GROUPES DES MICROBES
nppeler les indifférents, ou microbes secondaires, avec lesquels nous sommes en contact continuel ; dont plusieurs même habitent en nous. Ceux-là ne peuvent agir sans aide, il faut des conditions favorables pour qu'ils puissent vivre et se multiplier, il faut qu'ils soient favorisés par le terrain, par la porte d'entrée, par l'action des microbes qui les ont précédés. Aussi ces microbes ordinaires sont généralement la cause des infections secondaires ou des complications. Celles-ci sont surtout consécutives aux maladies du tube digestif, des voies respiratoires, des organes génitourinaires, des affections cutanées. De même, ces microbes sont favorisés par les modifications du terrain qui sont la conséquence des plaies, des traumatismes, et aussi des maladies de nutrition et des maladies nerveuses.
Les microbes secondaires dont nous parlons sont ceux de la suppuration, des ulcères, des gangrènes, des fausses membranes, des inflammations des séreuses, des inflammations des organes respiratoires. Ce sont les plus communs, par cela même les plus dangereux, mais aussi les plus faciles à combattre pour un praticien attentif.
Un troisième groupe de microbes pourrait être formé par les saprophytes ou saprogèncs. Ce sont les moins virulents, ils sont très communs et vivent en général dans les matières organiques en
décomposition. On en trouve dans la bouche, les fosses nasales, l'intestin. On les rencontre dans le pus en décomposition, dans les sécrétions de l'ozène, dans celles du catarrhe pulmonaire, dans la sueur infecte des pieds. A ce groupe appartiennent le bacterium termo, le bacillus subtilis, etc., dont on a signalé quelquefois la présence dans le pus d'un abcès.
Ainsi, à parties microbes spécifiques, les autres ont besoin d'être aidés pour devenir pathogènes ; nous arrivons de la sorte à l'étude de la résistance ! de l'organisme, ou autrement dit du terrain. II ne faut pas oublier, en effet, que l'organisme est le collaborateur le plus actif du praticien, par suite de l'action constante de la natura medicatrix.
Le corps humain n'est pas si dépourvu de défenses contre les microbes qu'on l'a cru pendant longtemps. Il résiste par la composition intime des tissus, dont les liquides peuvent être bactéricides, par l'action de certaines sécrétions (le suc gastrique est bactéricide pour plusieurs microbes), par l'action de certains leucocytes, ce qui constitue la phagocytose ; en outre, dans plusieurs régions qui à l'état normal sont occupées par des microbes, ceux-ci défendent la place qu'ils détiennent, contre de nouveaux envahisseurs. C'est ainsi que d'après le Dr Menge les sécrétions vaginales normales seraient bactéricides.