‹ L'ApollonideChapitre 34 sur 47 · PREMIÈRE ANTI STROPHE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ANTI STROPHE

Le souffle amer des Destinées Disperse à l'horizon lointain Nos jours heureux, feuilles fanées Qui n'ont verdi qu'un seul matin.

Tout fuit, beauté, force, jeunesse !

Rien qui nous reste, ou qui renaisse ! Et, pareils aux flots écumeux Heurtés contre le dur rivage, Les tristes mortels, d'âge en âge, Gémissent et passent comme eux !

KRÉOUSA.

Oui ! j'ai voulu le mal, j'ai médité le crime,

Et, s'ils m'osent frapper, le coup est légitime; Mais qu'importe l'Hadès rempli d'ombre et d'effroi ? L'opprobre plus cruel que la mort est sur moi!

TROISIEME FEMME

ÉPÔDE.

L'expiation sainte, ainsi qu'une onde vive,

Purifiera tes chères mains; Elle ne permet pas que l'opprobre survive

Aux vaines erreurs des humains. Ne désespère point, hausse la tête et l'âme,

Souviens-toi du sang des aïeux; Et, s'il te faut mourir, meurs noblement, ô femme,

En face de l'homme et des Dieux!

D EUXIÊME STROPHE.

O Désir de ma vie amère, Longtemps pleuré, si tôt flétri, Tu n'auras point connu ta mère, Ses yeux ne t'auront point souri !

Dans la Prairie aux fleurs funèbres, Où les Morts hantent les ténèbres, Si je t'apparaissais demain, Tu fuirais mon ombre étrangère,

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