‹ L'ApocalypseChapitre 133 sur 239 · C. π. 12. Et à l’Ange de l'église qui est à Pergame, écris · texte numérisé non relu

C. π. 12. Et à l’Ange de l'église qui est à Pergame, écris

« Voici ce que dit Celui qui a l’épée, l’[épée] à deux tranchants, l’[épée] aiguë : 13. Je connais où tu habites, [là même] où [est] le trône de Satan. Et tu tiens [ferme à] mon nom, et tu n’as pas renié ma foi, même aux jours d’Antipas, mon témoin, mon fidèle, qui a été tué chez vous, où Satan habite. 44. Mais j'ai contre toi quelque chose :.[c’est] que tu [en] as là qui tiennent la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à jeter un scandale en face des fils d'Israël, [pour leur faire] manger des idolothytes et forniquer. 15. Ainsi tu [en] as, toi aussi, qui tiennent la doctrine des Nicolaïtes de même manière. 16. Convertis-toi donc; sinon, je viens à toi promptement, et je guerroirai avec eux par l’épée de ma bouche. 17. Celui qui ἃ des oreilles, qu'il entende ce que l'Esprit dit aux Églises : Au Victorieux je lui donnerai de la Manne qui est cachée, et je lui donnerai une petite pierre blanche, et sur la petite pierre un nom nouveau écrit, que ἔπ θμμο ne connait sinon celui qui[le] reçoit. »

voyons, avec Holtzmann et la plupart, les mêmes que les Nicolaïtes de 11, 6, (Exc. x). Leur « fornication » n’est peut-être que la connivence avec l'idolâtrie; mais il est également possible de la prendre au sens propre, car les fêtes religieuses de Pergame, auxquelles ils prenaient part, n'étaient pas sans entrainer des désordres moraux (Swete). Joh. Weiss, avec sa théorie préconçue, veut attribuer le v. 15 au rédacteur.

A. B. 16-17. Οὖν, si rare dans l’Apoc., est omis N, al., g, vulge., syr, Prim. — Ἔρχομαί σοι, dativus incommodi — αὐτῷ de 17 (pléonasme, Ixrron. x, ὃ II) omis Ν.

— νιχοῦντι dans A; C. — τοῦ μάννα, partitif, est de très bon grec; pourtant on lit ἀπὸ ποῦ μαννά P, And, syrdDieu, qrm, δ, Tyc. — « Manne » οἷν. Joh. vi, surtout 31-32, &9-suiv. — « Manne cachée », οἷν. II Macc. τι, 4, et plutôt Exode xvr, 23. — « Nom

nouveau » οἷν. 78. Lxu1, 2; υχν, 15; Apoc. πι, 12 et χιχ, 12. Cette « manne », nourriture du paradis, est mentionnée plus d’une fois, dans les Apocryphes; ainsi III S:b. vers 86 (proœmium tardif) : « le doux pain du ciel étoilé »; Vita Adami et Evae, 14, « la nourriture des Anges », d’après Ps. Lxxvin, 25; de même le « nom nouveau » ou secret, Hén. éth. 1xix (nom du « Fils de l'Homme »); Asc. 78. Vi, 87 πῆ 8 (nom du « Bien-Aimé »); et ailleurs.

C. 16-17. Peut-être l’allusion à Balaam et à la génération du désert a-t-elle amené ici l’allusion à la « manne » (Joh. Weiss). La plupart des commentateurs, pour expliquer l’épithète de « cachée », pensent à IT Macc. τι, 4, d'après lequel l'arche, contenant la manne, eût été cachée sur le mont Pisgah, ainsi qu’à la légende juive prédisant qu’elle serait retrouvée au temps du royaume messianique (voir Comm. de x1, 19, énfra; Baruch syr. xxix, 8; Sib. vu, vers 148-suiv., passages rabbiniques réunis dans Wetistein, sur cette légende). Nous préférons, avec Hort et Swete, voir ici une simple allusion au vase plein de manne contenu dans l'arche Æx. xvi, 28. Quant au sens de Jean, il se réfère clairement à la nourriture spirituelle qu'est l’'Eucharistie (Orig., sch. χιν, Prim., Bède, Denys etc.) André dit très justement : μαννὰ δὲ xexpuuuévov, ὁ ἄρτος τῆς ζωῆς ὃ οὐράνιος, οὐράνοθεν δι᾽ ἣμᾶς κατελθών, καὶ βρώσιμος γενόμενος" τροπιχῶς δὲ χαὶ τὰ μέλλοντα ἀγαθά; ainsi c'est l'Eucharistie dans le temps, gage et figure (τροπικῶς) des biens de la vie future; Vict. : l'immortalité. Ce mets céleste s'oppose aux viandes sacrifiées aux idoles (Aréthas : τῷ νικῶντι δοθῆναι φαγεῖν τοῦ μαννὰ ἀντὶ τῆς ἀκαθάρτου βρώσεως ὑπέσχετο; Hort, Bousset, al.). Seul le Vainqueur peut expérimenter

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complètement le goût de l'humanité sacrée du Christ (Swete) : peut-être y a-t-il allusion aux goûts secrets et variés de la manne, dans la légende rabbinique. — La « petite pierre blanche » et le « nom nouveau » ont causé aux exégètes de grands embarras. Le blanc est tout simplement la couleur de bon augure (dies albo notanda lapillo). Que ce caillou soit une « tessera honoris », une pierre incrustée dans un anneau (Holz.), une pierre précieuse comme celles qui étaient tombées avec la manne / Wettstein, d'après le Talmud, Josue 8), une boule blanche pour l’acquittement au tribunal, pour servir de billet d'entrée au spectacle, etc., cela importe peu; l’image présente en effet de l’analogie avec une foule d’usages de la vie antique. L'important est le nom qui y est gravé. Il est possible que l’image soit prise des amulettes portant un nom magique (Bousset, d’après Heitmüller Im Namen Jesu, Joh. Weiss, Boll, p. 28, Clemen, p. 184, etc.); mais ce n’est rien de plus qu'un symbole, n'entraînant certes aucune idée superstitieuse. Ce « nom nouveau » désigne un renouvellement de la nature, l'essence et le nom étant solidaires d'après les conventions antiques. Que ce soit un nom secret de Dieu (J. Weiss), ou du Christ (cfr. 11, 12; χιχ, 19), ou bien un nom exprimant le changement apporté dans l'âme du Vainqueur lui-même, c'est toujours une participation plus grande à la nature divine, un accroissement de grâce que peut seul comprendre et apprécier, dans l'intimité de son âme, celui qui le recoit. C’est bien plus que ce que voudrait Calmes, un simple billet d'entrée pour prendre part aux réunions de l’église de Pergame, conçue comme une sorte de société secrète; mais ce n’est pas non plus purement et premièrement la vision et le bonheur eschatologiques. Düsterdieckl'exprime parfaitement, quoi qu’en pense Bousset : « Ce nom donne une expression à la gloire nouvelle des enfants de Dieu, qu'eux seuls peuvent voir, et dont les non appelés n’ont aucun soupçon ». Il est évident que ce caractère secret (comme la manne cachée), ne convient qu’à la vie terrestre, et non au ciel, où toute splendeur éclatera (voir I Joh. nr, 2, et I Cor. x, 9-12).

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