EME
compression ovarienne dirigée contre certains accidents hystériques. Nous n'avons nullement la prétention d’avoir guéri notre malade : elle est restée hystérique. Nous avons seulement provoqué graduellement une modificacation qui à substitué certains accidents à d’autres accidents. Si on nous objecte que la malade n’a rien gagné au change, nous répondrons que la personne qui est la plus intéressée certainement dans cette question, est d’un avis absolument contraire.
On pourra encore nous objecter qu’il n’y a eu là qu’une simple coïncidence, que les accidents hystériques guérissent spontanément, sans intervention thérapeutique et que la mica panis recommandée en pareil cas, est peut-être le médicament qui compte le plus de succès.
A cela, on peut ne rien répondre, si ce n’est que dans l'observation que nous venons de rapporter, la relation de cause à effet entre l’aphonie et la compression de l’ovaire nous à paru de plus nettes. Cette relation nous permet d'espérer que de nouvelles observations dirigées dans ce sens viendront, à l’appui de la nôtre, démontrer que, par la compression ovarienne, on peut provoquer
une crise amenant, nous le répétons, non la guérison de la malade, mais une sorte de déplacement des acci-
dents.
(Gitée dans la Thèse de Follenfant, page 41).
OBSERVATION Ne VII
Un cas d'aphonie hystérique par le 1} Mandelstamm
(Annales de laryngologie, page 154, 1895, tome 2)
Le [7 janvier 1895, Me veuve T..., cultivatrice, arrivant de province, vint nous consulter pour une aphonie complète. Elle nous raconte qu’il y a trois mois, elle fut prise d’un coup de froid et devint complètement aphone. Elle fut traitée pour une laryngite catarrhale et bien qu’elle ne soufirit pas de la gorge, la voix ne revenait toujours pas. Voyant qu’elle n’en venait pas à bout, elle se décida
d'aller consulter un médecin à Paris. M. le docteur Pillon, auquel elle s’adressa, ne lui trouvant rien aux poumons ni dans la gorge l’envoya à notre consultation,
La malade est âgée de 35 ans, d’une constitution délicate. Pas d’antécédents héréditaires. Son père est mort d’une attaque d’influenza à l’âge de 73 ans ; sa mère est vivante et jouit d’une bonne santé. Elle a eu quatre enfants dont deux sont morts d’un accident, les deux autres qui lui restent, un garçon de 10 ans et une fille de 7 ans, se portent bien. |
A la suite de la naissance de sa fille, il y a sept ans, elle a eu une forte secoussé morale : le lendemain de ses couches, on lui apporta son petit garcon écrasé par une voiture. Après cette grande émotion elle devint nerveuse et avait souvent des cauchemars dans la nuit. Quatre ans après, elle à eu une fièvre typhoïde dont elle n’a guéri définitivement qu’au bout de trois mois et qui lui a laissé comme reliquat une amènorrhée pendant trois mois. Après la réapparition des règles, elle conserva une dysménorrhée, et très souvent au moment des règles elle avait des crachements de sang.
Avec ces antécédents de la malade et en présence d’une extinction complète de la voix, il n’était pas difficile de conclure qu’il s'agissait d’une aphonie hystérique. Le diagnostic s’imposait ; il fut définitivement confirmé par l’examen de la malade, surtout par l'examen laryngoscopique. Rien du côté des poumons. Il existe une hypereslhésie très marquée au niveau de l'angle de Pomoplate et de l’appendice seyphoïide. Le champ visuel est considérablement retréci. Le pharynx a conservé sa sensibilité uormale. La muqueuse laryngée est normale et les cordes vocales sont d’un blanc nacré, mais pendant les efforts de phonation, la glotte reste béante, présentant un triangle isocèle à large base en arrière. Malgré tous les efforts que fait la malade, il lui est impos-
sible d'émettre un son, les cordes vocales ne se rapprochant pas.
Dans le but d'explorer la sensibilité de la muqueuse larygienne nous touchons, au moyen d’une sonde métallique recourbée à son extrémité, successivement l’épiglotte, les bandes ventriculaires et les cordes vocales. Aussitôt que la sonde a touché les cordes vocales. la malade commence à émettre des sons. En même temps elle est prise d’un spasme glottique qui cède facilement à une aspersion d’eau froide.
La malade nous parle, la voix est revenue, conservant toutefois quelque rancité. Nous pratiquons de nouveau l'examen laryngoscopique, et nous constatons que pendant la phonation, les cordes vocales se rapprochent vers la ligne médiane, mais qu’il reste encore entre elles un intervalle étroit sur toute leur longueur.
Nous instituons un traitement général (bromure, valérianate d’anmmoniaque). Le lendemain, la malade parle de sa voix normale, le rapprochement des cordes vocales est complet. Nous renvoyons la malade au bout de cinq jours avec M. le docteur Pillou et constatons le retour complet de la voix. Nous regrettons de m’avoir pu suivre plus longuement la malade qui à été obligée de retourner chez elle à la campagne.
Comme on le voit, chez notre malade, la paralysie avait frappé tous les adducteurs sans intéresser en même temps les abducteurs. Y a-t-il paralysie des abducteurs d’origine hystérique ? C'est un point qui, jusqu’à présent, n’a pas encore été suffisamment élucidé. Si d’une part il ne paraît pas impossible d’amettre à priori que, dans l’hystérie, la paralysie puisse frapper les muscles abducteurs aussi bien que les adducteurs ou tout autre muscle de l’économie, il n’existe d'autre part, jusqu’à présent, d'observation bien probante de paralysie des abducteurs d’origine histérique tandis qu’on ne compte plus les cas de paralysie hystérique des adducteurs. L'interprétation
"rie
de ce phénomène, d’après ce que nous savons sur la physiologie nerveuse du larynx n’est du reste pas difficile. Les crico-aryténoïdiens postérieurs, muscles respiratoires, ayant pour fonction des mouvements involontaires ont leur seul centre d’innervation dans le bulbe, du moins n’est-on pas encore arrivé à démontrer l’existence d’un centre respiratoire dans les hémisphères cérébraux. tandis qu’on connaît, depuis les recherches de Krauss et de Semon et Horsley un centre cortical phonatoire dont l’irritation produit l’adduction des cordes vocales sans provoquer des mouvements respiratoires.
Ainsi, admet-on généralement l’origine cérébrale de l’aphonie histérique dans laquelle les muscles adducteurs ayant une fonction soumise à la volonté et recevant leur innervation principale de l’écorce cérébrale doivent être intéressés seuls à l'exclusion des abductenrs.
Ce qui confirme bien l’origine cérébrale de Paphonie hystérique c’est la conservation de la contractilité élecélectrique par les muscles intéressés. Non seulement l’'électrisation produit le rapprochement des cordes vocales, mais il n’est pas rare d’obtenir en une seule séance d’électrisation le retour complet et définitif de la voix. De même que l’électrisation, il suffit parfois de la moindre irritation périphérique, telle que l’attouchement des cordes vocales au moyen d’une sonde (comme c'était le cas chez notre malade), voire même l'introduction du miroir laryngien dans le fond de la gorge pour faire disparaître l’aphonie. Certes beaucoup plus nombreux sont les cas dans lesquels l’aphonie, avec une tenacité extrême, résiste à tout traitement, mais dans ces cas-là, il faut penser à une contracture des muscles antagonistes.
Quant à l’étiologie de l’aphonie chez notre malade, il est évident que cette aphonie, bien qu’elle eût pour cause occasionnelle le «coup de froid » dont parlait la malade, n’était en somme qu’une manifestation tardive d’une
Li aie. Lin. : : ds" tbe bé à: LL M RS VU
hystérie, dont le début remontait à un choc moral éprouvé sept ans auparavant. Cette hystérie avait déjà, antérieurement à l'apparition de l'aphonie, présenté bien d’autres manifestations, telles que des cauchemars fréquents, dysmènorrhée avec crachements de sang, etc.
OBSERVATION Ne VIII Aphonie chez une hystérique
Mie Amélie Jouvain, agée de 25 ans, vient à la clinique de M. lo doctour Fauvel depuis quelques mois.
Elle à depuis quatre ans un enrouement qui la fatigue et l'irrite au plus haut degré. Elle à eu, il y à quatre ans, une affection pulmonaire que je ne puis dénommer, ne la connaissant pas, et ses renseignements sont trop peu précis. Elle croit que c'est à la suite de cette affection mal déterminée, que son aphonie est survenue. Au commencement de l'hiver sa voix s'en va ; avec les beaux jours du printemps, elle revient un peu, mais faiblement, et ce n’est qu'avec les fortes chaleurs que son retour s'accentue davantage mais jamais entièrement. Elle a, elle aussi, toujours comme des crachats dans la gorge à expectorer, qui la fatiguent beaucoup, mais qui l’irritent davantage. Elle avoue d'ailleurs avoir un caractère très irritable et entrer dans des fureurs terribles mais involontaires à la moindre provocation des personnes qui l'entourent. Sans cela, dit-elle, j'ai périodiquement des attaques qui me prennent tout d’un coup et me font perdre connaissance. Quand je me relève, on me dit que je me suis débattue et je ressens dans la gorge une douleur atroce, comme si on m'étranglait, et qui me fait pleurer. Son larynx examiné au laryngoscope révèle des cordes d’une éclatante blancheur, tout ce qu'on peut y voir, c’est une décoloration notable de toutes les muqueuses laryngées et pharyngées, et un défaut de rapprochement des cordes au milieu. Elle est en traite-
LS t60 te
ment depuis le mois de janvier de cette année ; on lui a donné de l’iodure de potassium, appiiqué des vésicatoires, on l’a cautérisée, rien n’y fait ; seule l'électricité produit de bons résultats, et encore sont-ils très fugitifs. Au moment où les néophores sont appliqués sur son larynx,
la voix revient. (Ext. Thèse Lofite, page 53.)
/ OBSERVATION N° IX Aphonie chez une hystérique
Mre L,.., habitant Montauban, est âgée de 48 ans, sans profession, grande et assez forte, elle n’a jamais eu de maladies graves. Très nerveuse, très facile à émouvoir, dès son enfance, elle dit avoir eu des convulsions vers l’âge de 6 ou 7 ans.
Réglée à dix ans et demi, elle a eu à onze ans une hémorrhagie utérine considérable. Elle n’a jamais eu de laryngite, n’a jamais toussé ; elle ne craint pas le froid, respire avec plaisir l'air froid et vif et a toujours la gorge à découvert.
A l’âge de 20 ans, elle a éprouvé une première atteinte d’aphonie. Prise d’une violente frayeur à la suite d’un incendie dans sa maison, elle voulut crier au secours, et ne put parvenir à proférer aucun sop. Elle resta ainsi pendant plusieurs jours.
Deux ans plus tard, une vive contrariété lui fit perdre de nouveau la voix ; l’apparition de l’aphonie eut lieu brusquement, elle dura cinq semaines, persistant pendant et après les règles. Mariée quelque temps après, Mre L... eut sept enfants en moins de quinze ans. Quatre de ses enfants ont succombé à des convulsions ; les autres se portent bien. Depuis son mariage, elle eut de nombreuses atteintes d’aphonie, d’une durée moyenne de cinq à six semaines, quelquefois plus.
Pendant les différentes grossesses de Mre L..., son état nerveux était moins prononcé ; depuis deux ans la