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ANTISEPSIE CHEZ LES PHARMACIENS

balance, des verres et éprouvettes graduées, des tubes à expérience, etc.

Le matériel qui est recommandé dans les pages précédentes n'entraîne pas à de grandes dépenses. La méthode antiseptique ne réside pas dans le nombre et le luxe des appareils, mais clans les manœuvres directes du chirurgien convaincu.

L'antisepsie chez les pharmaciens. — Nous terminerons par une remarque au sujet du défaut de stérilisation des préparations pharmaceutiques, remarque déjà faite par M. Forgue. C'est que plusieurs pharmaciens sont restés en dehors des précautions antiseptiques dans leurs différentes préparations. Les ustensiles, les flacons, les mortiers, etc., dont ils se servent sont propres, mais ils ne sont généralement pas stérilisés. Or, quand il s'agit d'injecter une préparation dans les tissus, dans une articulation, par exemple, il est indispensable que cette préparation soit d'une asepsie absolue.

Il y a donc là des précautions à prendre et des principes à vulgariser.

Dans ce chapitre, nous n'avons voulu donner qu'une indication générale, car le praticien seul sait exactement ce qui lui est indispensable pour le milieu dans lequel il se trouve, et pour le but qu'il se propose.

CHAPITRK IV

Asepsie du chirurgien, 'I'"1 aides, '1rs instruments. — Asepsie du matériel adjudant. — Asepsie du matériel en emitarl avee la plaie. — '.ii- antiseptiques — Conservation du matériel aseptique ou antiseptique.

Dans les chapitres précédents nous avons déjà dit que les complications des plaies, suppuration, lymphangite, érysipèle, phlegmon, tétanos, infection purulente, etc., sont dues à des microbes qui sont portés au contact de la plaie par tout ce qui peut la toucher. Nous avons étudié les différents agents de la méthode antiseptique, ses procédés et nous savons de quoi doit se composer le matériel chirurgical du praticien. 11 s'agit maintenant d'arriver à la pratique de l'antisepsie et d'indiquer ce qu'il faut faire pour détruire ou annihiler les microbes partout où ils sont; en d'autres termes il s'agit d'obtenir /'asepsie du chirurgien, de ses aides, des instruments, des pièces de pansements, etc., et aussi l'asepsie du malade, ce qui fera l'objet d'un chapitre à part.

Asepsie du chirurgien. — L'asepsie du chirur-

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gien porte sur le vêtement et sur les mains ; quelques-uns ont dit qu'il fallait se méfier de l'haleine, ainsi que le soutenait Paracelse qui prétendait que l'haleine infecte du matin, à jeun, amenait de la suppuration des plaies. La pureté de l'air expiré est au contraire démontrée.

Les vêlements du chirurgien seront absolument propres ; à l'hôpital nous portons une blouse grise bien lessivée, et même passée à l'étuve Quand on opère en dehors de l'hôpital on enlève son vêtement et on relève ses manches jusqu'au coude (dans les opérations les avant-bras doivent être à nu). On met un tablier lessivé ou une serviette autour de la ceinture, et une autour du cou.

Lavage des mains. — La désinfection des mains est un point dune importance capitale, car ce sont les agents les plus actifs du transport des microbes sur les plaies les germes recouvrent la surface de la peau, séjournent dans ses plis, autour des ongles, sous l'ongle. Disons d'abord que les ongles doivent être toujours coupés courts, à 1 1/2 millimètre ou 2 de la rainure.

Le lavage des mains et de lavant-bras sera fait

patiemment et méthodiquement, avec de l'eau chaude, du savon et une brosse, pendant 3 ou 5 minutes environ ; les mains bien lavées, on nettoiera les ongles avec un cure-ongle, puis de nouveau avec la brosse. Ensuite on frottera les mains Nicaiss. Antisepsie. G-

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avec de la gaze imbibée d'alcool. Enfin on les lavera vigoureusement dans une solution de sublimé à 1 ou I (2 0/00, ou plutôt dans une solution d'acide phénique à 2 ou 3 0/0, celle-ci pénètre mieux l'épidémie et se combine avec les matières grasses. Cette dernière solution est préférée par Lister. Si on emploie le permanganate de potasse pour le lavage des mains, on les décolorera avec une solution acidulée de bisulfite de soude à 10 0/0.

Une fois les mains lavées, ce à quoi on procède immédiatement avant l'opération, il ne faut pas les essuyer, mais les maintenir devant soi ; il y a là des mouvements et des attitudes qui deviennent bientôt automatiques.

Pendant le cours de l'opération, on se lavera les mains dans une solution tiède de sublimé ou d'acide phénique, ou au moins dans de l'eau bouillie.

Asepsie des aides. — Les aides doivent prendre les mêmes soins que le chirurgien; mais il est quelquefois difficile, à la campagne, d'obtenir d'eux la désinfection nécessaire, quand ils ne sont pas rompus à ces coutumes, aussi le chirurgien dcvra-t-il s'habituer à faire seul le plus de choses possible.

L'aide mettra également une blouse ou un tablier, ou une serviette, il aura les avant-bras découverts et se lavera les mains comme nous venons de dire. Mais il faut veiller à ce qu'il ne les contamine pas quelque temps après. Combien

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de fois ai-je vu, même des médecins, mettre les mains dans leur poche ou toucher quelque meuble, immédiatement après le lavage ; puis se laver les mains de nouveau et recommencer cela, jusqu'à trois fois.

Asepsie des instruments. — Il arrive souvent qu'on emploie le même procédé de stérilisation pour tous les instruments métalliques et quel que soit leur degré d'infection ; cependant il y a des différences à faire. Il y a des inconvénients à traiter les instruments tranchants comme les instruments mousses, car les premiers perdent bientôt leur tranchant, ce qui nuit beaucoup à l'opération et peut même présenter des dangers. — Il est donc préférable de désinfecter à part les instruments tranchants.

Nous supposons que les instruments ont déjà été lavés, savonnés et brossés, il s'agit de compléter leur désinfection.

On se contente rarement aujourd'hui de les déposer dans une solution froide d'acide phénique (le sublimé et l'acide borique les altèrent), mais c'est un moyen que l'on pourrait encore employer exclusivement comme au début, car il a donné de bons résultats. En tout cas, on continue à s'en servir comme d'un adjuvant pour maintenir l'asepsie obtenue par la chaleur en y plaçant les instruments qu'on a fait bouillir. <* i

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On préfère utiliser l'action mierobicidc de la chaleur : soit l'étuve à air sec, l'autoclave à vapeur d'eau sous pression, ou l'eau additionnée en ébullition. Nous avons déjà parlé de l'étuve et de l'autoclave, je répéterai que leur emploi n'est pas sans demander beaucoup d'attention, et que la température s'y répartit quelquefois inégalement et est difficile à régler ; les instruments s'y altèrent.

Sans doute certains de ces inconvénients peuvent être évités, mais par l'ébullition de l'eau on obtient une stérilisation excellente et la manœuvre, répétons-nous, se fait sous les yeux du chirurgien. Ce mode de stérilisation est adopté par un grand nombre de chirurgiens.

Pour la stérilisation par l'eau bouillante, les instruments mousses seront donc placés dans une poissonnière, ou une boite métallique ad hoc, ou mieux encore dans le bouilleur de Forgue (fig. 18) rempli d'une solution phéniquée il 5 0/0 déjà en ébullition, ou plutôt d'une solution de sous-carbonate de soude à 1 0/0. — La soude enlève la graisse qui recouvre les instruments et qui gêne leur désinfection. — Mais on emploiera de préférence une solution composée, renfermant 1 0/0 de souscarbonate de soude et 1 ou 2 0/0 d'acide phénique. — Les instruments sont laissés dans le liquide bouillant pendant 5 ou 10 minutes.

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Ce procédé de stérilisation peut être employé partout.

Quand les instruments sont stérilisés, on les enlève du liquide bouillant et on les place dans un plateau renfermant une solution sodique tiède, soit simple, soit renfermant aussi 1 0/0 d'acide phénique. On recommande l'emploi d'une solution tiède plutôt que froide, dans la crainte que le passage brusque du chaud au froid ne détrempe les instruments.

Les microbes de l'air étant, dit-on, néfflig-eables on pourrait poser simplement les instruments sur un plateau savonné et flambé a l'alcool, ou recouvert d'une compresse stérilisée clans la solution sodique, mais on peut être contraint d'opérer dans une chambre sale, dont l'air est chargé de poussières, aussi vaut-il mieux mettre toujours les instruments dans une solution antiseptique tiède ; de l'eau bouillie serait employée au pis aller.

Ce que nous venons de dire s'applique surtout aux instruments entièrement métalliques, mais beaucoup de praticiens ont encore des instruments à manche en bois, que l'on ne peut immerger complètement dans l'eau bouillante. Ces instruments après avoir été savonnés et brossés pourront être partiellement immergés dans l'eau sodique bouillante. Pour les instruments tranchants, il est facile de plonger la lame seule dans un vase rempli

d'alcool, ou <le chloroforme, etc. ; la pointe reposant sur une lamelle de liège ou sur île la ouate.

Asepsie des instruments tranchants. — Les bistouris, etc., seront savonnes, puis passés pendant quelques instants dans la solution sodique bouillante ; on les frottera ensuite légèrement avec de la gaze imbibée d'alcool, ou avec de l'éthcr ; puis on les déposera dans le plateau à solution sodique tiède

On peut conserver les instruments tranchants, ainsi que les aiguilles de Revcrdin , les aiguilles des seringues, les aiguilles à suture, etc. , dans un flacon rempli de chloroforme (?), ou d'alcool à 90°, ou 1/ • d'alcool naphtolé. — Ces instruments gardent ainsi leur tranchant et leur pointe et restent stériles, car les liquides indiques détruisent même les spores.

Instruments très sep tiques. — Quand des instruments ont été contaminés par un virus violent, comme celui de la septicémie gangreneuse, il faut les soumettre à deux ébullitions à un jour d'intervalle, suivant le procédé de Tyndall.

Le flambage reste un procédé exceptionnel, très utile dans certains cas, mais il peut détremper l'acier (p. 68).

Asepsie du matériel adjuvant. — Le matériel nécessaire à la pratique des opérations, comprend des draps, alèzes, serviettes, tabliers, blouses; puis

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ASEPSIE DES COMPRESSES 107

des compresses, de la gaze, de la ouate, des bandes, des brosses et enfin des ustensiles divers.

Les draps, alèzes, serviettes, tabliers, blouses auront été lessivés depuis peu, ou passés de nouveau à la lessive, ou dans une solution sodique.

Les compresses qui doivent entourer le champ opératoire et servir à divers usages pendant l'opération, seront stérilisées avec soin ; on les

Fig. 24.

Compresse protectrice de toile.

fera bouillir pendant une demi-heure dans une solution d'acide phénique à 50 0/00 ou de sublimé à 1 0/00 (dans ce cas il faudrait les passer dans l'eau bouillie avant de s'en servir, pour éviter toute action irritante sur la peau ou les tissus) ; ou plus simplement, dans une solution de 1 0/0 de carbonate de soude et 1 0/0 d'acide phénique ; on peut encore les faire bouillir dans une solution de sel marin à 6 ou 10 0/00, ou dans la lessive ordinaire

des campagnes. Si on se servait d'eau bouillie simple, on devrait y laisser les compresses pendant une demi-heure au moins, ou une heure; le mieux, c'est l'emploi de la solution sodique.

Les fabriques de pièces de pansement livrent de la "-«se simple, purifiée, dégraissée, hydrophile, de la ouate hydrophile également. Ces pièces devront être de préparation récente, sinon on leur fera subir le traitement des compresses, ou simplement l'ébullition dans la solution sodique.

Si on n'avait à sa disposition que de la ouate ordinaire, on la rendrait hygroscopique en la faisant bouillir dans la solution de soude.

Les hnndcs de loile, OU de coton, pourront être lavées an besoin dans la solution sodique ; les bandes de tarlatane amidonnée y seront trempées au moment de les employer.

La stérilisation des brosses est très importante, car elles servent non seulement il nettoyer les instruments, mais encore à frotter les mains et la peau du champ opératoire. On trouve chez les marchands de petites brosses en bois, très bon marché 0,20 cent, l'une), dont les fils sont fixés sans colle, de sorte qu'elles supportent l'ébullition. On les fera bouillir pendant deux ou trois minutes dans une solution d'acide phénique ou de sublimé, ou un peu plus longtemps dans l'eau simple. La solution sodique en ramollit les fils. ,' h huif- anvj&*W'

ASEPSIE DES USTENSILES 109

Le matériel adjuvant comporte encore une série d' ustensiles destinés à servir de récipients, pour les instruments, les compresses éponges, les tampons, les fils à ligature, etc., ustensiles dont la plupart sont improvisés et empruntés au milieu où on se trouve. On utilise des cuvettes, des plats, des assiettes en porcelaine, en terre vernissée, en tôle émaillée. On les lave avec de l'eau savonneuse chaude, ou une solution sodique, puis avec une solution phéniquée, ou bien on y fait flamber une légère couche d'alcool. Ils sont ainsi dégraissés et stérilisés et peuvent servir pour faire bouillir des solutions, ou recevoir les instruments et les pièces de pansement, etc.

Asepsie du matériel en contact avec la plaie. — Etant donné que la plupart des complications des plaies viennent des microbes que l'on y transporte, on comprend le soin qu'on doit mettre à la stérilisation de tout ce qui est en contact avec elles. Nous avons parlé de l'asepsie des mains, et de celle des instruments; celle des tampons d'ouate, des éponges ou compresses-éponges, des fils, des drains, etc., devra être aussi parfaite que possible.

Les fabriques spéciales et certains pharmaciens livrent tous ces objets stérilisés, mais le chirurgien isolé est obligé de les préparer lui-même.

Un appareil dans le genre du bouilleur de

NicAist. Antisepsie. '

Forgue lui donne toute sécurité (aussi bien que 1 étuve et l'autoclave), en employant une solution sodo-phéniquée. On place dans l'étage supérieur de l'appareil tout ce que l'on veut stériliser.

A défaut de cet appareil, on aura recours à l'ébullition, en procédant comme nous avons dit pour les compresses ^p. 107). On peut faire bouillir pendant une demi-heure dans la solution sodique

Fig. 25.

Tampon d'ouale hydrophile recouvert de gaze ou de tarlatane.

la ouate et la gaze qui doivent recouvrir directement la plaie; on les exprime avant de les appliquer. Tampons d'ouate. — Ces tampons, du volume d'une grosse noix, peu serrés, sont faits avec de la ouate hydrophile, et servent à nettoyer les plaies, à étancher le sang. Quand la ouate est em-

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