Par exemple, le tympan de Conques
15. J. Clédat : Le monastère et la nécropole de Baouît, Le Caire, 1904, pl. xL- XLIV. t
La surface peinte du doubleau est divisée en huit parties. L'effet de cette disposition est très heureux comme encadrement de la composition centrale. Les quatre compartiments supérieurs contiennent chacun trois anges qui, en se penchant, cueillent les fleurs dont est parsemé le sol. Dans les quatre compartiments inférieurs, dont l’un est entièrement détruit, figuraient les douze apôtres assis sur des sièges circulaires. Le compartiment le plus bas du côté nord possède seul un encadrement architectural, une simple arcade soutenue par deux pilastres. Une disposition pareille peut avoir existé sur le côté opposé, où la fresque a complètement disparu. La répétition de la même image des trois anges et des trois apôtres nous fait entrevoir chez l’artiste du porche le principe de l’opposition des couleurs et de l’alternance des tons clairs et foncés. Le fond est composé, dans tous les compartiments, de la manière suivante : en bas le sol est jaune et parsemé de fleurettes dans les scènes des anges ; une bande de rayures brunes et blanches est ajoutée à la partie supérieure du sol; et, plus haut, s’étend une vaste zone unie peinte alternativement en blanc ou en vert pâle *.
La composition du tympan forme un ensemble avec la fresque du doubleau. Cette partie du porche montre des traces de remaniement dans l’architecture !’; le porche qui datait de la première moitié du XI° siècle avait, à l’origine, une porte orientale surmontée d’une archivolte sans tvmpan; dans la seconde moitié du XI° siècle, quand le porche à été voûté en berceau, le tympan et l’arc-doubleau ont été ajoutés; mais le tracé de l’arcade primitive faisant une légère saillie sur la surface du tympan, est resté visible, et l'artiste en à tiré un bon parti; elle est décorée d’un motif de faux marbre encadrant la composition centrale dy tympan. Entre cette bande de faux marbre et l’arc-doubleau, deux triangles effilés contiennent chacun l’image d’un ange. Celui de gauche courbe le dos et fait le geste de l’adoration; il est vêtu
16. Voir le tableau de la fin de cet ouvrage pour les couleurs des différents personnages du doubleau.