‹ L'antisepsie dans la pratique de la chirurgie journalièreChapitre 6 sur 104 · SIEGE DES MICROBES · texte numérisé non relu

SIEGE DES MICROBES

d'entre eux qui sont dits aérobies ; il est nuisible à d'autres, les anaérobies. Le microbe de la gangrène gazeuse, par exemple, est anaérobie, il ne se développe pas à l'air libre. On avait pensé alors cpie l'eau oxygénée le combattrait efficacement. Mais elle ne le détruit pas, cependant son emploi est particulièrement utile clans les gangrènes.

La lumière du soleil détruit certains germes, ou atténue au moins leur influence. ^ ' ' •tir

lu humidité favorise la pullulation des microbes, ce qui explique les dangers des pansements humides et des cataplasmes, et les avantages des pansements secs.

Une température moyenne leur est favorable, mais ils ne résistent pas en général à une température de 120° Aussi la chaleur est-elle le meilleur agent de stérilisation.

Enfin, pour que les microbes puissent se développer, il faut qu'ils trouvent des moyens de nutrition dans les tissus. Nous verrons qu'en général les tissus normaux ne leur sont pas favorables; au contraire, ils pullulent dans les tissus altérés par des traumatismes ou d'autres causes.

Où siègent les microbes, cjuel est leur habitat?

On les rencontre clans l'air, dans l'eau, le sol et très abondamment dans le corps de l'homme.

Les microbes que renferme l'air sont moins nombreux et moins dangereux qu'on ne le croyait

au début ; la plupart sont des saprophytes (bacillus subli/is, bacterium termo). On y trouve quelquefois, particulièrement dans l'air des salles d'hôpitaux, des staphylocoques, des streptocoques, qui sont des agents pyogènes, et aussi le bacille de la tuberculose et parfois celui de la septicémie gangreneuse ; rarement on en trouve d'autres.

11 est à remarquer que les microbes ne se trouvent dans l'air qu'accidentellement; ce n'est pas pour eux un milieu de culture ; leur habitat véritable, celui où ils se trouvent en masse, est la surface du sol.

On sait que le nombre des microbes de l'air diminue avec l'altitude; à 2,000 mètres, l'air contient peu ou pas de microbes.

Lorsqu'on croyait à l'influence néfaste de l'air, on faisait les opérations au milieu d'un nuage formé par des pulvérisations d'eau phéniquèe, afin d'empêcher les microbes d'arriver sur la plaie; aujourd'hui le spray est à peu près abandonné par tous les chirurgiens. Est-ce à dire que l'air soit tout à fait inoffensif? Non. II est vrai que dans la laparotomie, le contact de l'air sur le péritoine n'amène pas de péritonite, mais si ce contact était prolongé et renouvelé il pourrait survenir des accidents, surtout en cas d'ascite, comme on l'observe dans les plaies de poitrine, ou quand un abcès par congestion a été ouvert et

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