De Longuemar, ibid., p
12, Par exemple, le manuscrit grec n° 7h de la Bibliothèque nationale, Ja mosaïque de Torcello, la fresque de Lavra.
est représenté de la manière suivante !* : une foule de saints se presse devant la porte du Paradis. Derrière la porte, le Paradis est représenté sur deux registres; en haut, la Vierge assise sur un trône, bénissant de la main droite, est escortée de deux anges et attend la foule; en bas les trois patriarches tiennent les âmes sur leurs genoux. Ce thème byzantin n’est pas inconnu en France à l’époque romane *. Si l’on supprime la représentation des trois patriarches, la composition byzantine du Paradis devient très proche de celle de Saint-Savin. L'artiste poitevin, ayant supprimé le cadre architectural qui sépare la Vierge de la foule, aurait peint, derrière la Vierge, un grand demi-cercle pour signifier qu’elle est dans le ciel avec les anges.
Ainsi cette scène diffère de la représentation courante de la Vierge entourée des apôtres ou de saints, telle que nous la voyons à Lavaudieu ou dans une chapelle de Baouît ©. Bref, la scène de Saint-Savin représenterait la Jérusalem nouvelle suivant le texte de saint Jean, et en même temps la scène du Paradis où la Vierge reçoit les'élus.
Si l'interprétation que nous proposons est juste et si c’est bien le Paradis qui est représenté dans cette scène en même temps que la Jérusalem nouvelle, la composition d’en face, aujourd’hui détruite, pourrait bien avoir été une scène tirée également de l’Apocalypse, mais qui évoquerait en même temps l'horreur de l'Enfer, telle que celle de l’enchaînement de Satan (xx, 1-3) ou l'étang de feu (xx, 9-10).
Enfin sur le tympan qui surmonte l'entrée de la nef, Jésus- Christ, assis sur le trône, apparaît en majesté dans une auréole; il est accompagné des anges qui portent les instruments de la Passion. Sur le doubleau qui encadre le tympan sont représentés les douze apôtres et les douze anges (PI. I, V, VD.
13. Ch. Diehl : Manuel d’art byzantin, Paris, 1926, tome Il, fig. 421.