PARIS
LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE et FILS
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« Cyrurgicus débet esse ingeniosus naturaliter. »
Mondeville, Traité de chini rgie, 130G.
La méthode antiseptique a ouvert à la chirurgie une ère nouvelle 7 a aucune période de/.'<4^son histoire ^cllc éjl n'a été aussi brillante dans ses résultats, ni aussi hardie dans ses entreprises. fiu/,/ré/fë}£& avai l'été précédée, en France, par le pan-/ 6fMtsement ouaté a" A. Guérin, don*' elle ne tarda pas /'lu***** a prendre la place i^-mais la pratiqua du traite-/; 'P&tA ment aseptique des plaies ramèneJ'atlcntion sur ? "^ ce pansement qui est/un pansement aseptique /&< 2t*parfait.
Si, dès le début, les succès de l'antisepsie ont été remarquables, les procédés du Listêrisme pur présentaient cependant quelques inconvénients. Aussi, bientôt, des modifications furent apportées à la technique de la méthode, dans le but de simplifier ses moyens d'action et de rendre l'asepsie plus complète.
De grands progrès ont été réalisés depuis l'emploi de la chaleur comme agent de stérilisation. Parmi les procédés calorifiques, l'étuve et l'auto-
clave donnent une asepsie parfaite, mais demandent une installation et une surveillance spéciales, qu'on ne peut guère obtenir que dans un service d'hôpital. L'eau bouillante, dont l'emploi, au contraire, est de la plus grande simplicité, donne aussi des résultats excellents et, grâce à certains artifices, permet de détruire les spores pathogènes les plus résistantes.
Si le chirurgien est à même d'utiliser l'étuve et l'autoclave il en usera, sinon l'eau bouillante additionnée lui suffira.
Il résulte de ceci que la méthode antiseptique devient applicable partout et mon but est de chercher à montrer que, par des procédés très simples, on est assuré d'arriver à des résultats pratiques qui ne laissent rien à désirer.
Ce manuel est surtout écrit dans l'espoir d'être utile au praticien isolé des petites villes et des campagnes, lequel est souvent obligé de se servir exclusivement de ce qu'il trouve autour de lui. Ces ressources improvisées, choisies et adaptées avec à-propos, assureront le succès.
Le traitement des plaies a été l'objet de travaux nombreux en France et à l'étranger, en Allemagne particulièrement.
Depuis la publication première de notre collègue J. Lucas-Championnière, sur la chirurgie antiseptique (1876), le nombre des mémoires et des manuels a été considérable et s'est accru rapidement dans ces dernières années : qu'il me suf-
fise de citer ceuxdcTroisfontaines,deLe Gendre, Barette et Lcpage, de Vinay, de Terrier et Péraire, de Chaput et Terrillon, de M. Baudoin, de Ed. Schwartz, de Reverdin, etc. Ils renseignent exactement sur la méthode, puis sur la pratique des grands services de chirurgie et sur les idées de leurs auteurs. C^Ktn tumij-i* ^'"/'^"l/jà
A cote de ces Hftanrrcfc ont paru des travaux traitant spécialement de l'antisepsie en pratique courante : nous citerons ceux de Forgue, de Montaz, de Cazanove, etc.
Le livre que je publie est une œuvre de vulgarisation qui était depuis longtemps en projet. J'ai toujours cherché en effet à réaliser la méthode antiseptique par les procédés les plus simples; les pièces de pansement, les fds à ligature, etc. , ont toujours été préparés dans mon service. En outre la plupart des questions traitées dans ce manuel ont fait l'objet de conférences à l'hôpital Laënnec, ou de notes qui ont été publiées1. Je m'appuie donc sur le résultat d'une expérience déjà longue, en même temps que sur
1. J'occupe le service de chirurgie de l'hôpital Laënnec depuis l'année 1880. Il est installé dans l'infirmerie de l'ancien Hospice des Incurables, ce qui n'a pas empêché d'obtenir des résultats parfaits dans les opérations. Au service des aigus, est adjoint un pavillon pour les chroniques et un pavillon neuf pour les opérations abdominales ; il y a donc deux: salles d'opérations. En outre, j'ai installé un musée pathologique et cette année, de concert avec l'administration, nous avons établi un laboratoire de bactériologie.
l'élude des ouvrages spéciaux, et sur la pathologie générale, qui a pris en France un si grand . développement .dans ces dernières années^?**- *—■ *Î*U/*"*'J ai ainsi cfierché à mettre en évidence les principes qui doivent guider le praticien, en même temps que je m'efforçais d'exposer brièvement les données scientifiques sur lesquelles ils reposent.
Dans ces dernières années, plusieurs jeunes médecins se sont installés en province, à la campagne même, en s'enlourant de tous les moyens nécessaires pour pratiquer la méthode antiseptique. Ils ont, par cela même, prouvé qu'ils comprenaient bien l'intérêt du malade et le leur; on ne peut qu'engager tous leurs confrères à suivre leur exemple.
En effet, la pratique de l'antisepsie est facile, elle donne au praticien confiance et tranquillité, et elle économise son temps.
Je serai largement récompensé si je réussis à faciliter et à propager celte pratique bienfaisante qui s'impose à tous.
Ed. Nicaise.