RÉSISTANCE DE L'ORGANISME
2° Le nombre très restreint des microbes spécifiques, tandis que la plupart des microbes pathogènes ne deviennent dangereux que lorsqu'ils rencontrent des conditions spéciales qui favorisent leur action. De là vient :
3° L'importance prise par le terrain sur lequel se trouvent les microbes. Comme il est nécessaire que ce terrain, ou autrement dit les tissus, s'éloignent de leur état physiologique pour que les microbes puissent y vivre, il résulte de là que l'on combattra efficacement les microbes en améliorant l'état de l'organisme.
Il y a lieu aussi de remarquer les progrès qui résultent d'une connaissance plus étendue de l'histoire générale des microbes. Le mot microbe semblait un épouvantail, en voir un, c'était voir un ennemi. Nous savons maintenant que beaucoup d'entre eux n'agissent que s'ils rencontrent des conditions favorables, qu'il dépend souvent de nous de faire disparaître. En outre, nous savons qu'il faut distinguer les microbes bienfaisants ou indifférents, des microbes pathogènes. Mais notre ignorance sur ces points nous oblige souvent à détruire tout microbe.
On conçoit combien il est nécessaire d'avoir arrêté son attention sur ces faits, afin de se former une opinion, d'où l'on déduira la ligne de conduite que l'on devra suivre en face d'un malade à soigner.
Nicaise. Antisepsie. ?
Une fois le microbe introduit dans l'organisme, que va-t-il se pnsser ?
Quand il se trouve dans des conditions favorables, il se multiplie, envahit les parties voisines du lieu de pénétration et arrive dans le sang soit directement, soit avec des leucocytes qui l'ont absorbé, il y a alors infection. Mais les microbes ne restent pas dans le sang, ils se fixent de préférence sur certains systèmes ou certains organes, où ils fondent des colonies.
On les voit souvent choisir les loci minoris resistentiie, c'est-à-dire qu'ils se rendent de préférence dans les parties déjà malades ou qui l'ont été autrefois ; c'est là un point de grande importance clinique qui explique le réveil d'une maladie ancienne à propos d'une maladie nouvelle.
Quelquefois, les microbes et leurs produits semblent se rendre de préférence dans les ganglions lymphatiques où ils séjournent (Bouchard), et qui peuvent alors les empêcher d'envahir l'organisme. C'est ce qui existe pendant une période de la peste à bubons et dans le chancre mou avec adénite suppurée. Les anciens avaient remarqué ce rôle des ganglions et ils les désignaient sous le nom de glandes émonctoires.
Ces questions, malgré l'obscurité qui les entoure encore, méritent de fixer l'attention du praticien. On a dit par exemple que chez un homme atteint