‹ L'Apologie d'ApuléeChapitre 7 sur 81 · DATE DU PROCÈS · texte numérisé non relu

DATE DU PROCÈS

lieu, les hypothèses les plus vraisemblables et les conclusions sur lesquelles on peut, semble-t-il, se mettre le plus facilement d'accord 1.

Le procès d’Apulée a eu lieu sous Antonin le Pieux, c’est-àdire entre octobre 138 et mars 1612. Il s’est plaidé devant le proconsul d'Afrique Claudius Maximus, auquel s'adresse le discours d’Apulée. La date de ce proconsulat n'est pas connue. Nous savons seulement que Claudius Maximus avait eu pour prédécesseur immédiat Lollianus Avitust. Celui-ci avait été consul en 1445. Or l'usage du temps paraît avoir été de laisser un intervalle d’au. moins dix ans, et généralement de treize ou quatorze ans, entre le consulat et le proconsulat d'Asie ou d'Afrique 6. Lollianus Avitus aurait donc été proconsul au plus tôt en 154, probablement en 156 ou 157, et comme la durée normale de la charge était presque certainement alors d’une

1 Pour la chronologie d’Apulée, il faut recourir avant tout à l'important article d'Erwin Rohde (Zu Apuleius, Rh. M. XL, 1885 p. 66 = XL. Schr. II, p. 43) qu'on pourrait, sauf quelques points, se contenter de suivre, s’il ne s'était laissé entraîner à présenter sous une forme trop catégorique et presque comme des certitudes, des conclusions dont les plus vraisemblables ne reposent en somme que sur des hypothèses.

2 Apol. 11,410: « Diuus Hadrianus ». 85,570 : « Ante has imperatoris Pii statuas. » Hadrien meurt en juillet 138, mais c’est en octobre qu’Antonin reçoit du sénat le sur-

nom de Pius.

3 Claudius Maximus fut légat impérial en Pannonie supérieure de 150 à 154 (CZL, IX, 381. Ann. Epigr. 1894, n° 3). Rien ne permet de décider si ce fut avant ou après son proconsulat d'Afrique. Cassius Dio Cocceianus, sous Alexandre Sévère, fut légat impérial en Pannonie supérieure après avoir été proconsul. Mais on ne saurait évidemment conclure de l’un à l’autre. Cf. Pallu de Lessert, Fastes des prov. afr. I, p. 199 Sq-

4 Apol. 04,588. Il s'appelait L. Hedius Rufus Lollianus Avitus d’après Borghesi (Oeuvres IV p. 507 sq.), L. Hedius Lollianus Avitus d’après Pallu de Lessert (Fastes, I p. 197 sq.) I fut en 146 curator operum publicorum (CIL, VI, 1008).

5 Borghesi /.

6 Waddington, Fastes des prov. asiat. p. 12. 231. Rohde, Rh, M. XL, p. 67.— Marquardt (Staatsverf. 12 p. 546 n. 3) cite un certain nombre de proconsuls d’Asie et d’Afrique. A partir de Tibère, l'intervalle le plus court entre le consulat et le proconsulat est d'environ dix ans. Pour quelques-uns il va jusqu’à dix-sept et même dix-neuf ans. Nous trouvons comme proconsuls d'Afrique : A. Caecilius Faustinus, cos. 99, procos. 116/7; Scipio Orfitus, cos. 149, procos. 163 ; Serius Augurinus, cos .-156, procos. 169.

ll CHAPITRE I — INTRODUCTION

année1, Claudius Maximus lui aurait succédé et le procès d’Apulée aurait eu lieu en 157 ou 1582. Vouloir préciser davantage serait téméraire. L’approximation elle-même est incertaine, aucun témoignage positif ne permettant d'affirmer que la durée de l'intervalle entre le consulat et le proconsulat fût soumise à des règles fixes 5.

Approximativement aussi, on peut évaluer à quelque trentedeux ou trente-trois ans l’âge d’Apulée au moment du fameux procès. Pudentilla, sa femme, a à cette époque un peu plus de quarante ans, quarante et un ou quarante-deux peut-être. Elle était done aux approches de la quarantaine quand, après un veuvage de près de quatorze ans (27, 454; 68, 54r), elle s'était

1 Rohde, Rh. M. XL, p. 67, n. 2. — Marquardt (Staatsv. 1? p. 544, n. 6) cite des proconsulats plus longs. Audollent (Carth. rom. p. 340) : « Quaïque la charge fût annuelle en principe, il arriva le plus souvent que le titulaire fut prorogé au-delà de cette limite, » Mais Apulée ne fait jamais allusion qu’à des proconsuls restés en charge un an, et dans des termes qui supposent que la chose allait de soi (Flor. 9, 39. 40).

? Rohde p. 67, Schwabe (Pauly-Wissowa, RE II, 247) adoptent la date de 158. Tissot (Fastes de la prov. rom. d’Afr.) suivi par Goyau (Chronol. de l’emp. rom.): 157. Hildebrand p. XVIII : entre 154 et 158. Schanz (Roem. Litt. II? p. 122) : entre 155 et 158. — Monceaux (Apulée, p. 321), Pallu de Lessert (Fastes), avec une prudence assez justifiée, s’abstiennent de se prononcer. — D’après Zahn (Forschungen s. Gesch. des neutest. Kanons, VI, 1900, p. 11, n. 4) l’Apologie serait antérieure à 157. Scipion Orfitus, en effet, dont Apulée prononce l'éloge Ælor. 17, fut proconsul en 163/4 (Tissot, Fastes, p. 110). A cette date Apulée aurait été fixé à Carthage depuis six ans; il aurait donc quitté Oea, qu’il habitait encore au moment du procès, en 157/8. Mais le passage sur lequel Zahn se fonde se trouve dans un autre discours, dont la date est incertaine (For. 18,86), et il n’est nullement prouvé qu'il s'applique à l’établissement d’Apulée à Carthage. Apulée dit simplement : « Vox mea utraque lingua 1am uestris auribus ante proximum sexennium probe cognita. » Il pouvait être connu à Carthage comme orateur avant de s’y installer, — Dans la même note, Zahn veut établir que la nomination de Lollius Urbicus aux fonctions de praefectus urbi est postérieure, mais non de beaucoup, à l’année 150. Lollius Urbicus occupant cette situation quelque temps avant le procès (cf. Apol ce. 3.4), on pourrait être tenté de tirer de là une indication chronologique, Mais pour établir cette date, Zahn se fonde entre autres sur celle de l’Apologie. Nous n’avions donc pas à en tenir compte.

3 Waddington, Fastes des prov. asiat. p. 115. 138.

# 89, 578: « Inuenies nunc Pudentillae haud multo amplius quadragensimum annum aetatis ire. » Apulée, qui a intérêt à rajeunir Pudentilla, évite de trop préciser, et donne un nombre rond; mais comme d'autre part il produit l’acte de naissance, il ne peut pas s’écarter beaucoup de la vérité.

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