DEUXIEME PARTIE
Vous dont Kastalia rafraîchit l'ombre austère, Recevez une part de la coupe où je bois.
Il répand quelques gouttes de vin. Les colombes du Temple volent çà et là sur la scène et se posent autour de lai.
ANTISTROPHE
Doux oiseaux, Colombes fidèles, Qui veniez, au matin, de vos battements d'ailes
Effleurer mon front endormi, Salut! N'espérez pas qu'un temps si cher renaisse.
O compagnes de ma jeunesse,
Vous ne verrez plus votre ami !
Une des colombes boit le vin répandu et tombe morte.
Dieux! Voyez celle-ci, l'aile ouverte! Qu'a-t-elle? Répondez ! Elle a bu cette liqueur mortelle Et ne respire plus!
// laisse tomber la coupe. Tous se lèvent en tumulte.
PREMIER SACRIFICATEUR
O terreur! Trahison Détestable ! La coupe est pleine de poison !
Qui de vous a voulu me vouer à la tombe ?
Qui m'a versé ce vin dont meurt cette colombe ? N'est-ce point toi, vieillard?
DEUXIÈME SACRIFICATEUR
Malheureux, réponds !
TROISIEME SACRIFICATEUR
Oui!
Oui! Nous l'avons tous vu. Saisissez-le, c'est lui!
LE VIEILLARD
Il est vrai.
IÔN.
Savais-tu la coupe empoisonnée ?
Était-ce bien à moi qu'elle était destinée ?
LE VIEILLARD
Jeune homme, tu l'as dit.
IÔN.
Pourquoi? Que t'ai-je fait?
Mais quelque autre, sans doute, a, pour ce vil forfait, Armé tes vieilles mains lâchement homicides?