KREOUSA, ION, LA PYTHONISSE
LA PYTHONISSE
Quitte Pythô, mon fils, innocent, les mains pures De toute violence et sous d'heureux augures. Pardonne, oublie, et pars pour l'illustre Athèna. Reçois cette corbeille où l'on t'abandonna, Les yeux à peine ouverts au jour qui nous éclaire ; Où, sur le seuil sacré du Temple tutélaire, Je te trouvai, pleurant dans ton léger berceau, Faible, charmant et nu comme un petit oiseau.
IÔN.
O Prophétesse!
LA PYTHONISSE
Alors, te voyant sans défense, Pour plaire à Loxias, j'élevai ton enfance.
Tu vécus, tu grandis auprès de ses autels. Mais sa pensée auguste est cachée aux mortels ; Je me tais. Cependant, ô mon cher fils, espère, Et cherche avec amour celle qui fut ta mère. Elle vit, elle pleure et tend vers toi ses bras. Va, pars, et sois heureux : tu la retrouveras !
ION, il laisse tomber l'épée.
J'obéis avec joie à ta parole sainte, Vénérable, qui m'as nourri dans cette enceinte, Divinatrice, en qui parle l'esprit d'un Dieu ! Salut! Je te salue et te révère!
LA PYTH0N1SSE
Adieu !
Elle disparait.