‹ L'Aperception immédiateChapitre 49 sur 102 · Du sens ou de l'effort », Cousin, p · texte numérisé non relu

Du sens ou de l'effort », Cousin, p

ainsi le moi qui juge serait multiple comme ces organes mêmes. Or, il faut bien qu'il sente ou qu'il aperçoive immédiatement son unité dans la multitude des impressions perçues, car autrement il n'y aurait pas même de pluralité ni rien qui püt s'appeler perception, idée de sensation.

La distinction première et fondamentale, celle d’où dépendent toutes les autres et qui est comprise dans le sens même immédiat de leffort et de lindividualité, c'est celle. des deux éléments de l'homme concret tel qu'il existe actuellement et sans division à ses propres veux.

Mais ce sens de leffort est tellement intime et si profondément habituel par la primauté el la continuité de son exercice {non interrompu dans l’état naturel de veille), qu’il s’obscurcit et s'efface presque sous les impressions répétées des choses du dehors ou les perceptions claires qui se rapportent à ce monde extérieur où l’homme est appelé à vivret.

Mais, quelque obscurci que soit le sens de notre individualité, il n'en est pas moins le fonds naturel et vrai de toutes les modifications ? diverses sous lesquelles l'homme intérieur se manifeste ou se pense lui-même, en se distinguant de tout ce qui n'est pas lui au titre quelconque d'objets où de représentations.

Reprenant*® le texte de la deuxième proposition, nous nous croyons fondés à dire que Fhomme concret, dès qu'il existe au titre de personne (ou qu'il cesse d’être confondu avec la nature‘), distingue primitivement et par le sens de l'effort seul les deux éléments qui constituent en lui ce que nous appelons humanité, nature humaine réellement5 mixte ou double dans la réalité absolue.

Le vouloir ou l'effort moteur est un pour son sens, les

1. « Sous les perceptions claires d'actes volontaires ou libres qui se rapportent à ce monde extérieur », etc., Cousin, p. 46. Ce ne sont pas les actes volontaires qui se rapportent au monde extérieur, c'est la perception que nous en avons. Le manuscrit est ici surchargé de corrections et difficile à lire ; Maine de Biran avait d'abord écrit «d'actes expressément volontaires et libres qui se rapportent à ce monde extérieur », puis, sans rayer aucun de ces mots, il a écrit entre les lignes « les perceptions ». Nous supposons que cette dernière expression remplace le membre de phrase précédent.

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