‹ L'ApocalypseChapitre 134 sur 239 · EXC. VI. -— PERGAME ET L'ÉGLISE DE PERGAME · texte numérisé non relu

EXC. VI. -— PERGAME ET L'ÉGLISE DE PERGAME

Pergame, aujourd’hui Bergama, localité de peu d'importance, était alors une ville orgueilleuse et splendide, aussi fameuse par sa puissance politique que par ses œuvres d'art, sa richesse industrielle due à la fabrication du parchemin, sa renommée religieuse et son influence pour la propagation de la culture hellénique. Son site même, le roc de plus de 300”, contrefort de la chaîne de l’Hermos, d’où elle dominait la plaine assez basse du Caïcus, eût suffi à lui imprimer un caractère de force et de majesté royale. Cette « cité de l'autorité » comme l'appelle Ramsay, dont la haute fortune datait de l’an 282 {où elle devint capitale du royaume des Attalides), possédait une certaine hégémonie sur toute la province : ἔχει δέ τινα ἡγεμονίαν, dit Sirabon χαπι, 4; des savants comme Ramsay (οἷν. Chapot, La Province romaine proconsulaire d'Asie 1904) veulent même qu’elle ait été, plutôt qu'Éphèse, le siège du proconsul romain. Quoi qu'il en soit, elle avait une grande importance dans le gouvernement, car c’est là que fut élevé le premier temple du culte impérial provincial, dès l'an 29 av. J.-C. ; sous Auguste, les monnaies de Pergame portent l'inscription @EON CYNKAH- TON, OEAN POMHN, OEON CEBACTON: un second et un troisième furent consacrés en l’honneur de Trajan et de Septime-Sévère. Les quétre grandes divinités poliades étaient Zeus Soter, Athena Nicéphore, Asklepios Soter et Dionysos Kathegemon. Les pèlerinages des malades au sanctuaire d’Asklepios,

(où se pratiquait l’incubation et se faisaient des guérisons censées miraculeuses), les Mystères de Dionysos avec la confrérie des Βούκολοι, surtout le colossal autel en plein air de Zeus avec sa Gigantomachie, frise grandiose où les Grecs avaient éternisé le souvenir glorieux de leur résistance à l'invasion celtique du mr° siècle, et qui, sans être placé au point culminant de la cité royale, dominait pourtant d’une haute terrasse presque tout le panorama, tout cela lui assurait une splendeur religieuse incomparable. Ces divers cultes étaient alliés et plus ou moins fondus entre eux, et s’arrangeaient fort bien avec celui des Césars. Le prêtre de Zeus Soter était aussi « prêtre du divin Auguste ». Dionysos-taureau fraternisait avec Asklepios-serpent; les mystères phrygiens déclaraient que « le taureau est père du serpent, et le serpent père du taureau ». Et tout cela faisait bien de Pergame « le trône de Satan », car nulle part le paganisme n'’étalait plus orgueilleusement sa force. Surtout la situation de l’autel de Zeus, visible de très loin du fond de la plaine, a pu amener cette métaphore (Deïssmann, L. O.?, p. 210), en même temps que l'emblème d’Asklépios, pareil au Dragon, au Serpent de la Genèse, et aussi le mysticisme païen de la religion dionysiaque (« Deuxième Bête » de l'Apoc. xm), et l’antiquité du culte impérial (« Première Bête »). Déjà les rois Attalides s’y étaient fait adorer, et on ἃ retrouvé un temple ionique où devait être célébré leur culte. C'était la synthèse de Satan, de l’Antéchrist; aussi semble-t-il que ce soit là que commencèrent les persécutions en Asie or À Re dns et Hepding ont exploré les ruines de cette grandeur.

Dans la lettre, le glaive du Christ, pouvoir spirituel de la parole divine, est l'emblème de l'autorité absolue du vrai Seigneur, du droit de vie et de mort éternelles, opposé au « jus gladii » de César et de son proconsul, en même temps qu’à la victoire profane célébrée par la Gigantomachie. Les Nicolaïtes, où nous voyons plus que des laxistes pratiques, pouvaient céder à la tentation de pactiser avec Asklépios ou Dionysos; pour essayer de dissimuler leur crainte du glaive temporel, ils auraient couvert leurs erreurs d’une teinte mystique de syncrétisme doctrinal, et affiché des prétentions prophétiques qui expliqueraient l’allusion à Balaam. Le Christ les menace du glaive bien plus dangereux de sa parole qui excommunie ou damne pour l'éternité. Quant aux fidèles qui résistent à la tentation, la « manne » opposée aux mets sacrés des mystères et des banquets païens (auxquels les laxistes s’asseyaient sans doute comme à Corinthe 1 Cor. x, 20-21) entretiendra en eux la vie divine par les vertus secrètes de l’Eucharistie, et transformera de plus en plus leur nature, ce qu'exprime le nom nouveau. Toutes ces images étaient fort intelligibles, non seulement pour un Juif, mais pour un païen mystique du τ᾽" siècle. On peut du reste rappeler qu'Ælius Aristide (Hymne à Asklépios, fin) à Pergame même, au n°siècle, dit avoir reçu d'Esculape, dans une incubation, le nom nouveau de « Theodoros », avec un objet symbolique, un σύνθεμα, dont la vue l’encourageait dans les circonstances difficiles (Ramsay, Letters, p. 313). Si c'était là un fait courant, familier aux miraculés du dieu, on admirerait encore plus l'appropriation de la prophétie aux habitudes d'esprit des Pergaméniens (Ramsay, Letters, ch. xxi-xxr1; SWETE, Apoc. p. Ixïi).

ue. 1 + VÉCUT er ΤΥ MEN UAT IE LT ie 1 la ue DAT νυ ΠΝ NU ANV. TR T22 LR En RL δ CR pe PU ἢ ἍΝ QT ARS TEE Ἐν S Lo Fr TN, AA À, TT re νὰ cs NL TC ER PALAIS L + en É Pre | , re) MAMA MAR EEN | D FR ANT ER

FANS εὐ Ὁ γ᾿ à - 0

D. Lettre à Thyatire

” “ / ki. Li εἰ C. x. 18. Kai τῷ ἀγγέλῳ "τῆς ἐν Θυατείροις vie γράψον" Τάδε λέγει ὁ υἱὸς τοῦ θεοῦ, ὁ ἔχων τοὺς ὀφθαλμοὺς "αὐτοῦ ὡς pre πυρός, KA

el

Ἀοὶ πόδες αὐτοῦ ὅμοιοι χαλχολιθάνῳ᾽ 19. Οἶδα σου τὰ ἔργα nai τὴν ἀγάπην χαὶ τὴν

τῶν πρώτων. 20. ᾿Αλλὰ ἔχω χατὰ σοῦ ὅτι ᾿ἀφεῖς τὴν ᾿γυναῖχα ᾿Ιεζαθέλ, "ἡ λέγουσα À * SA \ * À

ἑαυτὴν προφῆτιν ᾿χαὶ διδάσχει nai πλανᾷ τοὺς ᾿ἐμοὺς δούλους πορνεῦσαι χαὶ φαγεῖν

ἰδωλόθυτα᾽ 21. χαὶ ἔδωχα αὐτῇ γρόνον ἵ ; à OU DER 2

εἰδωλόθυτα᾽ 21. χαὶ ἔδωχα αὐτῇ χρόνον ἵνα μετανοήσῃ, nat où θέλει μετανοῆσαι ἐχ

= TS ὦν \ x

À ἐν ” ! , k k ; se

αὑτῆς εἰς θλῖψιν μεγάλην, ἐὰν μὴ ᾿“μετανοήσουσιν ἐχ τῶν ἔργων ᾿αὐτῆς. 28. Kat τὰ

A. Β. 18. τῷ pour τῆς dans Δ, qui omet de plus ἐχχλησίας; τῆς omis dans C. On ἃ pu se demander, d'après cette leçon de À, si le texte primitif ne portait pas, dans les sept lettres, seulement τῷ ἐν... et si ἐχχλησίας, avec ou sans l’article, n’est pas un mot explicatif surajouté. Corrections : φλόξ pour φλόγα (N, al.); omission de αὐτοῦ, pléonasme qui sent l’hébraïsme (A, al, g, oulo., syr., Prim.); τοὺς πόδας éuotous pour of πόδες (Av 31- Scr. 466-598) v. Inrron., Ch. x, ὃ IT). — Cfr. 1, 14, 15).

G. 18. Thyatire était une ville commerçante, avec de nombreuses guildes d'artisans; on fabriquait le χαλκολίδανος près de Sardes, et Thyatire est dans la même région (Exc. vu). « Fils de Dieu » ne se rencontre littéralement qu'ici dans toute l’Apocalypse; mais l’idée est impliquée 1, 6; n, 28; ΠΙ, 5, 21; χιν, 1. Les « yeux de feu » percent les ténèbres où veut se cacher la Jézabel, ils pénètrent les « profondeurs de Satan »; les « pieds d’airain » sont prêts à écraser tout péché (Joh. Weiss. al.).

B. C. 19. διαχονία, οἷν. Rom. xv, 25, 31; I Cor. xvi, 15; II Cor. vin, 4; 1x, 1; Heb. νι, 10; mot paulinien. Ces passages en déterminent le sens; πίστις, ici, d après le contexte, signifie plutôt fidélité. L’éloge est juste l'inverse du bläme à Éphèse.

-....... A. B. 20. ἀφῆκας pour ἀφεῖς, correction d'André; cet ἀφ-έτω ou ἀφιέω pour ἀφίημι répond à la tendance hellénistique à laisser tomber les verbes en -μι (Inrron., ch. x, SIT, et Moulton-Milligan, à ce mot; cfr. x1, 9 : ἀφίουσιν) — σου est ajouté après γυναῖχα : « ta femme Jézabel.», À, Orig., « 503-156-616, al, rec. K; ce mot est douteux pour W-H; Hort, dans son commentaire, y voit une interpolation; Tisch., Nestle, Swete, Bousset, Soden le rejettent délibérément; au contraire, Zahn le juge « indubitablement authentique » et Joh. Weiss; « introuvable », donc vrai. Mais Bousset avance plus justement que ὁ ‘est un σου outé par la distraction d'un scribe aux nombreux σου du passage. — ἣ λέγουσα, anacoluthe très irrégulière, mais d'un genre fréquent dans l'Apocalypse (Ixrro»., ch. x, ὃ ΠῚ, a été corrigé en à λέγει (rec. K, Ὁ, al. And., ou τὴν λέγουσαν, Ncorr, P, al. Winer veut lire ἥ, λέγουσα … χαὶ πλανᾷ, « celle qui, se ἀϊνάψι es : égare aussi », tournure qui ne se rencontre pas ailleurs dans notre livre. Boussel ne juge pas impossible que n soit un relatif, la copule demeurant sous-entendue, mais il préfère l’anacoluthe; et nous aussi — Remarquer le passage du participe au verbe fini àdéoxe (Inrron., ch. x, ὃ II). — « Jézabel », voir Reg. 1 et u. — Le PS ἐμούς ne se trouve qu'ici dans le livre (Ixrrop., ch. x, 8 ἢ),

. 20. « Jézabel » est évidemment un nom symbolique; nous pensons qu'il s'agit encore des erreurs nicolaïtes; n’y aurait-il pas eu pourtant une personnalité concrète, une femme, dont l’action fortifiait ce parti et cette tendance? Mais, comme cette femme appartient évidemment à l’Église, elle ne saurait s'identifier, contre Schürer (Theologische Abhandlungen, dédiées à Weïizsäcker, 1892; idem Holizmann), à la prêtresse du

C. 11. 18. Et à l’Ange de l’Église [qui est] à Thyatire, écris : . « Voici ce que dit le Fils de Dieu, [celui] qui a ses yeux comme une flamme de feu; et ses pieds semblables à de l’ (Ὁ) airain : 19. « Je connais tes œuvres et ta charité et ta foi et ton service, et ta patience, et tes dernières œuvres plus nombreuses que les premières, 20. Mais j'ai contre toi que tu laisses faire la femme Jézabel — celle qui se dit prophétesse et [quil enseigne, et égare mes serviteurs, [jusqu’à] forniquer et à manger des idolothytes. 21. Et je lui ai donné du temps pour qu’elle se convertisse, et elle ne veut pas se convertir de sa fornication. 22. Voiei que je la jette sur un lit; et ceux qui commettent l’adultère avec elle, en grande tribulation, s'ils ne se convertissent de ses œuvres. 23. Et ses enfants, je les ferai périr

sanctuaire de la Sibylle chaldéenne, le « Sambatheion » érigé à Thyatire (v. Prologue des Sibyll., Pausanias, Périègèse, x, 12, Justin, Cohortatio ad Graecos, 37: C. I. 6.

3509). Comme le pronom σου n'a aucune garantie d'authenticité, il n'y a pas lieu de

supposer que ce soit l'épouse de l’évêque (Ange) de Thyatire, ni l'épouse, symbolique

ou non, de l’ « Ange » assimilé à Achab à cause de sa faiblesse (contre Grotius, Zahn,

J. Weiss). Ce doit être, ou un pur symbole comme Balaam (Calmes, avec quelque hési-

tation, après Orig., et And.), ou une fausse prophétesse inconnue, qui florissait dans

cette ville où il y eut plus tard des prophétesses montanistes (Bousset); peut-être une femme nicolaïte aurait-elle voulu rivaliser avec la Sibylle (Swete).

A. GC. 21. L'aoriste ἔδωχα, qui n’a pas la valeur d’un parfait, montre que cette

femme ou ce parti a déjà été l'objet d’une réprimande publique (Bousset), peut-être

infligée par Jean lui-même. La « fornication » et l’ « adultère » peuvent non seulement être des figures pour la connivence avec l’idolâtrie, mais aussi signifier une doctrine morale laxiste appuyée de prétendues révélations, et faire allusion aux désordres qui eussent accompagné la participation des Nicolaïtes aux banquets païens des associations ouvrières. |

—— À. 6. 22. μετανοήσωσιν (C, P, Q, minuscules) pour -σουσιν (N, A) Intron., ch. x, ὃ II; — αὐτῶν pour αὐτῆς A, al, afr., syr., semble une correction; si αὐτῆς est la vraie leçon, Jézabel serait donc plutôt une collectivité personnifiée. Jésus la menace de la « jeter au lit », sur le lit de maladie, contraste sarcastique avec le lit de l’adultère ou le triclinium des repas sacrés. Mais cette maladie elle-même est une figure, et s'identifie avec l'ensemble des calamités signifiées par θλίψις μεγάλη, terme presque technique dans l'Apocalypse. « Ceux qui font l’adultère avec elle » sont tous ceux qui partagent la fausse doctrine, plutôt que des amants au sens littéral de cette

Jézabel; il n’y ἃ aucune raison de les distinguer des τέκνα du verset suivant.

A. B. α. 23. ἐν θανάτῳ; ἐν instrumental, et pléonasme qui sent encore l’hébraïsme, quoiqu'il ne soit pas tout à fait impossible en grec; θάνατος, en effet, contre Hort, signifie ici « mort » et non « peste » comme vi, 8; car les « enfants », où disciples, — les mêmes, à un autre point de vue, que les amants de 22, contre Bousset et

Swete, — sont appelés ainsi à cause de l’usage symbolique du nom de Jézabel, dont les fils furent égorgés par Jéhu (II Reg. x, 7). Ainsi Dieu fera sur eux un exemple pour toutes les églises, ce qui fait supposer que Thyatire avait donné un grand scandale — ἐραυνῶν, leçon de C, et A, à la place du régulier ἐρευνῶν, est une forme alexdieie attestée dans les papyrus depuis le re siècle de notre ère (Moulton, p. 67; Blass- Deb., p. 19); elle se retrouve Jo. v, 39 et vir, 52 dans N et B, mais n’est pas admise de Soden; mot johannique et paulinien. Même image Ps. vi, 10 (LXX): Ex, 427,

Jér. xvir, 10:

τέχνα αὐτὴς ἀποχτενῶ "ἐν "θανάτῳ ua γνώσονται πᾶσαι af ἐκχλησίαι ὅτι ἔγὠώ εἰμι ὁ "ἐραυνῶν νέφρους καὶ χαρδίας, καὶ δώσω ὑμῖν ἑχάστῳ χατὰ τὰ ἔργα ὑμῶν. 24. Ὑμῖν δὲ λέγω τοῖς λοιποὶς τοῖς ἐν Θυατείροις, ὅσοι οὐχ ἔχουσιν τὴν διδαχὴν ταύτην, οἵτινες οὗχ ἔγνωσαν τὰ "βαθέα τοῦ σατανᾶ, ὡς "λέγουσιν᾽ Οὐ βάλλω ἐφ᾽ ὑμᾶς ἄλλο βάρος. 95. Πλέν, ὃ ἔχετε χρατήσατε ἄχρι οὗ ἂν ἥξω. 26. Kai "ὃ νικῶν χαὶ ὃ "τηρῶν ἄχρι

κὲν ῥάῤδῳ σιδηρᾷ, ὡς τὰ σχαύη τὰ χεραμιχὰ συντρίόεται, 28 ὡς χἀγὼ εἴχηφα παρὰ ι y 2 « « CO « ε2

τοῦ πατρός pou, χαὶ δώσω αὐτῷ τὸν ἀστέρα τὸν πρωϊνόν. 29. © ἔχων οὖς ἀχουσάτω

.......... A. Β. C. 24. βαθέα, sans contraction (Ixrrop., ch. x, ὃ II) dans les plus anciens témoins, sauf N; — ὡς λέγουσιν : nous y voyons un pluriel impersonnel, comme ailleurs dans lApoc. (Inrror., ch. x, $ II), plutôt que de supposer avec Hort que les délinquants désignaient ainsi eux-mêmes quelque doctrine secrète du genre ophitique ; il s'agit peut-être simplement des cérémonies païennes (cfr. Bousset et Swete). — Quant

ἃ... ἄλλο βάρος, je suis porté à croire avec Hort qu'il n’y a là qu'une coïncidence acciden-

telle d'expression avec Act. xv, 28, quoique, saint Jean ayant pris part au concile de Jérusalem, le sujet des idolothytes eût pu lui rappeler cette formule du décret apos-

tolique.

G. 25. Ὁ ἔχετε κρατήσατε (Cfr. 111, 11, κρατεῖ ὅ ἔχεις) se rapporte aux œuvres louées au commencement de la lettre, plutôt qu'aux clausules du décret apostolique (Swete, contre de nombreux exégètes). Jésus, d’après André, ne demande pas de réfuter ces laxistes doctrinaires par des discours, mais seulement de tenir ferme. Luimême « viendra » bientôt, pour les réfuter par le fait du châtiment, de la θλίψις où ils succomberont avec le monde profane.

—— A. B. C. 26. Ὃ νιχῶν, « nominatif pendant » (Inr., ὁ. x, ὃ IT); — τηρῶν, mot johannique, — δώσω... ἐξ. ἐπὶ τῶν ἐθν., cfr. Ps. 11, 8. Τ᾽ « autorité sur les peuples » est le triomphe des croyants dans le règne messianique, et au jugement; impossible d'y voir avec Calmes, qui pense au décret de J érusalem, lidée que « les Judéo-chrétiens auront le pas sur les chrétiens issus de la gentilité » ; pareïlle conception est absolument étrangère à Jean. — Remarquer le changement d'ordre entre νιχῶν et πνεῦμα, jusqu’à la fin des Lettres; l'auteur ἃ divisé intentionnellement ce septénaire, en 3 L 4, comme ceux qui suivront en # + 3 (Bousset, v. INtTron., ch. vi).

A. B. C. 27. αὐτούς, accord ad sensum; ἐν instrumental. — cfr. Ps, τι, 9. —

Si l'on se rappelle que les ἔθνη désignent les Gentils irréductibles, les peuples ennemis

de Dieu, en d’autres termes la Cité de Satan, on verra ici le triomphe spirituel de l'Église, qui se consommera à Îa Parousie, et non pas une « vengeance sanglante », comme prétend Renan, Joh. Weiss et tous ceux qui veulent voir dans cette fin de lettre un esprit judaïque qui serait en parfaite contradiction avec celui qui inspire l’ensemble du livre.

——— À, B. GC. 28. εἴληφα est un parfait employé dans son sens le plus propre; le Christ règne déjà comme Messie, et pour toujours. — « Je lui donnerai l'étoile du matin » s'explique adéquatement par ΧΧΊΙ, 16, où Jésus dit : ἐγώ eur... ὃ ἀστὴρ 6 λαμπρὸς ὃ πρωΐνός. Il s’agit donc de la possession du Christ lui-même, ailleurs promise sous la forme de l'arbre de vie, de la manne, etc. « Christus est stella matutina, qui nocte sæculi transacta lucem vitæ sanctis promittit et pandet æternam » (Bède; id. Beatus), et c'est par la participation à cette lumière que les églises sont des λυχνίαι, et leurs Anges des ἀστέρες; l’astre du matin les illumine progressivement, en attendant le soleil de la Parousie (Swete). L'image entraînant celle du crépuscule se réfère évidemment à

MAR US ΤΟ 0) ΡΑ A NAME ΔΎ ΡΝ hit, νὴ δ ὺ PA . ὃ ἣ Ὧ ur +R AN © Ἷ

par la mort; et [elles] sauront, toutes les églises, que moi, je suis celui qui sonde reins et cœurs, et je vous donnerai à vous, à chacun, selon vos œuvres. 24%. Mais à vous je dis, à ceux qui restent dans Thyatire, [à] tous ceux qui n'ont pas cette doctrine, [ἃ] quiconque n’a pas connu les « profondeurs de Satan », comme on dit : Je ne jette pas sur vous d'autre fardeau. 25. Seulement, ce que vous avez, tenez-y, jusqu'à ce que je vienne. 26. Εἴ le Victorieux, et celui qui observe jusqu à la fin mes œuvres, je lui donnerai autorité sur les nations; 27. Et il les paitra avec une verge de fer, comme on brise les vases d'argile ; 28 comme moi aussi j'ai reçu de mon père. Et je lui donnerai l'Étoile du matin. 29. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l'Esprit dit aux églises.

la vie spirituelle présente, où déjà le fidèle possède le Christ, suivant une doctrine chère à saint Jean, qui en remplit son Évangile et ses épîtres : « Celui qui a le Fils a la vie éternelle » 1 Jo. v, 12, cfr. π, 22. On peut en rapprocher IF Petlrt9% «ἔχομεν... τὸν ΡΣ ΠΝ λόγον, ᾧ καλῶς ποιεῖτε προσέχοντες ὡς λύχνῳ φαίνοντι ἐν αὐχμηρῷ τόπῳ, se οὗ ἡμέρα διαυγάσῃ. nai φωσφόρος ἀνατείλῃ ἐν ταῖς χαρδίαις ὑμῶν; And. ἃ remarqué le pr de même Origène, sch. ΧΥΠῚ : πρωϊνὸς ἀστήρ᾽ φῶς ὧν ἐνεργοῦν πρὸ ἀνατόλης τοῦ τῆς δικαιοσύνης ἡλίου, Touré χαταλάμπονται οἱ ἀληθῶς δυνάμενοι φάναι" ἣ νὺξ προέκοψεν, ἣ δὲ ἡμέρα ἤγγικεν (Rom. ΟΧΠῚ, 12), καί ἐξεγερθήσομαι ὄρθρου (Ps. Lvr, 9). Aussi peut-on entendre cette figure, secon- * dairement, de la « première résurrection », avec Vict., (mais sans chiliasme) et de la . magnificence céleste des croyants, avec Düst. et Holtz. Maïs avant tout il s’agit du don du Christ en personne, idée si éminemment johannique. Les exégètes modernes, souvent par manque de pénétration de la doctrine, se sont fait ici des embarras pour rien, comme Bousset, qui prétend que cette étoile ne saurait être le Christ, malgré xxn, 46 — qui est bien pourtant du même auteur, tous à peu près le concèdent, — parce que . c'est le Christ qui la donne. And. et ans ont pensé à la puissance sur le démon . (Lucifer); mais le premier a proposé une interprétation meilleure (vid. supra); Boll à (p. 48-50), égaré par de lointains parallèles païens, pense à la promesse d’une puis- - sance magique, qui permettra, par des comjurattons, de mettre au service du Victorieux la planète Vénus. Il est évident que cela n’a rien à faire avec notre Apocalypse. Il ne s’agit du reste pas en premier lieu de puissance ni de royauté, comme voudrait Æort, ou Fabre (R. B. av. 1910, art. laud.) qui rappelle les vertus guerrières de l'étoile du matin chez les Assyriens et les Arabes. C’est une image tirée de l’observation de la nature, pour laquelle il est tout à fait superflu de recourir à la mythologie ou au folk-lore. Ajoutons qu’elle est une des plus poétiques, des plus pénétrantes, des plus spécifiquement chrétiennes de toute l’Apocalypse, et des plus claires aussi, bien que Calmes et Joh. Weiss disent que le sens leur en échappe.

Page 1