‹ L'antisepsie dans la pratique de la chirurgie journalièreChapitre 21 sur 104 · IODOFORME · texte numérisé non relu

IODOFORME

et les vêtements. Il en résulte que toute personne qui porte un pansement à la gaze iodoformée transporte avec elle cette odeur, soit à la promenade ou dans les réunions, etc. — Cet inconvénient peut être sûrement évité par l'emploi d'une gaze iodoformée à la glycérine, mais on la trouve rarement dans le commerce, parce qu'à la longue, l'iodoforme s'y décompose et la gaze devient violette, par l'iode. Nous reviendrons dans un autre /// chapitre sur la préparation de cette gaze.

L'iodoforme peut amener des accidents locaux et généraux ; il peut déterminer sur la peau des démangeaisons, des vésicules, de l'érythème ; absorbé, il peut donner lieu à une intoxication mortelle.

Dans l'intoxication légère, il y a de la faiblesse, de l'anorexie, quelquefois des nausées, des vomissements, une saveur alliacée dans la bouche ; quelquefois cette saveur tient aux objets (cuillère ou autre) qui ont été en contact avec de l'iodoforme. (i/ — Aux troubles gastriques s'ajoutent assez souvent des phénomènes nerveux, de l'insomnie, de l'agitation, du délire.

Dans les cas graves, les phénomènes ci-dessus sont accentués, surtout les phénomènes nerveux; il y a du délire, des convulsions, de l'angoisse précordiale avec gène de la respiration, une grande faiblesse, le pouls est petit, fréquent, la température ne dépasse guère 38°, 5 ; on observe des

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éruptions rubéoliques, plus tard du collapsus, et la mort survient, quelquefois rapidement.

Comme traitement, après avoir supprimé l'iodoforme, on donnera au malade des excitants, du café, de la glace; on fera des frictions sur les membres, des injections d'éther. Behring s'est bien trouvé de l'administration d'une solution aqueuse h 5 ou 10 pour 100 de bicarbonate de potasse.

Succédanés de l'iodoforme. — Dans ces derniers temps on a essayé de remplacer l'iodoforme par le Diiodo forme, qui est sans odeur. — Mais ce corps est d'un prix élevé, il paraît qu'il se prête mal à la préparation de la gaze ; en outre, dans les essais que j'en ai faits, j'ai constaté que les pansements laits avec cette poudre finissaient par présenter une odeur fade des plus persistantes et très désagréable.

D'autres substances ont été proposées et employées comme succédanées de l'iodoforme:

UAntiseptof, poudre brune, inodore, contient 50 0/0 d'iode, qu'il laisse dégager en partie.

VAristo/, poudre brun-rouge, inodore, contient 46 0/0 d'iode, non absorbé par les plaies.

h'Airol, poudre grise, inodore, ni toxique, ni irritant.

VIodnl, petits prismes jaunes, odeur du thymol, renferme 88,9 0/0 d'iode, qui se dégage en partie.

LeDermatol, poudre jaune, inodore, ni toxique,

CIILORUIIE DE ZINC 'l9

ni irritant ; très recommandé par plusieurs chirurgiens.

Salol. — Le salol a été introduit dans la thérapeutique pour suppléer l'iodoforme, abandonné quelquefois a cause de son odeur. — Le salol se présente sous la forme de menus cristaux blancs, d'une odeur qui rappelle celle de l'essence de Winter-Green ; il est insoluble dans l'eau et la glycérine, soluble dans l'essence de térébenthine, l'alcool, le chloroforme, l'éther; — 100 parties de salol correspondent à 40 de phénol et 60 d'acide salicylique. Il se liquéfie en présence du camphre.

Il est dédoublé par les alcalis, c'est ce qui se présente lorsqu'il arrive dans l'intestin, après avoir été ingéré. — Il n'est pas toxique ; mais par son dédoublement, il pourrait déterminer des accidents dus ii l'acide phénique ; il colore les urines en vert, comme cet acide ; je l'ai vu produire de l'éryhème.

C'est un agent antiseptique, antipyrétique et analgésique, on l'emploie en poudre, on en fait une gaze antiseptique, une pommade, etc.

Chlorure de zinc. — C'est un corps blanc, déliquescent, soluble dans l'eau et l'alcool. Il est caustique et antiseptique. On l'emploie, en solutions aqueuses plus ou moins concentrées, selon qu'on veut obtenir un effet caustique ou antiseptique.

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11 sera surtout utile pour modifier la surface de plaies profondément infectées ; on usera alors de solutions à 1/20, à 1/12, à 1/10 même. Mais alors il faut redouter son action caustique. Schwartz signale la possibilité d'hémorragies secondaires lors de la chute de l'eschare d'une paroi veineuse touchée par la solution qui a servi h désinfecter la plaie.

Naphtol fl — Ce corps, qui se présente sous la forme de petites lamelles blanches, est plus cmplové en antisepsie thérapeutique que dans la prophylaxie. Il est soluble dans l'alcool et l'éther et très peu soluble dans l'eau, néanmoins son action antiseptique est puissante, même il faible dose, ainsi que l'a montré M. Bouchard.

Un litre d'eau en dissout 0,20 centig. ; en ajoutant 1 gramme d'alcool on peut en dissoudre 0,33 centig. A cette dose, tout à fait inoiïensive, la solution employée en injections intra-utérines dans les accidents puerpéraux a rendu de grands services, dans des cas où l'emploi d'un autre antiseptique toxique aurait présenté de grands dangers.

Il y a dans l'eau naphtolée une ressource qu'il faut connaître, on peut l'employer dans presque tous les cas.A< ? (U * tlt'iO lût*. J*écd<*. mù^f^Jr

En associant l'acide borique et le naphtol (3 on a un antiseptique composé plus actif que chacun

MICROCIDINE 51

des deux corps pris isolément, et la solubilité du naphtol est augmentée :

Acide borique 20 grammes.

Eau chaude. . . . . 1000 —

Ajouter:

Naphtol p 0,50 centig.

On peut faire avec l'alcool une solution mère de naphtol qui permet de préparer de suite des solutions étendues:

Naphtol p. . .5 grammes.

Alcool à 90°. q. ». pour 100 c. cubes.

Une cuillerée à café de cette solution représente environ 0,25 centig. de naphtol et peut servir à préparer un litre d'eau naphtolée.

Le naphtol est très en usage dans l'antisepsie intestinale.

Le naphtol camphré rend des services en chirurgie, en injections ou en applications superficielles.

Microcidine. — C'est un antiseptique nouveau préconisé par le Dr Berlioz, de Grenoble. On l'obtient en ajoutant a du naphtol (3 fondu la moitié de son poids de soude caustique (naphtolate de soude); il se présente sous la forme d'une poudre blanche. En solutions aqueuses à 3 ou à 5 pour 1000, la microcidine a donné de bons résultats dans les plaies infectées. Sa réaction est franchement alcaline.

Camphre. — Il a été quelquefois employé en poudre sur la ligne de réunion des plaies, soit pur, soit mélangé avec une poudre inerte, ou avec du sous-nitrate de bismuth. On emploie encore l'alcool camphré et l'eau-de-vie camphrée.

Dans ces derniers temps il a été surtout utilisé sous la forme de phénols camphrés.

Naphtol camphré. — Le naphtol et le camphre mis en contact ont la propriété de se liquéfier.

Naphtol jî pulvérise. 1 partie.

Camphre en poudre. . . 2 parties.

Triturez-les ensemble à sec jusqu'à transformation du tout en un liquide presque -Main, ou~ coutettr-erème-.

Le naphtol camphré est employé en injections dans les abcès, dans les articulations tuberculeuses, etc. M. Bouchard a démontré l'efficacité de cet antiseptique dans le pansement des excoriations, des plaies, des ulcérations.

La propriété du naphtol de se liquéfier au contact du camphre est commune à d'autres phénols. On obtient une pâte molle en faisant les mélanges

suivants : -, l<

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Salol. . . . 5 grammes. . ■) jiltf£

flj Camphre. . . 0«r,50. — "j h

Thymol . 5 grammes.

Camphre. . . .1 —

En augmentant les doses ci-dessus on obtient

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