‹ L'Aphonie Cérébrale: Son traitement par le « Procédé de Garel »Chapitre 25 sur 34 · RL RS · texte numérisé non relu

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menstruation est devenue plus irrégulière ; elle est bien plus excitable et les attaques d’aphonie ont augmenté de nombre et de durée ; l’aphonie semble être, depuis cette époque, son état normal, et même elle se porte mieux aphone, que parlant normalement. Ayant eu l’occasion d'observer pendant plusieurs années la maladie de Mre L..., nous avons assisté plusieurs fois à l'apparition et à la disparition de son aphonie, et voici qu’elles particularités nous avons remarquées :

Apparition de l'aphonie, — Elle présente des phénomènes moins intéressants que sa disparition. Ordinairement, elle se produit brusquement à la suite d’une frayeur, d’une vive contrariété. Nous avons déjà raconté comment une frayeur rendit une première fois notre malade aphone. Au mois d'avril dernier, nous avons vu Mre L... pendant cinq jours parlant comme tout le monde ; un soir, en se couchant, elle est contrariée par un de ses enfants, pendant la nuit la voix disparaît. Depuis deux ou trois ans, quand Me L... n’est pas aphone, elle est trés irritable, la moindre contrariété lui cause une émotion violente et l’aphonie ne tarde pas à se produire. Il peut alors se présenter deux cas : ou bien l’aphonie éclate brusquement et l’état nerveux de Mr L.… est aussitôt calme, elle se trouve immédiatement soulagée, ou bien Papparition de l’aphonie se fait attendre et alors se produit un état de malaise très pénible ; la malade devient triste, excitable à l'excès ; les larmes lui viennent aux yeux, elle a des pandiculations, des agacements, et au milieu de tout cela, elle à parfaitement conscience qu’elle devient aphone. En effet, sans cause directe, la voix vient à se perdre et le malaise disparaît aussitôt ; l'appétit renaît, l’état de santé est parfait, et ainsi pendant toute la durée de laphonie.

Jamais, chez Me L... l'apparition de l’aphonie n’est précédée d’une attaque d’hystérie ; l'attaque au contraire annonce ordinairement le retour de la voix.

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Disparition de l'aphonie. — La disparition de l’aphonie ne se fait pas aussi simplement que son apparition. Ici état hystérique de la malade se montre au grand jour. A la suite d’une émotion morale, presque toujours gaie, ou bien à la suite de différentes médications, la voix lui revient souvent. Le retour est toujours précédé de l’apparition d’un violent malaise, le cœur bat violemment, le visage est rouge, les larmes coulent facilement, un hoquet bruyant et rapide se produit. Il y a des baïllements, des pandiculations, du ballonnement du ventre, suivi d’éructations nombreuses et sonores ; enfin viennent les convulsions.

Une attaque complète d’hystérie (boule, palpitations, : perte de connaissance, convulsions clomiques) précède donc le retour de la voix.

Voici une de ces attaques, précédant la disparition de Paphonie, à laquelle nous avons assisté au mois de septembre 1876. Mr L..… avait perdu la voix depuis environ cinquante jours. Un flacon d’éther ayant été involontairement renversé dans la chambre où elle se trouvait, elle fut prise, au bout de quelques instants, d’une vive douleur à la gorge et d’une sensation de sécheresse, suivies d’un hoquet violent. C'était au moment de se mettre à table ; la crise parut se calmer au bout de quelques minutes, mais à peine la malade avaitelle mangé la moitié de son potage, que les hoquets recommencèrent ; elle est prise aussitôt d’une attaque d'hystérie, sans perte de connaissance ; on la place dans un fauteuil, on établit un courant d'air; la malade respire plus facilement, se calme peu à peu et au bout d’une demi-heure la voix était revenue pleine, claire et sonore Mais la guérison ne devait pas être de longue durée ; deux jours après Me L... sentit qu’elle allait redevenir aphone, ce qui ne tarda pas à se produire.

Nous avions entendu la malade se plaindre quelquefois de ce que le vin blanc lui portait sur les nerfs ; nous lui

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conseillâmes d’en prendre quelques gorgées. L’imagination aidant, la malade nous annonça bientôt à voix basse qu’elle sentait sa voix revenir et quelques minntes après elle parlait à haute voix. Une nouvelle perte de la voix ayant eu lieu quelque temps après, le vin blanc fut essayé avec le même résultat, mais une demi-heure après la voix avait de nouveau disparu.

L’inhalation des vapeurs ammoniacales produisit une attaque d’hystérie, suivie d’un retour passager de la VOIX.

Ce moyen fut essayé à la suite d’un repas copieux et peut-être doit-on attribuer à la plénitude de lestomac une partie de linsuccès. Pendant les périodes d’aphonie Me L.., jouit d’une parfaite santé et son état nerveux, bien plus irritable quand elle peut parler, semble être un peu calmé ; elle prétend respirer plus librement ; il lui semble qu'un courant d'air frais traverse un conduit autre que celui qui lui sert à respirer, quand elle parle normalement. Ur courant d'air chaud lui produit une sensation désagréable, il lui semble alors respirer des vapeurs phosphoriques ou sulfureuses.

Remarques. — L'aphonie paraît chez Mr L... à la suite d’une émotion triste, de la colère ou de la peur, ou sans Cause appréciable, jamais à la suite d’une attaque d’hystérie. Elle éprouve alors dans la gorge une sensation particulière, qui l’avertit de la perte de la voix ; elle peut en prévenir les personne£ présentes. L’aphonie disparait à la suite d’une émotion gaie ou d’une médication excitante, toujours après une attaque d’hystérie, la

malade est aussi avertie par une sensation particulière

dans la gorge, du retour de la voix.

Pendant la période d’aphonie, santé parfaite ; pendant la période vocale, état nerveux tres excitable. Aggravation de l’état nerveux et aphonies fréquentes

et plus persistantes à l'approche de la : NpIPRSeS du flux menstruel.

(Thèse de Follenfant, page 26.)

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OBSERVATION Ne X

Aphonie liée à des troubles des organes génilaux-urinaires

Augustine D... âgée de 15 ans, n’a jamais eu d’autre maladie que la rougeole dans sa septième année ; elle est bien conformée, d’un tempérament lymphathique ; elle n’est pas très nerveuse et n’a jamais eu aucune affection convulsive.

Son père, âgé de 48 ans, n’a jamais été malade. Sa mère, âgée de 37 ans, se poie bien, et n’accuse aucune affection convulsive.

Augustine D... est fille unique ; un frère plus jeune de deux ans, est mort du croup dans sa cinquième année. Le 8 avril 1877, Augustine D..., qui n’avait jamais été réglée, se plaignit pour la première fois de douleurs au bas ventre, de pesanteurs dans les lombes et le fondement. Pendant plusieurs jours, ce malaise ne fit qu’augmenter ; elle perdit appétit, eut quelques vomissements, un léger mouvement fébrile ; tous les moyens domes- tiques usités en pareil cas pour amener l'apparition des règles furent employés inutilement et aucun mieux ne se produisit sous leur influence. Sur le soir du sixième jour de ce malaise, Augustine D.…., fut prise d’une extinction de voix progressive, et dans l’espace d’une demi-heure, l’aphonie était devenue complète ; le lendemain matin l’aphonie persistait, mais les phénomènes congestifs du côté de l’utérus avaient pris fin et la malade put se lever et se livrer à ses occupations habituelles.

Aucun traitement ne fut dirigé contre l’aphonie qui persista jusqu’au 18 mai. Vers le 15 de ce dernier mois, il y eut réapparition des phénomènes congestifs de l'utérus, malaise, vive agitation, inquiétude de la malade, douleurs dans le bas-ventre et les reins, pesanteur au fondement. Des sinapismes furent appliqués, on fit prendre à la malade quelques bains de jambe ; le

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TAN deuxième jour l'écoulement se montra; le troisième, il était abondant et, le soir même, l’aphonie cessait comme par enchantement à la suite d’une petite colère.

Depuis ce temps, Augustine D... est bien réglée et n’a pas vu reparaitre ces accidents.

(De l'aphonie nerveuse Thèse du docteur Follenfant, page 16)

OBSERVATION N° XI Observation d'aphonie chez un syphlitique

M. X.., àgé de %5 ans, constitution robuste, tempérament mixte, marié, père de deux entants très bien portants.

A eu la syphylis en 1865, chancre induré, plaques muqueuses à la gorge, quelques taches très discrètes de roséole. Ces accidents ont duré six mois et ont été combattus par le proto-iodure de mercure et liodure de potassium.

Depuis, plus d’accidents apparents, sauf deux névralgies occipitales, l’une il y à six ans, l’autre il y à trois ans. Ces névralgies apparaissaient le soir et disparurent sous l'influence de quelques doses d’iodure de potassium. Vers le milieu de mai 1873, le malade est pris de troubles du côté de la voix. Celle-ci se voile peu à peu et arrive jusqu’à l’aphonie complète. Justement alarmé de cet état il consulte différents médecins qui l’envoient aux eaux de Cauterets.

Malgré le traitement par les eaux sulfureuses, l’électicité et même l’hydrothérapie, l’aphonie persiste, et le malade nous est envoyé au mois de janvier 1874 par M. le d' Cazalis qui veut bien l’examiner avec nous.

A l'examen laryngoscopique pratiqué le 3 Janvier nous constatons que la corde vocale gauche est rétrécie, dépourvue de mouvements, et qu’elle ne s’avance pas vers sa Congénère. Quand le malade prononce la syllabe E un espace de cinq millimètres environ sépare les deux cordes. La corde droite est légèrement rouge à la partie

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postérieure mais conserve tous ses mouvements. Le bord supérieur de l’épiglotte est un peu frangé avec quelques dépressions d’une coloration jaune pâle (taches probables d'anciennes ulcérations syphilitiques). La voie est complètement abolie.

Nous ne constatons rien au Cœur ni à la poitrine. Il existe pas de ganglions cervicaux hypertrophiés. Vu l’absence de toute lésion qui pourrait expliquer la paralysie de la curde vocale gauche, vu les antécédents syphilitiques du malade, nous diagnostiquons une paralysie syphilitique et nous proposons des injections hypodermiques de mercure. Elles sont acceptées et nous commençons le 6 janvier par des injections suivant la formule suivante :

Biüodure de mercure 0,40 Iodure de potassium 0,50 Eau distillée 20,»»

0,02 de biodure sont injectés journellement dans le dos qui est la région la plus favorable à cause de l’absence des gros troncs nerveux et du petit nombre des vaisseaux lympathiques.

Elles sont très bien supportées, quoique fort douloureuses. Après la vingtième injection, la voix commence à revenir peu à peu et à la soixante-quinzième elle était redevenue normale. À ce moment, vers la fin de mars 1874 à l'inspection laryngoscopique, les cordes vocales s’affrontaient complètement, excepté vers la commissure antérieure où il restait environ un écartement d’un millimètre.

Depuis deux ans la guérison ne s’est pas démentie, et nous avons pu encore constater parun examen laryngoscopique sérieux pratiqué en novembre 1876, que la corde vocale gauche avait tous ses mouvements, et était revenue à ses dimensions et à sa grosseur normales.

(Extrait de la thèse de Follenfant 1878, page 22.

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Observations empruntes à Diday

(Gazette Médicale de Lyon, 1860, page 35)

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