RESISTANCE DE L'ORGANISME
L'importance du terrain augmente chaque jour dans l'étude de la genèse des maladies. On constate que les sujets dont la santé est robuste, dont la nutrition est physiologique, résistent au plus grand nombre des microbes pathogènes ; tandis que ceux dont l'état s'éloigne du type de l'homme sain, se laissent envahir plus facilement par ces microbes. L'infection en effet ne résulte pas seulement de la pénétration d'un microbe dans l'économie, il faut que celui-ci trouve un terrain de culture favorable qui lui permette de vivre et de se multiplier. Sans cette résistance de l'organisme, l'espèce humaine disparaîtrait devant le microbe de la tuberculose, par exemple ; par contre, les constitutions délabrées, le diabétique et l'albuminurique, résistent moins que les autres à l'infection microbienne.
On revient donc maintenant en partie aux idées des anciens. Les qualités du terrain répondent à ce qu'ils appelaient la prédisposition, la réceptivité >/>/ i morbide] Le terrain prend donc en ce moment dé ^u/n^> plus en plus d'importance et son rôle est venu détruire la doctrine de la spécificité microbienne.
D'après cela, on conçoit combien il est nécessaire de rechercher avec soin quel est l'état général du malade, quel est l'état de ses viscères, quelles ont été ses maladies antérieures, etc., afin de pouvoir porter un pronostic motivé, et suivre une thérapeutique appropriée.
2i DOCTRINE MICROIUEN.se
A l'étude du terrain se rattache la résistance de l'organisme par la phagocytose. Il s'agit là de la propriété qu'ont certaines cellules lymphatiques ou "^L- globules blancs, d'absorber/les bactéries qui ont / pénétré dans le corps. L'organisme est parcouru
en tous sons par des cellules lymphatiques qui circulent dans les mailles du tissu conjonctif, sous les endothéliums, sous la surface du tube digestif, sous celle des voies respiratoires, des vaisseaux, et aussi dans le sang. Ces cellules font pour ainsi dire la chasse aux microbes, les enveloppent, les absorbent, les diffèrent. Telle est la théorie de Met- -^-chnikoff. Cette propriété a fait donner aux globules blancs le nom d'égoutiers de la circulation, puisqu'ils débarrassent le sang des microbes.
Si donc, après un traumatisme, des microbes pénètrent dans les tissus, non seulement ils peuvent rencontrer des liquides bactéricides, mais ils seront assaillis par des leucocytes qui chercheront à les absorber et à les détruire.
D'après ce qui précède, on voit que trois faits sont venus modifier la théorie microbienne primitive et par suite la méthode antiseptique.
1° Le peu d'importance de l'infection par l'air en face du rôle considérable joué par l'infection due au transport direct des microbes sur les plaies, en d'autres termes, par le germe contage de Le Fort.