‹ L'Aperception immédiateChapitre 87 sur 102 · Toutes les formes ». Cousin, p · texte numérisé non relu

Toutes les formes ». Cousin, p

5. («Qu'il perçoit d'après sa construclion particulière, indivisiblement de la force de résistance », Cousin, p. 410. « Construction » nous

concevoir une manifestation ! de cette dernière force, perçue hors de l'attribution de tout autre mode).

g. Nature des divers éléments de notre idée de réalité objective.

Les modifications affectives qu'éprouve l'individu dans un organe externe, en mème lemps qu'il perçoit ou juge la présence de quelque corps extérieur, ne sont point véritablement rapportées à ce dernier comme objet ni comme sujet, mais seulement comme cause ou force modifiante. C’est ici une association d'habitude de deux impressions ou plutôt d’une impression et d'un jugement qui différent essentiellement par leur caractère, hors de toute association. L’une garderait, dans le sentiment absolu de l'existence, la propriété affective qui lui est inhérente; l’autre se fondant sur l’action réciproque de deux forces opposées, n'en conserverait pas moins en ellemême le caractère de relation qui lui est propre. L’impression affective peut donc être dans ce cas, aussi indépendante de la perception d’une résistance ou d’un jugement que le jugement l’est de la sensation.

Il est des modes non affectifs, qui, n'étant point non plus directement associés dans l’origine avec l'impression d'une force ou résistance, s'y trouvent joints dans le temps et l'accompagnent toujours, quoiqu'ils varient sans cesse pendant que cette force reste la mème. De tels modes se rapportent au corps extérieur, non plus comme cause modifiante, mais comme objet modifié lui-même.

Il est enfin des qualités que les métaphysiciens ont distinguées sous le nom de premières, qui n'ont pu être perçues que dans le déploiement de notre action propre et la réaction d'une force directement opposée : qualités constitutives qui ne s’y rapportent point comme à une cause modifiante, ni même comme à un objet modifié, mais comme attributs insépa-

parait inexact appliqué au sens de l'effort; c'est probablement « conslitution » qu'il faut lire : « indivisiblement de la force de résistance » n'est pas français. Nous avons ajouté « unies à ».

1. « Quoique nous puissions concevoir une division de cette dernière force, perçue hors de tout autre mode attributif, » Cousin : phrase inintelligible, sous cette forme; nous avons essayé de lui restituer un sens, en la modifiant en deux endroits.

rables du sujet ou de la substance, et qui constituent véritablement notre idée... de corps extérieur !.

Le jugement qui affirme l'existence d’une cause extérieure active, capable de produire en nous certaines modifications par une influence quelconque, comme de s'opposer directement à notre effort, s'associe à la sensation, mais n'en fait point partie intégrante, et n’est point fondé sur elle. Lorsque nous disons d'un corps qu'il est chaud ou froid, odorant ou savoureux, nous ne faisons que joindre à une affection actuelle l'idée de corps, ou de la cause extérieure, connue d'après lexpérience, par des attributs qui lui sont propres; mais les modes affectifs qui ne peuvent jamais se rapporter qu à nous-même ou à une partie de notre organisation, n'entrent point réellement dans l’idée du corps extérieur, ne servent pas à la composer, (et le verbe ne l'affirme pas non plus)?, comme ceirconstances ou attributs propres d’un sujet ou terme étranger.

L'existence n'appartient point non plus à ces modes variables, comme les couleurs*, et s'ils étaient isolés comme ils le sont hors des conditions propres etoriginelles du jugement, lètre sentant qui les subirait ne saurait les rapporter ni à aucune parlie de [ui-mème, ni à aucun terme étranger comme cause.

Au contraire *, le jugement qui affirme du corps, les qualités ou altributs qui lui sont propres comme étant inséparables de sa force de résistance, les rapporte à ce corps comme siège et

1. « Notre idée complexe de corps extérieur », p. 112. Nous doutons de l'exactitude du mot « complexe », car les qualités premières constituent au contraire les propriétés fondamentales et simples des corps extérieurs: peut-être le copiste a-til oublié un membre de phrase comme celui-ci: qui, avecles qualités auxquelles elles servent de soutien, constituent, etc.

2. Ce membre de phrase n'est pas entre parenthèses, dans l'édition Cousin, p. 12.

3. Nous avons ajouté « comme les couleurs », et un peu plus bas « étranger ».

4. Voici la phrase telle qu’elle se trouve dans l'édition Cousin; nous avons dû la modifier légèrement en plusieurs endroits pour la rendre intelligible. « Au contraire, le jugement qui affirme le corps, les qualités ou attributs qui lui sont propres comme étant inséparables de La force de résistance, les rapporte à ce corps comme siège et à la force substantielle Comme au propre sujet d'inhérence en qui ils se réalisent hors de nous, indépendamment de la connaissance que nous en prenons ; ce sont les effets immédiats ou produits directs par lesquels cette force étrangère peut uniquement se manifester à nous; elle existe dans ses effets ou ses attributs, dans les phénomènes de l'étendue et des formes qui se réalisent en elle », Cousin, p. 443.

à la force substantielle, comme au propre sujel d’inhérence en qui, ils se réalisent hors de nous, indépendamment de la connaissance que nous en prenons : ce sont les effets immédiats ou produits directs par lesquels cette force étrangère peut uniquement se manifester à nous; elle existe pour nous dans ses effets ou ses attributs, dans les phénomènes de l'étendue et les formes qui se réalisent en elle. Ici les percep- Uons correspondantes à chacun des attributs ou modes de la résistance peuvent être dites en quelque sorte, renfermées ou enveloppées dans le jugement fondamental qui établit pour nous une existence étrangère. L'attention les fait ressortir ou la sépare successivement de l'idée Lotale du corps : ce sont autant de circonstances d’un mème fait, autant de jugements partiels subordonnés au premier de tous, autant de rapports sentis, si l’on veut, entre un contenant et un contenu. Mais il reste toujours vrai que le jugement fondamental n’en serait pas moins constitué, quand mème la force simple de la résistance serait isolée de tous ces modes circonstantiels que notre expérience ajoute, et que la forme actuelle de notre organisation ne permet pas d’en séparer.

Si les trois manières dont les modifications ou les qualités se rapportent à leurs causes, objets ou sujets, eussent été bien distinguées, une multitude de questions qui ont embarrassé les philosophes et les grammairiens, relativement aux fonctions du verbe en particulier, ne seraient peut-èlre Jamais nées ; mais je ne puis ici, qu'indiquer un point de vue qui m'entrainerail bien loin, et je dis en résumant :

Il estdes affections simples en elles t-mèmes qui sont séparées de tout jugement d'existence, de toute perception de rapport quelconque. L’effort que nous créons et les modes actifs qui en résultent immédiatement, d'une part, l'opposition d'une force que nous sentons comme étrangère?, et les modes qui en sont inséparables d'autre part, sont les seules bases fixes et les mobiles uniques du jugement, indépendamment de tout effet sensitif. L’ètre sentant est affecté et ne juge point naturellement que l'impression a son siège dans un organe ou vient d’une cause étrangère. L'ètre actif juge, même sans sentir ou ètre affecté du dehors, que tel organe est le terme résistant

1, « En nous-mêmes », Cousin, p. 114.

9, « Commeextérieure », Cousin. Maine de Biran dira quelques lignes plus bas que « nous jugeons mais ne sentons point l'existence d'une force extérieure ». Nous croyons qu'il faut lire étrangère.

de l'effort ou le siège d'un mouvement qui se rapporte de luimême à la cause moi qui le produit et le veut. Nous jugeons également et nous ne sentons point l'existence d’une force extérieure qui réagit contre la nôtre et produit hors de nous ou sur nous certains effets dont l'ensemble est appelé corps, et dont cette force est la substance, et pour ainsi dire, Fâme ou le principe d'unicité.

I ya correspondance parfaite entre les modes actifs intérieurs rapportés directement au moi qui s'aperçoit en eux comme sujet et cause, et les qualités premières rapportées à la force extérieure comme à la cause qui les effectue ou au sujet qui les renferme ; même parité entre les qualités secondes d’une part et les affections internes de l’autre. Le jugement qui rapporte celles-là à une substance extérieure et celles-ci à un terme organique, est également en dehors de ces impressions et ne s'associe à elles que par l'intermédiaire d’une action déployée ici par la volonté seule sur les organes résistants et impressionnables, làt, par la force étrangère qui rencontre celle de la volonté et s'oppose à elle dans les mêmes organes. Dans ce dernier cas, l'analyse trouve un véritable composé: dans l’autre, elle ne trouve que le jugement pur et simple dont elle s'attache uniquemennt à reconnaitre les conditions originelles.

Les qualités secondes ne ressemblent à rien qui soit dans les corps : ce sont des sensations ou des effets qui servent de signes à leurs causes. Mais est-il nécessaire qu'il y ait quelque similitude entre le signe et la chose signifiée ou entre l'effet et la cause, pour que l'un atteste la présence actuelle ou antérieure de l'autre, et quel parti raisonnable lidéalisme pourrail-il tirer de ce prétendu défaut de ressemblance ? Quant aux qualités premières, nous ne les sentons pas, mais nous Jugeons qu’elles existent. Reste à savoir si la force par qui elles sont ne nous est pas manifestée à l’égal de la nôtre ou de notre existence même, et après tout ce que nous avons dit? il ne saurail rester de doute. Tout ce qui peut être dit se ressembler en nous et hors de nous, ce sont’ les deux forces qui s'opposent l’une à l’autre. Les deux substances portent toutes deux? nos affirmations de modes ou de qualités, les deux causes

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