‹ L'antisepsie dans la pratique de la chirurgie journalièreChapitre 77 sur 104 · Ed. Schwartz, Asepsie et antisepsie, p · texte numérisé non relu

Ed. Schwartz, Asepsie et antisepsie, p

mécanique, en entraînant des microbes, et par imprégnation des éléments anatomiques superficiels qui, par suite, deviendront un mauvais terrain de nutrition pour les microbes qui les auraient pénétrés) ; — d'autres chirurgiens saupoudrent la plaie avec une substance antiseptique ; la pratique varie du reste selon les cas et selon la ligne de conduite adoptée par le praticien.

La plaie ayant été, ainsi, traitée antiseptiquement estensuite recouverte de gaze ou de ouate imprégnée d'un antiseptique (iodoforme, salol, sublimé, etc.). Par-dessus, on applique de la ouate hydrophile, des compresses de gaze, puis on pose les bandes. Reclus applique sur certaines plaies, ou sur la ligne de suture, la pommade suivante :

Vaseline. ... .40 grammes.

Acide borique 5 —

Antipyrine. . . 5 —

Iodoforme. . . . . . 1 —

Ed. Schwartz se sert de la poudre suivante dans le pansement des plaies suppurantes.

Poudre d iodoforme.

— de salol.

Sous-nitrate de bismuth. .

Poudre de charbon. . .

— de quinquina..

— de benjoin.

Chaque praticien peut composer un mélange antiseptique, selon ses besoins.

Nicaise. Antisepsie. '-•

aa 10 grammes.

210 DES PLAIES Cllllil'liiilc AI.ES

Dans mon service de l'hôpital Laënnec, j'emploie la poudre suivante dans certaines plaies suppurantes ou gangreneuses : C wi/lu- iamu****—

Iodofofme. ..... . 10 grammes.

Salol. ... 10 —

Poudre de benjoin. . 20 —

— de quinquina. . 30 —

— de charbon. 30 —

Elle est conservée dans des flacons de 100 centimètres cubes bien bouchés ; on peut la prendre avec une petite cuiller ad hoc (sorte de cuiller à moutarde) fixée au bouchon, ou avec une sonde cannelée à cuiller (fig. 37).

Je me sers depuis longtemps et avec grand succès de sciure de bois goudronnée.

La sciure (de sapin de préférence) doit être récente et assez fine; on la tamise afin de la séparer de la poussière de bois, puis on la mélange avec 30 0/0 de son poids de goudron, en la triturant dans un mortier jusqu'à ce cpi'on ait une sorte de poudre brunâtre, homogène. On en fait alors, avec de la mousseline bouillie à la solution sodique, des sachets assez minces, capitonnés, que l'on conserve dans des boîtes en bois ou en fer-blanc.

On les applique sur les plaies gangreneuses, les fistules slercorales, etc., soit directement, ou mieux en interposant entre le sachet et la plaie une lamelle de o-aze iodoformée.

La sciure peut être employée directement comme les poudres, en y ajoutant :

Iodoforme en poudre de 3 à 10 0/0

ou, en l'arrosant avec une Solution phéniquée à 2 0/0,

ou, avec une Solution de sublimé à 1 0/00.

Oppler a considéré comme antiseptique le café torréfié, employé en poudre ou en infusion.

Le pansement sera sec on humide. Les chirurgiens ne sont pas tous d'accord sur ce sujet ; les uns, pour le même cas, préfèrent le pansement sec ; d'autres, le pansement humide. Nous savons que la sécheresse est défavorahle au développement des microhes, tandis que l'humidité le favorise ; on aura donc soin de l'éviter et de ne pas mettre dans le pansement des tissus imperméables qui empêchent la dessiccation des pièces qu'ils recouvrent.

Le pansement sec est employé par le plus grand nombre, et c'est celui que je recommande pour tous les cas, sauf dans les complications inflammatoires. Il peut être aseptique ou antiseptique.

Dans le pansement sec aseptique on recouvre simplement la plaie avec de la gaze ou de la ouate stérilisées. Par-dessus on met de la ouate hydrophile et on maintient avec des bandes. Les pièces du pansement peuvent être stérilisées à Vétuoe à air chaud, ou bien par la vapeur d'eau. .Dans ce dernier cas on peut, après les avoir exprimées, les placer encore humides sur la plaie. Elles ne tar-

cleront pas il se dessécher, grâce à l'évaporatiori qu'aucun tissu imperméable n'empêche. Je lerai la même remarque au sujet de la gaze ou de la ouate qu'on aura stérilisées par Veau bouillante ; on les placera sur la plaie, après les avoir exprimées, et elles seront bientôt desséchées. Si, au renouvellement du pansement, la gaze était trop adhérente ;i la plaie, on L'imbiberait avec un peu d'eau bouillie afin d'éviter toute petite déchirure. Mais généralement le pansement s'enlèvera sans cela.

Dans le pansement sec antiseptique, que j'emploie exclusivement, on applique sur la plaie ou sur la ligne de réunion, soit des substances antiseptiques en poudre, ou des pommades antiseptiques, soit de la gaze antiseptique, puis de la ouate hydrophile, et le tout est maintenu par des bandes. Si au moment du renouvellement du pansement la gaze adhère trop fortement, on fera comme nous venons de dire, on la mouillera afin de l'enlever facilement.

Le pansement humide est employé par un certain nombre de chirurgiens, mais ses partisans sont moins nombreux que ceux du pansement sec, et parmi ceux qui emploient le pansement humide, il y en a peu qui l'appliquent à toutes les plaies, la plupart le réservent aux plaies suppurantes, employant toujours le pansement sec à la suite des opérations.

Le pansement humide n'est jamais simplement aseptique, il est toujours antiseptique. Souvent il

est fait avec de la gaze pliée en plusieurs doubles que l'on trempe dans une solution de sublimé à 1 ou 0,50 0/00 et que l'on applique sur la plaie après l'avoir exprimée. Par-dessus on place un imperméable (mackintosh, taffetas gommé, taffetas chiffon, gutta-percha), et on maintient le tout par une bande. Les pièces de pansement restent humides, grâce à l'imperméable.

Ce pansement au sublimé ou à Y acide phénique a l'inconvénient de déterminer parfois de l'érythème sur la peau et autour delà plaie, aussi pour faire un pansement humide, serait-il préférable d'imbiber la gaze avec une solution antiseptique non irritante ; par exemple :

Lelysol, en solution à 1, 2 ou 3 0/0, selon les cas; il n'est pas toxique. Ed. Schwartz l'a essayé avec avantage ;

Le naphtol $, en solution aqueuse ;

La résoreine, en solution à 2 0/0; elle n'est pas toxique ;

La microeidine, en solution k 3 0/00; elle est alcaline, et n'est pas toxique, etc.

On a rangé parmi les pansements antiseptiques {^pulvérisations simples ou phéniquèes, recommandées par Verneuil, lesquelles agissent par réfrigération 'et les bains antiseptiques que je conseille de

1. Nicaise, 1888. Température du Spray (Rev. de chir., p. 709).

préparer avec de l'eau naphtolée simple ou en employant un mélange de naphtol (3 et d'aeide borique. Le pansement sera rare ou fréquent. La méthode antiseptique, en faisant disparaître la suppuration, a diminué considérablement le nombre des pansements; on est même arrivé au pansement unique, pAuH^SmP^^^è opération. On l'applique au livfttf moment de l'opération et on l'enlève, quinze jours après par exemple, lorsque la cicatrisation est complète ; dans ces cas il n'y a pas de drainage. Ce mode peut être recherché dans certains cas, lorsque l'on est sûr de son antisepsie, mais il présentera quelquefois des inconvénients. J'ai vu, dans une de mes visites aux hôpitaux étrangers, lever un pansement unique d'amputation de cuisse : la cicatrisation était complète, sans exsudation, mais il y avait un moignon conique et l'os faisait saillie sous la peau. Il ne suffit pas, en effet, d'éviter la Suppuration, le pansement a aussi pour but de maintenir les lambeaux en place, et par quelques artifices de bandage de donner des moignons utiles et des cicatrices bien placées.

En tous cas, les pansements devront être aussi rares que possible, chacun d'eux pouvant être l'occasion d'une contamination; de plus, clans certaines opérations, dans les résections par exemple, il y a nécessité de maintenir les- plaies absolument immobiles.

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