TROISIÈME PARTIE
SCÈ^E V.
ION, KREOUSA.
IÔN.
STROPHE
Humble corbeille où j'ai connu la vie amère,
Où j'ai versé mes premiers pleurs, Ouvrage de ses mains, témoin de ses douleurs,
Sais-tu le doux nom de ma mère?
Je n'ose dénouer tes fragiles liens.
Ce nom, tu l'as gardé peut-être ?
Je brûle de l'entendre, et tremble de connaître
Le cher secret que tu contiens.
// dénoue les bandelettes, ouvre la corbeille et en tire des langes d'enfant. Krêousa se lève à demi et le regarde.
KRÉOUSA, àpart.
ANTISTROPHE
Vous que j'avais filés de mes mains, ô doux langes
JO LAPOLLONIDE
Du bien-aimé que j'ai conçu, Gorgô, de son image, ornait votre tissu,
Et ses cheveux formaient vos franges.
ION
Que dit-elle, grands Dieux !
KREOUSA.
Cher fils, je vois encor, Autour de ton cou rose et frêle, Luire, collier splendide et parure immortelle, Deux serpents aux écailles d'or.
ION
ÉPÔDE.
Les voici ! Ce sont eux. O surprise ! O pensées !
KREOUSA.
Puis, avec un baiser, je posais doucement L'olivier de Pallas aux feuilles enlacées,
O mon fils, sur ton front charmant.
ION. Il retire de la corbeille une couronne d'olivier.
Dieux ! Tout mon cœur frémit d'espérance et de joie !