SCENE IL
— Une salle à manger dans le palais Varèse ; Torchères sur les murs, tendus de cuir doré.
Les convives sont gais et causent à leur aise ; L'un est en habit vert avec boulon nacré ; L'autre en couleur pensée et culotte vermeille ; Le troisième est en jaune et la veste pareille ; La quatrième, enfin, en damas noir moiré.
Deux dames, brune et blonde, également jolies, Aux cris de ces messieurs mêlent leurs reparties ; L'une est en satin blanc et l'autre en gris cendré, Avec point de Venise et des fleurs assorties.
La Dame en gris.
Vous fûtes amoureux, mon oncle? tout de bon?
L'Homme en jaune.
Tu ne veux voir en moi, mon enfant, qu'un barbon ! Mais les nombreux étés que je compte à cette heure Ne font pas qu'autrefois les belles, ou je meure , Ne m'aient pas avoué pour très-joli garçon !
Dès lors, ne cherchant pas beaucoup à me défendre. J'ai dû souvent aimer de la bonne façon.
La Dame en gris.
Vous n'avez rien aimé, mon oncle, qu'un canon ! Ne vous fatiguez pas à ces airs de Clitandre ; Rien ne vous va plus mal !
L'Homme en vert.
Te voilà bien battu , Marquis; mais, cependant, convenez-en, mesdames, Prétendre qu'à votre âge, ayant d'ailleurs les âmes Que toutes deux avez, vives dans leur vertu.
Pleines de feux, avec l'esprit qui vous possède. Il n'est pas des moments où vous criez à l'aide, C'est par trop affirmer!... Hein! Jules, qu'en dis-tu ?
Les deux Dames.
Impertinent !