II. Les enseignements eschatologiques formels
Les premiers en date et en importance se trouvent dans les épitres aux Thes-
| saloniciens (1).
a. I Thess. IV, 13-V, 11. — II Thessal. II, 1-13. — Ces deux péri-
| copes sont intimement jointes, et l’on ne peut avoir la pleine intelligence de la | première qu’en fonction de la seconde.
Celle de I Thessal. fournit leur argument le plus fort à ceux qui veulent
} trouver dans saint Paul l’affirmation de la proximité de la Parousie. Mais il faut
bien comprendre de quoi saint Paul voulait instruire les Thessaloniciens. Était-ce de la date de la Parousie? Nullement, et pas même en passant, L'Apôtre résout une question théorique universelle, sur la parité des morts et des vivants au point de vue du bonheur consommé que l’Avènement inaugurera. Les fidèles de Thessalonique, ayant vu mourir quelques-uns des leurs depuis l’évangélisation de leur ville, se demandaient avec inquiétude dans quelle mesure ceux-là, qui étaient déjà dans les tombeaux, participeraient aux bienfaits et aux joies du jour du Seigneur. Ce qui les préoccupait, c'était le sort de leurs morts, d'individus défunts bien connus d’eux, et en nombre déterminé. Que cette liste funéraire put encore s'allonger avant la Parousie, ils n'en doutaient sans doute pas, si rapproché qu'ils en crussent le jour. Mais
enfin, eux n'étaient pas encore de la catégorie des morts, et, quoique le même
problème püt un jour se poser pour eux, c'était à /eurs morts, non à euxmêmes, qu'ils pensaient, c'était sur des personnes connues qu'ils gémissaient, que cela leur inspirât ou non un retour sur leur propre sort personnel. Voilà comme se posait la question. Paul les rassure sur leurs morts, mais en posant des principes valables pour tous les fidèles, quels qu'ils soient, qui s’endormniront dans le Seigneur avant la Parousie. Ils ne seront pas moins favorisés, de ce chef, que les fidèles trouvés alors en vie par le Seigneur; car tous, ressuscités ou transformés, seront ravis en même temps au devant du Seigneur, pour demeurer toujours avec lui.
C'était une réponse absolument universelle; dans le cas d’une prolongation de ce monde transitoire, il n’y avait qu’à l’appliquer à plus d'individus, à des milliers ou à des millions de plus, voilà tout. Et c’est ce principe seul qui importait, c'est le seul enseignement doctrinal, la seule affirmation, que Paul ait voulu donner dans ce passage. Ce serait se méprendre étrangement que de croire y trouver l'intention d'enseigner ou d'affirmer quelque chose sur l’imminence ou la non-imminence de la consommation. La question était étrangère au débat et l'attention de Paul ne s’est pas portée sur elle, absorbée qu'elle était tout entière par celle de la parité des morts et des vivants en face du jugement du Christ. Il en touche bien un mot un peu plus loin; mais c’est pour
(1) Voir VosTÉ, Ep. Thessal., ad loc.
INTRODUCTION
rappeler, d'après les paroles du Christ, que cette question est inutile, étant insoluble: il est oiseux de vouloir calculer soit les époques, soit les moments (περὶ δὲ τῶν χρόνων καὶ τῶν καιρῶν, ἀδελφοὶ, οὐ χρείαν ἔχετε ὅμῖν γράφεσθαι. 1 Thess. v, 1). ΠῚ faut seulement se tenir toujours prêts, de façon à ce que, soit pivanis, soit morts — tel est le sens, d'après le contexte, des mots de v, 10 : εἴτε γρηγορῶμεν εἴτε καθεύδωμεν — nous puissions vivre avec le Christ.
La question est résolue, pour ainsi dire, ἐπ abstracto, et en toute hypothèse. Toute discussion sur la survivance possible des membres de la communauté thessalonicienne jusqu’à l'Avènement, est donc ainsi écartée. Les fidèles ne doivent pas s'en tourmenter, puisqu'ils savent désormais qu'ils ne perdront rien en définitive à mourir avant ce jour-là.
Mais pourquoi alors l’Apôtre, au cours de cette instruction si belle et si sobre, qui fixe un point de théologie bien plus qu’elle ne prophétise, a-t-il employé deux fois (τιν, 15 et 17) l'expression ἡμεῖς οἱ ζῶντες οἱ περιλειπόμενοι (εἰς τὴν παρουσίαν τοῦ χυρίου), « NOUS, les vivants, qui sommes laissés jusqu’à (ou pour) la Parousie du Seigneur? » C'est ici le fort des eschatologistes. L’Apôtre, disent-ils, quoique se refusant, à cause des déclarations du Christ, à rien dire sur le temps exact de l'Avènement, n'en partage pas moins pleinement la conviction humaine de ses fidèles, qu'il aura lieu au cours de la génération contemporaine. Il entre sans aucune réserve dans leur hypothèse, que les faits n'ont pas vérifiée. Nous pourrions tout de suite leur objecter que saint Paul ne se refuse pas moins à la détermination d'une époque qu'à celle d’un moment exact; c'est pour cela qu'il a opposé χρόνοι à καιροί. Quant au ἡμεὶς of ζῶντες οἱ περιλειπόμενοι, NOUS ne Croyons pas que la grammaire oblige à y voir l'affirmation que lui, Paul, juge devoir être de ces vivants laissés pour la Parousie; autrement, comme l'a insinué la Commission biblique (1), saint Jean Chrysostome et les autres commentateurs grecs s'en seraient bien aperçus, et auraient cherché de quelque manière à expliquer cette difficulté. Ce n’est pas une question de grammaire, ce peut n'être qu'une figure de style. Sans doute « nous qui M sommes laissés » n’est pas littéralement la même chose que « nous qui serons laissés », ou « ceux d’entre nous, chrétiens, qui seront laissés ». Mais il n'est certes pas impossible, ou que saint Paul ait parlé ainsi par hypothèse, jugeant ; avoir alors autre chose à faire qu’à critiquer cette idée des Thessaloniciens, ou « que, comme nous l'avons dit à propos de Ἰ᾿ἀλλαγησόμεθα et de l'éeyeper de 1 Cor. il se soit mis momentanément à la place de la catégorie des chrétiens — Ὁ peut-être présents, mais aussi bien futurs, — .que le Seigneur trouverait vivants. On pourrait tout au plus en inférer comme probable que l'hypothèse d'être du nombre ne lui répugnait pas au moment où il écrivait cette lettre. Au reste, je reconnais bien que, à part notre distinction de χρόνοι et de καιροί, dont ἵ on contestera peut-être la portée, toute la péricope demeure très obscure et ὲ
(1) Décret du 18 juin 1915, De Parousia seu de secundo Adventu Domini nostri Jesu Christi, « in epistolis Sancti Pauli Apostoli, à la troisième réponse, d’après laquelle l'interpréta-« tion catholique traditionnelle du « ἡμεῖς οἱ ζῶντες οἱ περιλειπόμενοι » ne peut être licitement rejetée « tanquam longius petitam et solido fundamento destitutam », et tout le passage ᾿ς: I Thess. 1v, 15-17, doit être expliqué à la façon des Pères « quin ullo modo”involvat affirma- | tionem Parousiae tam proximae ut Apostolus seipsum suosque lectores annumeret fidelibus « illis qui superstites ituri sunt obviam Christo ».
QU, 0 ile 8 ΤΉΝ EE LORS Ὧν σα LE On ΕΝ "᾿ ἀὐ τὰ» A ST ΤΉ an DR ER Lee UNE ‘ ; 4 ΠΟΥ τὴ ἄς ἘΦ e NT ef ' ie + M pr