DE L'OPÉRATION ASIATIQUE
assez loin du champ opératoire. Celui-ci est entouré de compresses protectrices qui viennent d'être bouillies, etc., et sont chaudes; on les remplacera, si besoin est, pendant l'opération; les compresses protectrices recouvrent également le linge du malade et les draps, de façon que le chirurgien n'ait pas à craindre de se contaminer les mains. — Le champ opératoire est recouvert lui-même d'une compresse stérilisée, qui reste en place jusqu'au moment où le chirurgien commence.
Le malade étant endormi, on procède à l'opération, la tumeur est enlevée, on a placé à mesure les pinces à forcipressure, les lèvres de la plaie étaient soulevées avec des écarteurs ou avec les érignes d'AIbucasis, dites de Volkmann. L'incision a été prolongée dans l'aisselle pour enlever les g-anclions.
L'ablation est terminée, l'hémostase est assurée par des ligatures; la plaie n'a été en contact qu'avec des choses aseptiques, doigts, instruments, tampons d'ouate, compresses éponges; c'est une plaie aseptique, chirurgicale. Deux voies peuvent être suivies maintenant.
Les uns, considérant la plaie comme aseptique, procèdent immédiatement à la suture et mettent, sur la ligne de réunion, de la gaze ou de la ouate simplement stérilisées; aucun antiseptique n'est employé. C'est là le traitement aseptique de la
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plaie et le pansement aseptique, qui sont adoptés par les chirurgien sûrs de leur asepsie et qui ne croient pas à une infection par l'air.
D'autres chirurgiens, pour des raisons diverses, mais surtout par prudence, dans la crainte que malgré toutes les précautions quelque germe n'ait été porté sur la plaie, ou amené par le contact de l'air, ou à cause de l'âge avancé et de l'état du malade, font subir aux plaies un traitement antiseptique et appliquent sur la ligne de suture un pansement antiseptique.
Parmi ces chirurgiens, les uns, fidèles à l'école de Volkmann font un grand lavage antiseptique de ces plaies chirurgicales; les autres se bornent à passer sur toute la surface cruentée une éponge ou une compresse éponge imbibée d'une solution antiseptique et exprimée. C'est la pratique que je suis, me servant d'une éponge imbibée d'une solution phéniquée à 5 0/0 et exprimée. — On procède ensuite au pansement, comme nous dirons plus loin; quand la surface de la plaie est grande il est prudent de mettre un ou deux drains. — De plus dans le pansement d'une ablation du sein on exercera de la compression au moyen d'un rouleau d'ouate, de chaque côté de la plaie ; on mettra également un tampon d'ouate dans le creux de l'aisselle, pour le comprimer.
On voit dès maintenant la différence qu'il y a
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entre le pansement aseptique et \e pansement antiseptique; nous y reviendrons plus loin.
Ce que nous venons de dire s'applique à l'ablation d'une tumeur non ulcérée; si au contraire on a à enlever un cancer ou un sarcome ulcéré, il faut prendre quelques précautions afin d'éviter l'infection de la plaie par les excrétions de l'ulcère. On nettoiera la surface de l'ulcère avec soin, on la desséchera avec des tampons d'ouate ; si possible on la couvrira d'une compresse stérilisée. — La section sera faite en tissus sains, comme nous avons dit plus haut.
S'il s'agit d'enlever une tumeur enkystée, comme un ganglion tuberculeux suppuré, il faut tâcher de ne pas l'ouvrir ; si ceci se produit, cependant, et que le liquide vienne au contact de la plaie, on lavera celle-ci avec une solution antiseptique, puis on placera un drain.
Quelquefois, dans l'ablation de ces sortes de tumeurs, on en prévoit la rupture et alors on garantit d'avance la plaie, au moyen d une éponge ou d'ouate placée contre la tumeur et qui reçoit le liquide au moment de sa sortie.
Nous parlerons maintenant du traitement de l'abcès chaud et de celui de l'abcès froid, ossilluent, quoique cela s'éloigne un peu de notre plan.
L'abcès chaud se présente dans deux conditions,