‹ L'Antisepsie MédicaleChapitre 7 sur 46 · AG · texte numérisé non relu

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résiste à la pullulation des germes. En effet dans l’état commun des choses, les portes d'entrée ordinaires de meurant ouvertes comme d'habitude et ni plus ni moins, la maladie ne se produit pourtant que dans deux condi= tions : 4 quand par hasard aux germes ordinaires supportés sans inconvénient, introduits et ensuite éliminés par petites masses, comme l’est le plomb dans les cas d'intoxication continue, viennent s'ajouter des germes pathogènes : 2° quand l'organisme, résistant jusque-là, fléchit et devient apte à se laisser envahir sans résistance suffisante,

Voilà pour l'organisme resté sain, si prédisposé d’ailleurs qu’il soit devenu à recevoir les contages. Mais nous devons nous occuper maintenant d’une dernière condition. C’est le cas où, de par un processus morbide préalable et en vertu des lésions produites par ce dernier, de nouvelles portes, et cette fois-ci tout à fait adventices sont ouvertes à l'introduction des germes pathogènes. Tel est le cas classique d’un vésicatoire sur lequel viendra s’insérer secondairement l'organisme encore mal défini producteur de la diphthérie. Tel est encore le cas des lésions pustuleuses de la variole devenant l’origine d'une infection purulente secondaire, On pourrait multiplier ces exemples. Les lésions initiales du choléra ne deviennent-elles pas l’origine d’une septicémie particulière qui marque la période de réaction? et l'influence mystérieuse et traditionnelle du rhume préalable sur le développement de la tuberculose, réduit en unaxiome connu detous dans une phrase devenue célèbre n'est-elle pas reportée de nos jours avec grande vraisem-

blance par Debove aux érosions produites dans les voies aériennes par le catarrhe, et permettant l'insertion plus facile du bacille tuberculeux à leur niveau?

On l'a dit : il serait puéril dans l’état de santé parfaite d'essayer de réaliser, au point de vue des ingesta, des circumfusa et des contacts l’antisepsie rigoureuse qui seule pourrait avoir en pareils cas une valeur préventive certaine. Seul, à notre connaissance, Sanctorius a passé sa vie dans sa balance et le fait n’est même pas certain. Mais dès que l'organisme fléchit et que la prévision, plus encore, l’imminence d’une maladie s’impose à l’esprit du médecin; dès qu’une affection préalable ouvre à des intoxications possibles des portes d’entrée aisément franchissables pour les germes; dès enfin qu’une épidémie se produit, la méthode antiseptique s'impose en principe parce que le péril est évident. Lorsque règnent le choléra ou la fièvre typhoïde, n’est-il pas évident que l'ingestion des eaux pures et non suspectes, des eaux de source qui, comme l’a montré Pasteur, ne renferment que peu ou point de germes, doit être immédiatement substituée à l'usage des eaux banales. En pleine épidémie de variole ou de scarlatine, ou à plus forte raison d’érysipèle, le malade atteint de coryza chronique ne doit-il pas ètre surveillé, et les ulcères de ses muqueuses soumis à l’action stérilisante des agents antiseptiques? L’antisepsie médicale, encore à ses débuts, doit donc être considérée comme une méthode commandée par l’occasion. La seule prophylaxie utile que l’on puisse faire, en effet, se réduit à deux chefs :

4° Stériliser lemilieuintérieur et lerendre impropre à la Lemoine. 2

et (PO ES

pullulationdes organismes donton redoute l'introduction. fn effet, si par exemple, l'aspergillus niger était pathogène on arriverait à ce résultat en imprégnant l’économie d'un sel d'argent quelconque, puisque l’aspergillus ne peut se développer dans un miliéu ne contenant même que des traces infinitésimales d'un composé argentique (Raulin). Or, on fait précisément de l’antisepsie de cel ordre en soumettant à l'influence continue du principé actif du quinquina un homme viérge de la malaria qui doit passer d’un milieu sain dans un autre où règne l’influente paludéenne. Cette première méthode semble là seule applicable à la prévention des maladies qui nè créent pas limmunité par une première atteinte, ou de celles qui la créent, mais dont on ne connaît pas Encore les vaccins.

9 La seconde méthode ést la vaccination ; applicable aux maladies qui, comme ia variole, le charbon, la rage, ne récidivent pas ou du moins créent limmunité pour un temps très long, après qu’elles se sont produites, soit sous la forme ordinaire, soit sous la forme atténuée; les vaccinations n’entrent pas dans le cadre de notre sujet.

Élles ressortissent en effet à un ordre tout particulier de faits et de méthodes si distincts de céux que comportent les moyens antiseptiques généraux actuellement connus, qu’à moins d'étendre à l'infini la portée du titre méme de cette thèse, nous ne pouvons nous en OCCUper en détail. Ilnous à semblé au contraire que nous devons simplement nous demander en face de la question pro-

posée, dans quelle mesure les antiseptiques sont appli-

cables au traitement des états morbides d’ordre purement médical; soit pour en empêcher la production imminente; soit pour localiser l’action des agents pathogènes sur les points envahis déjà par eux avant toute intervention; soit enfin pour empêcher le développement succèssif dn germe (qui parfois crée le danger principal) au niveau et à partir de lésions initialement bénignes et sans importance autre que leurs effets locaux, si elles ne deviennent pasle siège de contaminationsintérieures. Ces points éclaircis, nous entrerons dans le détail et nous äborderons en particulier l’antisepsie des surfaces, surfaces d’origine.ectodermique, surfaces d'origine entodermique, surfaces appartenant au système général du cloaque. Nous verrons enfinsi, quand les diverses portes d'entrée ont été forcées et que les agents infectieux se sont répandus dans le tissu connectif, dans la lÿmphe ou dans le sang, on peut dès aujourd’hui tirer dé nos connaissances théoriques actuelles sur l’antisepsie uné méthode défensive applicable au milieu intérieur conta= miné. Il né peut être question d’une méthode nettement arrétéé; la question est de savoir seulément éi d'ores et déjà on peut en poser les prolégomènes.

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