‹ L'antisepsie dans la pratique de la chirurgie journalièreChapitre 7 sur 104 · SIÈGE DES MICROBES · texte numérisé non relu

SIÈGE DES MICROBES

que l'entrée de l'air n'est pas empêchée d'une façon continue. Dans ces cas, les microbes de l'air, les saprophytes particulièrement, amènent des fermentations dans les liquides épanchés, qui, résorbés, produisent la fièvre et des septicémies. Il faut distinguer cette action des saprophytes de celle des microbes pathogènes vrais, les streptocoques, etc., qui amènent l'inflammation, l'érysipèle, etc.

Il faut donc encore se méfier de l'air et l'empêcher d'entrer dans les cavités naturelles ou accidentelles, où se trouvent des liquides fermentescibles.

\iCau, quelle que soit sa provenance, contient beaucoup plus de microbes que l'air, aussi doiton, en chirurgie, employer toujours de Veau bouillie. L'eau de source est la plus pure ; l'eau de pluie a ramassé les microbes de l'air; l'eau des fleuves et des rivières est impure ; on sait qu'elle peut produire la fièvre typhoïde. II faut ajouter qu'au point de vue chirurgical, la plupart des microbes de l'eau sont peu dangereux, néanmoins on se servira toujours d'eau bouillie.

Les microbes du sol sont très nombreux, mais la plupart sont des saprophytes peu nuisibles. Quelques-uns cependant ont une action pathogène et des auteurs ont édifié sur ce fait une théorie qui attribue plusieurs des maladies épidémiques à ces microbes, c'est la théorie tellurique. — Le

tétanos est considéré par plusieurs auteurs (Nicolaier, Verneuil) comme ayant son origine dans la terre. — De ceci il résulte que, lorsqu'une plaie est souillée par la terre, il faut la nettoyer avec le plus grand soin, la frotter, la gratter de façon à enlever toutes les saletés, et la soumettre ensuite h un traitement antiseptique.

A l'état ordinaire, il est à remarquer qu'un grand nombre de microbes vivent sur le corps de l'homme.

Ils sont, en général, inoffensifs, mais dans certaines conditions favorables ils entrent en action. — Ces microbes ne siègent pas dans le sang, ni dans les milieux clos intérieurs; on les trouve surtout dans le tube digestif (streptocoques, staphylocoques, bacillus coli communwi, dans la bouche, à l'anus, dans les fosses nasales, sur les organes génitaux, sur la peau, au niveau des poils, à l'orifice des glandes.

Quelquefois une maladie antérieure laisse dans le corps, des microbes qui, pendant longtemps, restent silencieux, comme dans l'ostéite juxta epiphyjaire, et plus tard amènent tout d'un coup une nouvelle poussée ; il en est de même dans la tuberculose.

Il arrive donc souvent que les microbes, causes d'une maladie^iennent de notre corps et non de l'extérieur.

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