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6. Le texte publié par Cousin contient, dans ce passage, des erreurs qui le rendent incompréhensible. « Mais percevoir des changements dans quelque partie sensible de l'organisation sans l'effort voulu, ou contrairement à la tendance propre du vouloir, c'est ce qu’on peut appelier ici l'objet de la représentation ou de la sensation passive, localisée ou réduite à la cause extérieure ou force étrangère non-moi, productive de cette sensation. Il est donc vrai de dire que l'homme concret, en tant que sensible et actif, encore que son corps propre se distinguerait de ses représentations ou sensations localisées, et des objets de ces représentations, ne peut les distinguer nettement les unes des autres, surtout celles qui, étant rapportées au même organe, appartiennent à la même espèce, comme les odeurs, saveurs, impressions tactiles », etc., p. 47, 48. L'erreurinitiale du copiste vient de ce qu'il n'a pas tenu compte dun renvoi de Maine de Biran (après «la tendance propre du vouloir»), et omis, commeon peut le constater, toute la deuxième partie de la phrase. À partir de cet endroit jusqu’à la page 198 de l'édition Cousin le manuscrit manque. On peut aisément cemprendre, par les fautes que nous venons de relever, combien cette perte est déplorable et irréparable. Si en certains cas l'erreur du copiste ou la négligence de l'éditeur est visible et facile à réparer, il y en a d’autres (heureusement plus rares) où il est impossible, faute d’un point d'appui quelconque, d'essayer de rétablir le texte authentique sans risquer de tomber dans l'arbitraire.
qu'on peut appeler ici objet de la représentation ou de la sensation passive localisée se réduit à la cause extérieure ou force étrangere non-moi productive de cette sensation. Il est donc vrai de dire que l’homme concret, en tant que sensible et actif et ne connaissant encore que son corps propre, se distinguerait à la fois et de ses représentations ou sensations localisées, el des objets de ses représentations, avant même de distinguer les unes des autres celles qui étant rapportées au même organe appartiennent à la même espèce comme les odeurs, saveurs, impressions tactiles, etc.
3°-401, Si l’homme était borné, d'une part, à sentir ou à éprouver des modifications passives dans les diverses parties de son corps, et, d'autre part, à agir ou à opérer par son vouloir des mouvements ou changements quelconques dans ce corps, l’homme serait réduit ainsi à la conscience de lui-même; en sa double qualité d'agent et de patient, il ne pourrait avoir aucune idée des objets autrement que comme? de causes ou forces productives de tout ce qu'il sentirait en lui ou dans son organisation * e£ hors de lui, sans que sa volonté allàt contre ces forces.
Étant donnée l’aperception interne de ce rapport primitif et fondamental de cause à effet (par laquelle l’homme est donné à iui-même), les® deux termes du rapport sont aussi donnés comme 6 distincts, mais non séparés. Or, voilà précisément ce qui fait la difficulté du premier problème de la philosophie ; on voudrait savoir ce qu'est en soi, dans l’absolu, cette cause moi qui n'existe et ne peut se sentir que comme cause; on
1. Les articles 3 et 4 du passage d'Ancillon doivent, selon Maine de Biran, se ranger dans la mème section que l’article 2. Le développement qui suit est la continuation du précédent.
2. « Aucune idée desobjels autrement que comme des causes », nous remplaçons des par de qui est plus clair et plus correct. On pourrait dire aussi « que comme causes ».
3. « Qu'il sentirait en lui et hors de lui ou dans son organisation ». Si «en lui» ne désignait pas «dans son organisation», il signifierait «dans la conscience » ; or tout mode de la conscience est actif, c’est-à-dire produit par l’action du moi. A la page 32, Maine de Biran dit en parlant de l'âme, conçue comme substance modifiable : « ce qui se passe en elle ou dans son organisation ».
4. La phrase telle qu'elle est dans l’édition Cousin (« comme l'homme est donné à lui-même ») n’est pas construite. Nous avons remplacé « comme »par «par laquelle ».
Nous écrivons « les » au lieu de « ces ».