CHAPITRE PREMIER DOCTRINE MICROBIENNE. - MICROBES EN GÉNÉRAL
Nécessité d'une doctrine. — Phases de la méthode antiseptique. — Rôle des microbes dans la nature. — Quatrième règne : Omniprésents.
— Variétés des microbes pathogènes. — Conditions favorables à leur développement. — Siège des microbes. — Microbes du corps humain.
— Rôle des microbes dans les maladies. — Condilions nécessaires à l'infection. — Groupes des microbes. — Résistance de l'organisme.
— Les microbes dans l'organisme. — Infection. — Toxines et intoxication. — Auto-intoxication.
Le médecin praticien doit connaître également V homme sain, tel que le lui ont montré de bonnes études d'anatomie et de physiologie, et Y homme malade, dont la connaissance générale se déduit surtout des modifications anatomo-phvsiologiques amenées dans l'organisme par les maladies chroniques et par les maladies infectieuses. Pour suivre une voie judicieuse au milieu du dédale des phénomènes pathologiques et des embarras de la thérapeutique,
Nicaise. Antisepsie. 1.
le praticien ;» besoin d'une doctrine pathogénique qui relie entre eux les phénomènes observés et leur donne une raison d'être ; autrement, il ne serait qu'un guérisseur, choisissant un traitement au hasard, et passant de l'un à l'autre sans motifs précis. — Trop souvent encore nous ne sommes guidés que par l'empirisme, et nous sommes obligés de nous contenter des données qu'il nous fournit. Tous nos efforts doivent donc tendre à acquérir des notions exactes et à connaître le « pourquoi » de nos actions.
Aujourd'hui, pour ce qui concerne les complications des plaies, nous avons une doctrine, nous savons, dans bien des cas, ce que nous faisons, pourquoi nous réussissons et où nous allons, et nous sommes à peu près les maîtres de guérir sans complications.
Cette doctrine est basée sur les découvertes de Pasteur qui a démontré que la putréfaction des liquides étai^^lue; à des germes, à des organismes inférieurs, des schizomycètes, des bactéries, cju'on désigne d'une façon plus générale sous le nom de microbes. Les complications des plaies étant dues à l'infection par les microbes, ou à la putréfaction et à la septicité des sécrétions qu'elles produisent, il s'agissait de mettre ces plaies à l'abri des microbes, qui sont aussi les agents de la septicité : c'est ce que A. Guérin et Lister ont fait,