Être simple », Cousin, p
3. Tout ce passage est pénible, la pensée est embarrassée. Si la force vitale est une, comment peut-on dire, que la vie ou sensibilité animale n'est simple qu'à la manière de la résultante de forces mécaniques ? Maine de Biran, il est vrai, dit plus haut « une ou plusieurs »; mais il admet ici qu'elles sont plusieurs. Il ne se prononce jamais avec netteté sur ce point ; cependant il incline généralement vers l'opinion contraire. Il croit que, pour expliquer la continuité du sentiment de la vie qui ne nous quitte jamais, il faut admettre un principe d'invidualité organique (Voir les fragments de l’Antha'opologie publiés par M. Naville). Dans ce cas la comparaison de la force vitale et des forces mécaniques est inexacte.
Nous ne parlerons ici! que du mode fondamental de coordination, commun à tous les éléments ou êtres simples qui forment divers agrégats ou composés de la nature vivante ou morte, sensible ou insensible, susceptibles de se représenter sous cette forme, ou ce mode de coordination de leurs éléments, qui seul les rend perceptibles ou objets d'intuition externe.
L'imaginalion recule devant ce monde d’infiniment petits dont chaque élément est un tout composé d'organes mus par des forces vivantes, sentantes et motrices, etc. Autant lobservation microscopique peut pénétrer dans cet abime d'infinis en petitesse, autant elle voit s'étendre les limites d'un monde invisible peuplé d'êtres vivants, dont aucun sens de l'homme n'aurait pu soupçonner l'existence ; et rien ne prouve qu'il y ait une limite à cette progression décroissante ?.
Nous nommons les êtres simples : nous cherchons à les entendre objectivement sous des termes négatifs d’inétendus, d'immatériels*, mais ce n’est pas sous des idées préventives que la pensée peut atteindre les objets réels et en justifier la réalité, c'est par la manière même dont ils nous apparaissent*#.
Ce n’est pas non plus la notion de force, de cause, comme l'entend notre philosophie moderne, qui est obscure, inaccessible à l'esprit, et impossible à justifier par aucun fait d’expérience; ce qui est obscur el vraiment inconcevable, c’est l’étendue réelle composée d'éléments 5 inétendus ou divisibles sans fin ; c'esbune substance passive ou purement modifiable, douée de personnalité individuelle et s’entendant elle-même sous raison de matière.
Aussi les esprits conséquents et qui pensent comme il faut,
1. C'est une nouvelle preuve que Maine de Biran ne parle pas ici de la vie animale conçue en elle-même,
2. Dans l'édition Cousin, p. 57, il est écrit à la ligne, après « forces vivantes, sentantes et motrices », et non maintenant.