‹ L'antisepsie dans la pratique de la chirurgie journalièreChapitre 67 sur 104 · DE L'ABCÈS CHAUD · texte numérisé non relu

DE L'ABCÈS CHAUD

avec ou sans zone d'empâtement périphérique. S'il n'y a pas de zone d'empâtement, cela indique que toute la partie enflammée s'est fondue en suppuration ; on disait autrefois qu'un tel abcès était mûr. Son incision peut être suivie d'une réunion immédiate des parois, ainsi que je l'ai observé.

Cette incision sera faite aseptiquement, la peau ayant été savonnée et frottée légèrement. On facilitera la sortie du pus par de douces pressions, en évitant de faire saigner les parois. Il est inutile en général d'introduire le doigt dans la cavité; si elle est traversée par des tractus, il ne faut pas essayer de les rompre, car ce sont souvent des vaisseaux ou des nerfs. La cavité de l'abcès sera lavée avec une solution phéniquée à 3 ou 5 0/0, jusqu'à ce que le liquide sorte limpide ; on placera un drain et on appliquera un pansement sec antiseptique fait généralement de gaze iodoformée et d'ouate, en ayant soin d'exercer une compression régulière.

S'il reste de X empalement autour du foyer de suppuration central, cela indique qu'une partie des tissus primitivement malades est encore infiltrée de pus et de microbes. Autrefois on prétendait que la résolution de cet empâtement serait plus lente à se faire si on ouvrait la collection centrale, au lieu de faciliter la fonte de l'empâtement par un traitement émollient. L'expérience prouve le

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contraire ; en traitant l'abcès antiseptiquement après avoir donné issue au nus, on obtient une guérison plus rapide. Le traitement variera selon l'étendue de l'empâtement; si elle est petite le lavage antiseptique et un pansement antiseptique humide avec drainage suffiront. On recouvrira 1 incision de gaze iodoformée, en mettant par dessus de la ouate hydrophile et un tissu imperméable, qui empêchera l'évaporatiôn de la perspiration cutanée et maintiendra ainsi une certaine humidité.

Mais si on a à soigner l'abcès au moment où la collection du pus commence, alors l'empâtement est beaucoup plus étendu que le foyer suppuré. Dans ces cas il faut inciser néanmoins le ramollissement central et appliquer un pansement anliphlogistique .

La plupart des chirurgiens emploient le pansement dit humide, qui est généralement formé de gaze imbibée d'une solution de sublimé, de ouate hydrophile et d'un imperméable. Malgré la vogue de ce pansement, comme pansement antiphlngistique, j'en rejette l'emploi, car la gaze imbibée de sublimé est irritante pour la peau et amène parfois de la rougeur et de l'érythème. Sans doute la guérison surviendra par ce moyen, mais plus lentement et sans que le malade éprouve le bien-être que lui donnera un cataplasme.

Si c'est avec raison qu'on a rejeté absolument

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