On lit dans Cousin « d'inétendus, de matériels », p
4. La phrase telle qu'elle est écrite dans l'édition Cousin nous parait inintelligible : « ce n’est pas sous des idées préventives que la pensée peut atteindre les objets réels el en justifier la réalité par la manière même dont ils nous apparaissent ».
5. On lit dans l'édition Cousin : «ce n'est pas non plus la notion de force, de cause, qui est obscure et accessible à l'esprit, et, comme l'entend notre philosophie moderne imparfaite ». :
6. Le texte de l'édition Cousin est incompréhensible : « c’est l'étendue réelle composée d'éléments, d’inétendus ou divisibles sans fin ». On peut iui restituer un sens en faisant le minimum de modifications, selon la méthode que nous nous efforçons toujours d'appliquer.
se trouvent-ils conduits au point de spiritualiser le monde, comme la fait Leibnitz, en n’admettant d'autre réalité que celle des êtres simples, dont toute l'essence est la force active qui contient en elle toutes les déterminations et ne reçoit rien du dehors. Dès lors l'étendue n’est qu'un pur phénomène, relaüf à notre manière de nous représenter les existences autres que la nôtre par les sens de l'intuition, dont le toucher et la vue sont les premiers et les plus influents. Dès lors aussi, l’espace n'est plus que le mode de coordination ou l'ordre des êtres coexistants ! {els que l'intuition les représente hors de nous, comme le temps est l'ordre des successifs, tels? qu'ils se manifestent à nous par la pensée ou l’aperception interne. Etant donnés, d’une part, les objets étendus tels qu’ils apparaissent distinclement à ces sens de l'intuition, étant donnée, d'autre part, soil comme notions &« priori, soit comme faits, soit encore comme hypothèses, déduites de l'observation, l'existence réelle des êtres simples ou des forces comme éléments de la réalité de la matière et de tout ce que nous appelons corps, ete., il s'agirait de savoir comment nous pouvons expliquer”, sil ny a que des êtres simples, réellement existant hors de nous, d'où vient cette idée invincible de réalité que nous attribuons malgré nous, aux substances étendues, matérielles, que nous appelons corps ? Etsi nous ne concevons rien hors de nous, ou en nous-même que sous la forme de l'espace ou de l'étendue, comment concevons-nous l'existence * d'êtres réels simples et croyons-nous à leur réalité nécessaire ? = Nous exprimons sous le mot d’intuition toute représentalion médiate ou immédiate d'un objet étendu ayant des parties contiguës, distinctes, les unes hors des autres. On voudrait pouvoir entendre comment l'intuition d'étendue matérielle dont le moi se distingue ou se sépare, dès qu'il commence à exister,
4. Au lieu « d'êtres existants » nous écrivons, selon la formule de Leibnitz, « êtres coexistants ».
2. Nous nous croyons autcrisé par l’analogie de la construction du membre de phrase précédent à remplacer « comme ils se manifestent en nous par la pensée », Cousin, par « tels qu'ils se manifestent à nous par la pensée ».
3. La phrase de l'édition Cousin est inintelligible: « il s'agirait de savoir comment nous pouvons, s’il n'y a que des êtres simples, réellement exister hors de nous; d'où vient cette idée, etc. », p. 59. Nous proposons la correction suivante : «il s’agirait de savoir comment nous pouvons expliquer, s'il n'y a que des êtres simples réellement existant hors de nous, d'où vient, etc. ».
4. «Comment concevons-nousla conception d’être réel », Cousin, p. 59.
dès qu'il n'est plus la nature, ou que la nature n'est plus lui, comment celte intuition pourra se concilier avec la réalité exclusivement attribuée à des forces ou à des êtres simples, éléments ! des composés substantiels, appelés corps ; quelles seraient, dans cette hypothèse, les conditions organiques de ces intuitions étendues ; quel fondement elles auraient soit dans l’objet externe ainsi représenté, soit dans le sujet simple de la représentation ?.
4. « Des êtres simples, des éléments, des composés substantiels », Cousin, p. 59-60.
2. La question est ainsi nettement posée, el nous verrons dans la suite comment Maine de Biran y répond. Elle est amenée naturellement par ce qui précède et l’on suit assez bien, après avoir fait subir au texte de Cousin les modifications nécessaires, la pensée de l'auteur. On se perd au contraire dans les trois pages qui suivent. Maine de Biran y revient en quatre endroits sur des idées qui viennent d'être exprimées: en d’autres, il note des idées intéressantes en elles-mêmes, mais qui ne se rapportent pas à la question présente. Il ne nous semble pas possible de faire rentrer ces trois pages dans le tissu même de l'écrit. Ce sont des variantes dont nous indiquerons la place; ou des idées suggeslives, mais à côté du sujet. Nous citons intégralement le texte de l'édition Cousin, qu'il sera permis à un lecteur plus scrupuleux ou plus perspicace de remettre à la place qu'il occupe, sans y rien changer ou en faisant les modifications nécessaires.
«En admettant la réalité absolue des êtres simples ou des forces comme les seuls éléments vrais de tous les composés étendus ou matériels de celte nature objective dont l'homme (moi) se distingue ou ‘se sépare, il faudrait dire qu'en se composant ou se coordonnant entre elles, de manière à former une étendue donnée par intuition, ces êtres ou forces se dépouillent de leur nature ou de leur essence de force, ou prennent dans le composé des propriétés ou attributs opposés à ceux qui leur appartiennent comme éléments.
« Tout ce que nous appelons corps est en effet perçu ou conçu comme passif et inerte, par cela qu'il l'est comme étendu ; il exelut par la-même l'idée d'unité simple indivisible et d'activité spontanée qui appartiendrait à ses éléments, à titre de forces. (C'est, un peu plus développée, la même idée qui est exprimée, p. 86: « Ce qui est obscur et vraiment inconcevable, c'est l'étendue réelle composée d'éléments inétendus ou divisibles sans fin; c'est une substance passive ou purement modifiable, douée de personnalilé individuelle et s'enlendant elle-même sans raison de matière. »)
« L'observation ou l'expérience physique suffit pour nous apprendre qu'un composé étant détruit ou résolu dans ses éléments constitutifs, l'espèce d'activité propre à ceux-ci, qui était comme enveloppée ou enchainée dans l'agrégation étendue, se reproduit et se manifeste par des efforts (il faut sans doute lire effets) sensibles ; mais alors aussi l’étendue a disparu et il ne reste pas d'objet.
« Ce que nous appelons destruction ou mort ne fait donc que de rompre ces liens qui tenaient embrassés les principes de vie.
« Ain gi pourraient se justifier, même dans le physique, ces paroles
b. Conditions organiques de l'intuition de l'étendue.
Parmi les différentes espèces d’impressions sensibles que l'homme distingue en lui, ou dans le corps, et hors de lui, dans ce qu'il appelle objets extérieurs, il en est que l'activité du
qui ont un sens bien plus élevé : « La mort est absorbée par la vie. » (Cette comparaison est intéressante et nous voyons sa place dans « la vie de l'esprit», ou par anticipation « dans la vie animale », mais nous n'en voyons pas le rapport à la question que Maine de Biran vient de poser.)
« Les éléments du composé rendus à eux-mêmes comme forces viennent chercher les organes vivants et les sollicitent jusque dans leur vie ou sensibilité spéciale, produisent dans l'homme des sensations auxquelles sa volonté, son moi, n'a aucune part ou ne concour que d’une manière indirecte.
« Les éléments des composés intuitifs considérés soit comme êtres simples ou forces essentielles (? ; nous écririons spirituelles), soit comme alomes encore matériels ou étendus, quoique imperceptibles, sont-ils tous de même nature, et la différence existant entre les composés qui s'en forment, tient-elle uniquement à l'arrangement des parties ou à leurs (pour aux) modes de combinaison ou de coordination des formes (pour forces) primitives, modes dont la diversité seule fait que les attributs ou propriétés des éléments tantôt s'enveloppent, tantôt se développent dans les composés ? Nous ne le savons pas, et nous consentons à l’ignorer. » (Ce sont là des questions de physique générale ou de mélaphysique, sur la nalure de la malière de la vie, de l'âme, qui ne se rattachent pas au problème de la connaissance lel qu'il vient de le poser.)
« Ce que nous croyons savoir, c'est que les composés organisés vivants, dont il s’agit présentement, se forment de parties qui sont elles-mêmes organisées vivantes, lesquelles se composent elles-mêmes d'autres parties semblables, en descendant ainsi par une série de subdivisions dont la limite ne peut être assignée jusqu’à l'élément primitif ou germe organique, qui contient lui-même un tout vivant ou appelé à vivre et à sentir, ete. (Comparez page 86 : « L’imaginalion recule, ete. »
«Les parties vivantes où les éléments sensitifs se coordonnent en étendue sous forme d'être quelconque (pour d'un étre quelconque), et sous des lois de sympathies générales et spéciales que la physiologie s'attache à déterminer et qui n’entrent point dans notre sujet actuel. (Comparez page 85 : « Les divers modes de coordination », etc.)
« Dans les diverses espèces d'êtres dont se compose l'échelle animale, depuis le polype jusqu'a l’homme animal inclusivement (nous laissons en dehors la personne humaine), en considérant la vie etavec elle la sensibilité dans un degré plus ou moins obscur, comme inhérente aux éléments de l'étendue organisée et par suite comme attribut de (pour du) composé organique formé de la réunion de ces éléments ou de leur coordination sous cette étendue, on ne fait réellement aucune concession au matérialisme ; pour qu'il püt en tirer avantage, il faudrait lui accorder que la combinaison étendue, organique, qui vit et sent, et qui subit, comme étendue, quelque modification sourde comparable à ce que nous appelons sensation vague du plaisir ou de
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moi peut seule rendre claire ; il en est d’autres qui sont naturellement aussi claires et distinctes, en telle sorte que le moi ne fait que les constater comme elles sont, sans ajouter sensiblement aucun caractère de netteté qui lui appartienne.
Les conditions organiques, qui sont tout dans ce dernier cas, ne sauraient que! s'appliquer également au premier, où l'activité du moi joue le principal rôle et transforme la sensation obseure et confuse en perception claire.
Cherchons donc à déterminer physiologiquement quelles sont les conditions qui peuvent rendre une sensation distincte par elle-mème ou dans son organe.
Les organes des sensations, appelés improprement sens externes, sont composés de nerfs unis et confondus en un seul faisceau, qui s'étend depuis l'organe où il aboutit jusqu'au cerveau où il à son origine. Ce faisceau se divise el se subdivise indéfiniment en filets nerveux dontles extrémités se réunissent et se pressent en un tissu sensible, épanoui au dehors et
douleur, püt en mème temps sentir toutes les parties vivantes et sentantes, c'est-à-dire qu'elle fût à la fois une et plusieurs, simple et composée, elle et une autre.
« Attribuer la sensation à l'étendue organique, c'est précisément mettre à part de cette étendue la personne qui se distingue de la sensation : c'est montrer que la pensée et le vouloir du moi ne sauraient être rangés parmi les attributs ou les modes de quelque substance étendue, comme essentiellement hétérogènes à tout ce qui appartient à celte substance ou qui la constitue », p. 60-64. (Cette idée a déjà été indiquée, p. 85, ce qui ne peul faire que la combinaison senlante ail une vérilable unilé.)
Que conclure au sujet de la véritable place de ce passage dans le manuscrit? Nous rejeltons l'hypothèse d'une (ransposition de pages. car nous n'avons jamais constaté, dans la partie du manuscrit que nous avons conservée, que ce genre d'erreur ait été commis, Et du reste, il nous semble impossible d'indiquer la place qui lui convient. Nous croyons que Maine de Biran après avoir posé les questions qu’il se propose d'examiner dans la suite, et peut-être interrompu, ce jour-là, son travail, a éprouvé le besoin, en le reprenant, de revenir sur les mêmes questions, pour les préciser, pour les compléter sur certains points ; il ne s'est probablement pas rappelé exactement ce qu'il avait écrit la veille. Il aura, en même temps, sans se soucier de les relier entre elles et au sujet mème qu'il traite, noté les idées nouvelles qui lui venaient à l'esprit et qu'il eût utilisées plus tard. Si cette supposition est fondée, elle justifie la place que nous attribuons à ce passage, audessous du texte, à titre de note complémentaire : elle justifie aussi notre thèse que nous sommes en présence de simples notes non destinées à la publication.
1. « Ne sauraient que s'appliquer généralement », Cousin. Nous
croyons que c’est un contre-sens comme c'est une contradiction dans les termes mêmes.
ouvert aux impressions appropriées à son mode de vie, comme à son espèce de sensibilité.
Cette sensibilité propre et spéciale de chaque organe extérieur est susceptible d'être modifiée par une multitude de causes ou forces excilatives, proportionnées en nombre ! aux différences d'arrangement et de disposition des parties de l'organe dont il s’agit.
La pression qu'exercent entre elles les parties élémentaires d'un faisceau qui n'est lui-même qu'un des éléments de la composition de l'organe entier, le mouvement intérieur, que la force vitale entretient continuellement au sein de cet organe et jusque dans ses plus petites parties, sontles sources non interrompues des impressions propres aux corps vivants, impressions obscures, il est vrai, el insensibles en apparence, en Lant qu'elles sont absorbées par le nombre et la variété de celles qui viennent du dehors, mais qui n’en sont pas moins le fondement et comme l'étoffe de toutes les espèces de sensations adventices, qui ne sont que des modifications passagères de la sensibilité vitale, inhérente au corps et inséparable de lui.
Dans l'absence des sensations du dehors, ces impressions vitales de l'organe externe, ou celles des moindres fibres nerveuses qui le composent, deviendront ainsi de véritables sensations animales, pourvu que la condition organique, attachée à ces sensations, s'y trouve.
Or, elle s'y trouve, en effet : 1° s’il y a continuité des mèmes nerfs et de toutes les fibres élémentaires depuis les extrémités sentantes en vertu de leur vie propre, jusqu'à leurs racines dans le cerveau; 2 si cette transmission de chaque impression vitale, propre aux parties élémentaires du même organe, commence dans une extrémité nerveuse distincte de toutes celles qui se font au centre commun directement, et sans se confondre avec elles ou avec d’autres de la mème espèce qui viennent de différentes parties du corps ?.
Cela posé, il devra y avoir autant d'espèces d'impressions vitales naturellement distinctes dans l'animal, qu'il y à d'or-
1. Il est probable qu'il y a ici une omission. L'expression complète de la pensée nous semble exiger qu’on ajoute après : « proportionnées en nombre », « et dans leurs modes dec oordination ou de coexistence ».
9, « Distincte de toutes celles qui sont transmises au centre commun directement et sans se confondre entre elles », Cousin, p. 65. Nous avons modifié cette phrase visiblement incorrecte, en deux endroits.
Elle n’en reste pas moins embarrassée.
ganes externes ! où ces conditions sont satisfaites. Ce sont les mêmes, en effet, qui servent à distinguer les sensations du dehors et constituent la clarté de représentation qui leur est propre. À part de toute? activité de la personne humaine, ct en vertu des seules impressions * constitutives de la vie animale, il y aura pour l'homme animal ce que j'appelle intuition immédiate de son corps propre et des divers organes où les sensations du dehors viendront se localiser *.
Mais le rôle des nerfs ou des fibres nerveuses d'un organe sentant, qui transmet ainsi les sensations vitales des extrémités au centre, n’est pas borné à cette seule fonction passive.
L'anatomie physiologique, poussée de nos jours à un haut degré de perfection *, a découvert que les nerfs, qui portent au cerveau les impressions reçues par leurs extrémités, transmettent en sens inverse l'influence motrice du cerveau aux parties musculaires qui entrent aussi dans la composition des organes externes et ont, comme nous le verrons, leur part de condition nécessaire à la perception du rapport d'extériorilé ou à la ° localisation des sensations diverses.
Ces deux fonctions sensitive et motrice ont lieu dans l'état naturel et pendant la veille, et s’exercent par deux parties séparées, dans toute la longueur du mème nerf, par une sorte de cloison ; la partie antérieure du même tuyau nerveux est celle qui transmet les impressions sensibles des extrémités au centre : la partie postérieure porte l'influence motrice du centre aux extrémités nerveuses qui viennent s’aboucher aux fibres musculaires, et déterminer leurs contractions ou leur déplacement.
Ainsi l'organe externe, où l'impression sensible commence, est mù au mème instant de la manière la plus propre à complèter la perception 7 ainsi formée de ces deux sortes d'éléments.
1. Ces organes ce sont seulement ceux de la vue et du toucher.