‹ L'ApollonideChapitre 9 sur 47 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

ION

Pour vos enfants sans doute, honneur de l'hyménée;

KRÉOUSA

Nous n'avons point d'enfants.

ION

O femme infortunée !

Quoi ! Tu n'as point d'enfants ?

KREOUSA,

Apollon le sait bien !

Mais toi, cher Étranger, quel pays est le tien? Que ta mère est heureuse, hélas !

Mon pays, mes parents.

Reine, j'ignore

KREOUSA.

O Dieux! si jeune encore, Tu n'as jamais connu ta mère?

ION

Non, jamais.

Dans les langes de lin où, dit-on, je dormais, Ce Temple m'a reçu comme un oiseau sans ailes, Et le Dieu m'a nourri de ses mains immortelles.

KRËOUSA.

Je sais une autre femme, hélas ! qui pleure aussi L'enfant qu'elle a perdu jadis. Je viens ici, Dans Pythô, demander pour elle... J'ose à peine, Par pudeur, révéler...

ION

Parle. J'écoute, ô Reine!

KREOUSA.

Cette femme, outrageant Pallas et la vertu Des vierges, eut un fils d'Apollon.

Que dis-tu

Une mortelle ! un Dieu !

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