DEUXIÈME PARTIE
SCÈZ^E III.
KRÉOUSA, LE CHOEUR DES FEMMES
PREMIERE FEMME
Maîtresse, déjà l'ombre est plus haute. Elle effleure Les sommets qu'un dernier rayon d'or éblouit.
DEUXIÈME FEMME
Les astres vont briller dans la divine nuit,
Et des souffles glacés tombent du lourd feuillage.
Viens !
Le spectre éclatant d'Apollon passe dans le fond de la scène et disparaît aussitôt. KRÉOUSA.
Apollon ! c'est toi ! c'est ta céleste image !
TROISIÈME FEMME
Où s'égarent tes yeux? Vers qui tends-tu les bras?
42 LAPOLLONIDE
KREOUSA.
Cher Apollon, pardonne! Il ne périra pas!
Je cours, je briserai la coupe. Sur ta tête,
Vieillard, n'accomplis pas ce crime impie! Arrête,
Enfant ! crains de toucher à l'horrible liqueur.
Venez, courons ! Mes yeux s'obscurcissent, mon cœur
S'éteint. Je vous salue, ô compagnes fidèles,
Et vais chercher mon fils dans les Champs d'Asphodèles !
Elle tombe dans les bras de ses femmes, qui l'emportent. Le fond de la scène s'ouvre et la tente du festin apparaît. Piliers peints de couleurs variées. Riches tapis de pourpre suspendus aux parois de la tente. Table en hémicycle chargée de mets, de kratères, de coupes à or et d'argent.