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leurs services, comme dans une cour orientale, et chantent ses louanges, ou attendent ses ordres pour aller les accomplir à travers le monde. À la tête de ces armées sont les ARGHANGES, au nombre de six ou de sepf, ce qui a fait penser aux Ameshas Spentas de l’Avesta, ou aux dieux planétaires de Babylone. Zen. sl., x1x, 2, les met bien en rapport avec les étoiles. La chose n’est pas invraisemblable, si l’origine de ce nombre est à chercher dans Ézéchiel, τα, puisque ce prophète prenait force images dans le milieu où il vivait. Ils sont souvent désignés par leurs noms, et tous énumérés dans //en. éth., xx, οἷν. χα : Michel, Gabriel, Raphaël, Uriel, Raguel, Saragtiel, Remiel. es Par. Hen. n’en nomment que quatre : Michel, Gabriel, Raphaël. Phannuel; et l'Hen. sl. trois seulement : Michel, Gabriel, Pravuel ou Vretel. Le Pasteur d’'Hermas en comptera six, les rabbins six ou sept. Le premier de tous est Michel, ministre de Dieu (en. éth, Hen. sl., Bar. grec, Asc. Is., rabbins) qui est l'Ange gardien
et le chef d'Israël, d’après Daniel, x et χα (Men. éth., Test. Levi, Test. Dan,
rabbins). Partiellement identiques aux Archanges sont les Faces, ou Anges de la Face, qui sont les quatre nommés dans les Par Hen. (cfr. Jubilés, Test. Levi., Test. Juda, eic.). — D'autres catégories d'Anges sont les Séraphins (/saïe, vi) les Chérubins, et les Ophannim ou « Roues ». Ces derniers, qui apparaissent nour la première fois dans Ézéchiel, τ, 15 sqq., x, 9 544. entourent le trône de Dieu. Ils ne dorment j jamais, cfr. les Her es ou Veilleurs d'Hénoch; les yeux toujours ouverts qui remplissent leur corps circulaire indiquent bien l’origine astrale de cette image. Quant aux Chérubins, ils méritent une explication un peu détaillée, à cause du chapitre 1v de notre Apocalypse.
On connaît assez les Kirubi assyriens, ces taureaux ailés à face humaine qui gardaient les palais. Le propitiatoire de l'arche d'alliance, conçu comme le trône de la Majesté de Jéhovah, était surmonté de deux chérubins aux ailes
. étendues. Aussi, dans les descriptions anthropomorphiques de la poésie hé-
braïque, cantiques et psaumes, Dieu est-il souvent représenté comme porté par les Chérubins aux lieux où il veut se manifester par des théophanies. Ce pourrait être une personnification poétique des vents (1) : « Qui facit angelos suos spiritus, Ps. crv (ni), 4 (dans l’hébreu, qui fait des vents ses messagers); noter aussi le parallélisme du Ps. xvrir (xvir), 11 : « Ascendit super Cherubim et volavit — Volavit super pennas ventorum. » Ézécurec décrivit ces chérubins comme une combinaison des divers génies ailés dont il pouvait admirer à Babylone les grandes figures sculpturales (ce. τ, οἷν. c. 1x, 3 le Chérubin). En plaçant entre eux les « Ophannim », il semble que sa vision, aussi obscure d'ailleurs que saisissante, lui ait montré Jéhovah assis sur un char dont les Ophannim sont les roues, et que les Chérubins tirent à travers le monde; c’est toujours l'ancienne image, mais enrichie et compliquée de symboles babyloniens. L’'Apocalypse de Moïse, écrit tardif, il est vrai, en a retenu l'origine quand elle parle du « char des Chérubins » {c. 22) et montre le Seigneur montant sur son char, tiré par les vents que mènent les Chérubins (ὁ. 38). Enfin on connaît les spéculations posté.
(1) La classification des Anges, dans la théologie catholique (v. 5. THOMAS, Sum. Τ᾽ pars. q. ΑΥ̓ΤῚ n’est pas solidaire des Apocryphes; elle ne se sert que des noms trouvés dans la Bible, et explique rationnellement les distinctions des esprits purs par leur degré d'intellectualité
et la diversité de leurs rôles possibles d'agents divins.
-ΧΧΧΥΙΠ . INTRODUCTION
rieures de la Cabale, sur le Char, le Merkäb& de Dieu. — Ézéchiel avait donné à ses Chérubins le nom d'animaux, nn, à cause de leur forme symbolique. Ce
terme devint technique pour désigner une catégorie d’Anges très élevés, ceux-là mêmes que leur fonction rapproche le plus de la Divinité, et la mention en est fréquente dans les écrits des rabbins (1). Ils apparaissent dans l'Æénoch hébraique, et beaucoup d’autres produits de la même littérature; Maimonide et beaucoup d’autres auteurs juifs, les placeront au sommet des dix ordres angéliques. Puisqu'ils tiraient le char de Dieu, on peut aussi bien les concevoir comme soutenant son trône dans l’immobile majesté du ciel. L’Apocalypse johannique (c. 1v) les représentera dans ce rôle; mais cette figure ne lui est pas propre, et devait être déjà traditionnelle, car on la trouve aussi dans l'Apocalypse d'Abraham (c. xvi) qui voit dans le ciel suprême une foule d'hommes aux formes changeantes, qui louent Dieu; autour du trône, des créatures aux yeux innombrables, qui chantent; et, sous le trône, quatre animaux de-feu, ayant respectivement quatre faces et six ailes, et qui chantent aussi; dans la légende grecque de l’Asc. Îs. il est question des ζῷα ὑποθρόνια (2), « animaux porte-trône », au cinquième ciel.
Parmi ces êtres supérieurs, il en est qui offrent à Dieu (Test. τὰ al.) les prières et les oblations de l'humanité, remplissant ainsi le rôle d'intercesseurs. Dans les Paraboles d’'Hénoch, apparaît un grand esprit qui est l’Ange de la Paix; de même Test. de Dan. D'autres, répandus dans les cieux inférieurs, et même sur la terre, président aux divers phénomènes de la nature, de la terre et des eaux (Jub., Hen., Hen. sl. al.), mais principalement au cours des astres. Les étoiles sont mues par des Anges; mais souvent elles s’identifient avec les Anges eux-mêmes, bons, mauvais ({en., Hen. sl., Asc. 18. etc.). Plus d’une fois les Anges punis sont représentés sous cette forme πη. eth. (xvur, xx1, LxXxx); dans le Si8. V, et le Livre d’Élie hébraïque, on voit les étoiles se livrer entre elles des combats. Le caractère babylonien de ces fictions n'est in douteux, quand même ce ne seraient que des tropes poétiques.
Dans les cieux inférieurs, les prophètes qui ont voyagé en ces hautes régions ont rencontré beaucoup d’autres esprits mythiques ou fantastiques : ainsi le phénix gros comme neuf montagnes, qui, dans le Baruch grec, préside au cours du soleil (c. 1v, v, vi); les anges qui, sous forme d’'agneaux et de taureaux, mènent le char de la lune; les oiseaux, qui, au 1v° ciel, chantent les louanges du Créateur (ibid., cc. 1x, x). Ou enfin les phénix et les Chalcadres (??) qui, dans l’AÆénoch slave, complètent cette ménagerie supra-terrestre. Parfois les
voyageurs y trouvent aussi les réceptacles des âmes justes; mais au firmament Ὶ
ils rencontrent également les mauvais esprits, ces « spiritualia nequitiae ΤΟΝ sunt in coelestibus », comme dit saint Paul aux Ephésiens.