‹ L'ApocalypseChapitre 142 sur 239 · I. — VISION D’ INTRODUCTION GÉNÉRALE A LA PARTIE PROPHÉTIQUE · texte numérisé non relu

I. — VISION D’ INTRODUCTION GÉNÉRALE A LA PARTIE PROPHÉTIQUE

(CC. IV ET v).

Ir. — Le plan de ces deux chapitres est aussi clair que majestueux. Jean, avant de plonger ses regards dans l'avenir, voit sur son trône céleste, environné de la cour des Anges, Celui qui est le Maitre tout-puissant des événements (c. IV); tandis qu'il gémut de ne pouvoir pénétrer les secrets de sa Providence, le Christ, immolé pour les noi apparaît; il est, par les Anges, reconnu égal à Dieu, et prend en mains la conduite de l’histoire, qui va se révéler à son Prophète.

Ce décor céleste ne s'efface point ensuite; il va continuer à dominer toute la partie prophétique, jusqu'à ce qu'il se fonde avec la vision de la Jérusalem céleste. Il n'est pas entièrement de la création de Jean; des descriptions assez semblables de la demeure de Dieu et de sa cour se rencontrent dans beaucoup d'apocryphes, et l'origine de la plupart des traits symboliques qui les composent paraît bien remonter à l'astronomie babylonienne (Int. ch. V, 1 $$ II-IIT). Voir surtout Hen. éth. XZV, XL, LXX- LXXI; Hen. sl. XX-XXI; les deux Baruch; surtout l'Apoc. d'Abraham, XVIII; puis

Hen. heb. et Les diverses descriptions des rabbins, dans Volz et Weber et Bousset,

Rel. Jud. Articles à consulter : GRy, Séjours et habitats divins d’ après les Apocryphes de l'A. T.; R. Sc. Ph. Th. 1910, pp. 694-722 et Frey, l’Angélologie juive au temps de J.-C. R. 5. Ph. Th., 1911, pp. 75-110. Mais saint Jean, comme d'ordinaire, a transformé ce qu'il empruntait; il a affermi et simplifié les lignes de ces descriptions plus étincelantes que claires, leur donnant ainsi une majesté et une netteté de sens religieux qu'elles ne possédaient pas. Puis, il a introduit au ciel l’'Agneau de Dieu.

La langue, comme la suite des idées, démontre assez que ces chapitres ne doivent pas étre attribués à une autre main que les précédents : expressions caractéristiques, absence fréquente de la copule (au ch. IV), confusion des cas, traces de déclinaison anormale, embarras dans l'emploi des particules, défauts d'accord, expression ὃ ὧν καὶ ὃ ἦν... (ΤΡ, 8) (Voir Bousset, Offenb6 pp. 277 suiv.). La construction est assez libre; ainsi le verbe est placé plus souvent avant qu'après son sujet au ch. IV (3 fois contre une), tandis qu'au ch. V on a l'inverse (3 contre 5); mais, de part et d'autre, le verbe précède presque toujours le régime (5 et 18 fois contre 1 respectivement), comme dans l'ensemble de l'Apocalypse. À tout prendre, la langue de récits et de description qui

commence avec ces chapitres est aussi homogène que possible avec la langue des lettres, et tout à fait semblable à celle du chap. Fer.

C’est donc bien arbitrairement que Vischer et Weyland veulent y reconnaître leur source juive (sauf V, 6*, 8*, 9-14 pour Vischer, à cause de l’ « Agneau »; source κα, du temps de Titus, pour Weyland, sauf IV, 5c V, 6-14). Vôlter, sans plus de raison, assigne le tout à Jean Marc (62 ap. J.-C.) sauf IV, 1*; V, 6 b, 9-10, 11-1%, qui seraient de l'éditeur sous Trajan. Erbes range ces chapitres dans son apocalypse chrétienne de l'an 62, comme la plus grande part des trois premiers. Spitta et Joh. Weiss, se rendant bien compte que l’« Agneau » est tout à fait nécessaire à cette description, car il est le principal personnage en vue duquel toute la scène est organisée, rattachent cette section à leur Apocalypse primitive (Sp. : U‘de 60, sauf IV, 1"; V, 5*, 6*, 8*, 10; Weiss : Jean, excepté IV, 5 b; 9-11; V, 6*, 8*, qui seraient du rédacteur, car, pour des raisons de composition et de symétrie strophique, il n'ose attribuer sûrement à Jean d'Asie que le trône, les quatre Animaux, le lion et l’Agneau; mais, dans sa traduction commentée, il est plus hésitant, notamment pour les 24 vieillards, et c'est un progrès, attendu qu'il est bien hasardeux de chercher des strophes impeccables dans un livre qui semble composé tellement à la hâte, et qu'un certain défaut d'ordre s'explique suffisamment par une négligence de l'écrivain, sans qu'il y ait lieu de recourir à une distinction de sources.)

A, Vision du trône de Dieu et glorification du Créateur.

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