OBSERVATION N° XX
Aphonie chez une Tuberculeuse
Mlle X.., aphone depuis deux mois et phtisique. était soignée par M. Martin-Damourette. Ce médecin put constater que l’aphonie affectait un caractère intermittent.
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Convaineu qu’il existait dans le larynx une altération insolite, M. Martin-Damourette pria M. Krishaber d’examiner au laryngoscope cette jeune malade. L'examen eut lieu et les deux médecins constatèrent une légère injection sur l’épiglotte. Le vestibule de la glotte, les ligaments aryténo-épiglottiques, les ligaments thyro-arythnoïdiens inférieurs, ou cordes vocales proprement dites, ainsi que le bord des ventricules de Morgagni, furent trouvés complète- J ment sains. En demandant à la malade d’émettre un son, les cordes vocales se rapprochèrent, mais le son n’eut pas lieu. Même phénomène de non vibration pour émettre un son, que dans l’observation précédente.
L'examen des poumons donna les signes d’une tuberculisation double très avancée. À peine huit jours furent-ils écoulés que la malade recouvra la voix, sans qu’un traitement spécial fut intervenu. Elle mourut deux mois après, avec les symptômes ordinaires de la phtisie, gardant sa voix intacte jusqu’au dernier jour.
Dans cette observation, il est certain que l’aphonie n’était point due à des ulcérations du larynx se rattachant à la phtisie. Son caractère d’intermittence. sa disparition sans
traitement, pour ne plus reparaître, l’établissent suffisamment.
(Extrait Thèse de Lagarde, 1865, page 24.)
OBSERVATION N° XXI Aphonie chez une Phtisique
Mademoiselle X..., âgée de 22 ans, offrant tous les symptômes de la phtisie pulmonaire depuis vingt-huit mois, recoit les soins de M. le Dr Martin Damourette.
La maladie affecte une marche ordinaire : les signes stéthoscopiques ne revèlent pas encore l’existence de cavernes, mais on constate des crépitations caractéristiques au sommet des deux poumons. La malade a assez bon appétit, elle n’est pas alitée; toux fréquente, expectoration
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peu abondante, pas d’hémoptysie, la voix est normale, le pouls varie entre 85 et 95.
C’est dans ces conditions que survient en peu de jours une aphonie complète.
M. Martin-Damourette me confia l’examen laryngoscopique de la malade.
Je constatai l'intégrité complète de toutes les parties du larynx : les cordes vocales se rapprochaient normalement, mais le son n’eût pas lieu. Je conclus alors à la paralysie du moteur du laryngé supérieur. M. Martin-Damourette après avoir constaté comme moi et avec moi l’état du larynx, a continué de diriger le traitement de sa malade, qui, après huit jours recouvrait la voix. Elle ne. la conserva pas longtemps parce que la mort l’enleva assez rapidement après cette guérison, mais elle la garda intacte jusqu’au dernier
moment.
(Thèse Lafitte, page 27.)
OBSERVATION Ne XXII Aphonie nerveuse chez une phtisique
Mademoiselle Amélie A.., âgée de 28 ans, entre au service de M. Millard, à l’hôpital Saint-Antoine, avec une aphonie complète. Elle a eu des hémoptysies violentes, il y a cinq mois, et a perdu la voix à la même époque. Elle tousse un peu mais ne crache pas. Elle a maigri pas mal ; le pouls au moment de l’examen est à 86. Les fonctions digestives sont assez bonnes, pas de sueurs nocturnes. Les forces ont sensiblement diminué. L’auscultation ne permet de constater aucun signe morbide. La percussion ne donne pas plus de résultats que l'examen stéthoscopique.
Dans l’hésitation d’un diagnostic définitif, M. Millard me fit l'honneur de me demander l’examen laryngoscopique de la malade.
Je constatai l'intégrité absolue des cordes vocales et de toutes les autres parties du larynx. La muqueuse était un peu décolorée. Les cordes vocales inférieures se rappro-