CV
A. B. 1. Remarquer le sens absolu de εἶδον, la forme ἠνεῳγμένη (avewy. rec. K.), l'emploi de ἤχουσα au sens du plus-que-parfait français; σαλπ. λεγούσης, mème bizarrerie que 1, 10; le solécisme λέγων, qui s'explique par une distraction (ou par l’héb. sin? Holizm., etc.); naturellement ces deux fautes ont été corrigées par les scribes de différentes manières; ἀνάδα, forme poétique pour ἀνάδηθι; en général le N. T. conserve les formes en θι (v. Bousset, p. 163). — ἣ φωνή, χτλ. οἷν. 10; ἃ δεῖ γενέσθαι μετὰ ταῦτα, 1, 19; ëyev. ἐν nv. 1, 10; signes évidents de l'unité de maïn. — μετὰ ταῦτα, cfr. vu, 1, 9; XV, 5; ΧΥΠΙ, 1 (ENT. c. x, ὃ III). Ainsi s'ouvre le ciel au Voyant Ezsech. 1,1; Bar syr. xxu, 1; et il est question de portes des cieux à franchir Test. Lévi v; Bar. grec 11, 1Π|, ΧΙ.
G. 1. C’est une vision nouvelle par rapport à 1, 9-fin; mais elle y fait suite, organiquement, car c’est la même voix qui appelle Jean au ciel (comme Ézéchiel et Baruch). ᾿Ἐγενόμην ἐν πνεύματι (non ἐφερόμην, correction arbitraire de Spitta) veut-il dire qu’il reçoit simplement une nouvelle lumière spirituelle, lui dévoilant le monde céleste (de Wette, Düsterdieck, Hilgenfeld, Holtzmann), ou bien est-ce une nouvelle extase qui commence? La première solution nous semble préférable, du seul fait qu’il dit auparavant avoir vu la « porte ouverte ». Il était donc déjà en état spirituel, ou plutôt il se représente comme n’en étant pas sorti (cfr. £zech. x1, 1 et 5). Au reste, l'arrangement des visions peut bien être conventionnel {Inr. c. χη). Désormais Jean va voir l'univers entier, ciel et terre; mais, jusqu'au ch. x, c'est du ciel qu'il contemple en esprit ce spectacle universel. L'objet de la vision est très différent de celui de la précédente; tout y est rapporté à l'avenir, jusqu'à la fin du monde, malgré des retours fréquents à des événements antérieurs (cfr. surtout xu); et c’est une étrange méprise de Calmes d'affirmer que ἃ δεῖ γενέσθαι μετὰ ταῦτα est une « expression consacrée qui n’a pas d'importance particulière ». À. B. 2. Sur le choix des cas après ἐπὶ, voir In. ch. x, ὃ II. — Pourle « trône » de Dieu, οἷν. I Reg. xxn, 19; Ps. xivn, 9; Ezech, 1, 26-28; x, 1-suiv.; puis de nombreux apocryphes, Hen. éth. xiv, 18-suiv.; x; Lxx-Lxx1; Hen. sl. xxn1; Test. Lévi vw; Vita Ad. xxv- xxvi et Apoc. Moïse, 1v-suiv.; Apoc. Abraham, xvinr; al.
VE
δά APOCALYPSE DE SAINT JEAN.
C. IV. 1. Μετὰ ταῦτα "εἶδον, καὶ ἰδοὺ θύρα "ἠνεῳγμένη ἐν τῷ οὐρανῷ, nai ἡ φωνὴ ἡ πρώτη ἣν ᾿ἤχουσα ὡς σάλπιγγος "λαλούσης μετ᾽ ἐμοῦ, "λέγων" "ἀνάθα ὧδε, χαὶ δείξω σοι ἃ δεῖ γενέσθαι μετὰ ταῦτα. Εἰὐθέως ἐγενόμην ἐν πνεύματι. 2. Καὶ ἰδοὺ θρόνος ἔχειτο ἐν τῷ οὐρανῷ, χαὶ "ἐπὶ τὸν θρόνον χαθήμενος. 3. Καὶ ὁ χαθήμιενος ὅμοιος “Space λίθῳ ἰάσπιδι nat σαρδίῳ, χαὶ ἶρις κυχλόθεν τοῦ θρόνου “ὅμοιος ὁράσει "σμαραγδίνῳ. k. Kai χυχλόθεν τοῦ θρόνου “θρόνους εἴχοσι "τέσσαρες, χαὶ ἐπὶ τοὺς θρόνους εἴχοσι τέσσαρας πρεσθυτέρους χαθημένους περιδεθλημένους "ἐν ἱματίοις λευ-
G. 1. Pour ajouter ἃ l’impression de mystère, Jean évite de nommer Celui qui est assis sur le trône. C’est la Divinité dans son essence invisible qui est symbolisée, et sans encore aucun trait qui montre l’'Incarnation de la seconde personne (contre Bède, Haymon, Albert le Grand, et d'autres médiévaux, qui déjà ici voyaient le Christ); car autrement toute l'économie de la vision serait troublée; le Christ n'apparaîtra, et cela avec un puissant effet qu’il fallait ménager, qu’au ch. v.
A. B. 3. Solécisme du masculin ὅμοιος avec ἴρις, féminin; And. a corrigé en ὁμοία, Orig. et la rec. K. en ὁμοίως. — « Arc-en-ciel » cfr. Gen. 1x, 12-17 et Ezech. 1, 27suiv. Les pierres nommées se retrouvent dans la Bible grecque, par exemple dans l’ornement des habits du grand prêtre, et Ezech. xxvin, 13 (le roi de Tyr comparé à un ange); elles reparaîtront Apoc. xx1, — Nous avons traduit ὁράσει non « pour l’aspect », mais « en vision », d’après l’analogie d’Apoc. 1x, 17 (v. ad loc.); le mot équivaut à ὅραμα de Mat. xvu, 9, et de Luc, passim; il faudrait ensuite σμαραγδίνῃ, puisque ὅρασις est féminin.
C. 3. Cette expression d’épasu, interprétée ainsi, montre que Jean avait bien conscience de ne voir que des figures de réalités invisibles; il évite d’ailleurs, encore plus qu'Ézéchiel, toute description anthropomorphique de la Divinité. Ces pierres doivent: être très précieuses; le « sardios » doit être la carnéole rouge (Holtzm., Bousset, Swete); le « jaspe » ne saurait être le jaspe ordinaire, ni le diamant (οἷν. Düst., Holtzm.), maïs peut-être le jaspe vert, ce qui fait une grande harmonie de couleurs. « La nature divine est toujours verdoyante et en fleur » (And.). Quant au symbolisme de l’arc-en-ciel (cfr. Ezech.), il est connu par la Genèse et signifie la miséricorde. Sans doute il n’est pas entièrement vert, mais baigné d’un reflet d’émeraude : σμαραγδίζουσα (And.). Bousset pense à ce sujet au Hvarena avestique. Nous ne chercherons pas, comme les anciens, les secrètes vertus médicinales de ces pierres dans les idées d’alors, car rien n’indique qu’elles entrent dans le symbolisme de Jean; seulement le Prophète, ici comme ailleurs, se montre merveilleux coloriste.
A. B. 4. Θρόνους εἴχοσι τέσσαρες, cet accusatif surprend; aussi a-t-il été corrigé en θρόνοι, par P, Δ, Orig., And., Aréthas, al.; mais il faut le conserver, à cause :
de στεφάνους qui lui est coordonné (Int. ch. x, ὃ II). Peut-être ces manuscrits ont-ils
θρόνοι simplement à cause de τέσσαρες, forme anormale d’accusatif, fréquente d’ailleurs dans les papyrus (Inr., ch. x, ὃ II), laquelle est bien appuyée, d’après W-/, et admise de Swete, car elle se trouve x, Δ, 012-34-424, Av 46-35-2018, α 404-87-127, O10-121-250 ; ailleurs correction τέσσαρας (τέσσερας). Nous gardons la forme ionienne τέσσερα, partout où elle est admise de W-H et Nestle, d'après la rec. IH. — ἐν instr. devant ἱματίοις (Ir, ὁ. x, ὃ I-IT); pour cette image, voir Exc. x. — Pour l’origine et la fonction des Vieillards, οἷν. peut-être Exode xxiv, 9, les assistants de Moïse, et sûrement Zs. χχιν, 28 et Dan. vn, 10; le nombre de 24 : οἷν», 1 Chron. χχιν, 7-19, les 24 classes de prêtres; et mieux Diodore de Sicile, infra.
α. 4. Ces Vieillards ont donné matière à beaucoup de discussions. La figure est traditionnelle, et répond à ce « sénat de Dieu » dont parlent Isaïe et Daniel (INrrop., €. v, ", 8. 1, p. Lxxx) οἷν, T'anchuma, 52b, cité par Spitta et Bousset. Nous y avons reconnu (ibid) des Anges qui président au déroulement du temps, aux diverses phases par
C. 1v. 1. Après ces choses, j'eus une vision (//46. j'ai vu); et voici une porte ouverte dans le ciel, et la voix, la première que j'avais entendue, comme {celle] d’une trompette parlant avec moi, qui disait : « Monte ici, et je te montrerai ce qu’il faut qu’il arrive après ces choses ». Aussitôt je me trouvai en esprit. 2. Et voici : un trône était dressé dans le ciel, et sur le trône [quelqu'un] d’assis. 3. Et Celui qui était assis [était] semblable en [ma] vision à une pierre de jaspe et de sardonyx, et un arc-en-ciel à l'entour du trône, semblable à une vision d’émeraude. 4. Et à l’entour du trône, vingt-quatre trônes, et sur les trônes vingt-quatre Vieillards assis, enve-
conséquent de l’histoire humaine. Les commentateurs médiévaux y ont vu, par contre, des représentants de l'humanité, sortis de son sein, soit les 12 tribus (12 X 2), soit les Patriarches et les Apôtres, ou les Prophètes d'Israël, ou la race élue en général (Vict, And. Alb. : « universitas sanctorum V. T. et N. T. », etc. (Holizm., Swete). Ce pourrait être donc l’Église idéalisée, d'avant et d’après le Christ (Swete, qui compare Eph. n, 6 : ἡμᾶς... συνεχάθισεν ἐν τοῖς ἐπουρανίοις). Ces opinions pourraient s'appuyer sur l'interprétation des « Anges » des églises, et des passages comme le ch. vu. Mais elles présentent une grande difficulté, qui est de troubler l’ordre logique de la vision; comment l’humanité siège-t-elle au ciel avant que l’Agneau le lui ait ouvert? — et si, par hasard, il ne s'agissait que d’une idéalisation qui abstrait de l’ordre des temps, comment saint Jean traite-t-il avec tant de révérence un de ces personnages (vir, 14. χύριε), si lui-même était du nombre? Cette juste observation est de Spitta, qui voit dans ces « Vieillards » des êtres angéliques, ainsi que Bousset, Calmes.
Une des raisons qui nous fait nous ranger à ce dernier avis, c'est précisément le nombre 24. Comme les Vieillards ont un certain rôle sacerdotal (v. infra), la référence aux classes de prêtres des Paralipomènes est sans doute possible; mais l’origine astronomique de presque toute cette description nous porte à adopter, par exception, une idée de Gunkel, qui a trouvé dans la religion babylonienne l’origine de ce symbolisme, d'après Diodore de Sicile, Bibl. hist. 11. 81 : « Μετὰ δὲ τὸν ζῳδιαχὸν χύχλον εἴχοσιν καὶ τέτταpas ἀφορίζουσιν ἀστέρας, ὧν τοὺς μὲν ἡμίσεις ἐν τοῖς βορείοις μέρεσι, τοὺς δ᾽ ἡμίσεις ἐν τοῖς νοτείοις τετάχθαι φασί, καὶ τούτων τοὺς μὲν ὁρωμένους τῶν ζώντων εἶναι χαταρίθμουσι, τοὺς δ᾽ ἀφανεῖς τοῖς τϑτελητευχόσι προσωρίσθαι νομίζουσιν, οὺς δικαστὰς τῶν ὁλῶν προσαγορεύουσιν. » Ces deux fois douze dieux stellaires siégeant au nord et au sud du zodiaque nous présentent en effet le seul exemple du chiffre de 24 — sauf Paral, — qui soit dans la tradition religieuse. Bousset pense bien encore aux 24 « Yazatas » des Perses, mais ces entités ne sont pas mentionnées dans les Gâthas, et là encore il pourrait y avoir une influence babylonienne ; ce serait, tout au plus, un parallèle à l’Apocalypse, laquelle, bien entendu, en empruntant cette image, sans doute à quelque apocryphe perdu, ne s’est liée à aucune idée mythologique.
Ces Anges donc présideraient au cours du temps et aux révolutions du monde, comme ministres du Créateur. On peut les identifier aux « Trônes » de l’angélologie. C'est ce qui est symbolisé par leurs « couronnes » qui font d'eux des rois (cfr. 1v, 10), plutôt que des triomphateurs dans les luttes spirituelles, comme l’a cru André. Ici στέφανος — διάδημα, Mais ces rois, Spitta l’a bien noté, sont aussi d’une certaine facon des prétres, car on les verra, 1v, 10 et v, 11, remplir un rôle sacerdotal d’adorateurs et d'intercesseurs pour les hommes dans la grande liturgie (contre Beckwith). À ce titre, on peut dire — ce qui donne quelque satisfaction à la première opinion, — qu'ils ont un rapport spécial avec l'humanité et l’ordre de la grâce, comme des Anges gardiens universels; ils sont à la tête de l’Église céleste, et par là représentent idéale-
- Ἄχ ἢ Y \ LE , e Es > ak 1 , χοῖς,) χαὶ ἐπὶ τὰς χεφαλὰς αὐτῶν στεφάνους χρυσοῦς. ὅ. Kat Ex τοῦ θρόνου ἐχπο- 3 τ - € \ x ρεύονται ἀστραπαὶ nat φωναὶ, nat Bpovral χαὶ ἑπτὰ λαμπάδες πυρὸς καιόμεναι ἐνώπιον τοῦ θρόνου, ἃἅ εἰσιν τὰ ἑπτὰ πνεύματα τοῦ θεοῦ. 6. Kai ἐνώπιον τοῦ θρόνου ὡς ε € . Ἃ = “ θάλασσα ὑαλίνη ὁμοία χρυστάλλῳ᾽ καὶ “ἐν μέσῳ τοῦ θρόνου χαὶ "χύχλῳ τοῦ θρόνου "τέσσερα ζῷα γέμοντα ὀφθαλμῶν ἔμπροσθεν χαὶ ὄπισθεν. 7. Kai "τὸ ζῷον τὸ πρῶτον " ᾿’ὕ ἈΝ μον, ἢ € * >: 4 Ὁ Ε2 « ὅμοιον λέοντι, nai τὸ δεύτερον ζῷον ὅμοιον “μόσχῳ, καὶ τὸ τρίτον ζῷον "ἔχων τὸ ποόσωπον ὡς ἀνθρώπου, nai τὸ τέταρτον ζῷον ὅμοιον ἀετῷ πετομένῳ. 8. Kai τὰ ja - ἃ 25 ἢ pets Xk2/ AOL οὖ 7 / f Ὅν » ΄ τέσσερα ζῷα, ἕν χαθ᾽ ἕν αὐτῶν ᾿ἔχων "ἀνὰ πτέρυγας ἕξ, χυχλόθεν χαὶ ἔσωθεν “γέμου-
ment l'humanité rachetée, dont ils offrent à Dieu les prières (v, 8). On les verra s’associer sans cesse aux événements de la terre et au progrès du Règne de Dieu (vu, 13suiv.; x1, 16; xiv, 3; x1x, 4). Je me demanderais même si Jean ne les ἃ pas nommés πρεσθδύτεροι (Ancien, mais aussi « prêtre », οἷν, Pastorales) en partie à cause de cette fonction. (Cfr. Gunkel, Sch. pp. 302-308; al ad loc.; EU 4 pp. 14-15; Clemen, Ρ. 7 73; Boll, p.35).
À. B. 5. & par attraction, αἵ dans le rec. K. — φωναὶ Pa Bo encore
1, 19: xvi, 18; vin, 5; οἷν. partiellement Apoc. x, 3-4 et χοάς, xix, 16; Æzech. 1,43; Dan. vu, 9-suiv.; al; Hen. éth. xiv, 9-suiv.; Jub. n, 6. — « Les 7 Lampes », absolument distinctes des λυχνίαι de 1, 12 : Ex. xxv, 37 et Zach. 1v, 2; οἷν, Apoc. 1, 4; in, 4; v, 6, les « 7 Esprits ».
α. 5. Ces foudres, etc. sont l’image traditionnelle de la voix et de l’action de Dieu ad extra, surtout dans les théophanies. Dans notre livre, la terreur entoure le trône
de Dieu; mais Celui même qui siège sur le trône ne resplendit que d’un éclat
attrayant de jeunesse et de miséricorde; tel se révèle l'esprit du prophète évangélique. — Les 7 Lampes ou esprits de Dieu ne sont pas des Anges (contre André, Corn. a Lap, Gallois, al.), quoique ce symbolisme procède peut-être de celui des « Anges de la Face » — qui toutefois n'étaient pas sept, mais quatre. C’est le Saint-Esprit ou « la grâce de l'Esprit septiforme », ce qu'ont bien vu les auteurs médiévaux; André propose aussi d’ailleurs « les énergies de l'Esprit vivifiant ». Le Saint-Esprit, ici comme ailleurs, est représenté par la figure multiple de ses opérations; il n'apparaît dans son unité qu'à la fin des Lettres et χχιι, 1, 17. Comme saint Jean verra l’Agneau en dehors de Dieu, quoiqu'il soit Dieu, de même la Troisième personne se montre sous une figure tout à fait séparée de celle du Père; la vision a un symbole spécial pour chacun des termes de l’indivisible Trinité. Il n'y a qu’un rapprochement de hasard entre ces « 7 Lampes » et les 7 flambeaux des Églises. Bien plus, le Saint- Esprit apparaîtra sous deux figures à la fois à partir de v, 6. ([nr., 0. vi). A. B. 6. ἐν μέσῳ χαὶ κύχλῳ τοῦ θρόνου (χαὶ κύχλῳ manque Prim., et quelques mss. du type André), locution embarrassée due à l’inhabileté de l’auteur à se servir des particules de relation. — Le verbe γέμειν, rare dans la Bible, sept fois dans l’Apoc. — « La mer » autour ou devant le trône : cfr. Apoc. xv, 2, et Gen. 1, 7 (eaux supérieures), Ex. χχιν, 10 (ouvrage de saphirs sous les pieds de Dieu), Hen. éth. χιν, 9, Test. Lévi τι, 5 et surtout Hen. sl. nr, 2. Pour les « ἀ Animaux », v. Int. Ch. v, τ ὃ ΤΙ; , SI; cfr. Ezech. 1, 1x, x; Hen. éth. xx, 2 (les 4 visages aux 4 côtés du Seigneur des Esprits), surtout Bar. syr. τ΄, 11 (les êtres vivants qui sont sous le trône), légende grecque de l’Asc. 4᾽15. (ζῷα ὑποθρόνια), et de même Apoc. Abr. xviu (sous le trône, & Animaux de feu, à faces de lion, d'homme, de taureau et d' aigle). Etc. Pour les nn des rabbins, et le « char de Dieu », voir Weber?, pp. 168-suiv., 174, 205, 282;
spéculations sur le « char de Zeus » chez les Mages Dion Chrysost, Or. 36, cité par Bousset.
ΤΥ ΣΙ υκλύχι, ΠΝ ΙΧ ΓΙ ΙΝ, AU! ON PP OU ον.) ἀν, QUO ΡΝ ΑΝ # , ΤῊΣ ν QUE An , Δ AUTEM LE à VAR Pan MOT
loppés de vêtements blancs, et sur leurs têtes des couronnes en er. 5. Et du trône sortent des éclairs et des voix et des tonnerres ; et sept lampes de feu brûlaient en face du trône, qui sont les SEPT ESPRITS DE DIEU. 6. Et en face du trône [s'étend] comme une mer de verre semblable à du cristal; et au milieu du trône et autour du trône, quatre animaux remplis d'yeux en avant et en arrière. 7. Et le premier Animal [est] semblable à un lion, et le deuxième Animal semblable à un jeune taureau, et le troisième Animal a le visage comme [celui] d’un homme, et le quatrième Animal [est] semblable à un aigle qui vole. 8. Et les Quatre Animaux, chacun d'eux a six ailes, à l'entour et par dedans ils sont remplis d’yeux, et ils n’ont cesse, Jour et
A. ἢ. τὸ ζ. τὸ πρῶτον, comparé à τὸ δεύτερον ζ., indique une fois de plus que l'auteur n’attachait pas ordinairement de sens spécial à la place de l’épithète et à la répétition de l’article — μόσχος, dans les Lxx, traduit YiÙ Ex. xxix, 10 : jeune et fort taureau. — ἔχων, accord ad sensum ou solécisme, dans A, Q, et beaucoup d'autres mss, Orig.
A. B. 8. ἔχων, solécisme ou accord ad sensum, dans A, Av 20-r 1-1", Ot-r 2-82, al. (ailleurs ἔχον Q, etc. ἔχοντα P, εἶχον N, al.) — Pour οὐκ ἔχουσιν, l’imparfait οὐχ ἔιχοσαν N, g, vulg., Vict., Prim. — λέγοντες parfois corrigé en λέγοντα. — Le nombre des acclamations ἅγιος varie de neuf et huit (Ν, Q), à deux, dans une trentaine de mss. — ὃ ἦν χαὶ ὁ ὧν... voir 1, 8 et remarquer l’interversion des deux premiers membres. — « Six ailes » (ἀνὰ distributif, Int., ch. x, ὃ I); οἷν. séraphins α᾽15. vi, 2; — Les « yeux » : οἷν. Ezech. x, 12. — Le « Trisagion » : οἷν. 75. vi, 5; Hen. éth. xxxix, 12; Hen. sl. xx et suivants, il est chanté par des êtres à « six ailes » et « aux yeux innombrables ».
GC. 6-8. Il n’y a pas de doute sur l’origine de la figure des Animaux : ce sont les Chérubins d'Ézéchiel, combinés avec les Ophannim (roues) du même prophète et des … Apocryphes (à cause des yeux), avec les « Egrégores » ou « Vigilants » de la tradition (Æen. éth. rxx1, 6-suiv.) et les Séraphins d’Isaïe (les six ailes, le Trisagion). Pour les origines poétiques et plastiques les plus lointaines, vents, ÆXirubi de Babylone, char de Dieu, voir Int. ch. v, ὃ II. Le « char de Dieu » est devenu immobile et s’est transformé en trône, ici, Bar. syr., Asc. Is. (lég. grecque) et Apoc. Abr. — Quant à la « mer de verre » — le verre était alors une matière précieuse, οἷν, Job. xxvin, 17 — c’est évidemment le firmament, les « eaux supérieures », l'Océan céleste de Test. Lépi d'après les idées cosmologiques anciennes; elle forme comme le parquet du temple céleste sur lequel repose le trône de Dieu. Les auteurs anciens (And., etc.) et médiévaux, l'ont interprétée spirituellement de l'immense armée des saints.
La position des Animaux parait difficile à comprendre à nombre de commentateurs. Züllig, de Wette, Düst., Gunkel (Verst. p. 43-suiv.), Bousset ont pourtant bien saisi l'explication la plus naturelle, suggérée par les parallèles apocryphes qui mettent les Animaux sous le trône : ils sont placés « au milieu » et « autour », parce que chacun d'eux se trouve engagé au milieu de chaque côté du trône ou aux angles, s’il est quadrangulaire, ou aux extrémités de diamètres perpendiculaires, s’il est rond; disposés ainsi en croix, la face tournée vers le dehors, ils peuvent ainsi montrer au Voyant, à la fois, l’un son visage, l’autre son dos, les deux autres leurs flancs; tout cela est « plein d’yeux », et même « à l’intérieur » ἔσωθεν, trait où chacun reconnaîtra, comme dans les Ophannim, l’origine astrale de cette figure.
Or, on ἃ remarqué que quatre constellations, à 90 degrés à peu près l’une de l’autre, sur l'équateur (que les Babyloniens anciens considéraient plus que l’écliptique),
σιν ὀφθαλμῶν, χαὶ ἀνάπαυσιν οὐκ ἔχουσιν ἡμέμας nai νυχτὸς "λέγοντες" ἽΛγιος ἅγιος ἅγιος χύριος ὁ θεὸς ὁ παντοχράτωρ, “ὁ ἦν χαὶ ὁ ὧν χαὶ ὁ ἐρχόμενος. 9. Καὶ ὅταν ᾿δώσωσιν τὰ ζῷα δόξαν καὶ τιμὴν χαὶ εὐχαριστίαν τῷ καθημένῳ ἐπὶ τῷ θρόνῳ τῷ ζῶντι εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων, 10. πεσοῦνται οἱ εἴχοσι τέσσαρες πρεσθύτεροι ἐνώπιον τοῦ χαθημένου ἐπὶ τοῦ θρόνου, χαὶ προσχυνήσουσιν "τῷ ζῶντι εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων, καὶ ᾿"βαλοῦσιν τοὺς στεφάνους αὐτῶν ἐνώπιον τοῦ θρόνου, λέγοντες" 11. "Λξιος εἶ, "ὁ χύριος χαὶ ὁ θεὸς ἡμῶν, λαθεῖν τὴν δόζαν χαὶ τὴν τιμὴν χαὶ τὴν δύναμιν, ὅτι σὺ ἔχτισας τὰ πάντα, χαὶ διὰ τὸ θέλημά σου "ἦσαν nat ἐχτίσθησαν.
toutes d’ailleurs contenant quelque étoile qui attire les yeux, sont le Lion et le Scorpion, diamétralement opposés, le Taureau et Pégase. Leurs noms sont très antiques; le Scorpion était d’abord un Homme-Scorpion, et Pégase, le cheval ailé, pouvait éveiller l’idée de l’Aigle, d'autant plus qu’il existe une autre constellation qui porte ce nom déjà à Babylone. Nous ne prenons pas parti dans la discussion soulevée entre Boll et Clemen à ce sujet. Mais l'hypothèse méritait cependant d’être signalée. Le « trône de Dieu », à l’origine, ce serait donc tout le ciel, entouré par l’équateur. Seulement, Jean n'y penserait plus, puisque le trône lui apparaît isolé au milieu d’un espace immense (Voir, après Dupuis, (Origine de tous les cultes, πη), Zimmern ΚΑΤ. 632, JÉRÉMIAS, Das À. T. im Lichte des A. O., 582; Gunkez, Verst. pp. 43. CLEMEN, p. 76; BoLz p. 37-38; Bousser, ad loc.).
La question importante est de savoir le sens qu'a attaché saint Jean à cette imagerie d'origine probablement astronomique. On sait que saint Jrénée, Δάν. Haer. m1, 11, 8, a fait une belle application spirituelle des 4 Animaux aux 4 Évangélistes; elle est devenue courante dans l’exégèse et la liturgie ecclésiastiques; et les commentateurs l'ont étendue ensuite à l’ensemble des prédicateurs du Verbe. D’autres y ont vu les diverses qualités du Christ, roi, prêtre, homme, et dispensateur de l'Esprit vivifiant. Mais Irénée lui-même peut nous faire remonter à une interprétation plus littérale. Voici comme il s'exprime, mn, 11, 8 : « Puisqu'’il existe quatre régions du monde où nous sommes, et quatre vents principaux, que l'Eglise a été disséminée par toute la terre, et que la colonne et le soutien de l'Église, c’est l'Évangile et l'Esprit de vie, il convient qu’elle ait quatre colonnes... D'où il est manifeste que l'artisan de l'Univers, le Logos, celui qui est assis sur les Chérubins. nous a donné l'Évangile sous quatre formes » (P. G., vu, 885). De même André, à côté de ses interprétations spirituelles, explique aussi les 4 Animaux par « la formation par Dieu des 4 στοιχεῖα (éléments) », ou sa domination sur les 4 parties du monde.
Au sens premier, les 4 Animaux sont donc des Anges associés très étroitement au Maître du monde, comme les Chérubins du propitiatoire de l'Arche. Mais leur. aspect et leur nombre montrent qu'ils sont plutôt en rapport avec l’univers matériel. Tournés vers les quatre points cardinaux, dominant et surveillant les quatre parties du ciel, ils gouvernent, sous Dieu, la Création. Sont-ce même bien, en fin de compte, des Anges personnels, ou représentent-ils, comme le dit Swete, avec ces formes suggérant ce qu’il y a de plus noble, de plus fort, de plus sage et de plus rapide dans la matière vivante, l’ensemble de la Création, avec l’omniprésence et l’action continue de Dieu dans la nature? Ne serait-ce pas une personnification des opérations ad extra de Dieu comme créateur, conservateur et moteur ? La question peut se poser, mais elle est de peu d'importance pour le sens général de l’Apocalypse. Nous pouvons bien admettre des Anges personnels, puisque saint Jean professait certainement la doctrine que Dieu se sert d’Anges comme intermédiaires pour la direction des êtres et des lois naturelles.
À. 9-10-11. δώσωσιν (de ἔδωσα ! Inrrop., ch. v, ὃ II), se lit κ᾽, Q, 505-14-69,
nuit, de dire : « Saint, Saint, Saint [est] le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, [celui qui ἃ nom} Π, ÉTAIT, Π, EST, 12 vient. » 9. Et chaque fois que les
Animaux rendront (ét. donnent) gloire et honneur et actions de grâces à
Celui qui est sur le trône, qui vit dans les siècles des siècles, 10 tomberont les Vingt-quatre Vieillards en face de Celui qui est assis sur le trône, et ils se prosterneront devant Celui qui est dans les siècles des siècles, et ils jetteront leurs couronnes en face du trône, disant : 11 « Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de te réserver (/i4. de prendre) la gloire et l'honneur et la puissance, car c’est toi qui as créé toutes choses, et par ta volonté elles existèrent et furent créées. »
0603-92-61, Orig., qqs And., et Bousset l'admet. ΑἹ. δώσουσιν, δώσιν, ἔδωχαν. Sur les aoristes anormaux en-5« à l'époque romaine, voir Meillet, p. 316. — ὅταν signifie ici « toutes les fois que »..— ἐπὶ τῷ θρόνῳ (non τοῦ 0p.), avec rec. ΗΠ. (INTROD., 0. v, $ ΠῚ — βάλλουσιν pour βαλοῦσιν, N, Q, al. — procidebant, adorabant, dans oulg., corrections pour échapper à la difficulté du sens. — καί introduit, à l’hébraïque, avant πεσοῦνται, N; douteux. — προσχυνεῖν ici avec le datif. — 6 χύριος pour le vocatif (κύριε ajouté devant ὃ xip., N, al.; χύριε seul And., g, vulg., arm.) Intron., ch. v, ὃ II — ἦσαν devant ἐχτ., hysteron-proteron dû à la négligence du style.
C. 9-10-11. Au v. 8 ἃ commencé la grande liturgie de la cour céleste, en l’honneur de Dieu créateur et gouverneur du monde. Ὅταν, qui est ici fréquentatif, et les verbes au futur, montrent que l’auteur prévoit tous les développements et les cantiques qui vont suivre; il n'a pas écrit le récit de cette vision avant de connaître les autres, et c'est un signe très net de l'unité de son plan. Le Trisagion des Animaux appelle les trois termes de la bénédiction du v. 9. Les 24 Vieillards qui sont des rois, déposent leur couronne alors devant le trône de Dieu, ce qui, d’après l'usage ancien, est un signe de soumission et de vassalité; ainsi fit le roi d'Arménie Tiridate devant la statue de l’empereur (T'acite, Annales, xv, 28). Les rois de la terre (ΧΠῚ, xvn, x1x) sont les ennemis rebelles de Dieu et de l’Agneau; mais ceux du ciel reconnaissent que Dieu seul leur a donné ces couronnes de royauté et de victoire (And. Arethas, al.). La nature, les Anges, et l'humanité fidèle — dans la mesure où celle-ci est représentée par les Vieillards, — s'unissent pour louer Dieu, glorifier sa sainteté, lui dire qu'il est seul digne de se réserver (λαβεῖν, Bousset) gloire, honneur et puissance. Si cette scène ne renferme jusqu'ici rien de spécifiquement chrétien, c'est que l’Agneau n’a pas encore paru; bientôt il va être associé, avec une parfaite égalité, à la gloire de son Père.