‹ L'antisepsie dans la pratique de la chirurgie journalièreChapitre 12 sur 104 · INTOXICATION · texte numérisé non relu

INTOXICATION

d'orchite tuberculeuse avec fistule, il y avait danger à lui enlever son testicule, parce que sa fistule servait d'émonctoire et qu'après son ablation les germes morbides restant dans l'économie pouvaient amener des poussées aiguës vers d'autres organes. — C'est par cette théorie qu'on a voulu expliquer l'action des cautères suppures permanents, si employés autrefois. Ils agiraient non seulement par révulsion, mais ils permettraient l'élimination de germes morbides. Dans ces derniers temps on a proposé de créer des abcès de dérivation, qui devaient agir d'après les mêmes principes.

Les microbes agissent sur l'organisme de diverses manières; d'abord ils s'y disséminent, s'y multiplient et l'inondent de sécrétions.

Ils sécrètent des diastases qui amènent la digestion des éléments anatomiques voisins, puis ils sécrètent des poisons, des toxines, qui agissent en particulier sur les cellules nerveuses, sur les centres vaso-moteurs et par là déterminent la fièvre; il y a des microbes qui sécrètent une matière colorante, tel le microbe pyocyanique qui colore le pus bleu. En résumé, les microbes, par leurs sécrétions, amènent une intoxication de l'organisme.

Il ne faut pas confondre l'intoxication par les toxines microbiennes, avec celle qui est produite par les toxines dues aux cellules du corps lui-

même et qui est désignée sous le nom à'aulo-intnxication. Ce phénomène a été étudié surtout par le professeur Bouchard. A l'état normal, les cellules de l'organisme sécrètent des produits qui pourraient être toxiques s'ils n'étaient pas régulièrement éliminés, ce qui s'observe dans certains états pathologiques. L'accumulation de ces toxines du corps amène alors l'auto-intoxication.

D'après ce que nous avons dit, on voit que dans les maladies microbiennes, il y a presque toujours plusieurs microbes qui interviennent, le premier ayant ouvert la porte aux autres, en amenant des modifications des tissus et des humeurs qui permettent aux microbes secondaires de pulluler. En d'autres termes, il est rare qu'une maladie infectieuse doive tous ses symptômes et toutes ses lésions à une seule espèce de microbe ; les microbes secondaires amènent des infections secondaires, qui s'ajoutent à la maladie première, tel dans la tumeur blanche nous voyons les microbes pyogènes amener de la suppuration dans les foyers infiltrés du bacille de la tuberculose.

Comme ces microbes secondaires séjournent ordinairement sur le corps ou dans certaines de ses cavités, on peut, par certains soins prophylactiques, conjurer en partie les dangers auxquels ils exposent. C'est ainsi que l'asepsie de la bouche est utile dans les opérations de cette région, et

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