Le Monde infernal
On pourrait faire sans doute ici un rapprochement avec ces Archontes ennemis de l’homme, qui furent si familiers aux gnostiques comme chefs et gardiens
(1) Voir WEeser, Jüdische Theologie, pp. 168-suiv., 174-205, (2) Asc. Isaie, traduction Tisserant, p. 221. Légende grecque, τι, 20; cfr. Bar. syr., τι, 11.
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des sphères sidérales, les mêmes peut-être que saint Paul déjà, sans s’attarder
à contredire le point de vue de lecteurs chez qui il voulait seulement combattre le faux culte des puissances angéliques, identifiait avec les esprits damnés. Et, si l’on remontait aux premières origines, peut-être faudrait-il parler des gardiens des portes, dans la « Descente d'Ishtar aux enfers », ces êtres terribles ayant graduellement émigré vers les sphères d’en haut (1). Mais nous n'entendons point disserter là-dessus, et nous constatons simplement que certaines parties des cieux sont considérées, dans nos Apocryphes, comme le domaine, et au besoin le lieu de châtiment, des puissances malfaisantes. Entre autres le Baruch grec voit au troisième ciel un Dragon prodigieux, qui n’a pas moins de six kilomètres de long, et semble une figure à la fois cosmique et morale : il boit les eaux de la mer, dévore la chair des impies, et son ventre est l’Orcus. Les diables, dans le Testament de Benjamin, l'Hénoch slave, 1 Ascension d'Isaïe, habitent le firmament sous le premier ciel et même des régions plus élevées (4.88. Isaïe) d'où ils tentent les hommes; après le grand jugement, ce soni eux qui exécuteront le châtiment des coupables. Leur chef, Satan, appelé aussi Mastema, etc. accuse les hommes auprès de Dieu, Jub., Par. Hénoch, Talmud et Midraschim. 11 est encore d’autres catégories d’esprits maudits et néfastes, les Veilleurs rebelles, les Veilleurs qui ont forniqué avec des femmes avant le Déluge, les âmes des Géants qui furent engendrés de cette union, les Sirènes, épouses des Veilleurs, les étoiles prévaricatrices. On en trouve la mention plus ou moins détaillée dans Hénoch éthiopien, Jubilés, Baruch syriaque. Des noms propres apparaissent, comme Azazel, Semyaza et beaucoup d’autres,
Hén., Lxix, en tout une trentaine. Il en est qui, au lieu de circuler encore libre=" ment, comme les esprits de Satan, sont déjà enchainés dans des lieux de tor- |
tures, au ciel, sur terre ou dans l’Abîme.
L'origine de leur malice et de leur damnation est souvent indiquée, ainsi
pour les Veilleurs et les étoiles: car il ne semble pas qu'aucun de ces êtres,
créatures de Dieu, soit mauvais par nature. Hénoch slave (ec. 29) parle de la
chute d’un Archange, qui doit être Satan en personne : avec l’ordre angélique auquel il commandait, il s'est révolté, voulant follement élever son trône au-dessus des nuées, et jaloux de la puissance de Dieu. Mais il ἃ été précipité en bas avec ses Anges, et rôde continuellement dans l'atmosphère inférieure.
Enfin, dans certains cieux ou dans les enfers se trouvent les prisons des hommes damnés. Hénoch y voit des fleuves de feu qui rappellent ceux du Tartare des Grecs. “ra |