‹ L'ApocalypseChapitre 177 sur 239 · Καὶ "ἄλλος ἀγγελος de θυ · texte numérisé non relu

Καὶ "ἄλλος ἀγγελος de θυ

+ , 2 4 ET ῳ , -Ὸ 2 τοῦ χεχερασμένου ἀχράτου ἐν τῷ ποτηρίῳ τῆς ὀργῆς αὐτοῦ, χαὶ ᾿βασανισθήσεται "ἐν τ \ Ν᾽ 9 ’ ἋΣ) ΄, CHA vas , = 10 f ἌΚΡΑ | = πυρὶ at θείῳ ἐνώπιον ᾿ἀγγέλων ἁγίων nat ἐνώπιον τοῦ ἀρνίου. 11. Kai ὁ χαπνὸς τοῦ πὰ À , LES 9 » lé βιχσανισμοῦ ᾿αὐτῶν εἰς αἰῶνας αἰώνων ἀναθαίνει, χαὶ οὐχ ἔχουσιν ἀνάπαυσιν ἡμέρας il S e ἃ Ὁ ν , τ ᾽ = ον AA νυχτὸς οἱ προσχυνοῦντες τὸ θηρίον χαὶ τὴν εἰχόνα αὐτοῦ, nai "εἴ τις λαμόάνει τὸ

À. 8. δεύτερος manque d505-14-69, d600-57-296, α201-22-632, vulg. — « ceciderunt », de Prim., suppose πέπτωχαν pour πέπωχαν, substitué à πεπότιχεν N°, al., boh., arm.

B. G. 8. Cet Ange est l’annonciateur des malheurs temporels et politiques des ennemis de Dieu, tous représentés sous la figure de Babylone — Rome. Il parle au passé prophétique, tant cette chute est certaine, et clame toute sa joie dans le double ἔπεσεν. Les lecteurs de l’Apocalypse sont supposés familiers déjà avec ce nom symbolique, qui désigne certainement Rome, d’après les chapitres xvi-xvin; Rome est ainsi appelée S:b. v, vers 143, 159; Bar. syr. LXVI, 1; 1 Pet. v, 13, etc. ; la désignation devait être courante dans les milieux juifs et chrétiens du rer siècle. Cette chute fera l'objet des prophéties de xvn-xv1; nous avons donc encore ici un « emboîtement », le troisième ou quatrième. Elle est annoncée en termes analogues à ceux des prophètes parlant de l'empire assyrien, 185. χχι, 9; Jér. 1, 2; τι, 8; saïe, Nahum, etc. flétrissent également Ninive, Babylone, Tyr, pour leur πορνεία. Ce reproche, qui reparaîtra comme stéréotypé xvi, 19; xvir, 5; χιχ, 15, vise à la fois l’idolâtrie et les mœurs dis- . Solues de la Rome païenne; le « vin » signifie à la fois l’enivrement sensuel de ses débauches, et celui de la colère de Dieu (v. infra), qui permet une telle ivresse comme châtiment de la perversion religieuse; ainsi Rom. 1, 18-suiv. (Bousset). Du reste, en ce passage de portée très générale, Babylone-Rome peut être comprise symboliquement, comme la capitale de la Bête, quelle qu’elle soit, « la confusion de ce monde et les troubles de la vie présente » (And.).

—— À. B. C. 9. Ici la référence au ch. x devient tout à fait directe. — ἐν φων. HBEY., Supra, V. 7. — προσχ. avec l’accusatif (excepté CG et quelques autres, datif) = « adorer » — τὸ devant χάραγμα, dans qqs And. et 1073. — Changements de cas après ἐπί, V. Supra, au v. 6; τῷ μετώπῳ dans N. — « Le vin de la colère de Dieu », cfr. Jér. 11, 7; Osée vi, 5, est opposé sarcastiquement au « vin de la prostitution ». Mieux vaut subir tous les maux dont les païens menacent les fidèles, la mise au ban de la société, même la mort (v. ch. χη), que de boire à cette coupe-là!

——— À. 10. La particule καί doit être le hébreu de l’apodose (Bousset). — A et

0505-14-69 ont le pluriel βασανισθήσονται, accord ad sensum, justifié par αὐτῶν du verset suivant. — οἴνον xepavvbvar signifie littéralement « mêler le vin », mais, puisque ce vin est äxparos, il faut bien admettre ici le sens dérivé de « préparer, servir le vin » (Holizm.); il y a là une sorte de jeu de mots peut-être inconscient. — τῶν devant ἀγγέλων, de rec. Καὶ et quelques And., est admis de 8. Weiss. |

B. GC. 10. Les malheurs annoncés par l’Ange précédent fondaient sur. une ville, une société, donc ils étaient temporels; le troisième Ange menace de la damnation les individus qui adorent la Bête, car l'individu est immortel. Ils seront torturés en présence de saints anges, ce qui joindra la honte à leur supplice, et, chose encore plus effroyable, en présence de l’'Agneau leur Rédempteur; cfr. « la colère de l’Agneau »

8. Et un autre Ange, un deuxième, [16] suivit, disant : « Elle est tombée, elle est tombée BAByYLOxE la grande, qui du vin de la fureur de sa prostitution ἃ abreuvé tous les peuples! »

9. Et un autre Ange, un troisième, les suivit, disant d’une grande voix : « Si quelqu'un adore la Bére et son image, et [en] reçoit [l'empreinte sur son front ou sur sa main, 10. lui-même boira du vin de la fureur de Dieu, qui a été versé sans mélange dans le calice de sa colère, et 1] sera tourmenté dans le feu et le soufre, en face d’anges Saints et en face de l’Agneau. 11. Et la fumée de leur tourment s'élève pour des siècles de siècles, et 115 n’ont pas de repos, de jour ni de nuit, ceux qui adorent la BÊTE et son image, et si quelqu'un recoit l'empreinte de son nom ».

vi, 10 et, 1, 7 : « videbit eum omnis oculus, et qui eum pupugerunt. » Si l’Agneau n’est nommé qu'après les Anges, ce peut être aussi à cause de l'habitude juive d’associer les Anges à Dieu immédiatement, cfr. 1, 4-suiv. (Bousset). Le supplice du feu dans l'enfer est comparé à un « vin non mêlé », non mélangé d’eau, pour exprimer la violence de la douleur.

A. B. 11. αὐτῶν, accord ad sensum. Pour &vabalver, qui n’est peut-être pas un présent prophétique, puisque l'enfer est déjà trop peuplé, on rencontre aussi ἀναθαίγων et ἀναδηθήσεται. — προσχ. acc. — adorer; par-ci par-là 16 datif, corrections mal entendues. — χάραγμα, cfr. χα, 10.

CG. 11. C’est un vrai manifeste guerrier, dit Bousset, contre le culte des Césars; — αἰῶνας αἰώνων : l'article ne manque qu'ici dans cette formule si fréquente. Ce passage enseigne l'éternité des peines infernales ; si αἴων, en ionien et chez les tragiques, signifiait « vie », la prose attique l’employait au sens d’ « éternité », qui a passé dans la Bible. Les papyrus l’emploient tantôt pour signifier « période de vie » (d'où le sens dérivé « âge du monde », et Eons — personnalités divines qui y président), tantôt, même au singulier, pour désigner toute la suite des âges (V. Moulion-Milligan.), ainsi dans les acclamations populaires aux empereurs-dieux. « Ni jour ni nuit », c’est la contre-partie infernale de la louange sans repos des Chérubins, 1v, 8. (Holtzmann).

C. 20. Promesse de béatitude adressée aux saints (χιν, 12-13).

INT. — Le bonheur promis aux fidèles du Christ s'oppose à la menace de damnation contre les sectateurs de la Bête. De même, au 5°sceau, auquel cette petite péricope correspond très exactement par la place et le sens général, la plainte des martyrs était calmée, non seulement par l'annonce du triomphe relativement prochain, mais par le don d'une robe blanche, c'est-à-dire de la béatitude, sans attendre la consommation (VI, 9-suiv.).

Vülter donne 12 à l’ « Éditeur » et 13 au « Reviseur »; Weyland, les deux à l'« Éditeur »; Spitta, id.; Erbes les divise entre ses deux premières apocalypses;

Bruston les attribue probablement à Jean. Le mieux est certainement de considérer

ces deux versets comme liés, avec Vischer, Bruston, Joh. Weiss, etc., ainsi que nous essaierons de l'établir. Ils font d’ailleurs très bien sutte à ce qui précède.

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= ss € e τ Ὁ ἊἋ ε -Ν \ 9 “9 C. χιν. 12. Ὧδε ἡ ὑπομονὴ τῶν ἁγίων ἐστίν, "οἱ τηροῦντες τὰς ἐντολὰς τοῦ θεοῦ A] 2 - 3, * δι - -9 CA χαὶ τὴν πίστιν [ncoë. 13. Καὶ ἤχουσα ᾿φωνῆς Ex τοῦ οὐρανοῦ λεγούσης" Γράψον᾽ 4 € à -:- τῷ 4 2 r 4 * 2 4 x ΄ x ker Μαχάριοι οἱ νεχροὶ οἱ ἐν χυρίῳ ἀποθνήσχοντες ᾿ἀπάρτι. “Nail, λέγει τὸ πνεῦμα, ᾿ἵνα + *k -Ὁ EC ἕ \ \ » -“ à ἊΝ ἀναπαήσονται “EX τῶν χόπων αὐτῶν᾽ τὰ γὰρ ἔργα αὐτῶν ἀχολουθεῖ μετ᾽ αὐτῶν.

A. Β. 12. Le nominatif τηροῦντες, après ἁγίων, peut être une sorte de parenthèse

(Enr, ©. x, ὃ IT); N, al. : τῶν τηρούντων, — τηρεῖν, ἐντολή, mots surtout johanniques (Ir, ©. x, 11, ὃ I). — Avertissements semblables, avec ὧδε, χπι, 9; xvir, 9. — τὴν

πίστιν ᾿Ιησοῦ, cfr. 11, 13 τὴν πίστιν μου, et Paul, Gal. Rom., toujours le génitif objectif.

G. 12. La formule ὧδε, d’après les parallèles ci-dessus, a toujours pour effet d'attirer l'attention sur ce qui suit; dans notre passage, le xal du verset suivant pourrait faire difficulté, car il paraîtrait de prime abord introduire une idée nouvelle ; mais l’auteur a pu l’employer simplement par habitude. Avec d’autres traducteurs, nous rapportons donc cet avertissement à la promesse qui suit. Elle n’est cependant pas sans lien avec les menaces précédentes : la patience des saints est fortifiée aussi par la certitude de la ruine de leurs persécuteurs. Qu'on se figure, dit Bousset, l'effet de tels avertissements dans la lecture publique, quand Jean s’écarte un moment de son rôle de voyant et de narrateur pour exhorter comme un prophète et un pasteur inspiré! | A. B. 13. φωνήν, dans 1073. — vai omis N*, boh; la Vulg. l'a remplacé par jam; — ἀπάρτι, hellénistique (en deux mots ἀπ᾽ ἄρτι Mat. xxin, 39, xxvi, 29, 64; Joh. xim, 19; xiv, 7, formation analogue à ἕως ἄρτι), signifie chez Matthieu « bientôt, d'ici peu, dans quelque temps » (pour le commencement d’un état qui doit se prolonger) plutôt que strictement « désormais »; mais chez Jean, précisément, il signifie « dès à présent »; ἄρτι, dit du moment strictement présent, est habituel dans la Κοινή, papyrus et N. T.; en ionien, ἀπαρτί, oxyton, signifiait « exactement ». ἀπάρτι doit être relié à un des mots précédents, μακάριοι ou ἀποθνήσχοντες, et non à ce qui suit comme l’a cru la Vulgate, qui n’a pas lu la particule ναί, marquant une séparation. — Donc λέγει τὸ πνεῦμα (cfr. la fin des Lettres) est une incise. — Pour le sens de ἵνα, assez inattendu ici, et suivi d'un futur, v. Int. c. x, ὃ II, οἷν. Int. x, 11, ὃ 1. — ἀναπαήσονται de N, C, A, Tisch, W.-H., Nestle, etc. (ἀναπαύσωνται rec. X., al., Soden; αναπαύσονται Q, al. ; ἀναπαύονται, a504- 135-1876, al.) est un futur déponent hellénistique de ἀναπαύομαι; cfr. ἀναπχήσεται dans un logion de Jésus, Ox. βαρ. τιν, 654, ἐπαναπαήσεται Luc. x, 6, καὶ, B*; χαταπαήσεταν et formes similaires, dans des inscriptions et papyrus; ἐπάην a été formé, semble-t-il d’après ἐκάην de χαίω, aor. 19 ἔχαυσα, semblable à ἔπαυσα (Blass-Deb. ὃ 78). — Emploi de ëx (Ir. c. x, ὃ I-II); et de μετά après ἀχολουθεῖν, (InT. ©. x, ὃ II). — οἱ ἐν χυρίῳ ἀποθ. cfr. I Cor. xv, 18 οἱ χοιμηθέντες ἐν Χριστῷ; 1 7655. 1v, 16 : οἱ vexpot ἐν Χριστῷ. — Ναχάριοι, 1 deuxième « béatitude » de l’Apocalypse; il y en a sept en tout, 1, 8; χιν, 13; xvi, 15; mis, D xx D: ΧΧΙΙ, 7, 14.

C. 13. Ce verset est de la plus haute importance. Tandis que les adorateurs de la Bête vont à la damnation, les fidèles, déclare solennellement le Prophète au nom de l'Esprit-Saint, peuvent compter dès leur mort, c’est-à-dire sans attendre la Parousie, sur la récompense de leurs œuvres ; car elles les accompagnent dans l’autre monde, etla bonté paternelle de Dieu ne voudra pas leur faire attendre la rétribution de leurs mérites. Ils « se reposeront », non moins que les martyrs (vi, 11), probablement parce qu'ils recevront, comme dans cet autre passage, la céleste robe blanche. Cela ne veut donc pas dire que la récompense approche parce que la catastrophe finale ne sera plus différée (ἀπάρτι signifie le présent; — contre Düsterdieck, Holitzm.); ce n'est pas non plus une invitation au martyre, proclamant bienheureux ceux qui vont tomber dans la lutte contre la Bête (cfr. Bousset, Joh. Weiss); ce bonheur est promis à tous ceux qui résisteront à la séduction, même sans être obligés d'y laisser leur vie; car ἀποθ, ἐν χυρίῳ ne

ΝΣ CE ΣΧ σα

C. χιν. 12. Ici [est] la patience des Saints — ceux qui observent Les commandements de Dieu et la foi de Jésus! 13 Et j'entendis une voix | venant] du ciel qui disait : « Ecris : Bienheureux les morts qui meurent dans le Seigneur, dès à présent! Oui, dit l'Esprit, pour qu'ils se reposent de leurs labeurs; car leurs œuvres suivent avec eux! »

peut être qu’une expression de sens général, comme χοιμηθέντες ἐν χυρίῳ ; le verbe ἀποθνήsxw remplace bien en certains cas le passif d’éroxteivw; mais, en soi, à moins que le contexte ne le détermine autrement, il est synonyme de θνήσχω, et signifie « mourir » en général, non nécessairement « être tué ».

Donc tous les fidèles qui ont observé les commandements, placé leur foi en Jésus, jusqu'au jour de leur mort, qu'ils soient martyrs ou non, jouiront au ciel, sans attendre la fin du monde, de la récompense méritée par leurs œuvres. Ce jour de la délivrance et du repos est tout près pour chaque individu; que pourraient donc leur faire les menaces de Satan et de ses Bêtes, déjà condamnés à la ruine éternelle ?

C. 3° Vision anticipée et antithétique du double jugement sur les élus et les réprouvés (xiv, 14-20).

Inr. — Ce petit morceau est un des plus remarquables de l'Apocalypse, au moins pour la composition. « Par sa simplicité d'allure et sa vivacité d'images, dit fort justement Calmes, il rappelle l'inspiration des anciens prophètes. » Le parallélisme est d'une rigueur qui n'a guère d'exemple dans le reste du livre; enfin le Christ y est présenté d'une manière nouvelle, qu'on est obligé de mettre d'accord avec la christologie évidente de Jean. Pour toutes ces raisons, on y voit d'ordinaire une source juive {(Weyland : K; Sabatier, depuis le ν. 6; Spitta; J?; al.; cependant Vülter l’attribue à Jean-Marc, mais transpose la péricope après XIX, 4; Erbes, au chrétien de 62; Bruston, à l’Apocalypse sous Néron; Joh. Weïss, à Jean d'Asie). Nous crotrions volontiers, avec Sabatier, que, dans sa forme primitive, cette scène était un morceau isolé d’une Apocalypse juive. (INT. €. x1 et χη].

Il est plus facile d'en déterminer le sens que l'origine. La plupart des critiques y voient la fin d'une source, ou d'une Apocalypse partielle insérée dans le grand écrit ; leur raison est qu'elle décrit la Parousie et le jugement final, ce qui ne saurait étre qu'une conclusion. Ainsi, pour Joh. Weiss, c'est la fin de l'écrit fondamental de Jean, d'Asie. Bousset pense que, à l'origine, c'était bien une description du dernier jugement; mais l'Apocalyptique de dernière main l'aurait autrement comprise, en l'empruntant; peut-être l'eüt-il trouvée dans un contexte étendu, auquel il aurait pris encore ΧΙ, 3-13 (à cause de ἔξω τῆς πόλεως, XIV, 20), VIT, 1-8, XIV, 1-3, et quelques passages de XIII, 11-suiv., mais en fondant si bien tous ces éléments qu'il est difficile de délimiter les emprunts.

Il est en effet incontestable que la langue particulière de Jean s'affirme dans ce morceau en tout ce qu'elle a de plus individuel (ὅμοιον υἱὸν ἀνθρώπου, etc.) ; certains traits, l’« autel », la « ville », les « chevaux », ne peuvent se comprendre qu'en fonction d'autres passages du livre. Si donc une source écrite est demeurée ici dans l'imagination du Voyant, l'inspiration et le travail littéraire l'ont profondément transformée pour l'adapter au contexte général.

A la place qu'elle occupe, ce n'est plus du tout, en effet, une conclusion d'Apocalypse, mais une vision anticipée placée à la fin d'une série préparatoire, avant les Fléaux des Coupes, absolument comme la vision du 6e sceau (VI, 12-VII), avant ceux des Trom-

pettes. Méme symétrie, même antithèse périodique, comme le commentaire va le démontrer; le plan général de l'Apocalypse se poursuit ainsi avec une rigueur remarquable dans toutes les grandes lignes. Un autre signe du lien de XIV, 14-20 avec XIV, 6-13, c'est qu’en unissant ces deux morceaux, on trouve encore un septénaire divisé en 3 +4: après les trois personnages célestes isolés de XIV, 6-11, il en apparaît quatre groupés dans une scène antithétique ; l'auteur, décidément, tient à ce procédé surprenant! XIV, 12-13, formait une sorte d'intermède, absolument comme VI, 9-11. Tout cela, c'est la signature de Jean, et, à notre avis, l'indication très nette, par cette symétrie, du sens qu'il attachait à cette scène, — un sens simplement préparatoire : il voit, ici encore, non pas une exécution, mais le résultat anticipé de ce qui s'exécutera sous ses yeux aux visions suivantes. Les trois premiers Anges ont annoncé le sort futur de Rome, des Bétes et de leurs adorateurs, en même temps que la prédication de l'Évangile, qui assure (12-13) le bonheur éternel et rapproché des croyants; les quatre derniers personnages étendent cette vue au monde entier, dont le Prophète entrevoit dans. une échappée le sort final. Si la vision de VI, 12-VIT représentait plutôt le double jugement de Dieu à travers l'histoire, ce morceau-ci est plus strictement eschatologique, parce que nous approchons de la fin de la Révélation; il est donc naturel que les vues de Jean aillent se précisant.

En fin de compte, XIV, 14-20 est mis là pour faire présager le résultat dernier des scènes qui vont se dérouler du chap. XV au chap. XX, et méme la dernière partie, XXI-XXIT.

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C. χιν. 14. "Καὶ εἶδον χαὶ ἰδοὺ νεφέλη λεύκή, nai ἐπὶ τὴν νεφέλην ᾿χαθήμιενον

τῆς κεφαλῆς αὐτοῦ "στέφανον χρυσοῦν, χαὶ ἐν τῇ χειρὶ αὐτοῦ δρέπανον ὀξύ. 15. Καὶ ἄλλος ἄγγελος ἐξῆλθεν Ex τοῦ ναοῦ, χράζων "ἐν φωνῇ μεγάλῃ τῷ χαθημένῳ ἐπὶ τῆς νεφέλης" [ΠΠέμψον τὸ δρέπανόν σου nat θέρισον, ὅτι ἦλθεν ἡ ὥρα “θερίσαι, ὅτι "ἐξηράνθη ὁ θερισμὸς τῆς γῆς. 16. Καὶ ἔῤαλεν ὁ χαθή-

evoc ἐπὶ τῆς νεφέλης τὸ δρέπανον αὐτοῦ ἐπὶ τὴν YAY, at ἐθερίσθ 7. 1S Ὶ ἢ ἢ

A. Β. 14. καὶ εἶδον καὶ ἰδού, même formule de transition que 1v, 1; vi, 2, 5, 8; χιν, 1; — χαθήμενον. accus., un second εἶδον peut bien être sous-entendu (Inr. c. x, ὃ II) — ὅμοιον υἱὸν ἀνθρώπου, ctr. 1, 13 (v. ad loc.) et noter la persistance de ce singulier accord, Corrections : And., χαθήμενος ὅμοιος ; υἱῷ pour υἱόν, -C-04, And., 9, eulg., Prim. — ἔχων pour l’accus. (Ixr. ὁ. x, ὃ II); correction ἔχοντα, N, al., g, vulg. — στέφανος ici synonyme

de διάδημα (infra) — ἐπὶ τὴν νεφέλην, cfr. la venue du Fils de l'Homme pour le jugement,

Dan. vu, 13-14; Mat. xxiv, 30, et parallèles; Synopt., passim; Apoc. 1, 7.

C. 14. Le Fils de l'Homme apparaît ici dans le même appareil que chez Daniel, sur une nuée blanche, ce qui est un signe favorable (Exc. xu), car il vient moissonner le bon grain des élus. Ce n’est donc point, dans cette eschatologie chrétienne, pour faire la guerre; car [6 στέφανος peut aussi bien être l'emblème de la royauté que de la conquête, et André l'a compris dans ce sens. Qu'il apparaisse en tête d’une série d'Anges, ce n’est pas là un trait sur lequel il faille insister comme le font Æolizm. et Spita, qui l’interprètent par Æen. éth. xivi, 1 où le Fils de l'homme ἃ « une figure pleine de grâce, comme un des Anges saints »; il pourrait cependant tenir à une origine juive du morceau; mais il y a d’autres façons de l'expliquer (infra, v. 15). Notons la réserve de la description : « quelqu'un d'assis sur une nuée », comme Dieu, ch. 1v, était « quelqu'un d'assis sur le trône ». Dans tous les passages où Jean introduit Dieu ou le Christ en vision, ch. 1, 1v, v, XII, XIV, ΧΙΧ, xx, il évite de les nommer directement; une crainte, un respect mystérieux les distinguent ainsi de tous les autres personnages.

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Surtout il se donne bien garde d'appeler le « Fils d'Homme » du nom d’Ange. Il a d’ailleurs trop clairement exprimé, à travers tout son livre, la transcendance divine du Messie, pour qu’il y eût moyen, ici, de se méprendre.

À. 15. And. ajoute σου devant ἣ ὥρα. — τοῦ préposé à θερίσαι rec. K., θερισμοῦ N, al. — ἐν φων. pey., v. supra A-B. 7; plus bas, v. 18, φων. pey. sans ἐν. — ἐξηράνθη, aoriste « constatif » : la moisson a séché, c'est-à-dire est arrivée à la maturité parfaite ; le grain doit sécher pour mûrir : ce n’est pas le blé séché en herbe, comme Joël, 1, 17 : ἐξηράνθη σῖτος.

B. 15. Pour δρέπανον, θερισμὸς, οἷν. Marc 1v, 29; Mat. χιπ, 39. Pour le sens de la moisson, Cfr. 1 Thess, 1v, 17; Mat. 1x, 37; Joh. 1v, 35-38, et les paraboles synoptiques sur le semeur et la semence. — Le ναός est-il celui de χι, 19; χιν, 17, ou bien de χι, 1?

question difficile à trancher (v. infra). Pour le thème de tout le morceau, οἷν. Joël 1m, 43 (1v, 1-suiv.) : τω ra ὦ παρέστηκεν τρυγητός" --- εἰσπορεύεσθε, πατεῖτε, δίοτι ᾿ πλήρης ὃ ληνύς; comme dans l’Apoc., l’image est double, moisson et vendange.

GC. 15. L'adjectif ἄλλος ne dégrade pas, malgré Bousset, la figure du Messie, rabaissée jusqu'à celle. des Anges; car il peut tout naturellement se rapporter à l'Ange du v. 9, et non au mystérieux et royal καθήμενος. Devons-nous être surpris qu'un Ange appelle le Christ-Juge, lui donne, pour ainsi dire, un avertissement et un signal? Si l’on ne veut pas y voir une trace littéraire d’origine juive, n'influant d'ailleurs nullement sur la christologie manifeste de l’Apôtre, on n'a qu’à se rappeler que, au ch. vi, c’est un

CG. χιν. 14. Et je vis; et voici une nuée blanche, et sur la nuée [quelqu'un] d’assis, pareil à un Fizs D'HOMME, qui avait sur sa tête une couronne d’or, et dans sa main une faucille aiguisée. 15. Et un autre Ange sortit du temple, criant d'une grande voix à Celui qui était assis sur la nuée : « Envoie ta faucille et moissonne, parce que l'heure est venue de moissonner, parce qu'elle est sèche, la moisson de la terre ». 16. Et Celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre, et la terre fut moissonnée.

Chérubin qui a dit : « Viens » au Cavalier de l'Évangile. La mise en scène serait la même ici : l’Ange qui sort du Temple — si c'est le Temple céleste — est, comme le Chérubin, un des plus hauts messagers de Dieu le Père, son intervention montrerait que c’est la Divinité elle-même, cachée dans le Temple, qui dit à Jésus, jugeant comme homme, comme Messie, d'exécuter son œuvre définitive. Mais, si l’on considère le ναός comme l’image de l'Église (x1, 1), opposé ainsi à celui du v. 18, alors le sens sera encore plus satisfaisant : c’est l’Ange gardien des fidèles qui exprime à son chef le vœu devenu irrésistible de l'Épouse dont les mérites sont complets : « l'Esprit et l'Épouse disent : Viens! » (xxu, 17). Ainsi //ugues : « l’universalité des saints »; Albert, et d’autres au Moyen Age. |

Mais que signifie la « moisson » ne Dans Joël, et d'autres passages de l'A. T., il s’agit des ennemis de Dieu, 78. xvin, 5; Jér. τ΄, 33; le sens d’Osée vi, 11, est plus douteux. Dans un passage du Ν. ΠΡ πΐ. ἘΠ 39, la moisson est prise au sens le plus général : « La moisson est la consommation du siècle »; mais ailleurs, Ma. 1x, 37-38, Luc x, 2, Mat. x, 30, le sens est franchement favorable, il s’agit des âmes appelées à la foi et au salut, même des élus dans le ue passage (σῖτον) et jamais de la récolte des réprouvés.

Ici, il faut nécessairement admettre ce dernier sens (les élus), sans quoila seconde image, celle de la vendange, ferait double emploi, sans rien ajouter à l’idée, fait sans autre exemple dans l’Apocalypse; car on ne saurait parler ici d’« ondulations », les deux

17. Καὶ ἄλλος ἄγγελος ἐξῆλθεν ἐχ τοῦ ναοῦ τοῦ ἐν τῷ οὐρανῷ, ἔχων χαὶ αὐτὸς δρέπανον ὀξύ. 18. Καὶ ἄλλος ἄγγελος ἐξῆλθεν En τοῦ θυσιαστηρίου, [ὁ] ἔχων ἐξουσίαν ἐπὶ τοῦ πυρός, χαὶ ἐφώνησεν φωνῇ μεγάλῃ τῷ ἔχοντι τὸ δρέπανον τὸ ὀξὺ λέγων. ΠΠέμψον σου τὸ δρέπανον τὸ ᾿" χαὶ τρύγησον τοὺς βότρυας τῆς ἀμπέλου τῆς γῆς; ὅτι ἤχμασαν αἱ σταφυλαὶ αὐτῆς. 19. Καὶ ἔόαλεν ὁ ἄγγελος τὸ δρέπανον αὐτοῦ εἰς τὴν γῆν; χαὶ ἐτρύγησεν τὴν AU ne τῆς γῆς; χαὶ ἔῤαλεν εἰς τὴν ληνὸν τοῦ θυμοῦ σοὺ

θεοῦ "τὸν μέγαν. 20. Καὶ ἐπατήθη ἣ QU ἔξωθεν τῆς πόλεως, nat ἐξῆλθεν αἷμα ἐχ

“visions étant de même étendue, tout à fait sur le même plan etstrictement parallèles; la

première, contre Æugues, Albert, al., n’est pas plus générale que l’autre. Aussi Jo. Weiss a-t-il bien reconnu qu'il y a deux jugements; mais il les spécifie à tort comme un jugement général sur les nations (moisson), et un autre sur Israël, la « vigne de la terre » Jér. πι, 21. Dans une scène de jugement, il serait étrange qu'il ne fût pas question des élus : ce serait contraire à l'esprit d'encouragement et d'enthousiasme de tout le livre. Aussi avons-nous non pas la répétition d’une seule idée sous deux figures, comme dans le distique de Joël, mais deux scènes coordonnées et antithétiques, 14-16, et 17-20 (contre Vict., Bossuet, qui pense aux deux dévastations de Rome ou de l'Empire par Alaric et Attila, Aoltzmann, Bousset, Calmes, qui reconnaît pourtant que l’idée de jugement vindicatif se rattache plus spécialement à la vendange). Μ 815 André référait déjà ce passage à la parabole du bon grain qui rapporte trente, soixante et cent; ainsi l'ont compris un certain nombre d'auteurs que cite Holtzmann, Bengel, Storr, Hofmann, Ebrard, puis Alford, Bruston et Swete. Si le passage de Joël a eu quelque influence, elle est de pure forme; la vision de Jean en a modifié profondément le sers, comme pour la vision des chars de Zacharie au ch. vi (contre Bousset). La blancheur de la nuée, le parallélisme de l’ensemble avec les Sceaux, fortifient notre interprétation.

À. C. 16. τῇ νεφέλῃ rec. K., τὴν veo. C, And. passim. — Swete, rappelant ingénieusement Mat. x, 34 : obx ἦλθον βαλεῖν εἰρήνην, observe que le mot ἔδαλεν ne suggère pas nécessairement l’idée de violence ou de châtiment; et puis, que l’accomplissement de ce travail peut occuper une génération ou un âge du monde; cependant, ici, lé sens proprement eschatologique prédomine.

B. C. 17. Icicommence une scène parallèle antithétiquement à 14-16. — τοῦ ναοῦ

τοῦ ἐν τῷ oùp., Cfr. x1, 19. — Noter, après Aréthas, que cite et approuve Swete, cette

nuance d'une délicate beauté : tandis que le Seigneur récolte lui-même la moisson des élus, il laisse à un esprit subordonné, à un Ange, la charge de la vengeance. De même les Anges des trompettes faisaient pleuvoir les fléaux sur le monde que le Premier Cavalier parcourait seulement pour le convertir.

À. B. 18. Verset parallèle à 15. — ëx τοῦ θυσ. cf. vi, 9 ou vin, 3. — 6, dans Tisch., B. Weiss, douteux pour W-H., rejeté de Soden, ete. — Ange préposé au feu, ΟΡ. l’ Ange des eaux, xvi, 5.

C. 18. Cet Ange vient « de l'autel ». Est-ce celui des holocaustes, ou celui des parfums? Dans le premier cas, il y aurait une relation insinuée entre ce jugement de colère et la prière des martyrs au 5° sceau; dans le second, avec la prière des saints, vin, 8, par laquelle est amenée la sonnerie des trompettes, prodrome de la consommation. Comme cet Ange a « pouvoir sur le feu » — ce qui nous apprend, dit André, qu'il

y ἃ des Anges préposés aux divers domaines de la nature, v. Ir. €. v,1, ὃ I, τ et nn, ὃ.

I, 1, — τ ne plus volontiers un lien entre cette scène et celle de l’autel des parfans, vi, 3-5; il γ a peut-être aussi une affinité entre cet Ange du feu et le feu infernal,

pr

17. Et un autre ange sortit du temple qui est dans le ciel, ayant lui aussi une faucille aiguisée. 18. Et un autre Ange sortit de l’autel, celui qui ἃ autorité sur le feu, et il se fit entendre avec une grande voix à celui qui avait la faucille aiguisée, disant : « Envoie ta faucille aiguisée, et vendange les grappes de la vigne de la terre, parce qu'ils ont müri, ses raisins! » 19. Et l’Ange jeta sa faucille sur la terre, et il vendangea la vigne de la terre, et 1] jeta dans la cuve de la colère de Dieu, la grande [cuve]. 20. Et la cuve fut foulée en dehors de la ville, et il sortit du sang de la cuve jusqu'aux mors des chevaux, à une distance de mille six cents stades.

qui est le vrai sens de la « cuve de colère » du verset suivant. fxuasav, les crimes des impies, comme les mérites des justes, sont arrivés à leur comble.

A. B. 19. Anvés était généralement masculin, et féminin en poésie, ce qui explique que Jean ait pu employer simultanément les deux genres (τὸν μέγαν); ce ne peut être qu’une faute de distraction, qui montre la rapidité excessive de la rédaction de ce livre (Inr. €. x, πὶ et xur, fin). Corrections : τὸν μ. omis (030-55-468, arm.), τὴν μεγάλην, (N, And., rec. K.). — La « cuve de la colère de Dieu », οἷν. χιχ, 15; l’image est inspirée d’Isaïe, Lx, 2-3.

——— À, B. 20. ἀπό marquant la distance, johannique, cfr. Joh. x1, 18; Χχι, 8, (Bousset; Inr. c. x et x). — Pour le « sang » et les « chevaux », description parallèle dans en. éth. C, 3.

C. 20. Quelle peut être cette « ville » en dehors de laquelle la cuve est foulée ? Bousset estime que, si elle n’est pas déterminée, c’est qu’on aurait ici un fragment utilisé ; que ce pourrait être Jérusalem, d’après le ch. χι, ou Babel, d’après xiv, 8, et que l’Apocalyptique de dernière main y a peut-être vu Rome. Mais n'est-il pas tout indiqué de l'identifier à la « Sion » de ce chapitre même, au début? Par conséquent c'est Jérusalem (Joh. Weiss, Swete), comme ΧΙ, 2, mais Jérusalem idéalisée, Jérusalem quartier général de l’Agneau, la « Cité bien-aimée » de xx, 9, ou même le séjour des élus de xxr. Les anciens prophètes, et les apocryphes à peu près contemporains de Jean, représentaient le jugement de vengeance, au grand jour de Jahweh, comme s’exécutant dans la vallée de Josaphat (Joël nr, 12), sur 16 mont des Oliviers (Zach. χιν, 4), à Sion (IV ÆEsd. x, 35; Bar. syr. χι,, 1). Au ch. xvi, 16, la grande bataille contre les rois se livrera aussi en Palestine (« Armagedon », v. ad loc.).

1600 vient sans doute ici comme carré du nombre sacré 40, pour montrer la grandeur du désastre. Beaucoup d'exégètes l'ont entendu de la longueur approximative de la Palestine, de Dan à Bersabée, etc.; il en est même qui pensent au golfe de Suez, fort inattendu ici (voir /loltzm.) Contentons-nous, avec Holtzmann, de remarquer que c’est encore un multiple de 4, nombre des régions du monde et des vents. Vict : « omnes mundi quatuor partes »; la terre entière sera inondée de sang, quand l’Agneau se sera élancé de Sion.

L'image du sang jusqu’au frein des chevaux, qui se retrouve chez Hénoch, doit être traditionnelle. Rien, dans le contexte immédiat, n'explique ces « chevaux », image tout à fait isolée, même hétérogène. Nous ne l’interpréterons pas mystiquement avec André. Faut-il croire, comme Bousset, que ce soit encore l'indice d’un fragment intercalé? Mais plutôt on serait tenté de l’interpréter par les chevaux du ch. vi, ou la chevauchée infernale de la 6e trompette, plaie temporelle suprême, ou la cavalerie des rois de l'Orient qui sera écrasée au ch. xvi, ou l'armée des Bêtes du ch. xix, ou les chevaux blancs de χιχ, 14, ou Gog et Magog du ch. xx. Voici la solution qui nous paraît, à nous, la mieux fondée. Elle est intéressante, parce qu’elle nous montre com- APOCALYPSE DE SAINT JEAN. | 15

ment certains symboles demeurent à l'état continu, sous-jacents, dans l'esprit du Prophète, et passent d’une scène à l’autre sans qu’il songe à le noter expressément :

Le grand jour de Jahweh était figuré chez les anciens par une bataille exterminatrice (A. T. passim); cette image se retrouvera aux chap. χιχ et xx. Ensuite cette victoire a été signifiée par la métaphore d’une cuve foulée, d'où jaillit le sang comme le jus rouge du raisin : « Torcular calcavi solus », dit le Vainqueur d'Edom, 75. Lxni. Il y ἃ eu alliance et superposition de symboles consacrés; on a pris indifféremment l’un pour l'autre ; la cuve, dans notre chapitre, symbolise une bataille, symbole ellemême de la condamnation des réprouvés ; c'est un symbolisme à plusieurs degrés, Les métaphores s’échangeant comme des mots synonymes (Int. ©. vi). Au ch. x1x, 15, où une bataille sera décrite, la cuve reparaîtra. Ici la vision flotte entre le Messie comme fouleur (xx, 15 d’après 15. LxIm), et l’'Ange son ministre pour les vengeances.

Nous reconnaissons donc les traits d’un tableau assez harmonique, et constamment présent à l'esprit du voyant, qui émerge aux chap. x1v, xix et xx. Les chevaux sont ceux des ennemis, ou ceux de l’armée du ciel qui suit le Verbe triomphateur (χιχ, 14). Malgré la variabilité déconcertante des symboles, il y a une grande continuité de description pour qui sait la voir; loin de faire penser à des sources différentes, malgré

l’enchevêtrement avec d'autres figures, c’est un signe d’unité de conception et de

main.

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