D 1° LES SEPT COUPES DE LA COLÈRE DE DIEU (XV-XVI
/ ἵν. — L'auteur nomme les fléaux qu'il va décrire πληγὰς ἑπτὰ τὰς ἐσχάτας, ὅτι ἐν αὐταῖς ἐτελέσθη ὃ θυμὸς τοῦ θεοῦ. Faut-il entendre par là que ce sont les tout derniers chätiments de Dieu, ceux qui consommeront la ruine du monde pervers, en s'ajoutant aux fléaux des Trompettes? Mais, observe Joh. Weiss, qui attribue ἐσχάτας à une adaptation, plutôt maladroite, de ἰ᾿ « Éditeur », 668 fléaux ne sont pas pires ni plus décisifs que les précédents. D'ailleurs nous avons ou la 7° trompette amener déjà la fin du monde; cette série nouvelle n'est donc pas « dernière », contre Holtzmann, par rapport aux πληγαί mentionnées IX, 20. Swete explique le qualificatif, non par le fait quil ne doive arriver encore d'autres fléaux après les Coupes, mais parce que ce seraient les dernières manifestations « cosmiques » de la colère de Dieu. Cette opinion ne nous parait guère admissible, attendu que ces sept plaies ne sont pas exclusivement cosmiques, quelques-unes même ne le sont pas du tout. Nous préférons la solution qu'in-
dique trop brièvement Bousset :
Les fléaux des Coupes sont dits « derniers » — soit parce qu'ils sont les derniers dans la rédaction, les luttes qui suivront à partir de XVII y étant déjà implicitement contenues; — soit plutôt parce qu'ils présentent, sous un angle plus étroit que les Trompettes, l'ensemble des calamités des « derniers temps »; — soit, ce qui nous satisferait mieux encore, parce qu'ils sont « derniers » en regard du malheur du règne des PBêtes, (le 3e Vae, c. XIIT), étant la destruction de leur empire. (Voir comm. de xvr, 21). En tout cas, ils ne sauraient être postérieurs aux fléaux des Trompettes, qui embrassaient tout le cours de l'histoire, jusqu'à la fin inclusivement. C'en est plutôt une « récapitulation ». ὍΝ
Admettre ici la théorie de la « Récapitulation », appuyée sur tant d'autorités (nr. c. vu et c. xiv), ce n'est pas dire que l'auteur se répète purement et simplement, sans autre but que de varier ses images, et de causer de nouvelles impressions de terreur ou d'espérance. Les 7 Coupes se distingueront des 7 Trompettes en ce que celles-ci avaient un sens typique général et indéterminé, tandis que les Coupes sont plus « historiques », ayant un rapport étroit avec les Bêtes; elles visent donc d’abord l'Empire romain, et il y a une part de vérité dans l'exégèse de Bossuet, malgré les précisions trop grandes d'un système qui rapporte exclusivement ces prophéties au règne de Valérien ou
d'autres empereurs déterminés; mais les Coupes n'en gardent pas moins leur valeur typique pour toutes les autres périodes qui pourront suivre la chute de Rome, jusqu'à la destruction parfaite de l'Antéchrist perpétuel.
Avant de décrire l'exécution, saint Jean fait encore une préface.
D 1° a-b. Les Anges reçoivent les coupes devant la foule céleste (xv-xvi, 1).
Inr. — Cette péricope présente une grande analogie avec VIII, 2-6, dernière préparation aux châtiments des Trompettes; seulement elle a plus d’ampleur. De part et d'autre, les Anges du châtiment sont mentionnés au commencement et à la fin du morceau; dans l'intervalle, une scène céleste qui est une sorte de cérémonie liturgique. La différence consiste en ce que, au ch. ΚΠ, c'était un Ange qui servait d'intermédiaire pour offrir à Dieu les prières anxieuses des saints; ici c'est toute l'Église qui apparaît transportée au ciel (comme VIT, 9-fin et infra, XXI-XXII); elle ne prie plus seulement, mais elle chante avec enthousiasme la certitude de la victoire divine et de la conversion du monde. C'est que nous approchons du terme de la Révélation, les visions deviennent de plus en plus sereines et triomphantes.
La structure de cette scène est remarquable; nous y trouvons trois « volutes », comme au ch. XII, avec des précisions successives : 1°) au +. 1, dans une sorte de titre, d'« Ueberschrift » (Bousset), la mention des 7 Anges et des 7 plaies; 2° aux vv. 5-6, ces Anges, magnifiquement décrits, sortent du Temple céleste, avec leurs fléaux en main; 3° aux ον. XV, 7-XVI, 1, on les voit recevoir leur mission et leurs coupes de la main d'un des quatre Animaux; car le décor du ch. IV subsiste toujours. C’est faute d'avoir compris celle disposition caractéristique que force critiques ne voient encore en tout cela que des doubleis oiseux, qui révèleraient des sources mal juxtaposées. Ainsi Joh. Weiss attribue à Q les versets 5-6 (sauf interpolation des mots « la tente du témotignage dans le ciel »), et 8; à l'« Éditeur », les vo. 1-4; interpolation de 5; 7. Dans notre système, il devient superflu de discuter ces vues.
Remarquons encore un trait qui montre combien est étroit le parallélisme entre les visions préliminaires des deux grandes sections prophétiques. Nous y retrouvons le même schéma de 3, qui se méle dans l’Apocalypse à ceux de 7 et de 4. En effet, dans la première partie, avant la sonnerie des Trompettes, s'est déroulée une triple scène
d'espoir ou de triomphe :
1° La promesse aux martyrs (VI, 9-11); — 2° la procession montant de la terre au ciel (VII, 9-17) — 3° l'effet des prières des saints (VIII 3-5).
Et, dans la présente section, avant l’effusion des Coupes, nous trouvons :
1° La sécurité de l'armée'de l'Agneau, sur le mont Sion (XIV, 1-5); — 20 la moisson des élus (XIV, 14-16); — 3° le triomphe anticipé des vainqueurs de la Bête (XV, 2-4) (1). C'est d'abord l'Église en armes sur la terre; puis l'Église dans le jugement qui la sauve; enfin la cohabitation au ciel de l'Église militante et triomphante, comme aux chap. VII, et, infra, XX, puis XX/-XXIT.
Parmi ces scènes, les deux premières respectivement, VI, 9-11 et VIT, 9-17, d'une part, XIV, 1-5 et XIV, 14-16 de l'autre, appartiennent aux visions préliminaires; les troisièmes, ΚΠ, 3-5 et XV, 2-4, font partie de l'exorde des « visions d'exécution ».
À. B. C. 1. za εἶδον, formule de transition ordinaire. — σημεῖον est référé par ἄλλο à χα, 4-3; le style, comme la composition (Inr. supra) rappelle ce chap. χπ' — ἐν instrum.
(1) Il y aurait quatre passages de cet esprit dans les préparations aux Coupes, si nous ajoutons x1V, 12-13. Mais ces versets, quoique parallèles à νι, 9-11, pour la place et en partie pour le sens, ne sont pas une descriplion, non plus que vi, 1, el XIV, 6-7.
(Ir. ©. x, ὃ ΠῚ — ἐτελέσθη, aoriste équivalant à un parfait prophétique, voir X, 7. — Comparer ce verset à 5-6 et 7-suiv., c'est comme une « première onde », une indication, un titre. — Les 7 Anges, d’après leur fonction, doivent être les mémes que ceux des Trompettes, voir vur, 2 C.
A. Β. 3. — ὡς montre que l’auteur a bien conscience de ne voir que des symboles de réalités transcendantes (Ir. c. v, 1$ I, et ©. χη). — θάλασσαν, κτλ, Cr. 1V, 6; l’auteur revient au décor du chap. 1v, qu’il n’a jamais perdu de vue, et l'absence d'article ne prouve pas qu'il s'agissé de quelque chose de nouveau; c'est sa manière, cfr. xu1, 1, θηρίον sans article (Swete); le temple céleste, les ὁ Animaux vont aussi reparaître ; — νικῶντας, participe présent, cfr. 16 ὃ νικῶν (τῷ ve.) de la fin des Lettres. — ἐχ après ve. est assez irrégulier. Æoltzm. : « ἔχ τοῦ θηρ. χτλ, die Macht andeutend, aus welcher der Sieg befreit » ; la Bête, etc., c’est un monde d’ennemis d'ot ils savent se dégager. — θηρ. ex. αριθ. cfr. xt, 1,14, 17; χιν, 9,11; énfra χιχ, 20; xx, 4. — Ce chapitre montre donc qu'il y ἃ un lien intime entre les deux sections prophétiques, dont les principales figures se trouvent ici combinées.
α. 2. La mer de cristal (le firmament du chap. 1v), est ici mêlée de feu, trait nouveau qui s’expliquerait bien par les vues cosmologiques des anciens, la foudre mêlée à l'océan céleste (en. sl. xxiv, 2, Bousset), ou encore la flamme des étoiles; cela n'exclut pas d’ailleurs les interprétations spirituelles des anciens : le baptême (Vücr.), la pureté, et 16 feu qui éprouve les œuvres, d'après 1 Cor. m1, 13 (André). Le présent νικῶντας montre qu'il ne s’agit point d’une victoire passée, mais plutôt d'un succès que les fidèles sont en train de remporter. Aussi, dans ces heureux vainqueurs, ne verrons-nous pas exclusivement des martyrs, malgré Calmes, Bousset, Joh. Weiss et même Swete; pas même uniquement des morts arrivés au salut. La comparaison avec la scène analogue de vu, 9-fin, et, plus loin, avec le Millenium du ch. xx, nous fait croire bien plutôt qu’il s’agit de toute l’Église, militante et triomphante, qui se révèle | au Prophète dans son indissoluble unité; ceux qui vivent ici-bas de la grâce sont déjà, en leur vie intérieure, transportés au ciel, concitoyens des bienheureux qui sont dans la gloire (Phil. τι, 20). Déjà ils peuvent faire vibrer les harpes divines, οἷν. χιν, 2. À. B. 3. Κύριε ὁ θεός ὃ παντ. cfr. 1v, 8; x1, 17; xvi, 7; xx1, 22. Alliance du vocatif, si rare dans l’Apoc., avec le nominatif, voir Inr., ὁ. x, ὃ IT; plus bas, ὃ Bas. pour le vocatif, corrigé en βασιλεῦ N°, And. — αἰώνων (cfr. Tobie xur, 6) au lieu α᾽ ἐθνῶν, N°, C, Ap11-95-2040, al. oulg., syr. — « Le chant de l’Agneau » cfr. sans doute v, 9-13 (Holizm., Vülter), et le « chant nouveau » de χιν, 3; le « chant de Moïse » Ex. xv, 1-21. Le cantique entier est une composition libre faite surtout d’après les Ps. cxzv, 17, et LXXXI, 9; μεγ. χαὶ θαυμ. τὰ ἔργα σου, οἷν». Ps. σχι, 2; cxxxIx, 4; due. χαὶ ἀληθ,, union de mots familière à l’Apoc., (Inr., c. x, $ III) cfr. Deut. xxx, 4; Ps. cxLv, 17; δ βασ, τῶν ἐθγ.. cfr.‘Zach. χιν, 9.
G. 3. L’allusion au chant que Moïse, Le « serviteur de Dieu », comme l’appelle l'A. Τὶ,
- entonna après le passage de la mer Rouge, s’harmonise bien avec la « mer de cristal »
au-dessus de laquelle les Vainqueurs ont réussi à monter, en passant par le feu. La plupart des critiques veulent supprimer τὴν δὴν τοῦ ἀρνίου, opération que Bousset reconnaît bien n'être pas nécessaire. Il y a deux cantiques, celui de l’Agneau (qui est proba-
blement celui que [65 êtres célestes ont entonné à son intronisation, ch. v), et celui de
Moïse; les vainqueurs célèbrent ainsi et leur délivrance spirituelle de l'Égypte nouvelle et de ses Pharaons, et le Ghrist qui les associe à son triomphe sur le péché et la mort (Swete). Les anciens, And., Prim. ont pourtant cru qu'il s'agissait de cantiques respectivement chantés par les saints de l'Ancien et du Nouveau Testament. On pourrait supposer aussi, pour éviter une contradiction avec le symbolisme de χιν, 3 (v. ad loc.) que le cantique de Moïse est chanté par tous les rachetés, quels qu'ils soient, et le cantique de l’Agneau seulement par les Bienheureux et les 144.000 ascètes « qui seuls peuvent l’apprendre ».
ss 9
EX 3, * » - à C. XV. 1. Καὶ εἶδον ἄλλο ᾿σημεῖον ἐν τῷ οὐρανῷ, μέγα at θαυμαστόν, ἀγγέλους
2. Καὶ εἶδον “os θάλασσαν ὑαλίνην μεμιγμένην πυρί, nat τοὺς - "νικῶντας "ἐχ τοῦ θηρίου nai Ex τῆς εἰχόνος αὐτοῦ nat Ex τοῦ ἀριθμοῦ τοῦ ὀνόματος αὐτοῦ ἑστῶτας ἐπὶ τὴν θάλασσαν τὴν ὑαλίνην, ἔχοντας χιθάρας τοῦ θεοῦ. 3. Καὶ ἄδουσιν τὴν ῳδὴν Μωύσέως τοῦ δούλου τοῦ θεοῦ χαὶ τὴν ᾧδὴν τοῦ ἀρνίου λέγοντες" Μεγάλα χαὶ θαυμαστὰ τὰ ἔργα σου, χύριε "ὁ θεὸς ὁ παντοχράτωρ᾽ δίχαιαι καὶ ἀληθιναὶ αἱ ὁδοί σου, "ὁ βασιλεὺς τῶν “ἐθνῶν. 4. Τίς "οὐ μὴ φοδηθῇ, "χύριε, nat "δοξάσει τὸ ὄνομά σου; ὅτι μόνος ὅσιος, ὅτι πάντα τὰ ἔθνη ἥξουσιν χαὶ προσχυνήσουσιν "ἐνώπιον σου, ὅτι τὰ δικαιώματά σοὺ ἐφανερώθησαν.
A. B. 4. οὐ μὴ, ν. ἵντ., Ο. x, 8 Il; μὴ omis N, al.; on attendrait δοξάσῃ, pour répondre à φοδηθῆ, mais le fut. δοξάσει est bien attesté par ἃ, C, P, et de nombreux autres mss; c'est peut-être que cette « glorification » est surtout réservée à l’avenir, quand les peuples seront convertis, tandis que, dès à présent, à cause des fléaux, ils doivent au moins connaître la crainte. — τίς où μὴ φοῦ., cfr. Jér. x, 7, en hébreu; — ἧξ. καὶ rpoox., Cfr. Ps. LXXXV (LXXXvVI), 9; — ἐνώπιον après προσχ. donne à ce verbe le sens clair de « se prosterner », mieux encore que s’il y avait le datif (v. supra, ΧΗΙ, 4). — δικαίωμα (cfr. ΧΙΧ, 8), signifie « acte de justice » prescrit par la loi (Luc 1, 6; Rom. τι, 26, al.) ou « juste sentence » rendue par Dieu, Rom. 1, 32; c'est le sens ici, à moins qu'il ne veuille dire : « les pièces justificatives de ton jugement », comme dans des papyrus cités par Moulton-Millisan. La « manifestation » en serait alors la prédication de l'Évangile.
C, 4. Swete remarque bien, mais sans en tirer la conséquence voulue, qu’il n'y a pas en ce cantique d’allusion au martyre — parce que, dit-il, les martyrs s’oublient euxmêmes en présence de la gloire de Dieu. Mais ce trait négatif s'explique beaucoup mieux si tous ne sont pas des martyrs; ils peuvent être vainqueurs de la Bête au sens général de νιχᾶν chez Jean, sans avoir été mis dans le cas de verser leur sang. Prenons bien soin de remarquer que, avant la ruée des fléaux, ce n'est pas la vengeance que célèbrent ces vainqueurs, mais la conversion des Gentils, à laquelle les fléaux euxmêmes sont ordonnés; c'est l'esprit de l’Apocalypse chrétienne. Elle se réjouit du triomphe messianique, non de la fin du monde. | À A. B. 5. On constate ici combien la formule μετὰ ταῦτα εἶδον, en dépit de sa teneur littérale, est loin d'indiquer toujours une succession d'événements. — « Le Temple de la tente du témoignage », donc type céleste du temple et du tabernacle de VA Tale dois ΟΠ. x1, 19.
C. 5. Il ne s’agit pas, fût-ce dans une source (contre J. Weiss), du temple terrestre — d’ailleurs figuratif — de x1, 1-suiv., mais de celui qu’on a vu déjà ouvert au ciel, x1, 19, pour montrer l'Arche d’Alliance. La miséricorde et les châtiments viennent donc
également du sanctuaire, comme de l'autel (vin, 2-6), parce que les rigueurs elles-
mêmes sont ordonnées au salut du Règne de Dieu. Si x1, 19 fait partie de la deuxième section prophétique, comme nous avons cherché à l’établir, alors on pourrait croire, ou que le sanctuaire, entr'ouvert un instant aux yeux du Prophète, s'était refermé, ou que cette figure s'était effacée quelque temps de l'esprit du Voyant; ainsi beaucoup de traits particuliers s’éclipsent ou changent, pour reparaitre subitement. Mais je croirais plutôt que le verset χι, 19, était une anticipation de ce passage; il faut joindre les deux pour avoir le sens spirituel complet de cette ouverture du Temple (v. comm. à ΧΙ, 19, et Exc. xxv). — Notre verset n'indique pas un nouvel acte des 7 Anges; il précise seulement le ν. 1; c'est la « deuxième onde ».
C. xv. 1. Et je vis un autre signe dans le ciel, grand et merveilleux, sept Anges qui avaient sept plaies, les dernières, car par elles est consommée la colère de Dieu.
2. Et je vis comme une mer de verre mêlée de feu, et ceux qui [sortaient] vainqueurs de [la lutte contre] la BérE et son image et le nombre de son nom; se tenant debout sur la mer de verre, ayant des cithares de Dieu. 3. Et ils chantent le cantique de Moïse Le serviteur de Dieu, et le cantique de l’Agneau, disant : « Grandes et admirables [sont] tes œuvres, Seigneur, Dieu tout-puissant! justes et véritables tes voies, roi des nations! ἐν. Qui pourrait ne pas te redouter, Seigneur, et [qui ne] glorifiera ton nom? parce que seul tu es saint, parce que tous les peuples viendront et se prosterneront devant toi, parce que tes justifications ont été manifestées! »
A. Β. 6. ἐκ τοῦ ναοῦ omisrec.K.— Pour λίνον on trouve λίθον (C, Δ, « lapidem » dans quelques exempl. de vulg.) ; λίθον, admis de W.-H., semble une erreur de scribe, pourtant And. connaît un certain nombre de codex qui le portaient (Œcumenius, d'après Diekamp}; λίνον — λινοῦν est un mot très rare, mais des formes rares et poétiques se rencontrent dans l’Apocalypse; le mot se trouve en ce sens dans Homère, Zliade ix, 661, et Odyssée χα, 73, 118, ainsi que dans Eschyle (Swete). — δὶ λίθον était exact, οἷν. Ezech. xxvin, 18, sur le roi de Tyr : πάντα λίθον χρηστὸν ἐνδέδεσαι — Pour l’habillement des Anges, οἷν. Ezech. 1x, 2, et le costume du Fils de l'Homme, Apoc. 1, 13-suiv.
C. 6. Le costume des Anges rappelle celui des Anges d'Ézéchiel, 1x, qui sortent du: Temple pour châtier Jérusalem, et, si l’on admet λίθον, on peut voir une allusion au pectoral du grand prêtre. Ces Anges sont vêtus en prêtres, parce qu'ils sont des λειτουργιχὰ πνεύματα ({leb. 1; 14) ; ils vont, en châtiant, offrir comme un sacrifice à la justice divine (Swete).
À. B. 7. ἀμήν ajouté après αἰώνων, comme dans une doxologie N, boh., al. — « Coupes de colère » ον, x1v, 10 ; c’est une figure usuelle dans l'A. T. — « un des Animaux » efr. ch. 1v, etc.
G. 7. Ces coupes contiennent le breuvage dont ont été menacés les adorateurs de la Bête (χιν, 10); elles forment la contre-partie des coupes d’or remplies de parfums que les Animaux et les Vieillards tiennent dans leurs mains (c. v, 8), tandis qu'ils adorent l’Agneau (Calmes). C’est à tort que Swete y voit des brûle-parfums comme vus, 5. Les coupes sont distribuées par un des Animaux; c’étaient eux déjà qui avaient appelé les Cavaliers au ch. vi, car ils sont les représentants de la nature, associée à la vengeance de son créateur (Swete) ; cependant il ne s’agit pas uniquement de fléaux naturels. — Le symbolisme des coupes n’entraîne en soi qu’une idée de châtiment, contrairement à celui des Trompettes (v. Exc. xx); mais l’idée de miséricorde est toujours corrélative.
——— Δ. Β. 8. ἐκ τῆς δόξης (ëx omis dans le codex d'Œcuménius 010-121-250) signifie que le flamboiement de la Gloire est la cause de cette fumée, οἷν". Ex. χιχ, 18; 15. vi, 4; Ezech. xuiv, &. — « Personne ne pouvait entrer », cfr. Ex. xL, 34-35; 1 Reg. vin, 10-11.
C. 8. Cette fumée est dans l'A. T. un trait des théophanies : « Deus noster ignis consumens est » (Heb. χιι, 29). Le sanctuaire devient inaccessible; cela veut dire peut-être que les jugements de Dieu sont impénétrables, jusqu à ce qu'on les comprenne en les voyant exécutés complètement au retour du Seigneur (Bède). L'idée de l’ « état intermédiaire » des âmes, incompatible avec x1v, 12-13 (v. àd loc.) est ici très arbitrairement introduite par André. Holtzm. l'interprète ainsi : Dieu reste inaccessible jusqu'à ce que sa colère se soit déchargée, c’est-à-dire qu'aucune intercession tardive ne peut
5. Καὶ “μετὰ ταῦτα εἶδον, nai ἠνοίγη ὁ ναὸς τῆς σχηνῆὴς τοῦ μαρτυρίου ἐν τῷ οὐρανῷ, 6 χαὶ ἐξῆλθον οἱ ἑπτὰ ἄγγελοι οἱ ἔχοντες τὰς ἑπτὰ πληγὰς ἐκ τοῦ ναοῦ, ἐνδεδυμένοι λίνον χαθαρὸν λαμπρὸν καὶ περιεζωσμένοι περὶ τὰ στήθη ζώνας χρυσᾶς. 1. Καὶ ἕν ἐχ τῶν τεσσάρων ζώων ἔδωχεν τοῖς ἑπτὰ ἀγγέλοις ἑπτὰ φιάλας χρυσᾶς γεμούσας τοῦ θυμοῦ τοῦ θεοῦ τοῦ ζῶντος εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων. 8. Καὶ ἐγεμίσθη . 6 γαὸς χαπνοῦ ᾿ἐχ τῆς δόξης τοῦ θεοῦ χαὶ Ex τῆς δυνάμεως αὐτοῦ, χαὶ οὐδεὶς ἐδύγατο εἰσελθεῖν εἰς τὸν ναὸν ἄχρι τελεσθῶσιν αἱ ἑπτὰ πληγαὶ τῶν ἑπτὰ ἀγγέλων. ἃ. χνι. 1. Καὶ ἤχουσα μεγάλης φωνῆς “Ex τοῦ ναοῦ λεγούσης τοῖς ἑπτὰ ἀγγέλοις"
arrêter ses jugements. D'ailleurs, c’est là une image consacrée, d’après Ex. et I Reg. mais très susceptible d'interprétation spirituelle ; elle n'indique nullement, contre Joh. Weiss et autres, qu’il se soit d’abord agi ici du temple terrestre.
A. B. C. χνι, 1. ἐχκ τοῦ ναοῦ omis rec. Κ΄. — ëxyéare, rec. K., And. — « Coupes de la colère » cfr. xv, 7. — Cette grande voix qui sort de la demeure de Dieu peut bien être celle de Dieu lui-même, cfr. vi, 6. Si les coupes sont dites versées « sur la terre », quoiqu'elles affectent aussi l'air et les astres, c’est que les fléaux visent plutôt les hommes, les adorateurs de la Bête, que les éléments.
D. 1° c. Les Anges versent leurs Coupes (xvi, 2-21).
Ir. — Bousset, après Weïzsäcker, a bien compris que cette péricope n'est qu'une reprise, faite par le même auteur, des prophéties de VIII-XT, mais sous un rapport plus concret avec les Bêtes et Rome, pour en faire une introduction aux chapitres XVII-XVIIT, — auxquels nous devrons ajouter XIX. Joh. Weiss a une théorie très compliquée sur des combinaisons de Q et de l'« Éditeur », celui-ci ayant transposé la scène, qui devait être une conclusion dans la source juive, à une place qui ne lui convient pas; Jean n'y aurait aucune part. Erbes attribue le morceau entier à la 3° Apocalypse, de l'an 80; pour Vülter il est de Cérinthe, moins des notes de rédaction; Weyland et Spitta y entremélent leurs sources juives — K et 2; J? et 41 --- avec des versets chrétiens, comme le 15°. Bruston donne tout au dernier rédacteur, à part 13-16 et
19», fragments de l’'Apoc. de Néron; pour Sabatier, 13, 1%, 16 sont juifs d'origine.
En réalité, il n'y a pas de sources reconnaissables; c'est une « récapitulation » — restreinte et adaptée — des plaies des 7 trompettes, àvec lesquelles celles-ci ont une analogie frappante, ainsi qu'avec les plaies d'Égypte, Ex. vu-x. La quatrième seule est presque entièrement neuve, au moins dans ses effets; puis elles ne sont pas, comme les précédentes, restreintes à un tiers des objets attaqués. La 25, la 5°, la 5°, la 6e et La 1° correspondent en gros aux trompetles, el iouies sont librement adaptées, pour que l'humanité soit plus directement et plus uniformément atteinte.
La différence essentielle, c'est que la 7e coupe ne semble pas, comme la dernière trompette, amener la ruine totale du monde, car des hommes subsistent encore après elle, et non convertis. Nous nous l’expliquons du fait qu'elles sont concues, d'abord et principalement, en rapport avec des réalités contemporaines, Rome-Babylone, dont L'empire s’écroulera longtemps avant la Parousie (v. ch. XVIT). La « récapitulation » n'est donc que relative. Mais, puisque Rome se confond en partie avec la 175 Bête (XVII-XVIIT), et que la Bête est encore un symbole plus étendu, signifiant la puissance de l'Antéchrist dans tous les âges, le schéma des sept coupes peut étre considéré comme typique aussi, et destiné à se reproduire aussi souvent que les périodes de « 42 mois », jusqu'à la destruction complète de l'ennemi, au ch. XIX. Nous avons vu plus haut en
5. Et après ces choses, je vis; et il s’ouvrit, le temple de fa tente du témoignage dans le ciel; 6 et Les Sept Anges qui ont les sept plaies sortirent du temple, revêtus d’un lin pur, brillant, et ceints autour de leurs poitrines de ceintures d’or.
7. Et l’un des QuaTRE Animaux donna aux sept Fi SEPT COUPES D'OR remplies de la fureur du Dieu qui vit aux siècles des siècles. 8. Et le Temple fut rempli de fumée, en raison de la gloire de Dieu et de sa puissance; et
personne ne pouvait entrer dans le Temple, jusqu'à ce que fussent consom-
mées les Sept plaies des Sept Anges.
C. xvi. 1. Et j’entendis une grande voix [sortant] du Temple, qui disait aux Sept Anges : « Allez, et répandez les Sept coupes de la 601 0. de Dieu sur la terre. »
quel sens ces fléaux sont dits « les derniers ». Bède y voyait les luttes de l'Église contre l'Antéchrist eschatologique, se référant à la sixième trompette; Albert, un sens spirituel, la condamnation des réprouvés par la prédication des saints. Bossuet les rattachait au 2° Vae (IX, 14, cfr. XVI, 12-suiv.) et se représentait toutes les coupes versées à la fois, ou dans un temps fort court — à la différence du son des trompettes — pour figurer les malheurs de l'Empire entre Galien et Maximin Daïa. En réalité, quoiqu'ils visent d'abord l'Antéchrist des premiers siècles, ces fléaux s'étendent sur tous les temps et l'univers entier; par des prolepses, des emboïttements, ils signifient déjà la ruine de Rome et des Bétes, qui fera la matière étendue des chapitres suivants. Si les coupes répondent aux mêmes réalités que les ἀμ {} l'ordre est pourtant inverse : les Trompettes descendaient des fléaux cosmiques jusqu'au 3° Vae, domination de Satan et des Bêtes, tandis que les Coupes prennent leur point de départ dans cette domination méme, pour décrire les fléaux cosmiques ou historiques qui la ruineront ainst que l'univers matériel. C'est pourquoi les anciens commentateurs rapportaient les Coupes à une époque postérieure au moins à celles des cinq premières Trompettes; mais cette vue était superficielle, car Jean fait abstraction, autant que faire se peut, de loute succession chronologique, de méme que, dans son Évangile, il ne montre que peu de souci des développements partiels des faits ou des idées.
A. B. 2. εἰκόνα dans quelques mss. seulement (supra, x, 3). — Onp., xap., etx., v. supra, ch. ΧΠΙΓΧΙΝ, — « Ulcère » οἷν. Ex. 1x, 910, sixième plaie d'Égypte; Deut. ΧΧΥΠΙΙ, 85. — Quelque rapport avec la 1'e trompette (plaie de la Terre) et avec la cinquième (piqûre des sauterelles-scorpions).
α. 2. C’est la menace du deuxième Ange des préparations (χιν, 9-11), qui commence à s’accomplir ici; un ulcère, pareil à celui qui frappa les magiciens de Pharaon, s’attache aux chairs des adorateurs que la magie a procurés à la Bête (Swete). On peut
. l'entendre, avec André, al., au sens physique ou au sens moral.
À. B. 8. Dans ce verset et les suivants, quelques témoins, mais pas toujours les mêmes chaque fois, ajoutent ἄγγελος après le nombre ordinal (rec. ÆX., And., vulg., , boh., N, Prim. — ζωῆς est la leçon de À, C, syr.; ailleurs, ζῶσα, ζώων; — ὡς parfois omis. — Cfr. la 2° trompette, vi, 8-suiv., amplifié d’après Ex. vu, 17-21, première plaie d'Égypte. — Apposition du pluriel τὰ κτλ à un singulier, ce qui ne surprend pas dans l’Apoc.
G. 3. Ici le désastre de la mer n’est pas limité au tiers, comme à la deuxième trompette; ces restrictions n'apparaissent pas dans la section des coupes. Je ne pense
΄ ν x Ἀ ᾽ ᾽ υ « Æ ἐγένετο ἕλχος χαχὸν nai πονηρὸν ἐπὶ τοὺς ἀνθρώπους τοὺς ἔχοντας τὸ χάραγμα τοῦ θηρίου χαὶ τοὺς προσχύνοντας τῇ “εἰχόνι αὐτοῦ.
ς ε ΄ Noir ι ᾽ à ϑ ι à 5 : , F ci t
3. Kai ὁ δεύτερος ᾿ἐξέχεεν τὴν φιάλην αὐτοῦ εἰς τὴν θάλασδαν᾽ nai ἐγένετο αἷμα ὡς
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. Καὶ ὃ τρίτος ἐξέχεεν τὴν φιάλην αὐτοῦ εἰς τοὺς ποταμοὺς nat τὰς πηγὰς τῶν
€ NME AR IQ ἐξ À xe! - Ua el è = 7 εἶ, ὁ ὧν Kat ὁ ἦν", ὁ ὅσιος, "ὅτι ταῦτα ἔχρινας, 6 ὅτι αἷμα ἁγίων χαὶ προφητῶν ἐξέχεαν, * ᾽ν Ἃ- τ' ᾿ - AN * RAR REA r ᾽ χαὶ ᾿ἀϊμα αὐτοῖς δέδωχας ᾿πεῖν᾽ ἀξιοί εἰσιν.
pas qu'il faille attacher grande importance à ce détail; l'expression est simplement plus générale. Ainsi Moïse avait changé en sang les eaux du Nil.
À. B. 4. Amplification de vi, 10, à la troisième Trompette, encore d’après Ex. vu, 17-21. — πηγὰς τῶν ὑδάτων, expression caractéristique de l’Apoc. (Int. c. x, ὃ III) — ἐγένοντο À, af., g.
G. 4. Les eaux douces sont donc frappées à part de la mer, comme dans la section des Trompettes; c’est sûrement la même imagination qui est à l’œuvre. Les hommes devraient tous mourir, faute d’eau. Maïs il n’y a ni succession chronologique, ni fléaux à prendre à la lettre (Int. ὁ. v, 1 ὃ I).
A. B. 5. ὅσιος seulement ici, et x1v, 5; — ὁ &v xai ὃ nv, expression caractéristique (Int. c. x, ὃ II), qui démontre encore l’unité de main; 6 ἐρχόμενος manque ici comme ΧΙ, 17; ὃς ἣν rec K.; ὃ ὅσιος — vocatif (Int. c. x, ὃ II); sans article À, C, Q et une trentaine de minuscules; de là vient sans doute la fausse liaison de Vulg. : « qui es et qui eras sanctus ». — ὅτι explicatif, non causatif.
C. 5. Le monde angélique et les saints, figurés plus bas par l’autel, s'unissent pour approuver ce jugement rigoureux. L’ « Ange des eaux » rappelle l’ « Ange du feu » de x1V, 18, et les « Anges des vents » de vu, 1; οἷν. Hen. eth. zxvi, 2. Les rabbins usaient souvent de telles expressions ; ils donnaient des Anges à presque toute créature, idée qui a peut-être été développée sous l'influence des Perses. Voir Int. c. v, 1 ὃ II-III et π, $ I, 1. Dieu n’est pas appelé ici ὃ ἐρχόμενος, parce qu'il est là déjà, en pleine activité de juge, ce qui se vérifiait encore plus rigoureusement x1, 17, à la 7e trompette.
A. B. 6. αἵματα, N, Av30-36-2019, «403-39-1918. — Καί pourrait être aussi considéré comme le hébraïque de l’apodose. — πεῖν, forme vulgaire, pour πιεῖν, se
trouve À et C; cfr. xvirr, 24 et Ps. Lxxix, οἱ
C. 6. La remarque de l’Ange exprime l'indignation concentrée du Prophète devant le spectacle cruel des persécutions; les « saints et les prophètes », alliance de mots rencontrée ailleurs, sont ceux de l’Ancien et du Nouveau Testament; l’asyndeton ἄξιοί εἶσιν accentue l'impression; c’est la contrepartie de x1v, 5. | A. B. 77. ἐκ ajouté devant θυσιαστ., Q, And. passim; Av63-160-2066 ajoute ἄλλον [ἄγγελον 77]; g traduit ἄλλον, et tous deux suppriment la mention de l'autel. — ἀληθ. χαὶ δίχ., expression stéréotypée, comme xv, 3; ΧΙΧ, 2. — Κύριε, vocatif. Int. c. x, ὃ II. — 0 0. 6 παντοχράτωρ; cfr. 1, 8; 1v, 8; x1, 17; XV, 3; XVI, 145; xIX, 6, 15; xxI, 22.
G. 7. L'autel est personnifié, comme l’indiquerait déjà l'emploi du génitif après ἤχουσα; ce n’est pas « le génie du sacrifice » (οἷν. Æoltzm.), ni le Christ ou les Anges intercesseurs en personne (And., al.), mais plutôt le retentissement des prières des saints qui y sont offertes comme un encens; cette voix, qui part du centre des supplications humaines et des intercessions angéliques, exprime la conformité des volontés de l'Eglise avec celles de Dieu. Ainsi vin, 3-5 et 1x, 13, le parfum qui monte de l'autel a hâté les châtiments, car ceux-ci contribuent au règne de Dieu, et au salut de l’huma-
C. xvr. 2. Et le premier s’en alla, et répandit'sa coupe dans la terre, et il se fit un ulcère malin et pernicieux sur Les hommes qui avaient l'empreinte de la Bête et qui se prosternaient devant son image.
3. Et le deuxième répandit'sa coupe dans la mer; et elle devint du sang,
comme [le sang] d’un mort, et tout être animé périt, ceux qui sont dans la
mer. |
k. Et le troisième répandit sa coupe dans les fleuves et les sources des eaux: et [ce] devint du sang. 5. Et j'entendis l’Ange des eaux qui disait : « Tu es juste, [toi qui as nom] 11 est ET 1L ÉrAIT, le Saint, d’avoir accompli ces jugements! 6 parce qu’ils ont répandu le sang des saints et des prophètes, tu leur as donné aussi du sang à boire! Ils [en] sont dignes. »
nité. Tel est le magnifique opitimisme de l’Apocalypse. Cfr. le rôle de l'autel des holocaustes, vi, 9.
A. B. 8. ἐν instrum. (Int. c. x, ὃ II}, omis N, Av31-Scr.466-598; oulg. : « et » — Cfr. la 4° Trompette νι, 12; mais la transformation apportée dans les corps célestes est toute différente; là ils sont obscurcis, ici la flamme du soleil est attisée. De fait il faut prendre ensemble la 4° et la 5° coupes (v. infra) pour avoir un parallèle complet à la 4° Trompette. — ἐδόθη αὐτῷ, même formule que vu, 2; vint, ὃ: IX, 5; ΧΠΙ, 7, 15, unité de main.
G. 8. Les 4 premières coupes ont atteint immédiatement la nature (terre, eaux et feu), et par elle les hommes; les trois dernières frappent les hommes plus directement; c’est donc encore un vestige d’une division en 4 + 3; mais il faut reconnaître qu'elle est moins marquée qu'ailleurs, car, à la 7e plaie, le cosmique (l'air, 4° élément) se combinera avec l'humain. Un second vestige de ce procédé, c’est la mention de l’impénitence des hommes, depuis cette plaie-ci, au verset prochain, jusqu’à la dernière; mais il ne coïncide pas avec le premier; il y a donc deux divisions de la série des Coupes, respectivement en 4 + 3 et en 3 + 4.
A. B. 9. ἐνώπιον substitué à τὸ ὄνομα, est une erreur de A; — δοῦναι δόξαν, comme ΧΙ, 18 et xu1, 6. Le passage χι, 13 fait contraste, tandis que 1x, 20, exprime sous une autre forme la même idée.
C. 9. Les hommes ne sont pas immédiatement convertis par ces punitions, depuis
les ulcères de la 1r° coupe jusqu'à la fièvre de la 4°; le premier résultat, — mais non le dernier prévu de Dieu, — est au contraire de leur faire blasphémer le nom du « Dieu du ciel » d’après xvi, 11, infra (sur l’origine de, cette expression, voir à χι, 13), c'est-àdire la Providence invisible, qui les maltraite ainsi, eux et leurs dieux visibles. Ce sinistre refrain va reparaître à la 5° et à la 7° coupe, et, équivalemment, à la 6°. Au sens littéral immédiat, il peut s'agir ici de l’endurcissement des païens de l’Empire, qui, on le sait, attribuèrent à 1᾿ « impiété » des chrétiens les nombreuses catastrophes naturelles et politiques des premiers siècles.
A. B. 10. ἀπὸ pour ἐχ, N, al. (Inr., ©. x, ὃ II). — ἐμασῶντο, image très forte et très expressive : les hommes se mâchent la langue, pour ne pas dévoiler leurs craintes ou ne pas crier leurs douleurs ; — ἐσχοτωμένη, cfr., comme précédemment, vin, 12; aussi ix, 2, d’après Ex. x, 22, neuvième plaie d'Égypte, et 75. vis, 22. — Le « trône de la Bête », οἷν. xin1, 2, et le « trône de Satan » à Pergame, 11, 13.
α. 10. Il s’agit, au premier sens, de Rome et de la puissance romaine, qui déchoit de sa force et de sa splendeur « faute de la lumière du soleil de justice », comme dit André. Cette plaie n’a pas proprement de parallèle dans la série des trompettes ; cependant elle rappelle l’obscurcissement des astres, et l'ombre produite par les sauterelles.
8. Καὶ ὁ τέταρτος ἐξέχεεν τὴν φιάλην αὐτοῦ ἐπὶ τὸν ἥλιον᾽ nat ἐδόθη αὐτῷ χαυματίσαι τοὺς ἀνθρώπους "ἐν πυρί. 9. Καὶ ἐχαυματίσθησάν οἱ ἄνθρωποι χαῦμα μέγα, χαὶ ἐῤόλασφήμησαν "τὸ ὄνομα τοῦ θεοῦ τοῦ ἔχοντος τὴν ἐξουσίαν ἐπὶ τὰς πληγὰς ταύτας, χαὶ οὐ μετενόησαν δοῦναι αὐτῷ δόξαν.
10. Καὶ ὁ πέμπτος ἐξέχεεν τὴν D αὐτοῦ ἐπὶ τὸν θρόνον τοῦ Onpiou' χαὶ ἐγένετο ἡ βασιλεία αὐτοῦ ἐσχοτωμένη, χαὶ ᾿ἐμασῶντο τὰς γλώσσας αὐτῶν "ἐκ τοῦ πόνου. 11. Καὶ ἐόλασφήμιησαν τὸν θεὸν τοῦ οὐρανοῦ ἐχ τῶν πόνων αὐτῶν nai ἐκ τῶν ἑλχῶν
Comme ce dernier fléau (la 5° trompette ou 1% Vae), la 5e coupe paraît amener un flot de douleurs morales, vraisemblablement les blessures d’orgueil, les ambitions déçues, la prospérité morte; car c’est le siège même du pouvoir hostile, le lieu d’où l’Antéchrist gouvernait et éblouissait le monde, qui est maintenant attaqué. Mais l'humanité, d’après le verset suivant, ne comprend pas encore la leçon.
À. B. 11. Omissions dans δ, qui en est si plein (par faute ordinairement d’homoioteleuton), que nous ne les notons plus. — ἑλχῶν, cfr. xvi, 2, résume les maux physiques — « Dieu du ciel », v. supra. — Les πόνοι sont surtout les fatigues et les peines morales, qui se multiplient, avec les maux physiques, aux temps des décadences ; οἷν, Col. 1v, 13; Apoc. xxi, 4.
—— À. B. 12. L'article τόν est placé devant Edve. dans C, A., Ap11-95-2040, And., admis de Soden, et omis rec. K, N, al., Nestle, Tisch.; hésitations chez W-H et Bousset. — Cfr. 6° trompette, 1x, 13-21. — Les « rois », Cfr. xvi, 14; xvir, 12, etc.; « rois de l'Orient », voir Apoc. 1x, 14-15, et les passages des Sibyllins qui menacent d'une invasion des Parthes conduits par Néron, δὲ. 1v, 137-139; δὲ. v, 363-364, etc. (Exc. xxx1v). — Pour l’image du fleuve desséché, οἷν. Ex. xiv (la mer Rouge), Josué, m, 13-17 (le Jourdain), et Zs. x1, 15-16; xuiv, 27; τὰ, 10; cfr. Esd. x, 43-47.
GC. 12. La péricope 12-16 contient la plaie la plus intéressante par ses rapports avec le reste du livre, et celle qui effraie le plus par ses insinuations mystérieuses; Jean était violemment ému quand il a écrit ces lignes, il en résulte quelque chose d’incohéhérent et de rocailleux dans le style. La mention de l’Euphrate la fait correspondre exactement à la 6e trompette (1x, 14-15), bien qu'elle soit traitée sur un tout autre ton. C'est l’abominable fléau de la guerre qui reparaît, comme vi, 4; 1x, 13-21; x1v, 19-20, et plus loin xvu, 16; x1x, 17-21; xx, 7-9 (ainsi exactement encore sept mentions!) Jean l’a toujours représenté comme la principale calamité extérieure, suivant en cela l'exemple des prophètes et l’expérience douloureuse de l’histoire. Bousset, à bon droit, reconnaît ici une prolepse (« emboîtement ») de xvu, 16; les « rois » sont déjà les « 10 cornes » alliées de la Bête (v. ad loc.); de même Æolitzmann, Weizsäcker. Jean a conçu ces ennemis, symboliquement, sous la figure des Parthes (οὗν. ch. 1x), qui étaient alors les plus dangereux adversaires de Rome. Quant au rapport que peut avoir cette prophétie avec la légende du « Nero redux », d’après ÆEichhorn, Heinrici, Ewald, Volkmar, Hilgenfeld, Vôlter, Holtzmann, Bousset, etc., nous en traiterons plus loin (χα. xxx1v). Disons déjà que le Prophète, sans partager les croyances superstitieuses de son temps, a condensé ici les terreurs flottantes que le nom des Parthes inspiraït à l’Asie, pour en faire la plus frappante image de la dévastation. André identifiait déjà ces ennemis à Gog et Magog (cfr. xx, 7-10), venant de la région des Scythes, et conduits par l’Antéchrist, qui naîtra dans la Perse orientale, de la tribu de Dan qui y a été exilée. Mais Gog et Magog, comme les Parthes, ne sont qu'une figure. Les « rois de
“és
7. Et j'entendis l'autel qui disait : « Oui, ἐς Dieu tout-puissant, véritables et justes [sont] tes jugements! »
8. Et le quatrième répandit sa coupe sur 16 soleil; et 1] lui fut donné de brûler les hommes par le feu. 9. Et les hommes furent brûlés d’une grande (?) fièvre, et ils blasphémèrent le nom du Dieu qui a l'autorité sur ces plaies, et ils ne se convertirent pas pour lui rendre gloire.
10. Et le cinquième répandit sa coupe sur le trône de la Bére; et son royaume devint enténébré, et 115 se mâchaient la langue à force d’affliction. 11. Et ils blasphémèrent le Dieu du ciel par suite de leurs afflictions et de leurs ulcères, et 115 ne se convertirent pas de leurs œuvres.
l'Orient », l'ennemi le plus proche au 1°" siècle, sont les avant-coureurs des forces qui se rassembleront pour la grande guerre (infra, v. 14; Swete). Pour ces instruments de sa vengeance, Dieu opère le même miracle qu'il fit pour le peuple élu dans la mer Rouge et le Jourdain, et au moyen duquel les Prophètes ont plusieurs fois figuré l’accès facile donné par Dieu vers les peuples qu’il veut châtier.
Ainsi l'Empire romain, comme ses antitypes, après l’affaiblissement intérieur figuré
à la 5° Coupe, se trouve maintenant exposé aux assauts extérieurs de la guerre étrangère.
A. B. 18. ἐδόθη pour εἶδον, N. — Quelques témoins omettent τρία, ou ἀχάθαρτα, ou ὡς βάτραχοι (remarquer le nominatif, IxT., c. x, SIL); d’autres portent ὡς βατράχους (N°), ὅμοια βατράχοις; And. 111 βάτραχα et ajoute ἐχπορευθέντα, pour la clarté. — « Grenouilles », cfr. Hermas, Vis. 1v, 1, les sauterelles qui sortent de la bouche du Monstre; les grenouilles rappellent la 2e plaie d'Égypte, Ex.vnr, 1-suiv. — Dragon, Bôte, cfr. x11, ΧΠΙ, xvi, etc.; « Faux Prophète », οἷν. x111, 11, pour le sens, et, pour le mot lui-même, MX 205 xx, 40.
GC. 13. Le Dragon reparaîït; il est sans doute resté sur le sable où Jean l’a vu χιι, 18, épuisé et blessé, mais surveillant le travail de ses lieutenants. Cette mention inattendue montre encore une fois la continuité parfaite de toute cette partie. Nous connaissons la Bête; quant au « Faux Prophète », malgré Calmes, qui fait ici bien des confusions, c'est évidemment la Deuxième Bête du chap. xur; le verset χιχ, 20, rapproché de x, 14, le démontrerait s’il en était besoin (v. ad loc.).
Que signifient les « grenouilles »? La plaie d'Égypte a pu suggérer cette figure; mais nous les trouvons ici transformées en démons (v. 14). Elles peuvent avoir une analogie, par leur malfaisance, avec les sauterelles de la 5e trompette (οἷν. Hermas, supra); ainsi, dans les deux sections, les animaux jouent un rôle. André l'explique, « διὰ τὸ ἰώδες αὐτῶν, χαὶ βορδορώδες, καὶ ἀχάθαρτον », des tentations qui excitent les passions impures. S. Augustin dit mieux : « Rana est loquacissima vanitas » (Aug. in Ps. Lxxvn, $ 27). C’est le sens préférable; avec leur « ceaseless, aimless βρεχέχεχεξ χοαξ χοαξ » (Swete), leurs croassements importuns et infatigables, elles figurent bien les criaille-
ries, les agitations vaines, les suspicions, les susceptibilités innombrables et mesquines,
que les démons attisent pour faire se lancerles nations les unes contre les autres, et contre Dieu. — Bossuet cherche à identifier ces grenouilles avec trois imposteurs fameux sous Valérien, Dioclétien et Maximin Daïa; remarquons plutôt, avec Holizmann, que ces trois esprits impurs correspondent par contraste, un contraste qui fait encore mieux ressortir tout ce qu'ils ont de mesquin et de ridicule, avec les trois grands Anges avertisseurs de χιν, 6-suiv.; ils travaillent pour le Dragon, comme les Anges pour le Christ. — Comme il s’agit, en premier lieu au moins, d’une lutte contre Rome, on voit déjà que les Deux Bêtes, qui émettent ces grenouilles de leur bouche, ne sont pas
ΧΟ, “ En, xx NE Ν OS MT A0 APR PE lc PA - . Ἰ ἐ γι ᾿ ἢ Y'a ᾿ ἐ
12. Καὶ ὁ ἕχτος ἐξέχεεν τὴν φιάλην ἀὐτοῦ ἐπὶ τὸν ποταμὸν τὸν μέγᾶν [τὸν] Edopa-
: vue / > ὑὸ 9 =, ὃ £ ἢ ἡ où -" -" TIR se
nv" χαὶ ἐξηράνθη τὸ ὕδωρ αὐτοῦ, ἵνα ἑτοιμασθὴ ἡ ὁδὸς τῶν βασιλέων τῶν ἀπὸ ἀνατολῆς Ὁ} f 43 K τ Τὸ 2 ἘΣ μ = ὃ f \ 2 LA - ͵᾽ὕ
ἡλίου. 18. Καὶ εἶδον Ex τοῦ στόματος τοῦ δράχοντος nai En τοῦ στόματος τοῦ θηρίου
Ah εἰσὶν γὰρ πνεύματα δαιμονίων ποιοῦντα σημεῖα, à ἐχπορεύεται ἐπὶ τοὺς βασιλεῖς
ένης PAM; συναγαγεῖν αὐτοὺς εἰς τὸν πόλεμον τῆς ἡμέρας τῆς μεγάλης
A Εν ο, = O re ὩΣ
ῦ -“ \ ε r ᾽ = Av % , τ 2 , , τηρῶν τὰ ἱμάτια αὐτοῦ, ἵνα μιὴ γυμνὸς περιπατῇ nat ᾿βλέπωσιν τὴν ἀσχημοσύνην αὐτοῦ. $ + « f f ce 2 ve NOTE f ν αὐτοὺς εἰς τὸν τόπον τὸν χαλούμιενον ἑόραϊστὶ Ἀρμαγεδών.
liées nécessairement à l’Empire romain, et embrassent des réalités bien plus étendues. A. B. 14. ἐκείνης ajouté après ἡμέρας, rec. K., Av 20-r 4-17; — δαιμονίων, génitif épexégétique, plutôt que possessif comme « les Anges du Dragon », ΧΙ, 9. — Le « grand Jour » annonce xvir, 14 et χιχ, 11-suivants, οἷν. Joël 11, 11, 31; Soph. 1, 14; οἷν. Jude 6; même sens que à ἡμέρα à ἐχείνη (Ni Dr des Prophètes), expression paulinienne pour la Parousie (IT Thess., II Tim.), comme à ἡμέρα τοῦ χυρίου (1-11 Cor. Phil. etc.), ἣ τοῦ θεοῦ ἡμέρα (11 Pet. 1, 12).
C. 14. Nous n’admettons pas, avec Bousset, que ces rois de la terre entière soient
absolument différents des « rois de l'Orient », comme s’il s'agissait d’une double préparation les Parthes (symboliques) ne sont que l'avant-garde de l'immense armée rassemblée par les démons. Est-ce une lutte qui se prépare entre ces rois, comme l'ont cru les commentateurs grecs? Oui, en partie; mais ces instruments inconscients des vengeances divines, quoiqu'ils puissent se massacrer entre eux et doivent détruire Rome (xv, 46 : les « Dix Cornes»), ne s’en uniront pas moins pour diriger leurs coups contre l'Agneau (xvir, 44; χιχ), et Dieu les exterminera; ainsi peut-on répondre à Calmes, qui estime qu'il appartiendrait plutôt aux bons Anges qu'aux démons de prêcher une croisade contre Rome païenne. Car le « Grand Jour, etc. » est le jour décisif de la colère de Dieu, à la Parousie du Christ: «dies irae, dies illa »; il s’agit donc du dernier triomphe, mais entrevu seulement comme terme de beaucoup de châtiments historiques qui doivent le préparer.
- Devant la terreur de cette perspective pour les fidèles eux-mêmes, le Christ luimême va prendre la parole afin de les rassurer.
A. B. 15. ἔρχεται pour ἔρχομαι, inopportune correction de N*, 0241-1778, α 1573-
38-2020. — « Je viens comme un voleur », cfr. l'avertissement à Sardes, m1, 3 (v. ad loc.) et nr, 11, ἔρχομαι ταχύ, encouragement à Philadelphie; infra, xxu, 7, 12, 20. — Ordre de « veiller » cfr. Luc. xxn, 37 — « Voir la honte » (βλέπωσιν impersonnel, Inr.,
c. x, ὃ II), comme 11, 18. — Ce macarisme est le 3° de l’Apocalypse.
α. 15. Passage subit du récit prophétique à une exhortation du Seigneur, comme au chapitre xxn. L'idée du « Grand jour » de Dieu appelait naturellement celle de la récompense après laquelle soupiraient les justes, et dont l'attente devait les armer contre la dépression des malheurs temporels. Comme nous sommes arrivés au sixième moment d'un septénaire, c’est la place ordinaire de l’antithèse fondamentale ([nr. c. vi). Ici elle est seulement indiquée, non développée largement comme vi, 12-17; vi, ou celle de la 6° Trompette, 1x, 13-21; x1, 1-18. Dans cette série des Coupes, les procédés artificiels de composition familiers à l'Apocalypse sont atténués, mais ne disparaissent pas pour autant, L’Avènement promis du Seigneur fait la contrepartie de l'invasion des rois. Les « vêtements » que le fidèle doit garder signifient la grâce, les bonnes œuvres, la foi qui opère par la charité, d'après πι, 4-5 (ad loc.) et ΧΙΧ, 8 : τὸ γὰρ βύσσινον τὰ διχαιώματα τῶν ἁγίων ἐστίν.
Rene 9:
ne -
12. Et le sixième répandit sa coupe sur le fleuve, le grand [fleuve] Euphrate; et son eau fut desséchée, pour que fût préparée la voie des rois [qui viennent] du lever du soleil. 13. Et je vis de la bouche du Dragon, et de la bouche de la BÊTe, et de la bouche du Faux PROPHÈTE [sortir] trois esprits impurs, comme des grenouilles; 14 car ce sont des esprits de démons faisant des signes [prodigieux|, qui [en] sortent vers les rois de toute la terre habitée, [afin de] les rassembler pour la guerre du grand jour de Dieu le Tout-puissant. 15. — « Voici que je viens comme un voleur! heureux qui veille et garde ses vêtements, pour ne pas s’avancer nu, et pour qu’on ne voie pas sa honte! » — 16. Et ils les rassemblèrent dans 16 lieu qui est appelé en hébreu Harmagedon.
“ΠΑ 16. Pour ‘Appayedwy, on trouve Mayedwv (rec. K., quelques And.), ou Μαγεδδόν, Μαχεδδών, Μαγεδδών, “Αρμεγηδών, « Arrmagedon » (vulgcl:), — Le sujet de συνήyayev est πνεύματα du v. 14, pluriel neutre; ailleurs συνήγαγον N, syrë, « congregabit » dans quelques codex vulg.
G. 16. Cette réunion des rois, à l’appel des grenouilles, n’a que bien peu de rapport avec celle des Anges sur l’'Hermon (en. éth. vi, 6), que l’on cite souvent comme parallèle. Mais que signifie ᾿Αρμαγεδών, qui est un hapaxlégomène absolu? La forme hébraïque insinue déjà que ce nom est un symbole (cfr. « Abaddon », de 1x, 11). Presque tous reconnaissent que c'est TT 3, le « mont de Megiddo » οἱ non y (—"y),
539 la « ville de Megiddo ». Il est d'autant plus difficile de l’interpréter que Mageddo [AE 5 P P q 8
est dans la plaie d'Esdrelon, et non sur une montagne, André, autrefois, spéculait sur un sens présumé de ce mot, qui eût signifié « amputation, séparation », à savoir de la vie de la grâce; Bède, al., ont aussi cherché des sens mystiques. Calmes, Cheyne (Encycl. bibl. col. 3010), Bousset, après Gunkel, y flairent quelque tradition mythologique perdue. « Verset inexplicable, dit Calmes, d’un ancien document où l’on racontait une lutte entre les habitants du ciel. » Le plus curieux dans ce genre est l'idée du panbabyloniste Jensen (Rheïnisches Museum, xzix, p. 49, cité par Bousset), qui retrouve ici la divinité infernale ‘Yecepyadcy, mari d'Ereshkigal, la déesse de l’Arallu babylonien ; mais ce nom n'existe que dans un texte magique’grec d'Égypte, Ewald, cité par Holtzmann, en écrivant ἽΝ pour 1, découvre une isopséphie de Rome = 304 -- NT MON, « Rome la grande ».
Ce trait n’est pourtant pas si mystérieux. Un auteur aussi vieux que Bossuet apporte une explication qui paraît tout à fait adéquate. Mageddo, en effet, c’est, dans l’histoire, « le lieu où les rois périssent », Sisara (Jud. 1v et v;) Ochozias de Juda (IT Reg. 1x, 27) ; Josias (II Reg. χχπι, 29 ; II Chron. xxxv, 22). La plaine avoisinante était un célèbre champ de bataille, maintes fois ensanglanté; c'est là que se heurtaient les armées venues du Nord contre celles de l'Égypte, de la Palestine, et que se décidait le sort de la Syrie. La mort de Josias, particulièrement, avait rendu ce nom lugubre dans la tradi-. tion juive ; c'était aussi le lieu des lamentations rituelles d’un culte païen, Zach. xur, 11. IL est vrai que Mageddo n’a jamais été sur une montagne; mais, observe Swete, cette ville était pourtant presque à la base des collines qui descendent du Carmel; peutêtre le Galiléen Jean, qui n'ignorait pas cette topographie, a-t-il créé, — et légitimement, — l'expression « montagne de Megiddo », pour assimiler sa prophétie à celle d'Ézéchiel qui place le conflit final, la défaite de Gog, sur les « monts d'Israël » (Ezech. XXXVIH, 8, 21; xxxIX, 2, 4, 17; οἷν. Apoc. xx, 8-suiv.); car notre passage semble bien présager la catastrophe de χιχ, 11, 14 (Holizm.), et même celle de xx; c’est encore un
LA PC « , . λα 17. Καὶ ὁ ἕόδομος ἐξέχεεν τὴν φιάλην αὐτοῦ ἐπὶ τὸν ἀέρα" nat ἐξῆλθεν φωνὴ μεγάλη % -᾿ - * IN ΚΣ Ὶ .
*ly τοῦ ναοῦ "ἀπὸ τοῦ θρόνου λέγουσα᾽ [ ἔγονεν. 18. Καὶ ἐγένοντο ἀστραπαὶ χαὶ φωναὶ x à \ St 3 7 τ᾽ ᾽ 0] > FO CMS χαὶ βρονταὶ χαὶ σεισμὸς ἐγένετο μέγας, οἷος οὐχ ἐγένετο ἀφ où ἄνθρωπος ἐγένετο ἐπὶ ἧς γῆς, τηλιχοῦτος σεισμὸς οὕτω μέγας. 19. Καὶ ἐγένετο ἡ πόλις À μεγάλη εἰς τρία ΄ = 3 = 3 ὡ “ἍΝ ἐξ, μέρη, χαὶ ai πόλεις τῶν ἐθνῶν ἔπεσαν" χαὶ Βαόῤόυλων ἣ μεγάλη ἐμνήσθη ἐνώπιον τοῦ θεοῦ δοῦναι αὐτῇ τὸ ποτήριον τοῦ οἴνου τοῦ θυμοῦ τῆς ὀργῆς αὐτοῦ. 20. Καὶ πᾶσα νῆσος ὑ
ἔφυγεν, rai ὄρη οὐχ εὑρέθησαν. 21. Καὶ χάλαζα μεγάλη ὡς ταλαντιαία "χαταθαίνει ἐχ τοῦ οὐρανοῦ ἐπὶ τοὺς ἀνθρώπους nai ἐόλασφήμιησαν οἱ ἄνθρωποι τὸν θεὸν Ex τῆς
et
x = / * IX πληγῆς τῆς χαλάζης, ὅτι μεγάλη ἐστὶν ἡ πληγὴ αὐτῆς σφόδρα.
« emboîtement ». Les rois s'assemblent sur les monts du nord de la Palestine, pendant que l’Agneau et son armée sont. campés dans Sion (χιν, 1-5; οἷν. xx, 9 et χιν, 20); le choc aura lieu dans la plaine.
« Harmagedon » est donc un mot tout à fait symbolique, une localité allégorique dont
le nom seul est une prophétie de désastre; car le passage de Zach. xu, 11 fait voir, comme dit Bossuet, que « ce lieu, dans le style prophétique, est l’image des grandes douleurs »; où les Juifs se rappelaient que Josias avait péri, et où les païens pleuraient Hadad-Rimmon (Zach. ibid).
À. B. 17. ἀπό pour x, rec. K., al.; τοῦ ναοῦ omis (nombreux And., g, arm.) — τοῦ οὐρανοῦ, ajouté par beaucoup de témoins après ναοῦ, et admis de Soden, manque A, boh., plusieurs And., syr., vulg., Prim.; il est inutile ; N porte τοῦ θεοῦ, autre addition; - — ἀπὸ τοὺ θρόνου omis N, al., g. — La préposition ἐκ signifie Le lieu d’où la voix retentit, et ἀπό doit être le point même d’où elle part; le trône où Dieu siège est donc érigé dans le Temple même, ce qui est assez naturel. — Cette plaie affecte l'atmosphère et va produire un orage et de la grêle; οἷν. vi, 7, première Trompette, et la plaie d'Égypte Ex. 1x, 18-25. — γέγονεν, οἷν. ΧχιΙ, 6.
C. 17. Les derniers versets du chapitre décrivent une dernière plaie qui ne trouve pas de correspondance exacte dans la série des Trompettes; car le rapport avec vi, 7, n’est qu'à la surface, et peut n'être pas intentionnel. Cela n’a rien d'étonnant : la dernière Trompette sonnait la fin du monde, tandis que la dernière Coupe ne fait que ruiner une réalité historique qui revivra sous d’autres formes, puisque la Bête subsiste toujours.
La voix qui part du trône ne peut être que celle de Dieu lui-même, comme, plus loin, à xx1, 6. « C’en est fait » déclare le Tout-Puissant; mais ce n’est pas la fin de l’histoire, contre Zoltzmann, c'est seulement l'exécution d'un décret particulier de Dieu, d'un décret d’une immense importance, il est vrai, pour les chrétiens d'Asie et pour les Bôtes, puisque, comme nous l’allons voir, il s’agit de la ruine de Rome, du premier et du plus puissant empire de la Bête. D'autre part, Rome sert de type; les puissances futures qui lui ressembleront seront détruites comme elles et de la même manière. On peut donc dire que la solennité de la déclaration divine est motivée par l'extension du sens à toute royauté possible de l'Antéchrist; c’est une prolepse du chapitre x1x. Mais, au sens le plus propre, il ne s’agit que de Babylone; c’est pourquoi l’auteur, dont la vision et la pensée flottent entre la réalité particulière et la réalité générale, décrira encore des luttes postérieures; tout n’est pas fini, si ce n’est en présage.
B. C. 18. dotp. φωναὶ βρονταί «th, formule stéréotypée, caractéristique de l'Apocalypse, οἷν. 1v, 5, vin, 5, etc. ; σεισμός comme vi, 12; vint, 5; ΧΙ, 19; οἷος οὐχ ἐγένετο χτλ, expression de Dan. χα, 1. — Ce tremblement de terre, qui rappelle à And. celui qui eut lieu quand Jahweh descendit sur le Sinaï, ne saurait être, malgré Weizsäcker, le même que x1, 13; il est bien plus grave, et seulement vindicatif, destructif; il signifie
17. Et le septième répandit sa coupe sur l'air; et il sortit une grande voix du Temple [partant] du trône, qui disait : « C’est fait. » 18. Et il sefit des éclairs et des voix et des tonnerres, et il se fit un grand tremblement de terre, tel qu'il n'y en eut point depuis qu’il y a des hommes sur la terre, un pareil tremblement de terre, aussi grand! 19. Et la grande ville s’en alla (Ztt. devint) en trois morceaux, et les villes des nations tombèrent: et BABYLONE la gran:le fut remise en mémoire en face de Dieu, [pour] lui donner le calice du vin de la fureur de sa colère. 20. Et toute ile s’enfuit, et on ne trouva plus de montagnes 921. Et une grande gréle, [pesante| comme des talents, descend du ciel sur les hommes: et les hommes blasphémèrent Dieu à la suite de la plaie de la grêle, parce qu'elle est grande, la plaie de cette [grêle], extrèmement.
le bouleversement des puissances humaines nécessaire pour aboutir à un état d’équilibre meilleur. ;
À. B. 19. Correction ἔπεσον pour ἔπεσαν (rec. Æ., al.). V. Ir. c. v, δ IT. — τοῦ, ajouté avant δοῦναι, correction de N, quelques And. — « Babylone », cfr. χιν, 8, xvrr- ΧΥΠΙ; ἐμνήσθη, CÎr. XVII, 5; ποτήριον, οἷν". χιν, 10.
GC. 19. La « grande ville » n’est pas Jérusalem, comme ΧΙ, 8, Contre Weizsäcker, Joh. Weiss, et jadis André, qui distingue : «la grande ville », ou ensemble des Juifs et des chrétiens, divisée spirituellement; « Babylone », monde profane en général; les « cités des nations », paganisme. C’est Babylone; la fin du verset ne fait qu'en expliquer le commencement; et Babylone est Rome (PBossuet, qui voyait ici la prise de Rome par Alaric, Æolt:mann, Bousset, Siwete, etc.). Aréthas l'entendait de la Constantinople de son temps; chaque époque ἃ sa Babylone. |
Ce tremblement de terre est plus qu’un châtiment préliminaire (contre Bousset, Joh. Weiss); c'est déjà la ruine qui sera décrite aux chapitres xvn et xvir: encore un « emboîtement ». Æoltz:mann à bien senti ici une prolepse, et il a tort d’en être sur: pris ; depuis le ch. x, de tels emboîtements ou anticipations se multiplient. Dieu s’est souvenu de Babylone (19 c) pour la briser en trois morceaux, c’està-dire anéantir sa puissance (19 a); la chute des « cités des nations » qui, soumises à Rome, sont les capitales des provinces de l’Antéchrist, s'ensuit comme une conséquence. Ce désastre, d’après le ch. xvn, doit s’accomplir par la main des rois. Peu importe que, xvu, 16, ils la détruisent par le feu, tandis qu'ici l’image est celle d’un tremblement de terre; ce σεισμός, comme ailleurs, est métaphorique, et Jean est assez indifférent à l'égard de ses métaphores (Inr., ©. vi, vin). Le fait lui importait seul, non le mode de son accomplissement.
B. C. 20. Cfr. vi, 14; xx, 11, οἱ Ezech. xxvi, 15, 18. — Les «îles qui fuient », etc., sont l’image de la chute et de la transformation des grands empires.
— A. B. CG. 21. καταθαίνει, ἐστιν, présents narratifs irrégulièrement mélés aux aoristes. — Cfr. la 4° plaie d'Égypte, Ex. 1x, 18-25, et, si l'on veut, la 4re trompette, vin, 7. — Le talent était, d'après Josèphe, le poids des pierres lancées par les machines de siège, à peu près 40 kg.;, cette grêle représente métaphoriquement le poids écrasant de la colère de Dieu (André, Bossuet). Mais cette plaie, si grande qu’elle soit, laisse survivre l'humanité pécheresse, et ne fait tout d’abord que surexciter ses blasphèmes, comme les fléaux qui ont précédé; c'est un contraste marqué avec la fin de la scène des Deux Témoins (χι, 1-14), qui closait la série des fléaux amenés par les Trompettes. C’est que la série de celles-ci embrassait l'histoire totale, tandis que les coupes n’en présentent, nous l'avons vu, qu'une application partielle aux puissances contempo-
APOCALYPSE DE SAINT JEAN. τ
raines, — laquelle, du reste, peut se répéter périodiquement, dans des conjonctures analogues, après chacune des « résurrections » de la Bête alternant avec celles des Témoins (v. comment. de x1, ΧΠῚ et xvnr infra).
Ce v. 21 achève de démontrer que l'épithète d'isgétas de xv, 1, appliquée aux plaies des Coupes, ne pouvait être prise que dans un sens tout à fait relatif.