Bouchard, 1892. Les microbes pathogènes
[// Ut mlmL fiufî <& h *«<u«^ i'w*»"{
née, la compression dirige l'exsudation vers le drain. ■ — La compression est particulièrement indispensable dans les ablations du sein, et dans les amputations des membres, etc., dans la laparotomie. — La compression est encore excellente pour combattre le suintement sanguin et les hémorragies capillaires. La ouate ou les substances analogues sont les meilleurs agents pour exercer une compression régulière, ferme et élastique. On se sert quelquefois d'épongés, de mousse.
Je rappellerai combien le pansement ouaté d'Alphonse Guèrin possède de ces qualités 'et quels services il peut rendre en chirurgie d'urgence. Si un praticien n'a pour l'appliquer que de la ouate ordinaire, il peut en stériliser une partie dans la solution sodique bouillante, afin de la placer en couche épaisse sur la plaie. Il aura ainsi un pansement aseptique qu'il recouvrira de ouate ordinaire.
Le pansement sera absorbant. — Dans les plaies aseptiques fermées, il n'y a pas d'exsudation ; peut-être quelques gouttes au niveau de la ligne de suture. Mais quand il y a drainage, ou cpiand la plaie est ouverte, l'exsudation doit être absorbée immédiatement par des pièces du panse-
1. Alphonse Guérin, Le pansement ouaté et son application à la thérapeutique chirurgicale. Paris, 1889.
Nicjlise. Antisepsie. '*
nient, qui en même temps empêcheront les microbes omniprésents de pulluler et sécréter. Dans le pansement sec, aseptique, la pullulation se trouve déjà gênée par la siccité des pièces du pansement, mais le résultat sera plus sûrement atteint si il la siccité s'ajoute l'antisepsie. Dans le pansement antiseptique sec, les tissus qui recouvrent la plaie devront donc se laisser facilement imbiber parles exsudations ; la ouate et la gaze hydrophiles et la gaze iodoformée possèdent cette qualité.
Le pansement sera fait avec art. C'est là une qualité de la plus grande importance et pour le malade et pour le praticien. Un pansement bien fait n'est pas douloureux, il restera en place pendant plusieurs jours, sans se déranger. Que dirait le malade, si après quelques mouvements le pansement se défaisait, quatre ou cinq heures après le départ du médecin, qui ne doit revenir que dans trois jours ? Si au contraire le pansement est non seulement bien fait, mais fait avec un certain art, le malade en sera content, et même quelquefois fier et le montrera à ses visiteurs, qui le loueront d'avoir un si bon médecin. Savoir bled faire les pansements et les bandages est une qualité très utile dans la clientèle. On aura donc soin de bien placer ses bandes de toile et de veiller à ce qu'elles ne glissent pas, au besoin on en fixera les tours avec des épingles. Les bandes
en tarlatane amidonnée, mouillées au moment de l'usage, permettent de faire facilement un pansement régulier et solide.
Le pansement sera aseptique ou antiseptique. — Au début de la méthode de Lister, cette question ne se posait pas, il n'y avait cjue le pansement antiseptique. Mais, depuis qu'on a reconnu que l'infection des plaies tenait plutôt au transport direct des germes qu'à l'action des microbes de l'air, le pansement a été simplifié, pour les plaies d'opération du moins, 'l'ont ce qui touche la plaie pendant l'opération ayant été stérilisé, la plaie est aseptique, et l'emploi de tout agent antiseptique peut sembler inutile. Aussi l'usage du pansement aseptique s'est-il étendu peu à peu. ^^ u, />***#»»
Pansement aseptique en général. — La surface de la plaie n'est touchée par aucune substance antiseptique et on applique un pansement dont les pièces sont simplement stérilisées. Il est fait de gaze ou d'ouate, stérilisées à l'étuve sèche, ou par la vapeur d'eau, ou par l'eau bouillante. Pardessus on met de la ouate hydrophile, des compresses de gaze ; le tout est maintenu par des bandes. Le pansement d'A. Guérin convient bien.
Pansement antiseptique en général. — Si le pansement aseptique est suffisant dans certains cas, le pansement antiseptique doit être le plus généralement employé. Ce sera une pratique plus pru-
dente, surtout pour le médecin de campagne. En effet, quoi qu'on lasse, que les plaies soient traitées aseptiquement ou antiseptiquement, elles ne sont jamais absolument stériles, ainsi .que Otto Lanz et A.Flach, cités par Ed. Schwartz1, l'ont démontré. De plus, nous savons que l'exsudation des plaies est un excellent bouillon de culture. Si cependant, dans ces conditions, la plaie guérit, cela tient à l'action défensive de l'organisme.
Mais on conçoit que si les microbes sont plus nombreux, ou que si l'organisme est moins résistant et moins actif, les microbes l'emporteront et des accidents pourront survenir. Il est donc préférable d'employer toujours un pansement antiseptique qui généra le développement des microbes et qui, en absorbant les exsudats, les empêchera de servir de bouillon de culture. /
Tous les chirurgiens n'exécutent pas de la même façon le pansement antiseptique. Les uns, fidèles a la pratique de Volkmann, lavent abondamment la plaie avec une solution antiseptique (phéniquée, sublimée, etc.), les autres passent seulement sur la surface cruentée une éponge ou une compresse éponge imbibée d'une solution antiseptique et exprimée — (dans ces deux cas, la solution antiseptique agit de deux façons sur la plaie, par action