DEUXIÈME PARTIE 4J
SCÈNiE V.
Les Mêmes, LE VIEILLARD, il entre, une coupe à la main.
PREMIER SACRIFICATEUR. Il offre une couronne de lierre à lôn.
Nourri par Loxias dans la Maison divine
Où toi-même ignorais ta céleste origine,
Il sied qu'entrelaçant ce lierre à tes cheveux,
Tu mêles à nos voix ta louange et tes voeux.
Lève ton front pensif et parle, ô cher jeune homme !
Ce Dieu t'aime, il convient que ta bouche le nomme.
IÔN.
Tout mon cœur est empli d'un noir pressentiment. Je ne sais, mais quelqu'un me hait assurément ! Daimôn, qui protégeas ma vie et mon enfance, Pardonne, ô Loxias, le trouble qui t'offense!
Et vous, amis, mêlez, pour Zeus et Phoibos, Le miel attique au vin parfumé de Naxos, Et versez à pleins bords leur écume pourprée.
LE VIEILLARD
O cher Prince, voici la coupe préparée. Reçois-la de ma main au nom de tes aïeux. Ma chevelure est blanche, Enfant, je suis bien vieux, Mais je mourrai content, si tu daignes permettre Que je serve le fils du Roi Xouthos, mon maître.
IÔN.
Donne. Il m'est doux, vieillard, d'honorer tes longs jours. Que Pallas bienveillante en prolonge le cours !
// prend la coupe.
Paian ! Gloire à toi qui fécondes Les fleurs et les moissons, les bois, les mers profondes
D'où jaillit ton char immortel ! Dompteur du vieux Python dans son antique abîme,
Viens ! Descends sur l'auguste cime
Où l'encens parfume l'autel.
Et maintenant, salut, Pythô, Rochers et terre ! O Temple, mon berceau ! Noirs feuillages des bois,