CHAPITRE PREMIER ÉTAT DE LA QUESTION
I. Opinions de Cousin en 1825 et en 18%1. — IL. Opinion de M. Naville (1851). —TIIT. Discussion de ces opinions. Nouvelle hypothèse,
I. Quelques mois après la mort de M. de Biran, son ami Laïné, qu'il avait désigné pour son exécuteur testamentaire, chargea Cousin de reconnaître et d'examiner les papiers du défunt. « Mais ‘ au moment, dit M. E. Naville, où s'effectua cette démarche trop longtemps différée, un fait regrettable et qui ne fut connu qu'à une époque où l'on ne pouvait plus y remédier, s'était malheureusement accompli. Des brochures et des manuscrits, provenant des objets laissés par le défunt, avaient été jetés dans une corbeille, à titre de paperasses, sans le discernement convenable, et portés chez l’épicier par un des domestiques de la maison?. Des pertes irréparables, celles, par exemple, de quelques-uns
4. Naville. Notice historique el bibliographique sur les travaux de Maine de Biran, 1851, p. vur.
2. Idem. Lettre inédite de M. Stapfer à M. F. L. Naville du 41 mai
des fragments, qui font défaut et produisent des lacunes dans l'édition actuelle des œuvres du philosophe, ont peutêtre pour cause cette fâcheuse incurie. »
Cousin fit des manuscrits qu’on lui avait soumis Gun scrupuleux inventaire! » et les rangea en trois classes : 1° les écrits politiques de M. de Biran ; 2° ses cahiers de souvenirs; 3 ses écrits philosophiques.
Il ne retint que ces derniers qu'il classa en huit arlicles distincts, pouvant former une édition de quatre volumes.
L'écrit qui nous occupe était mentionné à l'article 7, avec l'opuscule publié dans le même volume de son édition des œuvres philosophiques de M. de Biran sous le titre de Recherches sur une division des faits physiologiques el psychologiques. Cousin nous les présente en ces termes?:
« Le travail dont s'occupait M. de Biran dans les dernières années de sa vie, était la refonte de ses deux mémoires de Berlin et de Copenhague, dans un ouvrage dont il reste deux longs fragments parfaitement * copiés : l'un, sous le titre de Recherches, elc., morceau complet; l'autre, sans titre, ne commençant qu'à la seizième page, mais appartenant évidemment au même ouvrage dont M. de Biran m'a souvent entretenu. »
Pour différentes causes *, qu'il serait trop long d’énumérer ici, et que M. Naville indique dans la notice citée, il ne fut donné aucune suite aux propositions de Cousin de publier soit l'édition complète en quatre volumes dont nous avons parlé plus haut, soit au moins « les Considérations sur Les rapports du moral et du physique. » Cousin dut rendre tous les papiers qui lui avaient été confiés, excepté le manuscrit de ce deruier ouvrage, qu'il ne publia que neuf ans plus tard, en 1834.
- 1. Nouvelles considéralions sur les rapports du physique et du moral. Cousin, 1834, p. r de la Préface. Souligné par nous.
2. Nouvelles considérations sur les rapports du physique el du moral. 1834. Préface, p. tr.