ABERDEEN
question de Neufchàtel, soit le duc de Momy, qui Mt arriyé au même but par un chemin différent, sinon opposé.
On ne saurait jamais être trop sobre de dépèches et dé notes. Les forts en thèmes diplomatiques ressemblent à s'y méprendre à Tégoïste de Ghamfort, qui eût brûlé une maison pour se faire cuire deux œufs. Ils feraient battre deux Ëtats, les meilleurs alliés, pour la plus grande gloire d'une dépèche , d'une note, d*un manifeste, d'un mémorandum, d'un ultimatum, d'un ultimatissimum... Molière!
L'opinion que nous venons d'exprimer ici n'est pas seulement la nôtre , elle est aussi l'opinion d'un ancien ministre qui a longtemps occupé le poste d'ambassadeur de France à Londres.
Il est certain que la Russie est aux prises avec des difficultés intérieures très-diverses et très-grandes; il est certain que l'empereur Alexandre II est animé d'intentions libérales qui ne laissent en arriéré d'elles aucuh des actes de l'empereur François-Joseph; îl est certain que le plus intéressé à l'apaisement de la Pologne, c'est le gouvernement russe, qui, en choisissant le marquis \Vielopolski, a pu se tromper, mais s'est trompé de bonne foi. N'avoir pas tenu compte de ces graves difficultés intérieures, de ces bonnes intentions évidentes, de cet intérêt incontestable; avoir mis, comme on l'a fait, la Russie au pied du mur et au ban de l'Europe, c'est une faute qui ne saurait se justifier et qui ne peut s'expliquer que par les entratnements de la controverse sous fonne de dépêches, au lieu d'être sous forme d'articles.
Toute faute avouée est à demi réparée. La France peut avouer sa faute avec d'autant moins d'embarras qu'elle lui a été commune avec l'Angle^jerre et l' Autriche.
La diplomatie a fini sa tâche ; c'est à la civilisation.de poursuivre la sienne et d'obtenir de la Russie poi^r }a Pologne , sinon l'indépendance , du moins la liberté.
La civilisation l'obtiendra.