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milieu extérieur, l’air, l’eau, les aliments. C’est le cas pour ces maladies qui, comme la rougeole et la scarlatiune sont, suivant l'expression de Bretonneau, transmissibles non pas seulement par le contact direct, mais encore à ‘distance et « comme à portée de pistolet.» Je ferai remarquer que dans ce dernier cas même, et il se reproduit maintes fois, la difficulté est d'autant plus grande que le contage n'a pas encore été reconnu ni isolé. L'asepsie préalable est néanmoinscommandée par le danger même; si l’on ne pussède point de données suffisantes pour l’effectuer avec certitude, on est forcé de la teuter par un ensemble de moyens généraux empruntés à l'hygiène. Mais pour se faire une idée de l’asepsie il est nécéssaire de recourir à des exemples. C'est ainsi qu’actuellement il est démontré que les germes pathogènes de la septicémie puerpérale résident moins dans l'air que dans les produits qui viennent souiller les mainset les instruments des opérateurs. La première précaution à prendre est donc de rendre les instruments et les individus aseptiques. Les accoucheurs s’enterdisent l'entrée des salles d’autopsie, ils s'abstiennent de toucher les femmes près d’accoucher après avoir touché les accouchées contaminées. Les vêtements sont soigneusement désinfectés et surveillés. Avant de porter les mains dans les parties génitales on les lave au savon, puis avec la liqueur de Van Swieten, On fera même accoucher les femmes sous le spray phéniqué. Nous citons ces faits parce qu'ils sont réduits en pratique courante dans les grandes maternités. Théoriquement
on peut espérer de prévenir ainsi le transport du con-
er,
tage sur les points qui vont devenir ou sont déjà devenus le siège du traumatisme puerpéral. Mais ce n’est pas tout ; après avoir assuré ainsi la pureté des agents de transport possibles, il convient, puisqu'on ne peut stériliser l’organismeentier, d'assurer au moins l’asepsie préalable des surfaces au niveau desquelles vont s’ouvrir les portes d'entrée des parasites pathogènes, Les sécrétions vaginales normales sont loin d’être dans l’état qui précède l'accouchement dépourvues de parasites d'ordrésdivers. Ceux-ci, s’ils ne sont pas par eux mêmes pathogènes, peuvent du moins être soupçonnés de créer des milieux favorables à la germination et au developpement de nouveau-venus nocifs (Lauton Brunton) (1). Pour éviter ce nouveau danger, on rend alors les surfaces aseptique, en soumettant par exemple plusieurs jours, plusieurs semaines même avant l’accouchement, les femmes à des injections bi-quotidiennes de liqueur de Van Swieten dédoublée. Immédiatement après l’accout cherent, on répète d’heure en heure ces injections et dans ces conditions, comme le montrait dernièrement et
d'une manière saisissante le Professeur Tarnier, l’on
(1) Les produits toxiques peuvent aussi, dit Lauton Brunton, préparer le terrain pour les bactéries. C'est ce qui résulte des recherches de Rossbach et Rosenberger, qui ont démontré que si on injectait de la papaïne dans les vaisseaux d’un animal, des micrococcus injectés ensuite se développaient dans le sang avec une rapidité extraordinaire. Le poison semblait avoir altéré le sang à un tel point qu'il devenait un terrain de culture exceptionnel. — L. Brunton. Text. book of Pharmacology therapeutica and materia medica. London, 1885.
Lemoine. 3
Joit la septicémie puerpérale rétrograder devant l’asepsie ét la mortalité des grandes maternité, ramenée au chiffre de 4/4000 qui à vrai dire devient bien peu éloigné du zéro théorique, si l’on compare ce rapport aux taux antérieurs si élevés de la mortalité dans ces mêmes milieux (4/100 environ)
L'antisepsie obstétricale vient de nous fournir un premier exemple très complet par la raison même que la nature du contage est ici connue et que les méthodes d'asepsie préalable opposées à son transport ou à sagermination, sont entrées dans la pratique et ont fourni des résultats positifs. Mais il est des maladies sur Por-
ganisme pathogène desquelles on n’est pas absolument d'accord, ou bien dont on n’a pas déterminé exactement le véhicule. Ce sont les maladies infectieuses qui ne se transmettent pas régulièrement par le contact direct, dont les germes pathogènes, après être sortis des premiers sujets contaminés, vont souiller certains points du monde extérieur, y pulluier puis rentrer dans d’autres organismes, par la voie des ingesta par exemple. Le plus souvent ce sont les eaux qui constituent le milieu médiat où pullulent les germes. C'est par les eaux ou les liquides ingérés, les légumes ou les aliments arrosés d'eaux impures que s'effectuent le transport et l'insertion sur des sujets nouveaux. Le fait est à peu près démontré pour la fièvre typhoïde et semble l'être aussi pour le choléra asiatique. |
C'est ainsi que, sans remonter à l'épidémie célèbre de
Pump’s Bell et aux autres faits indiqués déjà antérieu
te.
rement par Murchinson, Griesinger et une série d’ob-
servateurs, dans la dernière épidémie de Neuville-sur- Saône, Rondet a montré que tous les sujets atteints avaient puisé leurs boissons aux eaux des fontaines publiques, souillées par les déjections des deux premiers typhiques (1). Ceux, au contraire, qui avaient puisé leur eau dans les puits particuliers avaient échappé à la contagion. Pour le choléra asiatique, l'opinion de Koch est bien connue, il aurait retrouvé son bacille en virgule dans l’eau des thanks des villages indiens. L’épidémie de Craponne, celle de Saint-Remèze et des autres localités de l’Ardèche, étudiée par Bauveret,'’ne laissent guère de doute à cet égard. Si, au milieu de l'hiver dernier, Nicatiet Ritsch, après la cessation de l’épidémie, retrouvaient le microbe en virgule abondamment répandu dans l’eau de l’Aroze, à Marseille, et en tiraient des conclusions dubitatives quant à la valeur pathogène de cet organisme figuré, combien cette opinion n’a-telle pas perdu deson importance à la suite de la réviviscence de l'épidémie cholérique marseillaise quelques mois après, dans le cours de l’été 1885? Il en faut conclure que l’asepsie préalable doit être considérée comme une des plus importantes à établir pour toute épidémie dothiénentérique ou cholérique. Cette asepsie consiste principalement dans l’usage des eaux pures, minérales ou de sources, ou bouillies, de lait également bouilli, de légumes toujours cuits. Dans ces deux cas, comme aussi
(1) Bondet. Lyon médical, 1885.
dans la dysenterie, l’asepsie préalable devra toujours se compléter par la stérilisation des excreta. Pureté des ingesta, pureté des voies digestives, stérilisation des excreta, telle est, en effet, la formule générale à laquelle se sont arrêtées toutes les grandes commissions médicales dans leurs instructions sur le choléra. Ces instruc-
tions peuvent, à ce point de vue, devenir applicables à
l'antisepsie préventive d’une série de maladies infec-
‘tieuses.
Cornil (4) insistait récemment, et avec raison, sur la nécessité de détruire les crachats des phthisiques aussitôt après qu’ils ont été expectorés. C'est encore faire de l'asepsie préventive que d'isoler les malades atteints de maladies contagieuses. C’est en faire encore que de soumettre, dans une salle de malades où se produisent des cas de laryngo-typhus, tous les dothiénentériques dont le larynx est encore sain aux pulvérisations faites dans la bouche à l’aide de la liqueur de Van-Swieten. Nous parlerons plus loin de cette méthode et des résultats qu’elle a donnés au professeur Renaut. Pour chaque maladie enfin, c’est-à-dire paur chaque germe pathogène, la connaissance des conditions nécessaires et favorables au développement du parasite et des conditions incompatibles avec ce développement pourra conduire à des notions utiles au point de vue de l’asepsie. C’est ainsi que Koch, en établissant que le microbe en virgule
(quelle que soit d’ailleurs la valeur pathogène de cet
(1) Cornil. Leçons professées à la Faculté de médecine, 1884.
baies
organisme pure). ne peut généralement vivre que sur
des surfaces humides, fournit à l'hygiène préventive la connaissance d'un fait qu’elle peut utiliser. Du même ordre est l'observation ancienne de Bretonneau, qui, dans l'épidémie de diphthérie de La Flèche, a montré que les crachats humides renferment le contage de la diphthérie à l’état le plus actif, tandis que ceux qui
sont desséchés ont, en grande partie, perdu leur viru= lence.
Ge, que nous venons de dire suffira, je pense, pour
montrer l'importance de l’asepsie préventive et la place qu’elle tiendra sans doute un jour dans les méthodes antiseptiques d'ordre médical. Ici du moins, quelques
principes sont posés, quelques moyens sont connus.
Nous ailons aborder maintenant un autre ordre d'idées
et entrer dans le cœur de notre sujet.
IV. — Antisepsie des surfaces de l'organisme. — Les germes sont insérés sur elles. — Il faut Les empêcher de franchir les épithéliums et de pénétrer dansle milieu intérieur. — Lutte contre les microbes et les ptomaïnes. — Emploi des agents antiseptiques et des désinféctants:
ES organismes pathogènes n’ont pu. être écartés par l’asepsie préalable ; ils se sont insérés sur un ou plusieurs points de l'organisme et occupent les cavités naturelles et les diverticules des muqueuses. Ils pullulent au sein des liquides de sécrétion, dans les matières intestinales, dans l'urine, etc., mais ils n’ont pas encore
franchi la limite épithéliale qui les sépare du milieu in-
térieur. Dans certains cas, ils sont seulement disposés
sur les surfaces ; dans d’autres, il sont insérés sur l’épithélium et commencent à attaquer la barrière formée
par lui. Dans tous ces cas, le rôle de l’antisepsie médicale commence. Le parasite ne sera, en eftet, entraîné par aucun lavage. Il faut donc détruire sur place le germe pathogène s’il rentre dans la catégorie de ceux qui, fatalement, au bout d’un temps, franchissent l’épi-
thélium et vont se répandre dans le milieu intérieur par
diffusion métastatique. Il faut encore le détruire s’il est de l’ordre de ceux qui, sans tendance à la pénétration,
agissent comme des ferments et élaborent des poisons
solubles résorbables, les ptomaïnes, en un mot. Plus il est impossible d'essayer une énumération complète des divers cas, plus il est nécessaire de donner sur chaque point un exemple caractéristique. Le parasite du choléra, comme Strauss et Koch l’ont démontré, n’envahit pas le milieu intérieur. Tous les parasites que l’on rencontre dans cette maladie ont un habitat purement intestinal. D’une part ils déterminent dans l'intestin l'entérite interstitielle et desquamative suraiguë qui commande la partie la plus frappante du complexus symptomatique; d’autre part ils paraissent engendrer une substance soluble agissant sur le système nerveux et sur le cœur à la façon des sels de potasse. Cette substance, dont l'existence avait été prévue par Strauss et Roux paraît même, je crois, avoir été l'objet d'un commencement d'isolement par G. Pouchet. Dans ces conditions, le but et l’objet de l’antisepsie médicale c'est ou de
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détruire la colonie parasitaire dans son ensemble, ou de troubler son évolution de façon à l'empêcher d’engendrer les poisons résorbables que produirait son activité, Dans ce cas particulier, on n’y est pas parvenu, maisla question est du moins posée pour les recherches ultérieures. Pour d’autres maladies que lé choléra, la méthode a déjà donné des fruits ; quels sont maintenant ses moyens?
Il faut le dire tout d’abord ; en pareil cas, les moyens de l’antisepsie sont fort limités. Il ne peut être question en effet d'attaquer une plaie exposée à l’air et de le faire directement en localisant l’action de l’agent aux limites exactes du mal, comme on le fait en chirurgie. Il faut éviter, comme on l’a dit, que lantisepsie, avant de tuer le microbe, ne tue ou n’empoisonne l'individu. Or, pour conduire, par des moyens médicaux, les antiseptiques sur le point vccupé par Les colonies microbiennes, on ne peut user que des voies naturelles.
I! ne s'agit plus ici d'étudier pour chsque maladie et in vitro, comme on l’a fait dans nombre de cas, l’action des différents antiseptiques connus sur les différents germes pathogènes connus également. À l’immense variété de ces derniers, force nous est d’opposer le très petit nombre d’agents n’offrant aucun danger nipendant qu’ils cheminent, ni pendant qu’ils séjournent dans la cavité contaminée, c'est-à-dire n'ayant de pouvoir vraiment nocif que par rapport au parasite visé.
En thèse générale et dans la pratique, nous sommes forcément amenés à nous réduire à un petit nombre de substances,
Les unes, comme le sublimé, employées à petite dose sous la forme par exemple de liqueur de Van-Swieten, comme aussi l’iodoforme, l’acide borique, l'acide salicylique, ont une action antiparasitaire générale, le sublimé tenant la tête de la série. Nous verrons dans les chapitres consacrés à l’antisepsie médicale des différents organes pris en particulier, quelles sont les méthodes qui permettent de conduire ces agents jusqu’au point où les germes pathogènes pullulent. A côté de ces substances il en existe d’autres dont le rôle est infiniment moins général et qui, au lieu de détruire activement les germes, s'opposent à leur multiplication en donnant par exemple, au milieu où ils se développent, une réaction acide ou alcaline, peu ou point convenable à la pullulation du parasite. D’autres, enfin, comme une série de substances étudiées par Gosselin et Laborde, en particulier les solutions phéniquées faibles, s'opposent à l’absorption des produits dangereux engendrés par les microbes en déterminant le resserrement vaso-constrictif des réseaux vasculaires subjacents.
Il faut enfin dire que l’antisepsie des cavités closes renfermant des colonies parasitaires encore localisées doit, comme toute autre, danstous les cas possibles, être appuyée par l’action parallèle des agents simplement absorbants et désinfectants. Tel est le rôle par exemple du charbon dans la méthode d’antisepsie intestinale instituée par le professeur Bouchard contre les phénomènes de putréfaction, qui jouent un si grand rôle dans le processus de la dothiénentérie. Si l’on y ajoute la
surveillance rigoureuse de la liberté des voies d’excré-
tion telles que le rein, qui apportent à l'élimination des
produits dangereux sécrétés par les microbes un con- cours toujours considérable et de premier ordre, on a posé les principes généraux de l’antisepsie médicale appliquée à la destruction ou à l’atténuation des colonies parasitaires, n'ayant pas encore exercé une action envahissante,
V. — Moyens de s'opposer au transport des organismes pa- - thogènes. — Protection des surfaces contaminables.
Lorsque les germes morbides forment des foyers à la surface des membranes muqueuses, si ces germes sont extensifs, l’antisepsie médicale doit se donner pour but de les empêcher de s'étendre de proche en proche. En détruisant parle nitrate d’argent ou l’acidechlorhydrique, c'est-à-dire par deux véritables coagulants des substances vivantes, les plaques de diphrhérie renfermées dans la gorge, Bretonneau pensait créer une méthode d'inflammation substitutive, mais en réalité il faisait déjà de l’antisepsie médicale. Il détruisait des foyers de germes,en vertu des principes exposés ci-dessus, dont il n'avait d’ailleurs aucune prévision. L'extension de la diphthérie aux voies aériennes constitueen effet ledanger majeur de cette maladie infectieuse, puisque alors à son expression toxique génrale vient s'ajouter un danger nouveau de nature toute mécanique. Prenons maintenant un autre exemple dans la dysenterie. Tous les auteurs sont d'accord pour reconnaître que les lésions
en sont presque exclusivement limitées aux parties
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superficielles de la partie inférieure de l'intestin. De là, l’entérite spécifique gagne de proche en proche en re= montant, il faudrait donc théoriquement empêcher la lésion de progresser en agissant sur son point d'inser ton initial et d'autre part en faisant de l’asepsie sur les parties de l'intestin situées en amont. De même dans la:tuberculose on sait, et c'est là une notion antérieure à celle du bacille que lés crachats contaminent le larynx, ou avalés vont contaminerl'intes+ tin. De là la nécessité d'une surveillance -continuelle des surfaces contaminables secondairement. (Chez les phthisiques une entérite et une laryngite épisodiques et en apparence simples, doivent être l'objet de tentatives énergiques de répression. On doit égale ment assurer l'asepsie dés surfaces autant qu'on le peut, soit par des pulvérisations quotidiennes de liqueur de Van-Swieten, quand il s'agit du larynx, soit par l’administration systématique de l'isdoforme quand il s’agit de l'intestin. On pourrait étendre indéfiniment l'énumération des cas où l’antisepsie et l’asepsie médicale, doivent être mises en œuvre pour éviter l’auto-contagion des surfaces chez les individus contaminés en un point limité, Des exemples frappants viennent à l'esprit de tous: la multiplication des chancres mous à partir d’un chancre initial ; l’ophthalmie purulente prenant son origine dans une blennorrhagie dont l'individu est porteur,
etc. Nous n'avons pas besoin d’insister davantage.
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