des nations modernes et elle résiste aux causes d'assimilation qui agissent sur elle de notre temps aussi bien qu'aux cruelles persécutions dont

soDs juives ont . surgi dans toutes les capitales européennes et, de concert avec eux, dominent le marché financier. Ce sont : à Vienne, les Oppenheim ; à Hambourg, le Hambro ; à Amsterdam, le Ltpmann et Rosenthal; à Paris, les Hirsch, les Erlanger, les Camondo, les Reinach; à Anvers, les Bischofifheim et les Cahen ; à Trieste, les Morpurgo ; à Saint-Pétersbourg, les Gunzburg. A Berlin, M. de Bleicbrœder, M. Mendelshon, M. Warschauer ont tout autour d'eux une constellation de sociétés financières dans lesquelles leurs coreligionnaires ont la haute main. » (Claudio Jannet, Le eapitalj la spéculation et la finance au XIX^ siècle, chap. 12.)

(1 ) Le capital f la spéculation et la finance au XIX^ siècle, chap. 12.

jadis elle fut si souvent la victime. Un sentiment de solidarité étroite survit chez tous ses membres même à l'atténuation des croyances religieuses et à l'abandon des rites mosaïques. Encore que, dans presque tous les pays, ils exercent aujourd'hui les droits de citoyen, ils restent Israélites avant tout, non pas seulement de religion, comme on peut le dire des chrétiens en un certain sens, mais de nationalité. Ils demeurent, en réalité, indifférents aux luttes des nationalités et aux passions des partis ; grande cause de supériorité pour des banquiers, dont toutes les forces intellectuelles doivent être concentrées sur un but unique, gagner de l'argent ! Les Rothschild, dit leur historiographe, n'appartiennent à aucune nationalité. Ils sont cosmopolites. Tandis que, d'un côté, ils fournissent leur approvisionnement aux armées de Napoléon,

de Tautre, ils émettent des emprunts pour le compte des puissances ses ennemies, qui employaient les fonds ainsi obtenus à défrayer les guerres soutenues contre lui.

Us n'appartenaient à aucun parti ; ils étaient prêts à devenir riches aux frais de leurs amis et de leurs ennemis indifféremment.

a Les juifs ont des aptitudes intellectuelles qui les rendent éminemment propres aux professions exigeant autre chose que du travail manuel. La concentration de toute leur activité depuis vingt siècles sur les affaires d'argent a, par un effet d'hérédité, développé chez eux les capacités financières à un degré supérieur encore à celui que possèdent les Génois, les Ecossais, les Genevois, les Arméniens, les Parsis.

a L'Europe occidentale est envahie par une émigration juive venant de Russie, de

Pologne, d'Allemagne, précisément des régions où les traditions talmudiqlies dominent encore absolument la synagogue. Les Israélites portugais, bordelais, italiens, hollandais, se sont, dans le monde des affaires, plus ou moins assimilés ' aux milieux dans lesquels ils vivent et leur développement n'a rien d'anormal ; mais TAUemagne reçoit une immigration de plus en plus considérable d'Israélites issus des couches sociales les plus basses, venus de Russie. A son tour, elle dirige, depuis le commencement du siècle, sur la France et sur les Etats-Unis, un nombre croissant de ces juifs, déjà dégrossis par une certaine instruction, mais qu'une génération seulement sépare de la formation talmudique. Ils s'élèvent rapidement au-dessus des métiers de brocanteurs et de prêteurs sur gages, où leurs parents étaient confinés. De nouvelles maisons de

banque surgissent parmi eux et grandissent, âpres et audacieuses, dans l'orbite delà puissante famille, qui, ily a cent ans, a pris la tête de la colonne avec tant de force et d'éclat (1). Les Israélites de sou- * che allemande conquièrent une place de plus en plus grande, non seulement dans la banque, mais dans le commerce proprement dit, et même, en Autriche, dans l'industrie manufacturière. A Paris, il s'est formé depuis vingt ans, au centre des affaires, un quartier juif de plus en plus compact, quoique l'absence dans les recen-

(1) Les Rothschild ont pris « le gouvernement financier des nations... Ils ne supportent pas de rivaux et, depuis qu'ils se sont constitués à Tétat de dynastie, ils semblent avoir pour règle de conduite la maxime du peuple-roi : Parcere subjectis et debeltare superbos, » Ils ont écrasé de nombreuses maisons de banque. « On les accuse d^avoir imposé, en 1882, la mise en faillite si injuste et si désastreuse de ï Union générale. » (Claudio Jannet, op. cii.^ page 498-499 et note 1.)

sements, à partir de 1876, de toute mention relative au culte empêche de suivre leur accroissement, comme il conviendrait. Le même phénomène démographique se produit à New-York.

« Un fait égal en importance à celui de la constitution de la haute banque juive, c'est la rapide élévation sociale des couches inférieures de la population Israélite en France, en Angleterre, en Belgique, en Allemagne, aux Etals-Unis. Elle profile plus qu'aucune autre souche humaine de la diffusion de l'instruction {i) et elle

(1) « Depuis quelques années, la statistique des principales universités d'Europe fournit des données pleines d'enseignements précieux sur la gravité du péril juif. On apprend, par exemple, qu'une population de soixante ou quatre-vingt mille juifs envoie aux universités à peu près autant d'étudiants qu'une population de sept ou huit cent mille chrétiens. Ce qui permet de conclure que la masse du peuple juif s'élance presque tout entière à ^assaut des positions sociales qui donnent l'argent et l'influence, tandis que la grande masse des

arrive à occuper dans la science et les

peuples chrétiens s'appauvrit graduellement et marche au prolétariat. S*il est curieux de constater ce que font les fils, destinés presque tous à la magistrature, au barreau, à l'enseignement supérieur, à la carrière médicale, il ne Test pas moins de relever les professions exercées par les pères. C'est ce qu'expose merveilleusement la dernière statistique de la ville de Berlin. Sur 87,000 personnes inscrites comme négociants, on ne relève pas moins de 41,000 juifs, c'est-à-dire à peu près la moitié, tandis que les juifs représentent tout au plus la quinzième partie de la population de cette capitale. Sur 108,000 personnes employées au service d'autres personnes en qualité de domestiques, portiers, gardons, commis ou serviteurs à un titre quelconque, on ne relève que 319 juifs. La conclusion s&aate aux yeux : Israël commande et ne sert pas, Maitre absolu du commerce et des affaires, il parachève et assure sa conquête en poussant ses fils à tous les emplois avantageux. A cet égard, tous les pays d*£urope en sont exactement au même point. 11 faudrait être aveugle pour ne pas voir que dans vingt ans il n'y aura plus qu'une classe dirigeante, riche et même aisée : le Judaïsme. Il faudrait être dépourvu de bon sens et encore plus de patriotisme, pour ne pas sentir l'impérieuse nécessité d'un mouvement défensif énergique, qui arrête net cette marche en avant. » (Libre Parole, 26 mai 1894.)

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arts, dans le commerce et dans l'industrie, dans les professions libérales et dans la politique, une place absolument hors de proportion avec son importance numérique. »

Tels sont les chefs de Texploitation actuelle du monde.

Cette main-mise du gros capital sur la production et la répartition des richesses pèse lourdement sur le travail ; elle opprime et exploite les travailleurs, ouvriers, employés et patrons. En effet, si d'ordinaire Touvrier et remployé cherchent uniquement à vivre de leur travail et ne visent pas à la fortune, si le petit patron désire une juste rémunération de son capital et s'efforce de Taccroitre dans les bornes d'une ambition légitime, le capitaliste, le gros actionnaire surtout, et particulièrement l'homme de banque et de finance, veut réaliser des bénéfices énor-

mes et augmenter sans limite le chiffre de sa richesse (1). Dès lors le but premier d'une entreprise c'est de produire de gros dividendes, afin que la valeur des actions croissant de plus en plus, la fortune du capitaliste augmente sans cesse. Mais pour avoirde gros dividendes à distribuer, il faut réaliser la plus grande somme de bénéfices possible ; ce qui oblige à diminuer les frais de main-d'œuvre en abaissant les salaires autant que les travailleurs le peuvent souffrir, en expulsant les vieux, en remplaçant les hommes par des femmes

(1) « La fortune des traitants et des financiers de Tancien régime était éphémère. A peine étaient-ils parvenus, qu'ils mettaient un duc dans leur t'amUle... Dès la seconde génération leurs trésors se dissipaient... Il en est tout autrement des barons juifs contemporains... L'accumulation permanente d'une partie considérable de l'épargne publique par les grands fînanciers Israélites a donc des conséquences sociales et économiques qui, dans l'ancien régime, n'avaient point d'équivalent. » (Claudio Jannet, ouvrage cité.)

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et les femmes par des enfants ; à se procurer au plus bas prix les matières premières de la fabrication ou la marchandise commerciale, au préjudice des premiers producteurs et particulièrement de l'agriculture ; enfin, à élever le prix de vente au-dessus du prix de revient ou d'achat autant que la concurrence le permet, lorsque celle-ci n'est pas supprimée par le monopole ou annihilée par l'accaparement du marché. Ainsi s'explique l'exploitation du monde du travail par les grands financiers cosmopolites. Le travail est une proie livrée à l'usure et au monopole.

Léon XIII, dans son encyclique sur la condition des ouvriers^ a flétri avec une énergie tout apostolique celte usure et ce monopole du capitalisme' régnant. Après avoir constaté qu'à la suite de la destruction des corporations anciennes, et par

Teffet de Taffaiblissement des croyances et des sentiments religieux, « les travailleurs isolés et sans défense se sont vus avec le temps livrés à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d'une concurrence effrénée », l'illustre Pontife continue en ces termes : « Une usure dévorante est venue ajouter encore au mal. Condamnée à plusieurs reprises par le jugement de l'Église, elle n'a cessé d'être pratiquée sous ime autre forme par des hommes avides de gain, d'une insatiable cupidité.

A tout cela, il faut joindre le monopole du travail et des effets de commerce, devenus le partage d'un petit nombre de riches et d'opulents, qui imposent ainsi un joug presque servile à rinflnie multitude des prolétaires.» Et Léon XIII nous montre, peu après, le corps social divisé en deux classes que sépare chaque jour davantage un abime immense : « D'une part, la toute-

puissance dans l'opulence ; une faction qui, maîtresse absolue de l'industrie et du commerce, détourne le cours des richesses et en fait affluer en elle toutes les sources ; faction d'ailleurs qui tient en sa main plus d'un ressort de l'administration publique ; de l'autre, la faiblesse dans l'indigence ; une multitude, l'âme ulcérée, toujours prête au désordre (1). »

Voilà comment la haute finance juive ou enjuivée exploite et opprime les travailleurs.

Considérons maintenant l'origine de ces immenses richesses. Le travail est la source naturelle de la richesse ; je dis le travail utile, manuel et intellectuel, tout emploi de l'activité humaine qui tourne au bien de la société. Mais la richesse qui n'est pas le produit du travail, qu'esl-

(1) Encycl. De conditione opifieum.

ce qui peut en légitimer Tacquisition ?

L'acquisition, dis-je, et non la possession, car celle-ci a des titres variés. Assurément le travail de la banque est un travail utile. Mais qui donc oserait tenter d'expliquer l'origine des richesses de la haute finance par Taccumulation des bénéfices honnêtes d'un pareil travail durant une ou deux générations?

Ces richesses sont, pour la plus grande part, le fruit de la spéculation malhonnête, de l'agiotage et de l'escroquerie. Les écrivains les moins hostiles à l'organisation économique actuelle ont dénoncé les déprédations des hauts barons de la finance cosmopolite, et ' flétri avec éloquence leurs brigandages. On les a comparés à ces chefs de bande de l'époque féodale que nos vieilles chroniques qualifient d' « écorcheurs de paysans y> . Encore les pilleries et les crimes de ces routiers, qui ris-

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quaient leur vie et jouaient leur tête, ne sont-ils rien en regard des misères et des désespoirs, des suicides et des hontes, provoqués et accumulés, sans danger pour eux, par l'un des grands méfaits des écorcheurs de la haute banque.

Les juifs ont mené la bande à la curée.

« Depuis un demi-siècle, écrit le juif Alexandre Weill, l'ambition principale des juifs est avant tout de devenir bien riches. Vivant dans une société où l'argent tient lieu de tout, ils ont foulé aux pieds toutes leurs anciennes vertus pour arriver premiers dans la course à l'argent, fût-ce aux dépens de toute vertu et au profit de la glorification du vice ... Ils se sont rués avec toute leur rage de domination. La masse des juifs émancipés p/est jetée, tête baissée, sur la Bourse, le commerce et Tindustrie, dans l'unique but de gagner beaucoup d'argent et d'arriver

par Targent à toutes les dignités (1). »

Tel est le rôle des juifs dans Tordre économique depuis trois quarts de siècle (2).

Leur rôle politique et religieux a été, par une conséquence toute naturelle, fort considérable. Puissants par leurs richesses, de même qu'ils ont pesé sur la presse et l'opinion publique de tout le poids de l'or, de mêmeils ont mis les mains dans tous les événements qui ont agité l'Europe en ce dernier demi-siècle.

Les emprunts publics, sous le fardeau desquels les peuples gémissent aujourd'hui, ont été l'origine de cette influence politique, a En inaugurant, pour payer les destructions de la guerre, et plus tard les

(1) Le centenaire de V émancipât ion des juifs, par le juif Alexandre Weill, Paris, 1888.)

(2) Cf. Claudio Jannet, Le capital, la spéculation et la finance au XIX^ siècle, chap. 12.

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grands travaux publics, dit M. Claudio Jannet, les grands emprunts en rentes perpétuelles, et en en faisant un système par leur répétition quasi-périodique, les nations modernes ont constitué des accumulations de capitaux privés tels que rhumanité n'en avait jamais connus, et ils ont créé en même temps la puissance politique et financière de la Haute Banque (1). »

Par suite de ce grand rôle, « la puissance financière des Rothschild se doubla, de bonne heure, d'une puissance politique, qui, pour n'être pas proclamée publiquement, n'en est pas

(1) Depuis M. de Villèle (1823), les Rothschild eurent jusqu'au second empire le monopole de nos émissions de rentes; ils y associaient plus ou moins les maisons françaises. Ils introduisirent en même temps à Londres et à Paris des emprunts napolitains, autrichiens, portugais, grecs. » (Claudio Jannet, Le capital, la spéculation et la finance au XIX' siècle.)

moins effective ... En consentant à se charger d'un emprunt pour le roi de Naples, Ferdinand P', les Rothschild exigeaient qu'il choisît pour ministre des finances le chevalier Medici, leur créature. En France, s'il faut en croire M. John Reeves, les Rothschild furent tout puissants sous le gouvernement de Juillet, en ce qui touchait la politique internationale. Ils se posèrent comme les arbitres de l'Europe. . . En 1871, ce sont eux qui ont dicté à M. Thiers les conditions des emprunts de la rançon nationale (1). »

Leur puissance est-elle moindre sous la République opportuniste? (2).

(1) Claudio Jannet, ouvrage cité.

(2) Voir les Rois de la RépubliquCy par Auguste Chirac. — « L'existence dans PÉtat d'un véritable roi de la Haute Banque, qui peut tout, alors que le Président de la République ne peut rien, est un danger terrible pour le pays... Dès que les grands

A propos de la récente crise des mines d'or (novembre 1895), M. Paul de Gassagnac, l'un des chefs du parti conservateurmonarchiste, constatait une fois de plus, après tant d' autres, la souveraineté actuelle des Rothschild, a Sous cette République, écrivait-il (1 ), MM. de Rothschild sont rois ; ils sont maîtres souverains du pays. Ilspeuvent, quand il leurplaira, faire sauter safortune, comme on ferait sauter la plus humble maison de banque. C'est curieux, ce pays catholique, conquis par une famille juive. G'estétrange, cette démocratie repu-

féodaux constituèrent un pouvoir dans l'Etat, on les fit disparaître. Le pouvoir que Rothschild exerce avec ses milliards n'est-il pas autrement menaçant que celui que les féodaux exerçaient avec leurs hommes d'armes ? » (E. Drumont, Libre Parole du 16 septembre 1895.)

(1) Autorité du 13 novembre 1895. — Un inspecteur général des finances me disait à cette occasion : « Un ministre des finances ne peut rien, s'il n'est Tami de Rothschild. »

blicaine, aux pieds d'un homme, du roi de la finance. Il y a là une effroyable anomalie, qui inquiète et qui épouvante. Pensez donc ! la maison Rothschild peut tuer la France, quand il lui conviendra, à un jour donné, à une heure fixe, ce que la Triplice elle-même ne saurait se promettre avec certitude. » Tel est, à Theure présente, chez nous, le règne du prince des juifs.

La lutte contre Tordre social et contre la religion, qui sera pour l'avenir Tun des caractères de notre époque, est activée sans cesse et dirigée avec une habile perfidie par les sociétés secrètes, dont la francmaçonnerie a été et demeure le type, l'inspira trice et le centre d'action. Or, l'histoire de ces sociétés montre qu'elles subissent rinfluence des juifs, lesquelis en sont

les coryphées occultes et les chefs omnipotents (1).

D'où il résulte que les discussions politiques, religieuses et sociales, causes de tant et de si grands maux pour les peuples modernes, sont l'œuvre du juif, qui les met à profit dans le but d'opprimer et d'exploiter les autres races.

Le juif Arthur Meyer, directeur du GauIoïSy le reconnaît en partie : « Au lendemain de la guerre, où les juifs avaient fait leur devoir comme tous les Français, dit-il, certains juifs ont cru voir dans la république, non pas l'avènement de leur

(1) Voir les publications récentes contre la maçonnerie; spécialement les Juifs dans la Maçonnerie^ par M. DE LA Rive. « Ils furent en ce siècle parmi les plus ardents soutiens des partis libéraux, révolutionnaires et socialistes ; ils leur apportèrent des hommes comme Lasker et comme Disraeli, comme Crémieux, comme Marx et Lassalle, saus compter le troupeau obscur des propagandistes. » (B. Lazare, V Antisémitisme j page 392.)

émancipation, qui était un fait accompli, mais l'apothéose de leur situation. C'était assurément leur droit de se faire républicains; ils se sont donc faits républicains, ils ont apporté à la république le concours de leur fortune et de leur intelligence.

Ces juifs dont je parle sont allés plus loin : ils ont voulu prendre part de plus près à la chose publique, ils ont recherché les fonctions de l'État, et pour mieux s'associer à la république, ou plutôt aux républicains, ils ont trempé, comme fonctionnaires ou comme écrivains, dans les persécutions contre les catholiques, ils ont versé dans la libre-pensée (1). »

M. Claudio Jannet, dans Tun de ses ouvrages les plus étudiés, constate le mêmç fait, pour l'Allemagne d'abord, et puis pour la France. « Les Juifs, dit-il,

(1) Cité dans le Monde du 8 février 1895.

prirent une importance considérable dans le nouvel Empire allemand. Leur domination financière eût peut-être été acceptée ; mais ils étendirent leur action sur la politique intérieure, ils eurent le malheur de toucher aux questions religieuses, malgré les avertissements que Mirés leur avait jadis donnés et que leur répète encore chez nous le vénérable M. Franck. Ils servirent d'instrument au Kullurkampf.

De même, en France, ils ont pris part à la persécution maçonnique dirigée contre le catholicisme et les traditions nationales.

Une situation analogue à celle qui, au temps de Louis le Débonnaire, faisait écrire à Agobard son livre brûlant de Insolent ia Judœorum, s'est reproduite et elle a fait le succès de la France juive de M. Drumont (4). »

(1) Claudio Jannet, Le capital, la spéculation et la finance au XIX"" siècle.

Il me paraît bon d'indiquer ici, avec le savant et consciencieux sociologue que je viens de citer, quel est, assure-t-on, le principe interne et vivace de l'action néfaste du juif dans les sociétés chrétiennes : ce serait l'éducation talmudique de la race juive, car le Talmud enseigne au juif a regarder et à traiter le reste des hommes comme un vil bétail (4).

a Depuis des siècles, dit M. Claudio Jannet, dans presque toutes les communautés juives, le Talmud a supplanté la Bible comme base de l'enseignement moral. Or le Talmud inculque l'idée que

(1) Extrait du Talmud : a Un juif est de la substance de Dieu... Les juifs seuls, sont des hommes, les autres nations ne sont que des variétés d'animaux. Le chien vaut mieux que le non-juif... Les non-juifs n'ont été créés que pour servir les juifs nuit et jour. » (Traduction de M. Auguste Rohling dans la Croix du 20 décembre 1894.) Sur le Talmud, voir dans le Diet de théologie de Bergier, l'article qui porte ce titre.

les obligations de la morale ne sont pas les mêmes entre Israélites et vis-à-vis des autres hommes. A proprement parler et pour tout ce qui touche à l'application de la loi, la qualité d'homme n'appartient qu'aux juifs ; tous les non-juifs {Goim) sont considérés comme des bêtes vis-àvis desquelles tout est permis ; seuls les prosélytes (Ghérini) sont assimilés aux Israélites. La Gbemara fourmille de passages où les vertus de justice et d'équité, non seulement ne doivent point s'appliquer au chrétien, mais changent de nature et deviennent une faute s'il en est l'objet. Le traité Avoda-Zara défend en termes exprès de sauver de la mort un non-juif, de lui rendre ses biens perdus ou d'avoir pitié de sa personne. La formule Kol-Nidrai, qui fait partie du rituel de la fête du Kilpour ou grand pardon, a pour effet de dégager l'Israélite de tous les engagements

et serments qu'il pourrait avoir faits dans Tannée. Au besoin, ses serments peuvent lui être remis, s'il le demande, par un tribunal composé de trois Israélites quelconques. Les rabbins talmudisants disent, en outre, que, puisque la vie de l'idolâtre (et sous ce nom ils comprennent le chrétien) est à la disposition du juif, à plus forte raison son bien! Les possessions des chrétiens, d'après le Bava-Bafra, sont comme un désert ou comme le sable de la mer ; le premier occupant en sera le vrai propriétaire. Le traité Baka Koumah porte littéralement ce qui suit : « Il a été enseigné ceci: lorsqu'un israélite et un non-juif ont un procès, tu donneras gain de cause à ton frère et tu diras au non-juif: ainsi porte notre code. Si les lois des nations du monde se trouvent favorables à l'Israélite, tu lui donneras gain de cause encore et tu diras au non-juif: ainsi porte votre

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propre code ; mais si nul de ces cas n'existe, il faut le harasser de chicane, jusqu'à ce que gain de cause reste à risraélite. » La spoliation systématique des chrétiens, par ces derniers moyens et notamment ps^r l'usure est présentée dans tous les traités du Talmud, non seulement comme un acte méritoire, mais comme un devoir strict de conscience (1). »

Telle est l'éducation morale que la race juive a reçue pendant de longs siècles (2).

Ne suffit-elle pas à expliquer la conduite, des juifs vis-à-vis des chrétiens? N'est-ce

(1) Claudio Jannet, op. cet, — Cf. Gougenot des MoussEAux, Le Juif, le judaïsme et la judaîsation des peuples modernes. — Edouard Joudowski, Le judaïsme, Paris, 1886. — Le juif selon le Talmud^ par A. PoNTiGNY (d'après Aug. Rohling), Paris, 1889. — Le juif talmudiste par Tabbé de Lamarquk (d'après Aug. Rohling), Bruxelles, 1888.

(2) h Si les non-juifs savaient ce que nous enseignons contre eux, ils nous assommeraient tous », est-il écrit dans le Dibre David,

pas de cette école qu'est sorti ce juif, que le juif allemand, M. Conrad Alberti, nous dépeint en termes si énergiques? « Une intolérance brutale, on pourrait dire barbare, dit-il, est la caractéristique des juifs; ce qui ne les empêche pas de réclamer partout et toujours la tolérance de la part des autres confessions... Le juif, en tant qu'adversaire dans la lutte sociale et civilisatrice, n'a pas honte de recourir aux moyens les plus détestables et les plus immoraux, sachant très bien que les chrétiens déserteront la lutte, plutôt que de s'abaisser à la vilenie juive (1). »

Quoi qu'il en soit de cette origine talmudique de l'exploitation juive, celle-ci n'en paraît pas moins certaine, et ainsi s'explique la renaissance de la question juive parmi nous, malgré les maximes d'égalité

(1) Libre Parole^ 2 septembre 1895.

civile et d'indifférence religieuse qui régnent dans les esprits et les mœurs de notre siècle et de notre pays.

Du reste la question juive n'est pas une question religieuse; il ne s'agit pas de porter atteinte au libre exercice de la religion des Israélites, encore qu'ils pratiquent un mosaïsme faux et sans valeur.

C'est calomnier l'antisémitisme que de le représenter comme un parti d'intolérance religieuse. Il serait à souhaiter xjue les journaux et les revues à la solde d'Israël eussent pour les croyances, le culte et les prêtres catholiques, le même respect dont la presse dévouée à l'Eglise use d'ordinaire envers la loi de Moyse et les rabbins juifs. Que le juif observe le sabbat et garde avec scrupule ses observances religieuses, nul ne songe à s'y opposer. La question juive, on ne saurait le répéter

assez, n'est pas une question confessionnelle.

Combien sont-ils, du reste, parmi les juifs de race, ceux qui attendent encore le Messie promis à leurs pères et qui soupirent après la venue de ce glorieux fils de David? L'antique mosaïsme ne compte guère plus de fidèles. Depuis Témancipation des juifs, affirme M. Alexandre Weill, « leurs vertus négatives et affirmatives ont toutes disparu en moins de cinquante ans. Ils n'observent plus les lois de l'hygiène, de la table et du lit; la grande majorité d'entre eux ne les connaît même plus. La Bible hébraïque est lettre close pour eux et ils ne lisent pas davantage la Bible française ou allemande. Ils n'observent plus aucune loi du sabath, pas même les usages de la table. Ils se sont bâti de somptueuses synagogues, mais ils ne les fréquentent pas... Nombre

d'entre eux ne mettent jamais le pied au temple (1). »

Un autre écrivain, également de race juive, M. Théodore Reinach, constate le même discrédit du mosaïsme parmi les fils d'Israël, et nous montre ceux-ci se dirigeant par le déisme rationaliste vers une espèce future de rationalisme protestant. « Combien d'israélites à Paris, à Londres, écrit-il, observent sérieusement les lois alimentaires, le sabbat? Beaucoup savent à peine les dates des grandes fêtes, ne retrouvent le chemin de la synagogue que les jours de mariage, et ne font circoncire leurs fils que par hygiène (2). »

Pour quelle raison, de nos jours, des chrétiens ou des libres-penseurs se prendraient-ils d'un beau zèle d'inquisiteur

(1) Le Centenaire de V émancipation des juifSy par le juif Alexandre Weill.

(2) La Grande Encyclopédie, art. Jutf.

espagnol contre le culte judaïque ? Non, l'antisémitisme n'est pas une déclaration de guerre à la religion des juifs. Voilà pourquoi le principe moderne de la liberté de conscience ne l'a pas empêché de naître et n'en arrêtera pas les progrès.

Se brisera-t-il contre le principe de l'égalité politique et civile? Mais ce principe suppose, me semble-t-il, q\i'entre les citoyens il n'y a point d'incompatibilité de race, et que tous les membres du corps social, animés d'un même esprit et d'un même amour, s'unissent dans le même sentiment d'une fraternité patriotique. Or l'histoire ne prouve-t-elle pas avec évidence que les juifs obstinés dans le mosaïsme sont une race distincte, rebelle à toute fusion, laquelle vit partout sans patrie et comme une étrangère au milieu des peuples ; incapable par suite de donner à aucune nation de véritables et parfaits

citoyens ? L'un d'eux vantait naguère r « aristocratie » de sa race et son excellence au-dessus de toutes les autres (1).

Soit; mais cette louange vient à l'appui de la distinction de race sur laquelle se fondent les antisémites pour refuser aux juifs l'égalité civile et politique chez les peuples aryens (2).

(1) M. Isaïe Levaillant, dans une lettre privée publiée lors du procès des MM. Schwob. « Le dernier des juifs vaut pour le moins le premier des chrétiens... Les juifs sont la réserve intellectuelle et religieuse de Tavenir. » {Le Centenaire de Vémancipationdesjuifs^ par le juif Alexandre Weill. Paris, 1888.)

(2) Voici un document récent qui peut servir à prouver cette distinction de race : « Camarades Israélites. Vous passerez bientôt du milieu tranquille des collèges dans l'agitation de la vie universitaire. C'est à nous qui vous y précédons de vous y préparer, en vous initiant à la réalité des choses que vous y rencontrerez. Ici, à Prague, aussi bien dans les facultés allemandes que dans les tchèques, comme d'ailleurs dans celles de toute l'Autriche et de toute TAllemagne, vous trouverez la scission à Tétat aigu entre les étudiants juifs et ceux qui ne

La question juive se présente comme une question nationale, et particulièrement comme une question économique.

Pour les juifs et leurs amis, Tantisémitisme économique et social n'est que le produit de la jalousie de concurrents malchanceux ou évincés, de l'envie haineuse

le sont pas. Malgré que les premiers se soient jetés ici dans le pangermanisme, là dans le panslavisme, en un mot dans les chauvinismes nationaux, satisfaire état de leur propre nationalité, ils n'ont recueilli que dédain et mépris de la part de leur non-coreligionnaires et ont été exclus par eux des sociétés mêmes dont ils avaient été les fondateurs. Pourtant les juifs ne sont ni des Allemands ni des Slaves ; ils sont un peuple à part Des fureurs croissantes de l'antisémitisme surgirent à Vienne, Czemovitz, Berlin, Heidelberg, etc., des associations d'étudiants de nationalité juive, comme ici à Prague, l'association nationale juive « la Macchabée i>. Son principe est ainsi formulé:» Les juifs ont été et restent un peuple autonome par l'unité de sa race. » (Adresse des étudiants juifs de l'Université de Prague, dans la Croix ^ supplément du 11 mars 1895.)

de gens qui n'ont pas su conserver leur fortune, de Thostilité implacable de débiteurs menacés. Faisons à ces mauvais sentiments la plus large part et disons que (( beaucoup d'agioteurs de la pire espèce, quoique chrétiens de nom, déclament contre lés juifs uniquement parce qu'ils leur font concurrence et ont l'avantage sur eux. Le triste héros de M. Zola, dans r Argent, déplore le triomphe delajuiverie et invective contre ces sales juifs, uniquement parce qu'ils l'ont empêché de faire à son profit personnel ce qu'il leur reproche» (1). Ces gens-là sont de 223i5érables envieux et non pas de vrais et sincères antisémites.

Il s'est rencontré des hommes qui ont étudié, non pas en simples annalistes, qui

(1) Claudio Jannet, op. eit.

enregistrent les faits sans les comprendre, ni en historiographes dont le regard ne s'arrête qu'à la superficie des événements, mais en véritables historiens et philo-^ sophes, qui cherchent à découvrir les secrètes raisons des choses et à saisir les ressorts cachés qui fontmouvoirles peuples et les États; il s'est rencontré, dis-je, des hommes qui ont étudié dans cet esprit notre siècle troublé, et ces hommes prétendent avoir vu le juif, la race juive, à la source de tous les maux qui nous accablent ; ils croient avoir découvert le vice radical de la désorganisation sociale et économique dont l'Europe souffre et dont la France est menacée de périr: c'est, proclament-ils, Tadruission du juif de race dans la société chrétienne, au même titre et avec les mêmes droits que Jes aïs des races aryennes, et par une conséquence logique, l'apparition et le dévelop-

pementdu système juif dsins l'ordre économique et social (1).

De cette conviction profonde et ardente, chez des hommes passionnés, écrivains et orateurs de talent, est né l'antisémitisme (2).

(1) Voir un exemple de ce fait et de ses résultats dans le discours prononcé par M. Samory à la Chambre des députés le 19 février 1895 contre les juifs d'Algérie. — « Un cri universel rend l'entrée des Israélites dans la^société contemporaine responsable de tous les débordements de la fraude, et de l'agiotage. » (Claudio Jannet, ouvrage cité). Ne peut-on redire de nos jours avec vérité les paroles de Basnage : a L'usure est encore aujourd'hui, comme elle l'a été dans tous les siècles, une source abondante de richesses pour cette nation. • (Basnage, Histoire des Juifs y livre, 9 chap. 15. La Haye, 1716.)

(2) Voir les ouvrages de M. Drumont et son journal la Libre Parole. La pensée de M. Drumont se trouve, me semble-t-il,fort bien résumée par luimême dans les lignes suivantes : « Nous sommes opprimés par une poignée de juifs, de francsmaçons, de cosmopolites et de mercantis.. Ces gens-là sont les plus grands coquins de la terre. Non seulement ils ont traité les catholiques dans leur propre patrie comme l'Angleterre n'a jamais

On le voit, ce n'est pas là une opinion religieuse ; c'est un parti qui poursuit un but social et une réforme de notre régime économique.

Tous les antisémites du reste n'ont pas les mêmes visées. Il en est qui distinguent entre les juifs récemment venus d'Allemagne et ceux d'origine portugaise établis chez nous depuis plusieurs générations (1). Les premiers, qui ne sont Français que par naturalisation, doivent être traités en étrangers (2) ; le^ seconds,

traité les Irlandais; non seulement ils ont fait d'eux de véritables outlaws^ mais encore ils ont déshonoré et dévalisé ce pays, ils Pont avili devant l'Eu rope, ils ont gaspillé nos ressources, ils ont fait taer nos soldats dans des expéditions imbéciles ; ils ont concussionné et prévariqué de toutes les façons. » {Libre Parole du 10 août 1895.)

(1) Le journal juif la Lanterne a fait lui-même cette distinction.

(2) Ils sont visés dans laproposition de loi de M. de Pontbriand, député, qui demande que nul ne puisse jouir de la naturalisation française et des droits de

au contraire, paraissent être devenus de vrais fils de la France.

On trouve des antisémites prêts à exiger Texpropriation des juifs (1) et leur expulsion du territoire français; mais beaucoup ne demandent que des mesures restrictives quant à l'accès de certaines fonctions dont dépend la sûreté de l'Etat et qui touchent aux intérêts vitaux de la patrie française.

En outre, les antisémites se joignent à ceux qui ' réclament la répression de l'agiotage, des spéculations malhonnêtes, et, en général, des procédés qui constituent

citoyen s'il ne compte deux de ses ancêtres successifs véritablement Français. Plus de deux cents députés ont voté en faveur de l*urgence de cette proposition, laquelle a été prise en considération dans la séance du 13 décembre 1895.

(1) «< La première mesure à prendre serait de constituer un jury national pour faire restituer par les juifs ce qu'ils ont indûment perçu. » {Libre Parole du 13 août 1895, article de M. Drumont.)

le système juif, grâce auquel le monde du travail est l'esclave des exploiteurs et des jouisseurs de la finance cosmopolite.

L'antisémitisme a donc comme point de départ un doublé fait: d'abord, que le juif est une race qui ne peut se fondre et se mélanger avec les races aryennes, dont il se distinguera toujours (1), et sur les-

(1) Voici l'opinion de M. Ahlwardt, l'antisémite allemand, d'après le journal le Matin^ cité dans V Univers du 15 février 1895 : « Les juifs sont des étrangers. Étrangers ils étaient lorsqu'ils ont fait irruption dans ce pays, étrangers ils sont demeurés après de longs siècles de séjour parmi nous.

Ils ne se sont point adaptés à notre milieu, ils ne se sont point assimilés â nous. Us ont conservé soigneusement leur manière d'être spécifique. Ils sont et demeureront, physiquement et moralement, des étrangers pour nous. Campés parmi nous, ils n'ont rien de commun avec nous : ni le cœur, ni Pesprit. Us n'ont apporté ici ni fortune, ni industrie. Ils n'ont apporté que leur appétit insatiable, leur inextinguible soif de l'or. Oh ! il ne s'agit pas ici de dire aux juifs des choses désagréables. Ce serait trop facile et ça ne prouverait pas grand'chose. Il ne s'agit pas davantage d'être

quelles il prétend avoir par nature une réelle supériorité ; ensuite, que le juif constitue une sorte d'espèce parasitaire, merveilleusement apte à recueillir les bénéfices du travail d'autrui, et incapable de

injuste à leur égard. Les juifs ont, parfois, souvent môme, des qualités de tout premier ordre. Ils sont excellents pères de famille, pratiquent entre eux la solidarité sur une vaste échelle. Ils sont fréquemment doués d'une intelligence remarquable, d'une grande souplesse d^esprit, d^un instinct des plus affinés. Ah 1 par exemple ils n'ont jamais rien trouvé, rien inventé. Ils sont incapables d'une idée nouvelle, d'une conception géniale. La faculté créatrice leur fait complètement défaut. Mais ils sont, par contre, calculateurs et spéculateurs de première force. Et ils excellent dans l'art inférieur, mais très rémunérateur de l'exploitation — de l'exploitation à tous les degrés — de Tœuvre d'autrui. Ktant donnés un homme, une chose ou une situation quelconque, d'un sûr coup d'œil ils apprécient ce qu'il pourra en résulter pour eux de bénéfices immédiats, susceptibles d'être réalisés sans travail, sans peine. Seulement, ces qualités, qu'il me plaît de reconnaître chez les juifs, sont justement ce qui les rend dangereux pour notre nation, ce qui nous oblige à les combattre sans trêve ni repos. »

vivre autrement que de Toppression et de l'exploitation des races laborieuses chez lesquelles il fomente des dissensions et des guerres afin de les réduire de plus en plus sous le joug.

De ce double fait Tantisémitisme, basé sur les principes qui régissent la conservation des sociétés, passe à des conclusions et résolutions pratiques destinées à tirer les peuples aryens de la servitude judaïque dans laquelle ils sont tombés. La défense de notre ordre social exige que le juif ne soit pas admis chez nous sur le pied d'une égalité civile et politique complète avec les autres citoyens. De plus il faut réprimer ses instincts de parasite, et mettre le peuple à couvert des brigandages de la juiverie.

Telle est, me semble-t-il, la raison d'être en même temps que l'objet et le but de Tanlisémilisme contemporain. Il ne pro-

cède ni du fanatisme religieux, car ce n'est pas une question religieuse, ni de Tenvie ou de la cupidité qui engendrent les haines sociales, car il n'aspire pas à exploiter et à jouir à la place des fils d'Israël : il est l'œuvre de sociologues désintéressés, de fils de vieille race aryenne, une œuvre de bonne foi, de patriotisme sincère et d'ardent amour du bien public (1).

Est-ce une œuvre juste ?

Je voudrais répondre à cette question en mettant en présence l'antisémitisme de

(1) Jugement d'un sémite sur les antisémites : « C'est le préjugé seul qui a pu rallier quelques inconscients autour de l'antisémitisme ; mais avec une connaissance plus précise et plus exacte des faits, les gens de sens estimeront à leur juste valeur cette troupe de fanatiques incorrigibles ou de miliciens soudoyés,, c{yii essaient une guerre insensée contre la raison et le droit. » (E. Lambert, Les juifs, la société moderne et V antisémitisme, Paris, 1887.) '

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nos jours et rantisémitisme du treizième siècle, dont le prince des scolastiques, saint Thomas d'Aquin, s'est fait dans une lettre le puissant écho.

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