Le corps », Cousin
immuables, condition nécessaire de toute idée objective.
A l'exercice primitif du sens de l'effort qui saisit une résistance ou force opposée, se rattachent ces principes ou notions d'objets absolus qui diffèrent essentiellement des idées générales et ne doivent pas leur existence ! à l’abstraction, à moins qu'on ne distingue l'abstrait actif, qui se réfléchit du sujet sur l'objet, de l’abstrait passif, produit de de la comparaison d’éléments phénoméniques semblables, etc.
« Ces notions sont les conditions premières de tout jugement, de toute pensée?. » Mais, pour prononcer sur leur réalité ou la nature de leur valeur’, il fallait rechercher leur origine, et cette origine est obscure et cachée. Viennent-elles de l'objet? Tiennent-elles* au sujet exclusivement? Ne sont-elles pas plutôt le produit de l’action et de la réaction combinées de l'un et de l’autre? Dans quelle proportion concourent-ils l’un et l’autre à former les‘ principes ? Nous avons cherché à déterminer ces questions, en remontant à une causalité primitive, identique au fait de la conscience du moi, vrai principe de toutes les notions qui ne sauraient être sans lui, quoiqu'il puisse être sans elles.
Enfin, de ce principe seul peuvent se déduire les caractères de simplicité, de nécessité et d’universalité des notions. Si elles ont leur type dans le moi, il ne faut plus demander d’où leur ‘vient ce caractère singulier qui les distingue éminemment de toutes les idées comparatives. Mais le moi lui-même, la source des principes, tient à un principe plus haut que lui, savoir : à une raison suprème (logos). Cette raison est la lumière de l'homme; il en jouit par réflexion et ne l’a pas en propre, comme les corps éclairés, qui réfléchissent la lumière, ne sont pas lumineux par eux-mêmes; et s'ils étaient tout lumineux, nous ne les verrions pas.
Demander quelle créance mérite la raison entendue dans ce sens élevé qui sera peut-être justifié plus tard, c'est demander
4. «Ne doivent pas se confondre avec l'abstraction », Cousin, p.136.
2. Dans l'édition Cousin, cette phrase n’est pas entre guillemets. 3. « Ou la nature de leur réalité ».
£. « Viennent-elies du sujet », Cousin.
6. Il y a dans le manuscrit: « cette raison est lumière de l'homme ». « Cette raison est la lumière qui n’est pas celle de l'homme, dont il jouit par réflexion et ne l’a pas en propre, comme les corps extérieurs qui réfléchissent la lumière et ne sont pas lumineux par eux-mêmes,
quelle créance nous pouvons ajouter à la lumière qui nous
manifeste le monde visible, quand nous croyons d'ailleurs que ce monde existe, ete.
et, s'ils étaient tous lumineux, nous ne les verrions pas. Demander queile créance mérite la raison entendue dans ce sens élevé, c'est demander quelle créance nous pouvons ajouter au monde visible, quand nous croyons d’ailleurs que ce monde existe. » Cousin, p. 437.
1. Ce dernier problème n’est qu'indiqué ; il est même posé en termes assez vagues. Maine de Biran tire un traitsous ce paragraphe. Il est probable qu’il eût repris et développé ces idées, si sa maladie ne s'était aggravée etne lui avait interdit tout travail.
Vu :
le 6 mai 1908 :
Le Doyen de la Faculté des Lettres de l'Université de Paris, A. CRoIsET.
\'re ET PERMIS D'IMPRIMER :
Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris.